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The Amenta – Revelator

Après 8 ans de silence, les Australiens de The Amenta sont (enfin) de retour. Et ça faisait longtemps qu’un come-back m’avait autant enthousiasmé. Parce qu’à l’époque, The Amenta, c’était un rouleau compresseur, un assaut industriel d’une intensité rare et d’une efficacité sans faille tant sur album qu’en live. L’annonce de leur signature chez Debemur Morti (davantage réputé pour ses artistes Black Metal) m’intriguait : le groupe reprendrait-il là où il s’est arrêté ou devions-nous nous attendre à une (r)évolution ?

En 8 ans, The Amenta est devenu plus « humain ».

Sur les albums précédents, le son de The Amenta était froid, déshumanisé sans pour autant être clinique. Aujourd’hui, si on m’avait fait écouter « Silent Twin » ou « Twined Towers » en aveugle, sans indication du nom du groupe, je ne sais pas si j’aurais immédiatement dit « ça, c’est The Amenta ». La voix m’aurait semblé familière, mais pour le reste, le groupe a su s’écarter de ses racines (sans les renier, comme on peut le constater sur l’opener « An Epoch Ellipsis »), se renouveler. Au niveau du chant, par exemple, Cain nous livre une prestation XXL et plus variée que sur ses méfaits précédents, entre chuchotements, hurlements et chant clair (le final de « Parasight Lost » me faisant d’ailleurs un peu penser au chant clair sur l’album 777 – Cosmosophy de Blut Aus Nord).

Revelator dévoile de nouvelles facettes du groupe tout en mettant en exergue ses atouts passés. Autrefois un « simple » groupe de Death industriel de qualité supérieure, The Amenta est devenu avec cet album une formation qui jongle avec les genres, qui ose. Dans un univers où les sosies de copycats sont devenus légion, il est rassurant de voir que quelques groupes, comme The Amenta ou Imperial Triumphant dont je parlais l’été passé, parviennent encore à apporter quelque chose de neuf dans leur discographie.

Mister Patate (8,5/10)

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(Debemur Morti Productions – 2021)
Tracklist (45:39) 1. An Epoch Ellipsis 2. Sere Money 3. Silent Twin 4. Psoriastasis 5. Twined Towers 6. Parasight Lost 7. Wonderlost 8. Overpast 9. Parse Over

Therion – Leviathan

Adulé par certains, détesté par les autres, Therion est un groupe qui ne laisse pas indifférent. Du death-metal rêche des débuts au metal symphonique grandiloquent actuel, le projet de Christopher Johnsson a toujours osé se remettre en question ; pour le meilleur (Theli), mais aussi pour le pire (le nanardesque Les fleurs du mal). Hélas, nous constatons que depuis l’excellent Gothic Kabballah, rien ne va plus. Therion a entamé une descente aux enfers ponctuée d’albums inintéressants et prétentieux (Sitra Ahra et Beloved antichrist). Au point de se poser la question qui nous intéresse aujourd’hui : Leviathan, va t-il changer la donne ?

L’affaire commence plutôt bien. « The leaf on the oak of far » est un morceau vif et entraînant. Rien de révolutionnaire, mais ce premier titre accroche l’oreille et fait espérer une suite tout aussi entraînante. Bingo ! Mené de main de maître par Marco Hietala (Tarot, ex Nightwish), « Tuonela » est LE tube de l’album : refrain imparable, mélodie irrésistible… L’ensemble nous ramène au Therion des grands jours.

Hélas, la débandade commence avec le poussif titre éponyme. A l’image de ce qui va suivre, tout semble forcé, artificiel. Là où nous attendions de la grandeur, nous n’avons que de la décadence : production en carton et compositions sans intérêt sont au programme.

Si jadis, Johnsson a toujours su s’entourer, le Therion 2021 pêche par un casting faiblard. Si le pauvre Thomas Vikström fait ce qu’il peut au chant, nous ne pouvons nous empêcher de penser que Hietalia, l’excellent Mats Levén (présent sur le très bon « Psalm of retribution ») ou encore Snowy Shaw auraient mieux fait l’affaire. Idem pour Christian Vidal qui n’a pas le talent d’un Kristian Niemann beaucoup plus rigoureux. Une refonte s’impose au plus vite si le soldat Therion ne veut pas sombrer encore plus.

Leviathan ne fait que confirmer la déchéance d’un groupe qui a été grand. Composé uniquement dans le but de faire des « hits », il se révèle être un des plus mauvais efforts du groupe. Car, contrairement au très mauvais Les fleurs du mal, ce dix-septième album ne nous fait même pas rire.

Nico (3/10)

Site Officiel : https://www.therion.se/

Nuclear Blast /2020

01. The Leaf on the Oak of Far 02. Tuonela 03. Leviathan 04. Die Wellen der Zeit 05. Aži Dahāka 06. Eye of Algol 07. Nocturnal Light 08. Great Marquis of Hell 09. Psalm of Retribution 10. El Primer Sol

Sólstafir est un groupe qui a vécu plusieurs vies. Du black metal des débuts au post-rock actuel, la formation menée par Aðalbjörn Tryggvason a toujours regardé de l’avant. Véritablement reconnu depuis le divin Svartir sandar et son tube « Farja », Sólstafir a enchaîné les réussites, que ce soit sur scène ou sur album (Òtta). Si Berdreyminn accusait une légère baisse de tension (probablement due à un changement de line-up), nous étions curieux de connaître la suite.

Bonne nouvelle, Endless Twilight of Codependent Love est bien plus solide que son prédécesseur.

L’introductif « Akkeri » accuse de la bonne forme retrouvée des Islandais. Il s’agit d’une pièce musicale épique synthétisant le meilleur de ce que Sólstafir nous offre depuis quelques années. Avec ses guitares mélancoliques et cette voix qui touche au cœur, le morceau agrippe tout de suite l’auditeur ; pour mieux l’emporter vers les grandes étendues glacées et inexplorées d’Islande. Atmosphérique, peu linéaire, ce titre passe d’une ambiance à l’autre tout en restant cohérent. Mieux encore, le black des débuts y fait de subtiles apparitions au détour de quelques riffs. « Akkeri » est un incontournable passionnant. Et la suite est tout aussi inspirée.

« Drýsill » joue avec les ambiances et dévoile, une fois de plus, le jeu subtil de Sæþór Maríus Sæþórsson. « Rökkur » est le morceau le plus faible de la collection mais le tubesque « Her fall from grace » relance la machine avec brio.

L’interprétation est impeccable de bout en bout. Évident : les musiciens sont aguerris, professionnels et n’en laissent pas une à côté. Conséquence directe : les compos tapent presque toujours dans le mille. Et comme à l’habitude, la finesse côtoie souvent la puissance (« Dionysus », « Alda Syndanna « ).

Si certains reprocheront à Sólstafir d’être enfermé dans une formule depuis quelques albums, nous ne les blâmerons pas. C’est peut-être bien le cas. Mais nous préférerons affirmer que le quatuor impose un style fort et unique qui, une fois de plus, nous rendra curieux de connaître la suite de leur pérégrinations.

Nico (8,5/10)

Site Officiel : https://www.solstafir.net/

Season of mist /2020

01. Akkeri 02. Drýsill 03. Rökkur 04. Her Fall From Grace 05. Dionysus 06. Til Moldar 07. Alda Syndanna 08. Or 09. Úlfur 10. Hrollkalda Þoka Einmanaleikans 11. Hann For Sjalfur