Black-Stone-Cherry-KentuckyKentucky, un nom d'album qui sonne comme un retour aux sources pour le groupe d'Edmonton. Un cinquième opus qui démarre avec la saturation calée au maximum, une production plus rugueuse, plus brut de décoffrage, de là à y voir le signe que l'ancien label Roadrunner avait tendance à calmer leurs ardeurs, il n'y a qu'un pas… Mais coller de la distortion partout à fond les manettes, laisse perplexe, et ce n'est pas un gage d'authenticité en matière d'agression sonore. Le choix d'avoir produit l'album en famille chez soit et sans proucteur n'était peut pas très avisé finalement.
La toile de fond ne fond pourtant ne bouge pas tant que ça, le groupe délivre encore des compositions entre grunge de Seattle (un poil de Soundgarden et ce chant digne d'Eddie Vedder de Pearl Jam), rock sudiste et hard rock. Le premier titre manque de mordant malgré la crasse apportée par la production et Black Stone Cherry préfère la lourdeur de pachyderme pour asséner quelques passes rythmiques bien senties ( " Shakin' My Cage " ), agrémentées de quelques envolées de soliste. Un " Soul Machine " , débordant de groove en revanche emporte le morceau, et pour le coup la saturation n'apporte rien. On gardera aussi " Hangman " solide, qui aurait gagné à ne pas trainer avec un démarrage interminable, tandis que " Rescue Me " frappe d'entrée de jeu. Le blues rock de " Cheaper To Drink Alone " accroche aussi les conduits auditifs. La fin de l'album est moins inspirée " Feelin Fuzzy ", " Darkest Secret ", " Born To Die " ne laissent guère d'empreinte. "Côté ballades, le groupe aligne le bon et le mièvre, un " Long Ride " efficace et accrocheur, côtoie un " The Rambler " qui achève bien mollement l'album. Autre cheveu sur la soupe, la reprise de " War " la chanson d'Edwin Starr, déjà revue par Bruce Springsteen et Frankie Goes To Hollywood, la version du Kentucky avec cuivre, coeurs et saturation n'apporte pas grand chose. Kentucky laisse le sentiment que le groupe est passé à côté de quelque chose, un producteur, deux compos de moins auraient sans doute fait la différence. Dommage.

Hamster (06/10)