Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Evile – Hell Unleashed

Evile, toujours à la pointe du retro thrash metal des années 1980, n’a pas rangé aux oubliettes son amour inconditionnel de Metallica, les ex Metal Militia (ça ne s’invente pas) remettent le couvert en 2021.
Après huit de silence discographique, le combo britannique repart animé des mêmes intentions qu’auparavant : asséner des compos thrash à l’ancienne, forcément survitaminé et rapide, avec en guise de concession à la modernité une production en béton.

Ce cinquième album se révèle de ce point de vue sans surprise. La production est au poil, la section rythmique tabasse comme il se doit dans le style énergique, mais le chant laisse lui une impression un poil à désirer. Le guitariste Ol Drake prend le relais de son frangin au chant. Un chant abrasif, monotone, qui se révèle sur la longueur être le maillon faible des compositions du groupe. Alors que le reste du groupe varie les tempos, sort des solis de guitare relevés, Ol Drake reste imperturbable dans un seul registre qui est un poil ennuyeux. Rendez nous Matt, les gars, soyez raisonnables…

Cela dit on peut aussi s’interroger sur le choix du groupe de se cantonner dans une seule direction, en proposant des compositions qui se situent dans une même formule, avec des accélérations qui surgissent toujours de manière prévisibles (même si toutefois il faut accorder a Evile une certaine efficacité dans l’exécution).

L’invitation du comédien Brian Posehn qui chante sur le titre  » Gore  » n’apporte pas grand chose à l’affaire. Pas plus que la reprise du titre de Mortician, Zombie Apocalypse qui ne sort pas du lot.
C’est un tantinet dommage après tant d’années de revenir avec un album solide mais qui ne passe pas le cap de l’exceptionnel. De la à se demander si le groupe n’aurait pas fait le tour du rétro thrash, et qu’engoncé dans son costume de fan de Metallica des années 1980, il se retrouverait un peu coincé.

Hamster (6,5/10)

www.facebook.com/evileuk

Napalm Records, 2021
01. Paralysed 02. Gore (Brian Posehn) 03. Incarcerated 04. War Of Attrition 05. Disorder 06. The Thing (1982) 07. Zombie Apocalypse (reprise Mortician) 08. Control From Above 09. Hell Unleashed

Fuath – II

Depuis quelques années, l’Écossais Andy Marshall fait parler de lui. Son projet principal, Saor, a participé au renouveau du black/folk. Les quatre albums de ce projet, qui se traduit en gaélique par « libre », se sont avérés indispensables, et ce grâce à une identité forte. Mais le bonhomme dévoile un côté plus sombre qui s’exprime avec son second projet Fuath (soit « haine » toujours en gaélique) qui ici sort son second opus.

Épique, fielleux et violent, « Prophecies » nous embarque dans une cavalcade avec les Nazguls au milieu du Mordor. Avec ses riffs à la Nachtmystium, son ambiance délétère et un chant respirant la malfaisance par tous les pores, ce premier long morceau annonce avec talent la suite des évènements. C’est sans appel : le mal régnera tout au long des cinq compositions.

« The pyre » continue sur cette lancée. Grâce à un riff obsédant et une atmosphère qui accompagne l’auditeur au cœur d’un maëlstrom obscur dans lequel il se noie avec délectation, ce second morceau rafle une fois de plus la mise.

Les superbes « Into the forest of shadows » et « Endless winter » ne font que confirmer cette bonne impression générale. Fuath est black-metal de la première jusqu’à la dernière note. Il suinte cet esprit malfaisant que ce soit dans l’interprétation ou dans l’ambiance proposée. On en revient au final à une évocation respectueuse des grands anciens (Darkthrone, Burzum entre autres) ; mais c’est sans compter une personnalité dense qui s’affirme au fil de l’album.

Marshall maîtrise bien son sujet ; il le prouve tout au long des ces quarante et une minutes de pure haine. Ce second album impressionne de bout en bout et affirme la position dominante de ce talentueux multi-instrumentiste dans le milieu du « vrai » black-metal.

Nico (8,5/10)

Site Officiel : https://fuath.bandcamp.com/

Season Of Mist /2021

1. Prophecies 2. The Pyre 3. Into the Forest of Shadows 4. Essence 5. Endless Winter

Les lorrains de DUSK OF DELUSION ont fait le pari d’appliquer à la lettre l’adage conseillant de battre le fer tant qu’il est chaud. Voici le nouvel EP 5 titres du titre, à peine un an après Watch Your 6 (chronique ici). Ce n’est pas comme si la dernière année avait été riche en événements offrant à beaucoup du temps supplémentaire à la maison. Dans la continuité du concept de l’album, ce disque s’ancre toujours dans la grande histoire mais met l’accent cette fois-ci sur la vision du second conflit mondial en dehors des principaux belligérants. Les ramifications ont été nombreuses et ces quatre nouvelles composition vont nous mener en Arménie, aux USA ou encore en Algérie.

On ne change pas une recette qui a fait précédemment ses preuves. Le quintet se lance pied au plancher et l’offensive ne fait pas de quartier : section rythmique omniprésente, gros riffs et soli tranchants sont au programme. C’est direct, agressif et rugueux, à l’image de cette époque folle du début du XXème siècle. Benoit Guillot ne s’économise pas derrière le micro, il crache sa colère et sa bile avec une belle constance. C’est propre, efficace et World at War permet de prolonger le plaisir ressenti à écouter Watch your 6. Pour terminer et étoffer cet EP, DUSK OF DELUSION propose sa version du tube de STATUS QUO. Le ton se veut plus lent, lourd, râpeux, au fond plus désenchanté que l’original. Cette cover se fond parfaitement dans le propos général du groupe.

Le pari est gagné, DUSK OF DELUSION a fait le boulot avec le sérieux et le talent attendu. Rien à redire sur le fond et la forme. En cette période de disette culturelle, c’est du tout bon, n’hésitez pas.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Fantai’Zic Productions / 2021

Tracklist (20:59 mn) 01. Slain In The Desert 02. So Long Atlas 03. Stars & Stripes 04. Idolatry For Aversion 05. In The Army Now (Status Quo cover)