Archive for the ‘ Live Reports ’ Category

Alcatraz festival open air 2026 – 6 Aout

Son : bon dans l’ensemble
Lights : jolis sur la grande scène et l’Helldorado, un poil minimaliste a la Morgue. Une fois encore à la limite de provoquer une migraine ophtalmique sur la Swamp Stage.
Affluence : 60.000 personnes pour un festival qui affichait complet.
Ambiance : plutôt cool.
Météo : supportable entre deux vagues de chaleur, une seule pluie fine au rendez vous, une organisation qui a veillé a distribuer de l’eau et de la crème solaire.

Hamster : La poussière, abondante, est retombée sur la 19e édition du festival qui se déroulait sur 4 jours. Une affiche dense et variée, et un public qui répond présent au point que la population carcérale du site affichait complet.
La première journée démarre en douceur pour nous. Arrivés sur le site, les navettes sont au rendez-vous, nous arrivons rapidement près de l’entrée, ou il faudra patienter une heure et quart avant d’entrer sur le site, il y a du monde et ça bouchonne. On espère que l’organisation saura tenir compte de l’impatience du public l’année prochaine en ouvrant l’accès plus tôt. Nous ratons le groupe Aeveris, le groupe metalcore de Bruges a semble t-il convaincu le public présent dans la Swamp stage, une nouvelle fois décrétée résidence secondaire du Hamster.

Nico : Il s’agit de notre seconde venue à l’Alcatraz. Festival (cette fois-ci pour l’intégralité du festival), à Courtrai en Belgique. Avec sa programmation diverse et variée, mais principalement métallique, l’Alcatraz attire une foule grandissante. Pour preuve, ce sold-out annoncé quelques jours avant le début des hostilités.

Pas de grands chamboulements au niveau de l’organisation. Quatre scènes (Prison, Swamp, Helldorado et Morgue), une « boite de nuit », le Presidio, dédié au Djing, et une petite nouveauté, une tyrolienne pour ceux qui seraient en mal de sensations fortes.

Une market-place fournie et des stands de nourriture abondants… Le festival suit la norme actuelle : si tu veux manger et boire, apprête-toi à débourser ! C’est partout pareil. Mais sinon rien à redire ; l’organisation est carrée (hormis l’embouteillage de la première journée aux entrées) et bienveillante. Une composante qui assure aussi le succès du festival.

Les présentations sont faites, passons au peigne fin la programmation musicale…

Wing Of Steel est le premier groupe à fouler la Prison Stage. Le heavy metal des Américains est une excellente mise en jambe, véloce et entraînant. Nous retenons la belle prestation de Leo Unnermark au chant et les réjouissantes poses calculées et les solos précis du guitariste Parker Halub. Cet Alcatraz 2026 commence plutôt bien.


Hamster : Cyclone et son thrash metal à l’ancienne déroule à son tour sur la Swamp stage. Une réelle envie de montrer que le groupe veut en découdre, un débat au sein de la rédac sur la qualité du son nous laisse sur notre faim.

Nico : Sous la Swamp, l’ambiance est tout autre. Cyclone, relique thrash made in Belgium, est là pour nous offrir du bon vieux thrash à l’ancienne ! Le groupe fait le plein malgré un son un chouïa brouillon. Mais les classiques (« Take thy breath », « In the grip of Evil ») s’enchaînent avec vigueur. C’est un retour gagnant.

Hamster : Soulfly attire la foule devant la grande scène pour livrer une prestation sans surprise, qui ne nous convainc pas, toujours la même rengaine. En revanche la Morgue pleine a craquer reçoit la première claque du festival pour nous avec Left To Die en grande forme qui aurait mérité une plus grande scène. Sacred Reich va plier la Swamp Stage, le public est ravi de la prestation du groupe américain. On retiendra l’ultime tournée de Channel Zero qui passe par la grande scène et qui livre un concert très convaincant.  Mikkey Dee dans la Swanp stage rend hommage a ses comparses disparus de Motorhead, l’exercice est louable, mais trop appliqué, trop sage.  La première journée se termine déjà pour nous, il faut tenir les 3 jours qui suivent.

Nico : Max Cavalera a pris ses aises à l’Alcatraz depuis l’édition 2025 avec Nailbomb (il reviendra en 2027 avec son frère pour interpréter le mythique Chaos A.D). Aujourd’hui, il joue avec Soulfly. Le Brésilien nous sert la même tambouille depuis quelques années. Le concert démarre en fanfare : « Back to the primitive », « Seek’n’strike », « No hope = no fear ». Mais le soufflet retombe avec « Prophecy » et des morceaux plus faibles. Avec ses mercenaires interchangeables, Max ne retrouve pas l’unité qui faisait de Soulfly un vrai groupe à ses débuts. L’affaire se termine tout de même avec un « Eye for an eye » rageur.

Retour sous la Swamp pour Sacred Reich. Pas de déception, c’est parfait, Sacred Reich est en pleine forme. Phil Rind, tout sourire, harangue la foule. Ses acolytes thrashent comme il faut et Eduardo Baldo se montre digne successeur de Dave McLain à la batterie. Ce qui n’est pas une mince affaire. La set-list enchaîne les tubes avec générosité (« Surf Nicaragua », « Salvation », « Independent »…). Du tout bon.

Pour sa dernière tournée, Channel Zero foule la Prison Stage motivé. La set-list parcourt l’intégralité de la carrière du quartet. « Black fuel », « Fool’s parade » et « Suck my energy » n’ont rien perdu de leur pertinence. Ce groove metal thrash, toujours d’actualité, enchante une assistance attentive et respectueuse. Mention spéciale à Franky DSVD qui assure malgré un bras en écharpe. On est bien devant le plus grand groupe de metal made in Belgium.

Direction la Swamp pour voir Mikkey Dee et ses amis. Nous avons beau aimer le Suédois pour tout ce qu’il a apporté au metal, c’est une sacrée déconvenue. Nous sommes ici face à un tribute band sans intérêt. Mikkey a recruté un pseudo Lemmy qui n’égalera jamais la version d’origine. Jouer sur une Rickenbaker et porter les bacchantes n’y feront rien. C’est médiocre et nous plions les gaules pour aller nous coucher. Il y a encore trois journées bien fournies qui nous attendent.

Hamster & Nico

Les photos du festival se trouvent ici.

 

Le 14 décembre, au Ferrailleur, c’était LA soirée Black-Metal de fin d’année à pas rater.

Angstkrig ouvre le bal. Ce mystérieux trio danois capuchonné (sans bassiste), dont on ne sait strictement rien, délivre un joli black-metal aux accents punk. Ce metal noir entraînant est transfiguré par des solos incroyables délivrés par un second guitariste qui pourrait bien avoir fait ses gammes dans le heavy-metal. En peu de temps, Angstkrig se positionne dans la catégorie « espoirs » du genre. Une bien belle entrée en matière.

Mörk Gryning est un groupe qui se fait rare. Après une résurrection en 2020 et l’album Hinsides Vrede, le groupe nous offre un spectacle vigoureux. Les morceaux s’enchaînent sans mollir tandis que les spectres de Dissection et des grands anciens sont évoqués. La set-list est imparable et nous offre un beau panorama de l’œuvre du quintet. Mörk Gryning conclut son set avec l’imparable « Tusen år har gått » tiré de son premier opus.

Il incombe la lourde tâche à… And Oceans de finir cette soirée en beauté. Les Finlandais remportent la mise en deux/trois mouvements. La scène du Ferrailleur est trop petite pour le sextet. Mais même entassé de la sorte, le groupe arrive à sublimer un black symphonique dont l’originalité éclate encore et encore. … And Oceans s’autorise ainsi de belles digressions électro (« Tears have no name) bienvenues.

Niveau line-up, c’est la panacée : Mathias Lillmåns (chant) est un sacré showman qui amène ses troupes vers l’excellence tandis que le reste de la formation fait preuve de compétence.

… And Oceans prouve avec cette prestation qu’il a bien fait de remettre le pied à l’étrier il y a cinq ans avec le fabuleux Cosmic world mother. Et de terminer ce concert avec l’exceptionnel « Ambivalent god ». Classe.

Nico.

Les prochains concert de Black speech promotion sont ici

Cette dernière journée à l’Alcatraz nous propose un menu copieux et varié. C’est sous un soleil de plomb que nous débarquons à Courtrai pour enquiller quelques heures de bonne musique…

13H45. DAD (comprendre Disneyland After Dark) arrive sur une Prison Stage accueillante. Mieux encore, le public est nombreux pour célébrer ces vaillants Danois. En grande forme, ils enchaînent les tubes hard-rock pour le plaisir de tous. Jesper Binzer possède un sacré brin de voix et taquine le public. Ses acolytes sont dans la même veine, particulièrement Stig Pedersen et sa fameuse basse à deux cordes. Ce concert extrêmement fun, mais bien trop court, se termine en apothéose avec les tubes « Bad Craziness » et « Sleeping my day away ». Il nous fait aussi nous poser cette question : pourquoi ce groupe n’a-t-il jamais obtenu le succès qu’il méritait ?

Un concert de Gaerea est une expérience sensorielle, visuelle, immersive. Le groupe portugais nous le démontre en sept titres (dont les titanesques « The poet’s ballet » et « Laude ») tirés de l’ensemble de son œuvre. Son post black-metal (à cagoule) transcende le public. Une belle puissance se dégage de ce set. Guilherme Henriques a une forte présence et se déplace tel un insecte chassant sa proie. C’est du grand art… noir évidemment.

Vieux thrasheur que j’aimais, c’est à ton tour de passer. Forbidden est de retour sur la Prison Stage. Et le résultat est PER-CU-TANT! De la formation d’origine, il ne reste que le guitariste Craig Locicero et Matt Camacho à la basse. Mais les deux lascars ont recruté une belle équipe pour fêter leurs quarante années de thrash : Chris Kontos (ex Machine Head, Konkhras…), Dan Mongrain (Voivod) et Norman Skinner qui remplace Russ Anderson au chant. Tout le monde est heureux de jouer. Les guitares sont affûtées : Mongrain et Locicero offrent de jolis échanges. Skinner fait oublier son légendaire prédécesseur et insuffle une belle énergie à l’ensemble. Le concert se focalise sur les deux premiers albums et nous assistons à une excellente prestation qui se termine évidemment avec « Chalice of blood ». C’est impeccable.

Pig Destroyer s’est placé, dès le début de sa carrière, en haut de la chaîne alimentaire du grind. Sur la Swamp, il démontre par A+B qu’il en est de même sur scène. Le groupe de Scott Hull (Agoraphobic Nosebleed, Anal Cunt) nous inflige la bonne grosse fessée du jour. Cette déflagration ne laisse pas indifférent. En dix-neuf titres, les Américains offrent un grand moment d’ultra violence musicale. L’herbe ne repoussera pas.

Dope a toujours été un groupe de série B. Pas d’album marquant au compteur, une musique pas transcendante mais assez cool pour l’époque, et surtout un leader avec la bonne attitude (Edsel Dope). Bref, un groupe auquel, on ne sait pas pourquoi, nous nous sommes attachés. Dope est venu en Europe pour fêter les 25 ans de Felons and revolutionaries. C’est un bon prétexte. La formation enchaîne ses titres indus-metal avec conviction. Edsel, attitude gansta, harangue le public. Le groupe finit avec un quart d’heure d’avance sur le timing avec « la plus stupide chanson que vous ayez entendue »: la reprise attendue de « You spin me ‘round (like a record » de Dead Or Alive. Conclusion : Dope est un joli groupe de branleurs.

Tsjuder respire la haine par tout les pores. Le trio norvégien nous assène un black-metal violent, rude, abrupte. Il est une des incarnation les plus pure du genre. Et là où il passe, la plupart trépassent. Sous la Swamp, nous assistons à un show d’une virulence incroyable où qui nous emmène dans un maelstrom de noirceur. Beaucoup n’en sortirons pas indemnes. Tsjuder nous a offert une prestation totale, définitive.

Nous n’attendions pas grand chose de la prestation de Downset, groupe reformé autour du seul membre originel, le guitariste Rogerio Lozano. Mais, cette saloperie nommée « nostalgie » n’a pas pu nous empêcher de nous diriger vers l’Helldorado avec l’espoir de beugler leur hit-single« Anger ». Bien nous en a pris car la prestation du quartet de L.A. a été gigantesque. Une rafale de tubes rap-metal du plus bel effet avec pas mal de titres tirés de l’excellent Check your people (« Play big, « Pure trauma »…). Les gamins accompagnant Lozano sont motivés et font honneur à l’héritage du groupe. Comme nous, l’Helldorado est en feu.

Borknagar envoûte une Swamp quasi complète. Le groupe de Øystein G Brun délivre une grande prestation. Le black folk pâgan prog (pour faire simple) s’écoute avec attention. Nous fermons les yeux et nous nous retrouvons dans le grand Nord, au sommet des montagnes de Norvège. Musicalement, c’est la panacée. L’alternance vocale entre Lars A. Nedland (aussi aux claviers) et ICS Vortex est cohérente et apporte un vrai plus. L’excellence des musiciens n’est plus à prouver. Le tout est évidemment sublime. Borknagar est un grand groupe.

C’est un Prong en petite forme que nous retrouvons sous l’Helldorado. Mais, même à demi régime, Tommy Victor y croit et balance une palanquée de titres imparables. « Beg to differ » et « Unconditional » ouvrent le bal pour le bonheur des fans. Mais le set se déroule de façon trop pépère malgré quelques bons moments (« Broken peace » et « Prove your wrong »). En fin de parcours, le trio joue ses derniers jokers. « Whose fist is anyway » et « Snap your fingers, snap your neck » font remuer l’assistance avant « However it may end ». Concert sympa, mais nous attendions plus d’enthousiasme de la part de Victor et de ses acolytes.

La nuit tombe. C’est le moment où Dimmu Borgir décide d’investir la Prison stage. Le groupe a mis les moyens : lights, fumées, décors, tout en met plein la vue. Shagrath arrive en maître de cérémonie. Le groupe entame « Puritania ». Le spectacle est total, notamment avec les morceaux phares (« Stormblåst », « Progenies of the great apocalypse »…). Dimmu Borgir retrouve sa superbe après quelques années moins marquantes. Alors que nous nous éloignons pour rejoindre la Swamp, le sublime « Mourning palace » résonne à nos oreilles, attestant du retour gagnant des Norvégiens.

Emperor est un grand groupe. Sur la Swamp, il le prouve encore en offrant une série de titres imparables (« Curse you all men », « I am the black wizard », « Cosmic keys to my creations and times »…). Sans surprise, l’interprétation est parfaite. La formation maîtrise sa partition du bout des doigts. Les riffs de Samoth nous transpercent tandis que la voix d’Ihsahn nous entraîne dans l’univers noir du groupe. Véritable pilier d’Emperor, le chanteur impose le respect avec son attitude habitée. Il n’oublie pas de jouer la plus grande chanson du répertoire d’Emperor, le belliqueux « Inno a satana ». Et clôture avec « Ye Entrancemperium » qui met tout le monde d’accord. Notre première visite à l’Alcatraz est terminée. On ne passe pas après Emperor.

Nico.

Site Officiel: https://www.alcatraz.be

Les galeries photos du festival sont ici.