Archive for the ‘ Live Reports ’ Category

La dernière journée d’un festival est toujours éprouvante: fatigue, hectolitres de bières ingurgités, voisins de camping chantant du Gronibard à trois heures du matin, musique non-stop, etc. Le festivalier s’encanaille pour cette ultime journée du Hellfest 2019. A tort ou à raison ?

Retour sur les tops et les flops du 23 Juin.

Les tops:

Brutus :

Peu de temps après son entrée en scène, Brutus réussit à emballer la Warzone avec son post-hardcore générateur d’émotions. Brutus nous invite à une sorte de voyage intérieur. Il suffit de fermer les yeux un instant et de se laisser emporter. Le trio belge confirme tout le bien que nous pensions d’eux à l’écoute de Burst et Nest et emporte la partie en trois quarts d’heure.

Death Angel/Anthrax :

Le thrash-metal est à l’honneur sur la Mainstage 2.
Death Angel atomise la scène avec son thrash véloce. Les coups de boutoirs sont nombreux (« The pack », « Father of lies »…) et le public du Hellfest, consentant, courbe l’échine. Le groupe ne vole personne sur la marchandise : Osegueda est un grand vocaliste au charisme d’enfer ; ses acolytes sont rapides, précis, et n’en laissent pas passer une. Au point de se demander pourquoi ce solide artisan du thrash-metal n’a jamais intégré le fameux Big 4 ?

Anthrax sait y faire. Ce vieux briscard du thrash va droit au but. D’entrée, « Caught in a Mosh » met les pendules à l’heure. Et la suite est du même acabit : efficace ! On assiste à un concert « classique » d’Anthrax. Les hits (« Indians » et sa war dance, la reprise d’« Antisocial », le désormais classique « In the end ») sont au rendez-vous ; le groupe est sur-motivé, content d’être là. Bello saute partout, Ian fait trembler la scène et riffe à n’en plus pouvoir, Benante donne le tempo et Joey Belladona, tout en voix et sourires, prouve qu’il est LE chanteur « classique » du groupe. Rien de nouveau sous le soleil, mais bon Dieu, que c’est bon !

Stone Temple Pilots :

Mastodontes de la musique aux Etats-Unis, les Stone Temple Pilots ne sont pas grand-chose en Europe. Ces artisans de la cause grunge ont traversé bien des déboires et avec deux chanteurs morts (Scott Weiland et Chester Bennington) à son actif, nous pouvons penser, à juste titre, que le groupe est maudit. Pour son retour en Europe, le groupe des frères DeLeo mise sur ses acquis. Pas de prise de risque (comme pas mal de groupes ce week-end), mais le résultat est probant. Les morceaux phares sont présents (« Interstate love song », « Big empty », « Sex type thing »), le groupe est en place et Jeff Gutt se révèle digne de ses prédécesseurs. On n’en attendait pas plus.

The Young Gods :

Discrètement, à l’abri des regards et du grand public, les Young Gods donnent le MEILLEUR CONCERT de ce Hellfest 2019. Les Suisses ne font rien comme personne et le prouvent une fois de plus. Alors que tous les regards se posent sur le magnétique Franz Treichler, les musiques s’entrechoquent : rock, électro, metal et musique industrielle. « Kissing the sun », « Envoyé », « You gave me a name » ou autres « Figure sans nom » emballent une Valley où les fidèles sont légion. L’interprétation est sans faille et fait exploser le potentiomètre émotionnel. Franz Treichler, Cesare Pizzi et Bernard Trontin offrent une prestation sublime qui met à l’amende 99,99 % des groupes du festival.

Slayer :

Pour son dernier concert en France, Slayer choisit l’attaque frontale. Le groupe est en grande forme. King, Holt, Bostaph et Araya n’ont jamais aussi bien joué. Ils enchaînent torgnoles sur torgnoles et nous mettent sur les rotules. La set-list est intelligemment pensée ; elle balaye toutes les périodes et nous ressort même un « Gemini » rarement joué. Les tubes s’enchaînent (« Rainning blood », « Payback », « Angel of death », « Repentless », vous les connaissez tous…) jusqu’au final émouvant où Tom Araya fait ses adieux à la France. Feux d’artifice. Le rideau tombe. Bravo messieurs et merci pour tout.

Les flops:

Vltimas :

Si Vltimas a sorti un très bon album, ce all-star band est encore en rodage scénique. Si Blasphemer tape toujours juste, il faut se fader un David Vincent qui surjoue au-delà du possible. Certes, le bonhomme n’a jamais fait dans la dentelle, mais ici le ridicule atteint ses limites. On attend de les revoir en première partie de Abbath pour voir si le vocaliste va enfin mettre de l’eau dans son vin.

Emperor :

Le groupe de Ishan a donné un concert exceptionnel. Mais en deçà du concert dantesque de 2017. Oui, ok, on pinaille.

Tool :

Tool est un groupe formidable. Novatrice, la formation d’Adam Jones nous a prouvé qu’elle regardait constamment devant elle. Après de sporadiques concerts donnés aux Etats-Unis, le quatuor s’est enfin décidé à revenir visiter l’Europe, après une absence d’une dizaine d’années, à l’aube de la sortie de son nouvel album. Attendu comme le loup blanc, Tool a donc l’honneur de clôturer le Hellfest. Il est une heure du matin quand commencent les hostilités. Comme d’habitude, Keenan et ses boys jouent divinement bien. Pourtant un sentiment étrange se dilue au fur et à mesure de la prestation : Tool n’innove plus. Et de nous ressortir les sempiternelles vidéos, hélas datées, sur écran géant. Bref, la surprise n’est pas au rendez-vous. Pire, c’est cette constatation qui nous fera déposer, avec crainte, le futur album sur la platine.

Nico.

Un grand merci au Hellfest de nous avoir permis de faire ce compte-rendu, un grand merci aux équipes de sécurité ultra compétentes (surtout sur la Warzone) et, espérons-le, à l’année prochaine.

De coutume, la seconde journée du Hellfest est consacrée aux groupes « grand public ». Bingo ! Ce samedi respecte la tradition et prouve en une poignée de groupes que c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure tambouille. Retour sur les tops et les flops du 22 Juin.

Les tops :

FM :

Pour le commun des mortels, Steve Overland ressemble (au choix) : 1. A ton banquier. 2. A ton grand-père. 3. A pas à grand-chose.
Pourtant, le chanteur de cette institution britannique possède une voix en or. Hors du temps, FM ne s’embarrasse pas du « qu’en dira-t’on ». Sans crier gare, le groupe nous balance une tripotée de tubes. Les connaisseurs, peu nombreux mais motivés, apprécient l’énorme « I belong to the night », le très AOR « Tought it out » et le tubesque « Bad luck ». La joie de voir FM est immense mais frustrante : six titres, ce n’est vraiment pas assez.

Mad Sin :

Il est 16h45. Le public de la Warzone est chaud comme il faut pour recevoir les Berlinois de Mad Sin. Le groupe déboule sur scène et décoche un tripotée d’hymnes psychobilly/punk. Koefte deVille harangue la foule, qui le lui rend bien. St. Valle fait le show en martyrisant sa contrebasse tandis que les guitaristes font le job. Résultat : des sourires illuminent les visages, la sueur perle sur les fronts, le bonheur est à son comble. Une constante sur la Warzone.

 

Candlemass :

Les patrons du doom sont de retour avec leur mythique premier chanteur Johan Längquist. Reboosté par un The door to doom réjouissant, les Suédois vont droit au but. L’interprétation est top, Längquist impressionne et dégage un feeling ultra rock’n’roll. La set-list est variée ; « Astrorolus – The great Octopus » et « Black Trinity » font bonne figure face aux classiques « Bewitched » et « Mirror, mirror ». L’affaire se conclue sous les vivats du public et de l’obligatoire « Solitude ».

Le quatuor de la maison de retraite (ne vous attendez pas à une once de chronique objective dans les lignes qui vont suivre) :

Whitesnake :

Le serpent blanc est en pilotage automatique depuis des années ; pourtant le charisme de David Coverdale fait toujours mouche. Entouré de mercenaires aguerris, le type sait emballer l’audience comme personne. Il balance avec nonchalance une flopée de tubes plaqués or. « Slide in it », « Here I go Again », « Is this Love », « Still of the night » nous téléportent à une époque que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. C’est réjouissant. Un excellent concert de plus pour Whitesnake.

Def Leppard :

« Animal », « Let it go », « Let’s get rocked », « Armageddon it », « Pour some sugar on me », « Rock of ages », « Two step behind », « Photograph ». Def Leppard nous a ramenés l’espace de quelques titres sur Hollywood boulevard. Pas besoin d’en dire plus.

ZZ Top :

Depuis un demi-siècle, le groupe de Billy Gibbons représente le summum du cool. Si le trio est on ne peut plus statique sur les planches, la musique rattrape ce léger bémol. ZZ Top touche le plus grand nombre avec un répertoire imparable. « Gimme all your lovin’ » fait twister les filles, « Beer drinkers and hell raiser » donne soif, « Sharp dressed man » fait taper du pied et on s’enfile une mousse au son de « La Grange ». Pas besoin d’autres preuves, ZZ Top est bien le groupe le plus cool de l’univers.

Kiss :

Avec Kiss, le cirque arrive en ville. Pour ce, soit disant, dernier concert en pays gaulois, Kiss a mis le paquet. Alors ok, le groupe nous refait le même concert depuis sa reformation en 96, mais ça fonctionne. Les habituelles ritournelles sont là avec en bonus un inespéré « Heaven is on fire ». Feu, flammes, batterie et Gene Simmons en l’air, Paul Stanley » sur sa tyrolienne, on a déjà vu ça mille fois, mais on en redemande.

Les flops :

Richie Kotzen est un guitariste hors pair. Le mec a bourlingué, joué avec Poison et est devenu une figure du genre. Pourtant, Richie Kotzen propose un concert embarrassant. On s’ennuie et le pauvre a l’air bien perdu sur cette trop grand mainstage. La grosse déception du jour avec un Moonspell en petite forme. A part l’énorme « Opium », ce concert des Portugais reste oubliable. Il y a des jours avec et des jours sans…

Nico.

C’est l’été, les fauves sont lâchés. Avide de décibels, le public s’entasse en masse vers la cathédrale pour valider le précieux pass et assister à 14 heures de concerts. Comme je n’ai pas le don d’ubiquité, je ne vous parlerai ici que du nectar musical de cette première journée d’été et aussi des déceptions de la journée.

Les tops :

Stinky :

Stinky ouvre les hostilités sur la Warzone. Les Clissonnais optent pour l’attaque frontale. Leur hardcore est rugueux, les morceaux claquent et donnent envie de se remuer. Le public de la Warzone acquiesce et provoque les premiers pogos de la journée. Claire, Seb, Titouan, Redwan et Paul ferraillent dur et, au vu de ce show, sont promis à un avenir radieux. Ces 30 minutes de concert nous donnent envie de s’intéresser d’un peu plus près à ce quintet au potentiel prometteur. On appelle ça une découverte.

Daughters :

Fort d’un You won’t get what you want encensé un peu partout, impossible de rater la prestation de Daughters. Le groupe nous a offert une prestation intense. La faute à Alexis S.F. Mashall, chanteur possédé. Ce dernier communie avec le public, se mêle à la foule, se frappe et se cravache au son de ce son unique. Mélange de post-punk, noise et metal, hypnotique par moment, la musique de Daughters voit plus loin que le bout de son nez et marque l’auditeur. Tout comme cet excellent concert.

The Dwarves :

Les Dwarves sont affreux, sales et méchants. Adeptes d’un punk-rock grivois la bande de Frisco revient bousculer le public de la Warzone. Le gang de Blag Dahlia (chant) et Hewhocannotbenamed (guitare) est au taquet et balance une série de scuds imparables : « Let’s fuck », « Sluts of the USA » et « Everybodies girl ». Nick Olivery, incarnation même du rock’n’roll, booste le show avec l’attitude destroy qu’on lui connaît. Les Dwarves restent frais et alerte malgré les années. Alors « The Dwarves are still the best band ever ? » La réponse est dans la question.

Kvelertak :

Kvelertak a toujours été un « n’importe quoi » réjouissant. Musicalement, les Norvégiens réussissent un mix improbable entre le punk de Turbonegro et le metal extrême. Sous la chaleur de l’Altar, Kvelertak plie le festival en trois chansons. Le public est dissipé et répond sans appel aux « Bruane Brenn », « 1985 », « Fossegrimm » et à l’irrésistible « Mjød ». Les Norvégiens sont ravis, slamment, donnent tout et raflent la mise du jour.

Sum 41 :

American Pie. Maman de Stifler. Planche de skate. Bermuda. La musique de Sum 41 ramène à tellement de choses qu’il m’a été impensable de rater ce dernier concert de la journée. Malgré l’heure tardive, la Warzone est bondée. Le public se motive au son de Ram Jam et son « Black Betty » puis le « T.N.T » d’AC/DC fini le boulot : l’assistance, les photographes du pit photo, tout le monde est BOUILLANT.

Deryck Whibley et ses acolytes vont directement au front. Pied au plancher, « Motivation » provoque une énorme vague dans le public. « The hell song » puis « We’re all to blame » nous font ressortir les fesses rouge. La suite est du même acabit. Tout est joué à fond. Pas de répit pour souffler. Whibley et Brownsound ont eu une idée géniale en reformant Sum 41. Bien loin de la blague que sont les concerts d’Offspring, les Canadiens savent jouer et sont très compétents. Un concert ultra jouissif qui se conclue sur les évidents « Into Deep », « Fat Lip » et « Still waiting ». Messieurs de Sum 41, revenez quand vous voulez.

Les flops :

Inutile de s’attarder sur l’attitude et l’annulation de Manowar… Tout a été dit.
Grosse déception sur Pestilence. Trop de technique au détriment de l’émotion.
Puis Diamond Head dont, au final, on attend que les tubes… qui arrivent à la fin.
Enfin un Possessed dont j’attendais énormément et qui s’est avéré être ennuyeux comme jamais.

Nico.

Les photos de cette journée sont ici.