Nous vous avons parlé du Nantes Deathfist, en live report et en photos.
Voici les vidéos des concerts de Rotten Sound et de Misery Index réalisées par les talentueux Violent Motion.
Nico.
Mar 31
Nous vous avons parlé du Nantes Deathfist, en live report et en photos.
Voici les vidéos des concerts de Rotten Sound et de Misery Index réalisées par les talentueux Violent Motion.
Nico.
Mar 26
Précédé d’un énorme buzz lors de sa signature chez Metal Blade en 2017, le groupe de Gautier Serre est devenu le groupe « hype » à suivre. Méfiants au premier abord, nous avions complètement snobé Savage Sinusoid préférant rester sur des positions rétrogrades de vieux imbéciles que nous pouvons être.
Et il y a quelques semaines, voilà que débarque sur Youtube, le morceau « Very Noise ». Une minute et quarante sept secondes plus tard, le verdict tombe : nous sommes convaincus. Tant d’originalité et de folie pure ne peuvent nous laisser de marbre. Ne restait plus qu’à attendre le lien d’écoute fourni par le label pour enfin se délecter de ce quatrième album.
Spirituality And Distortion est un chaudron infernal dans lequel Gautier Serre, tel un sorcier, fait une tambouille unique en son genre. C’est original, barré et sans concession. Musique lyrique, growls, mélodies arabisantes, opéra, riffs d’enfer, basse qui groove, électro azimutée, musette et une bonne dose de folie sont au rendez-vous. Le télescopage de différents courants musicaux aurait pu être épuisant. Ce n’est pas le cas.
« Downgrade desert » est une sorte de « Kashmir » malade. « Very noise » est un gloubiboulga improbable mélangeant jungle, metal, rythmes funky et bidouillages électroniques. « Musette maximum » nous montre ce que pourrait être ce courant musical après l’apocalypse. Tandis que « Himalaya massive ritual » nous emmène dans des contrées inexplorées. Le bien nommé « Parpaing » fait se rencontrer le chanteur de Cannibal Corpse et une console Nintendo. Mais nous ne vous en révélerons pas plus pour préserver l’effet de surprise…
Spirituality And Distortion est une expérience unique en son genre. Ici, tout est mélange, tout est fusion. Rien n’est logique, pourtant tout est évident. Gautier Serre est un malade de musique, un esprit (probablement) perturbé qui a accouché du premier chef d’œuvre des années 20. Nous avons vu le futur du metal et il s’appelle Igorrr.
Nico (20/10)
Site Officiel : http://igorrr.com/
Metal Blade /2020
01. Downgrade Desert 02. Nervous Waltz 03. Very Noise 04. Hollow Tree 05. Camel Dancefloor 06. Parpaing 07. Musette Maximum 08. Himalaya Massive Ritual 09. Lost In Introspection 10. Overweight Poesy 11. Paranoïd Bulldozer Italiano 12. Barocco Satani 13. Polyphonic Rust 14. Kung-Fu Chèvre
Mar 10
Débouler à mi-parcours d’un festival, ce n’est pas très agréable. C’est comparable à cette sensation que l’on ressent lorsqu’on arrive au milieu d’un repas. On a raté les hors d’œuvres, on se greffe aux conversations, on se sent un peu perdu. C’est ce bref ressenti, vite estompé, qui m’étreint alors que j’entre dans le Warehouse. Par bonheur, l’ambiance est bon enfant. La salle bouillonne en attendant Bat.
C’est avec un esprit conquérant que le trio déboule sur la scène. Ryan Waste (Municipal Waste) et ses acolytes sont au taquet. Metal jusqu’au bout des ongles : dans l’attitude et dans la musique. Bat ferraille un heavy-speed old school du plus bel effet. On pense logiquement à Motörhead et à toute cette scène graisseuse qui a enchanté les 80’s. Les tempos sont vifs, les refrains alertes ; le boulot est bien fait. Même s’il n’est pas un modèle d’originalité, Bat remporte la mise par sa sincérité communicative.
Après un changement de plateau net et sans bavure, c’est au tour des Finlandais de Rotten Sound de secouer le public du Nantes Deathfist. Abrupte, le groupe de Keijo Niinimaa privilégie l’attaque frontale. Rotten Sound suinte le grindcore par tous les pores. Ces gamins sales et mal élevés jouent à une vitesse supersonique, violentent une assistance consentante ; ils ressortent la tête haute de ces trente minutes d’agression pure et dure. Bravo !
Depuis sa création, Misery Index est une vraie machine de guerre. Composé d’ex-membres de Dying Fetus, Pig Destroyer, le quatuor ne fait pas de prisonnier. Il le prouve encore avec une prestation fiévreuse qui laisse bouche bée. En puisant dans quasiment l’ensemble de sa discographie, le groupe nous donne une leçon de brutalité musicale exemplaire. « The carrion call », « New Salem », « The great depression » sont de sacrées baffes. Le quatuor nous achève avec un « Traitors » définitif. Misery Index est en grande forme et prouve encore une fois son statut d’incontournable du death-metal.
Eyehategod est un groupe unique. Fer de lance du mouvement sludge, il est le seul à réellement suinter l’humidité du bayou, la bigoterie des White Trash et l’aliénation de la Louisiane. Mike Williams, clochard même pas céleste, et Jimmy Bower, fashion victim en jogging et crocs, tiennent leur baraque depuis 1989. Autant dire que ces deux légendes étaient attendues de pied ferme. Tant mieux car Eyehategod n’a pas déçu. Williams, déglingué à souhait, éructe sa rage à coup de vin blanc tandis que Bower assomme le Warehouse avec ses riffs ultra plombés. Les « tubes » giclent à la figure (« Sister fucker part.1 », l’effarant « New Orleans is the new viet-nam »…) et l’on ressort rincé de cette heure de pure folie.
Un concert de Napalm Death est une valeur refuge. On s’y sent bien. Si on connaît ses codes et habitudes. C’est bien simple, ce sont les mêmes depuis des années. Le quatuor envoie la sauce ; Barney vocifère, fait son footing quotidien et parle beaucoup entre les morceaux ; Shane Embury souffle mais martèle sa basse ; Danny Herrera blaste tandis que l’intérimaire (définitif ?) John Cooke riffe et fait bouger ses dreads. Et pourtant, ce soir, Napalm Death, sûrement galvanisé par les concerts précédents, est touché par la grâce. Le groupe va au charbon. Les musiciens sont au taquet et déroulent une set-list presque parfaite (« The wolf I feed », « Cleanse impure », « Mass appeal madness »…). A partir de « Suffer the children », le public pète littéralement les plombs. Les slams ne s’arrêtent plus. Un quidam se vautre sur la batterie. Les sourires sont légion dans le public. Nous passons un vrai bon moment avec les quatre de Birmingham. Le set se termine sur le classique « Nazi punks fuck off » et sur, plus surprenant, une excellente reprise de Sonic Youth, « White Kross ». Une preuve de plus que Napalm Death ne reste pas sur ses acquis et possède toujours une longueur d’avance sur ses concurrents. Les patrons, c’est eux.
Le Nantes Deathfist continue jusqu’au bout de la nuit au Ferrailleur, mais se finit ici pour moi. Bravo à l’organisation irréprochable et Paws pour leur délicieux hot-dogs.
Nico.
La galerie photo est à venir.