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Avec l’EP Yesterday Comes Tomorrow, les parisiens d’AANOD ne sont pas à leur coup d’essai. En effet, le quintet compte déjà à son tableau de chasse un premier EP, Dawn, sorti en 2015. Preuve qu’ils n’ont franchement pas chômé pour sortir ainsi coup sur coup deux disques.

Le groupe évolue dans un metalcore racé et bourré d’énergie. La démarche reste assez classique mais reconnaissons d’entrée que le talent et le savoir-faire s’entendent de suite. Au bout de quelques minutes, l’auditeur saura qu’il est en présence d’un groupe appliqué et sérieux qui mêle technique et furia, mélodie et agressions calculées. Tous les éléments d’un metalcore canonique sont bien présents, l’alternance entre les types de chants, les riffs tranchants et les rythmiques originales. En sept nouvelles compositions, AANOD enfonce le clou et confirme les bonnes dispositions entrevues sur le disque précédent. Il manque encore une patte spécifique, une identité plus affirmée par rapport aux ténors du genre comme BRING ME THE HORIZON. Cependant certains titres de cet EP sortent du lot et font mouche à l’image d’un « Pariah » franchement efficace. Quelques touches extrêmes ici et là ne font pas de mal non plus.

Pour les amateurs de metalcore, AANOD est un nom à retenir. Les parisiens ne manquent pas de potentiel pour se faire plus largement connaître même si la vague et, ne nous voilons pas la face, la mode metal/deathcore semble perdre de sa vigueur. Souhaitons-leur de persévérer car ils la valeur artistique de leur démarche saute aux yeux (et aux oreilles).

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (27:57 mn) 01. Gambler, 02. D.N.A, 03. Resource, 04. Pariah, 05. Starvation, 06. Cubes, 07. Crafting

Mastodon – Emperor Of Sand

Le groupe d'Atlanta nous livre un septième album conceptuel, dont le fil rouge est constitué par l'histoire d'un homme envoyé à la mort dans le désert. Au delà de ça, le thème ne devrait pas susciter de levées de boucliers, mais du côté de l'interprétation cela risque de jaser…
C'est un album qui se distingue par ses contrastes, ou les titres se suivent et ne se ressemblent pas, entre un « Show Yourself » aux allures de single destiné à squatter les radios et un  « Scorpion Breath » furieux et accrocheur. On sent que le groupe cherche une nouvelle voie, entre rock pop qui lorgnerait vers les Foo Fighters, envolées planantes et progressives à la Pink Floyd et metal brut de décoffrage, à l'ancienne, sans pour autant revenir au Death metal.
Tout cela laisse une impression d'album décousu, en dépit d'un thème consacré à la mort et à la survie, on reste un poil sur sa faim.  Un « Sultan's Curse » entame l'album sur un terrain balisé mais efficace, en dépit de son air de déjà entendu, du pilotage automatique qui peut remplir d'aise les conduits auditifs de fans pas trop exigeants. Au delà du confort, « Show Yourself » divisera entre amateurs de sucreries et rageux qui ne goutent guère que le groupe se laisse aller à tant de facilité. 
« Precious Stones » se situe dans une veine plus classique, mais encombré par un refrain qui dégouline. Mais on concède au titre une énergie accrocheuse avec un final explosif. « Steambreather » laisse une impression de mollesse que le groupe dynamite dans les dernières secondes. Trop tard. « Roots Remain » classique, varié, où le groupe prend le temps de déployer tout son talent est sans doute le plus intéressant avec le final « Jaguar God », avec en prime un solo guitaristique de haut vol.  En revanche, sans être indigeants les trois morceaux suivants ne laissent guère d'impression, jusqu'au titre « Andromeda » qui précéde le puissant « Scorpion Breath ».
Le final « Jaguar God » nous laisse sur notre faim avec une section rythmique qui nous ressort des plans usés, mais qui devraient interpeller les amateurs du groupes jusqu'au moment de la délivrance où le groupe accélère le tempo et entame une cavalcade finale entrainante. On reste sur un sentiment de frustration et l'on se raccroche aux vieux riffs qui sonnent comme avant et on sert les dents sur les passages acidulés et pop. Le groupe serait bien inspiré de ne pas reste le postérieur entre deux chaises et de faire des choix plus tranchés.

Hamster (06/10)

Reprise Records / 2017
Tracklist (51 minutes) : 1. Sultan's Curse 2. Show Yourself 3. Precious Stones 4. Steambreather 5. Roots Remain 6. Word to the Wise 7. Ancient Kingdom 8. Clandestiny 9. Andromeda 10. Scorpion Breath 11. Jaguar God

 

Wedingoth – Alone in the Crowd

Les Lyonnais de WEDINGOTH avaient disparu de nos radars depuis un sacré bout de de temps, depuis 2012 plus précisément et la sortie de leur précédent opus, The Other Side, chez M&O Music (chronique ici). Malgré quelques bons moments, notre camarade Clayman avait été franchement déçu trouvant l’album un peu mou, sans le mordant et la niaque espérée. Cinq ans plus tard, il ne que bien peu de rescapés de cette période, seul Steve Segarra guitariste et géniteur du groupe continue l’aventure et s’est entouré de nouveau camarades de jeu pour ce nouvel opus, Alone in the Crowd.

Après une courte introduction instrumentale, les choses sérieuses débutent avec « Alone In The Crowd Part I ». Et le son qui émerge alors déçoit un peu. Rien de rédhibitoire mais la production générale manque de polish et cela sonne un peu brut de décoffrage. C’est l’occasion de découvrir la nouvelle chanteuse, Maud Hernequet qui a intégré les rangs en 2014. Elle évolue la plupart du temps dans un registre rock à la Doro tout en pouvant s’aventurer si besoin du côté lyrique. Elle laisse une bonne première impression. Elle sait varier son chant et transmettre un large panorama d’émotions. Sur « When The World Collapses » plus sombre et gothique, elle s’efface parfois au profit de Steve Segarra qui apporte le pendant masculin hurlé, le syndrome de la Belle et la Bête. Dans cette atmosphère plus directe et agressive, WEDINGOTH montre un autre visage et sonne bien mieux. Dans les registres rock/hard-rock progressif, les lyonnais ont tendance à se perdre en circonvolutions stériles et l’ennui s’installe vite. WEDINGOTH a tendance a sonné comme un patchwork, des titres à rallonge, trop longs qui par user même les plus courageux. Le contraste entre les deux derniers titres de ce disque est d’ailleurs assez criant. Ils dépassent tous les deux les dix minutes mais autant le tranchant « Beyond Their Lies » parvient à nous tenir en haleine autant « Alone In The Crowd Part II » perd de son intensité et de son intérêt à chaque minute.

Par rapport à The Other Side reconnaissons que de nombreux progrès ont été accomplis. WEDINGOTH continue à vouloir naviguer entre deux eaux et cela n’aide pas à donner une cohérence à leur démarche musicale. Alone in the Crowd sonne décousu et Steve Segarra semble se faire plaisir et veut trop en faire. Il est talentueux sans aucun doute mais devrait mieux canaliser sa créativité. Attendons de les voir sur scène pour se faire une opinion plus définitive.

Oshyrya (06/10)

 

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Autoproduction – Dooweet / 2016

Tracklist (57:23 mn) 01. …—… 02. Alone In The Crowd Part I 03. When The World Collapses 04. The Painter 05. Evolat 06. Sing The Pain 07. Beyond Their Lies 08. Alone In The Crowd Part II