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Nostromo – Narrenschiff

Nostromo est un groupe culte. Ecce Lex, album indispensable et sommet de sa carrière, l’a installé au Panthéon des groupes suisses, au même titre que Coroner ou Celtic Frost. Frondeurs, les Genevois se sont embarqués dans toutes sortes d’aventures musicales (Hysteron-Proteron) ; ils s’en sont toujours tirés la tête haute. Après un hiatus de quatorze années, Nostromo ouvre le second chapitre de son existence avec Narrenschiff.

En dix-neuf minutes et quelques secondes, Nostromo démontre par A+B qu’il n’est pas là pour beurrer des tartines. « The drift » nous embarque pour un rollercoaster qui va droit au but : nous mettre une mémorable branlée. Les musiciens sont véloces. Avec « Taciturn » la précision est au rendez-vous ; les riffs atteignent toujours leur cible. La violence est à son comble avec Javier qui hurle à s’en déchirer les cordes vocales (« As Quasars collide »). L’ensemble dégage un sentiment d’urgence qui excite les sens.
Et quand le rythme ralentit (« Narrenschiff »), le groupe s’embarque dans un metal-indus qui évoque le Napalm Death de « Morale ». Les connaisseurs apprécieront.

Le quatuor effectue un retour gagnant. Nostromo tabasse encore plus qu’à la grande époque. Il continue d’impressionner. On les attend donc désormais sur un format album, qui s’il est du même acabit que cette Nef des fous, risque d’être un nouvel incontournable du metal extrême.

Nico (9/10)

Site Officiel : https://nostromogva.bandcamp.com/

[noiz’aedikt] /2019

01. The Drift 02. Taciturn 03. Superbia 04. As Quasars Collide 05. Septentrion 06. Narrenschiff

Avec une belle régularité, Sebastian revient régulièrement nous voir. Et il fait preuve à chaque fois d’une belle générosité car il ne se présente jamais les mains vides. Après At the Dawn of Twilight en 2013 et A Flood of Strange Sensations en 2016, la prescription de 2019 se présente sous la forme d’A Forest of Rainbows, un nouvel opus affichant douze titres et plus d’une heure de compositions originales au compteur. Les deux albums précédents nous ayant bien plus, c’est avec une confiance certaine que nous nous immergeons dans ce nouveau chapitre.

Immersion, c’est bien le mot tant la musique d’AMPHETAMIN va demander quelques efforts à l’auditeur consciencieux. Pour pleinement apprécier la subtilité des mélodies, l’épaisseur des textures sonores et les atmosphères délicatement tissées, rien de mieux que de s’allonger, avec les yeux fermés et le casque sur les oreilles. Dans la continuité de ses précédents travaux, Sebastian continue sa profonde introspection artistique, il explore des paysages emprunts de mélancolie, de tristesse et de recueillement. Les titres s’enchainent avec naturel dans ce registre rock progressif / post rock qui fait le charme du groupe. Difficile de ne pas se laisser séduire par ces mélodies ciselées et ce chant très expressif. A Forest of Rainbows affiche une grande variété de rythme et d’intensité. AMPHETAMIN n’hésite pas à accélérer et à durcir le ton quand cela s’avère nécessaire pour transmettre une nouvelle émotion. La base rock du groupe est constamment enrichie par les multiples nappes de claviers permettant de fixer le décor musical et d’approfondir les atmosphères. Cet album contient son lot de pépites comme « Aether », « Ayamarca (festival of the dead) » ou encore « Hephaestus ». Au petit jeu des ressemblances et des influences, la palette est large. Citons pêle-mêle THE INTERSPHERE, CULT OF LUNA ou encore KATATONIA complété de toute la scène cold wave.

Nous n’avons jamais été déçus jusqu’à présent et avec ce troisième opus, A Forest of Rainbows, AMPHETAMIN continue son sans-faute. Sebastian nous dévoile encore une fois une partie de son âme et sa démarche s’avère être particulièrement digne d’admiration. Le tout est disponible sur le bandcamp du groupe ainsi que sur toutes les bonnes plateformes digitales.

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction / 2019
Tracklist (62:15 mn) 01. Aether 02. Ayamarca (festival of the dead) 03. Kyrrð (An empty space) 04. Shapeshifter 05. Medusa 06. Lull-a-bye (Interlude) 07. Hephaestus 08. A dream in our sky 09. Mazemerize 10. Sad eyes 11. Thelxinoe 12. Winter’s heart

 

 

Fortune – II

On ne sait comment qualifier Frontiers parfois ? Messie de l’AOR dont le label napolitain porte toujours la bonne parole ou nécromancien en rappelant à la vie ce qui aurait dû rester mort depuis longtemps ? Le cas de ce deuxième opus de Fortune est tout à fait exemplaire de ce cas de figure car il sort trente-quatre ans après le premier disque. Vous avez bien lu : trente-quatre ans. Entre temps le groupe des deux frères Fortune, Mick et Richard, a splitté et la mémoire de Fortune était surtout entretenue par le groupe du chanteur Larry Greene, le classieux mais confidentiel Harlan Cage.

La question se pose évidemment du pourquoi d’un tel retour à la vie dans lequel Frontiers a évidemment joué un rôle important. La réponse est simple : le premier (vrai) disque de Fortune, sorti en 1985, est un disque culte dans le monde des amateurs d’AOR. Un de ces disques qui sont devenus rétrospectivement des classiques comme Everybody’s Crazy de Michael Bolton ou le premier album de Signal, et ce malgré un échec commercial indéniable eu égard aux attentes. Le premier album de Fortune est d’ailleurs recherché toujours avec persévérance par les fans les plus mordus. Interprété par des semi-inconnus, il constituait une sorte de petit miracle en fait.

En nouveau Lazare, Fortune est de nouveau debout et marche donc. Mais il n’est pas aussi fringuant que jadis évidemment. Pourtant peu semble avoir changé depuis ce premier album : le logo chromé est inchangé, on retrouve toujours une main féminine gantée en couverture et surtout ce style d’AOR assez particulier. En effet, du fait de la voix si particulière et identifiable de Larry Greene, la musique de Fortune, malgré son caractère évidemment grand public, ne fait pas dans l’immédiateté soudaine. Il faut toujours un peu de temps pour rentrer dans les chansons des frères Fortune. Et la voix de Greene, bien qu’un poil plus éraillée, conserve ses intonations mélancoliques qui en font une exception dans le monde de l’AOR. Il se dégage ainsi une forme de douce tristesse des chansons de Fortune qui fait son charme et son originalité. Tout ceci est toujours et bel et bien là.

Toutefois, la qualité globale n’est pas celle de jadis : on en trouvera pas de « Stacy », « Thrill of It All », « Dearborn Station » sur ce II. Les choses s’ouvrent cependant sur de bons auspices sur « Don’t Say You Love Me » et « Shelter Of The Night »… la qualité ne baisse pas vraiment, les mélodies sont prenantes et le charme opère en partie, mais juste en partie. Il manque une étincelle sans doute inatteignable après tout ce temps malgré l’enchainement des morceaux de qualité (notamment « Overload », qui semble quasiment issu des sessions du premier album). Mais plutôt que de demander l’impossible contentons-nous de ce qui nous proposé et qui aurait été inimaginable il y a quelques années encore.

Baptiste (7,5/10)

 

Frontiers / 2019

Tracklist (44:00) : 1. Don’t Say You Love Me 2. Shelter Of The Night 3. Freedom Road 4. A Little Drop Of Poison (For Amy W.) 5. What A Fool I’ve Been 6. Overload 7. Heart Of Stone 8. The Night 9. New Orleans 10. All The Right Moves