Six Feet Under, c’est comme les dragées surprises de Bertie Crochue dans Harry Potter : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Écouter un nouvel album de SFU est toujours une expérience risquée : soit c’est exécrable, soit de très bonne tenue. C’est donc avec appréhension que nous avons appuyé sur le bouton Play pour écouter ce nouvel album, Next to die.
Une fois le disque lancé, toutes les craintes s’envolent. Chris Barnes (chant) continue sur la lancée initiée avec Killing for revenge : un death-metal généralement mid tempo qui laisse peu de place à la subtilité (« Skin coffins »). Après 33 ans de carrière, aucun risque que SFU vire sa cuti pour nous offrir du Glam-rock. Tant mieux !
Au fil des écoutes, ce dix-neuvième album s’avère plutôt réussi. Le line up, stable depuis presque une dizaine d’années, délivre une prestation efficace (le titre éponyme, « Unmistakable Smell of Death »). Jack Owen (ex Cannibal Corpse) se permet même quelques solos sympathiques pendant que la section rythmique charbonne à la cool. Barnes a définitivement abandonné ses fameux « eeeeeeeeeeeeeeeeee » qui agressaient les oreilles. Tant mieux. Même s’ils étaient « cultes », ils ne manqueront à personne. Le groupe se paie même le luxe d’offrir deux morceaux totalement addictifs : « Mister Blood and Guts » et « Mutilated Corpse in the Woods ». Ils s’intégreront parfaitement dans les set-lists à venir.
Lourd et gras comme un loukoum, Next to die reste une relative réussite car beaucoup moins convaincante que Killing for revenge. Nous saluerons l’effort et la persévérance du groupe qui, quoiqu’il arrive, n’est pas prêt de lâcher l’affaire.
01. Approach Your Grave 02. Destroyed Remains 03. Mister Blood and Guts 04. Mutilated Corpse in the Woods 05. Unmistakable Smell of Death 06. Wrath and Terror Takes Command 07. Skin Coffins 08. Mind Hell 09. Naked and Dismembered 10. Grasped from Beyond 11. Next to Die 12. Ill Wishes
De Monstrosity, l’histoire n’a retenu qu’une seule chose : avoir accueilli un temps le chanteur Georges « Corpsegrinder » Ficher, parti ensuite chez Cannibal Corpse. Après quelques albums insignifiants (Rise to power), les Floridiens sont retombés dans l’oubli. En 2018, le batteur Lee Harrison, seul rescapé des débuts, se retrousse les manches, signe avec Metal Blade et nous offre le féroce The Passage of existence. 2026 : Monstrosity revient avec Screams from Beneath the Surface.
Ce septième album studio confirme la bonne tenue du quartet. Le premier morceau « Banished to the skies » met les pendules à l’heure : un mid tempo gargantuesque à la dynamique imposante. Solos mortels, ambiance écrasante et voix caverneuse sont au rendez-vous de ce classique en devenir.
Et puis ça s’accélère. Les tempos s’envolent pour le meilleur (« The collosal rage », « Blodd works »…). Monstrosity est sûr de son propos : aucun déchet, juste un enchaînement de titres faisant la nique à Immolation ou Nile (l’impressionnant « The Atrophied »).
La formation regroupée autour de Lee Harisson est la plus efficace que Monstrosity ait jamais connu. Il faut dire qu’entouré d’anciens membres de Temple of Blood, Malevolent Creation ou Diabolic, le batteur avait peu de chance de se planter. N’oublions pas les vocaux caverneux de Ed Webb (ex Diabolic) qui apportent une lourdeur et une sauvagerie bienvenue.
Le proverbe « Tout vient à point à qui sait attendre » correspond parfaitement à Monstrosity qui, comme les bons vins, s’est bonifié au fil du temps (36 longues années quand même) pour nous offrir son chef d’œuvre définitif, Screams from Beneath the Surface.
01. Banished to the Skies 02. The Colossal Rage 03. The Atrophied 04. Spiral 05. Fortunes Engraved in Blood 06. Vapors 07. The Thorns 08. Blood Works 09. The Dark Aura 10. Veil of Disillusion
Au petit jeu de « qui a produit la plus grande arlésienne musicale du hard metal ? », Clawfinger remporte le trophée haut la main. Avec dix-neuf années entre deux albums, les Suédois ont battu Axl Rose qui avait mis quinze années à accoucher de « Chinese Democracy ». C’est donc doté d’un sacré sens de l’humour que Clawfinger nous livre ENFIN ce huitième album, le très bien nommé Before we all die.
D’emblée Clawfinger frappe fort. « Scum », hymne anti Trump, nous fout une belle raclée. Zak Tell et ses comparses ne sont pas là pour nous faire des bisous. Les guitares vrombissent, le flow de Tell est toujours direct et pertinent, l’électro est discret en arrière-plan. Tout est fait pour que nous retrouvions nos repères. Tant mieux parce que la suite ne dévie pas d’un iota.
Si le but de Before we all die était de remettre Clawfinger en haut de la chaîne alimentaire du metal fusion rap-metal, c’est gagné. Les tubes s’enchaînent (le trio imparable « Tears you down », « Big brother », « Linked together ») pour notre bonheur. Les incartades hip-hop/electro/indus s’avèrent judicieuses (le très Dalëk « A perfect day ») et apportent un équilibre qui rend l’ensemble parfait.
Clawfinger nous livre, sans se le cacher, un album de darons. Le groupe n’a rien perdu de sa superbe (« Going Down (Like Titanic) », « You Call Yourself a Teacher »). C’est un retour gagnant.
01. Scum 02. Ball & Chain 03. Tear You Down 04. Big Brother 05. Linked Together 06. A Perfect Day 07. Going Down (Like Titanic) 08. You Call Yourself a Teacher 09. A Fucking Disgrace 10. Kill The Dream 11. Environmental Patients 12. Before We All Die