Et puis ils ne furent que trois… (« …And Then There Were Three… »). Croyez bien que j’aurais adoré vous parler longuement du neuvième album studio du groupe anglais GENESIS, sorti en avril 1978 mais notre sujet du jour se nomme NOT ABOVE EVIL. Le désormais trio est né en 2009 en Grande-Bretagne et compte avant ce disque déjà trois sorties à son tableau de chasse. Pour les deux premiers opus de leur carrière (Deification en 2010 et The Transcendental Signified l’année suivante) et l’EP, Psychosis, Rage and Rapture: The Journey Down en 2013, ils étaient quatre avec la participation de David Horton puis Damien Levette aux guitares lead. Mais leurs chemins ce sont depuis séparés et pour ce troisième chapitre de leur aventure, il ne reste que trois rescapés. La séparation doit être encore récente car Levette reste encore crédité sur deux titres de ce nouvel album.
Depuis ses débuts, le groupe n’a pas varié d’orientation et de complait à proposer un death / black métal mélodique qui se veut à la fois technique et tranchant. Si vous attendez une structure simple avec couplet refrain couplet refrain solo refrain, passez votre chemin, les britanniques explorent des univers plus sombres et tortueux que cela. Les compositions s’avèrent être tantôt courtes et directes, tantôt plus longues et complexes. Leurs influences sont assez évidentes, le trio aime les classiques comme METALLICA, le metalcore à la UNEARTH, l’épaisseur et la folie des MASTODON et LAMB OF GOD ainsi que la technique et le côté attractif d’un CHILDREN OF BODOM. Mélangez le tout et vous obtenez un drôle de cocktail qui alterne le meilleur et le franchement moyen. Always Darkest Before peut être divisé entre trois tiers, un tiers plus sympa, un tiers sans éclat et un tiers raté. Les titres les plus courts comme un « Fibre and Sinew » direct, rapide et sans fioritures fait mouche alors que les plus longs développements comme « Elevation of the Form » finissent rapidement par ennuyer. Bien sûr cela joue vite et plutôt bien, Sideeq Mohammed fait le boulot derrière le micro mais l’impression générale reste mitigée car NOT ABOVE EVIL peine à maintenir le niveau sur tout un album et l’auditeur risque de tomber dans la lassitude. Le son de cet album reste honnête mais assez brut de décoffrage, nous ne sommes pas aux meilleurs standards européens.
Avec Always Darkest Before, NOT ABOVE EVIL ne démérite pas mais laisse l’impression de rester le c… entre deux chaises. A parfois trop vouloir en mettre, les britanniques perdent de vu le chemin et s’égarent entre death et black métal, entre technique et mélodie, entre subtilité et violence. On leur souhaite également bien du courage pour transposer ces chansons à seulement trois sur scène. Les bases sont saines à eux de mieux faire.
Oshyrya (06/10)
Autoproduction – Germusica / 2015
Tracklist (50:43 mn) 01. When the Day Comes 02. Adrenaline 03. Unleashed 04. Fibre and Sinew 05. Elevation of the Form 06. The Close 07. Doors and Desolation 08. Compression 09. Turning Over 10. And the Skies Return
En matière d’extrémisme musical, il est amusant de voir à quel point certains groupes mettent tout en œuvre pour toujours repousser leurs limites, qui ont fait du jusqu’au-boutisme leur cheval de bataille. Et à ce petit jeu, rares sont ceux qui arrivent aujourd’hui à rivaliser à un album qui est sorti il y a près de 20 ans : City, deuxième effort des Canadiens de Strapping Young Lad.
Si l'on doit retrenir un fait marquant dès le début de l'écoute, c'est bien que le onzième album du groupe ne tarde pas à ouvrir les hostilités. "Brotherhood Of The Snake" démarre fort et sans prendre de gants, et saute aux conduits auditif de l'auditeur à l'instar d'un " Dark Roots of Earth " qui frappait fort d'entrée avec un " Rise Up " accrocheur et efficace (c'était il y a déjà quatre ans l'air de rien). Plus thrash, plus nerveux et plus rapide, avec la force de frappe de la section rythmique qui est à nouveau à son zénith. Peut-on rêver mieux que cette association du batteur Gene Hoglan et du bassiste émérite Steve DiGiorgio ? Du côté des guitaristes, le duo Skolnick / Peterson fonctionne à merveille, et les deux comparses ne sont pas avares de solis et de riffs tranchants. Quant à Chuck Billy il livre une performance à la hauteur de sa réputation, puissante, sans trébucher, quelque soit le registre (du chant clair au Death metal, le vieux routier est toujours à l'aise).