Draconian_turningDéjà quatorze ans qu’existe le combo suédois Draconian…

Mais si la période 1994/2001 avait été celle des tâtonnements, des démos et du seul accouchement difficile d’un « The closed eye of paradise » contestable ; la suivante, consécutive à l’arrivée de Lisa Johansson à l’été 2002, s’avéra beaucoup plus constructive et prolifique. Le son devint plus noir, se ralentit jusqu’à devenir doom. Une nouvelle démo « Dark oceans we cry » plus méritoire et bien accueillie entraina une signature chez Napalm Records.

Arrivèrent alors « Where lovers mourn » en 2003, « Arcane rain fell » en 2005, et « The burning halo » en 2006 (ersatz d’album puisque n’ayant que 3 nouveaux titres). Et à chaque fois la même impression, voir frustration : Comment un tel potentiel émotionnel incroyable, capable de délivrer un « She dies » d’exception, peut-il s’asservir à une pareille jachère dans ses compositions ? Un instant exacerber nos sens, nous émouvoir, nous faire frissonner par des mélodies évanescentes emplies de spleen ou des attaques vocalises gutturales  à souhaits, et celui d’après nous rendre presque léthargiques en calquant longueur sur langueur. Draco ne restera t’il qu’un éternel espoir délivrant son immense talent avec parcimonie…

Turning season within, produit par Jens Bogren et D Castillo (Opeth, Katatonia) est la réponse à ces doutes sur la capacité du band à accéder à l’échelon supérieur. Le groupe est arrivé à maturité et s’impose comme le chef de file incontestable de cette fusion brulante de doom et de gothic.

Rien de nouveau pour autant, Draco faisant toujours du Draco. Quelques relents de « My dying bride », le syndrome de la belle et la bête, la symbiose entre le caverneux viril masculin et la beauté du chant clair féminin. Des morceaux d’ambiances surnaturels emplis de breaks, de ruptures, d’accélérations, alternants passages rom