Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Avec BEYOND THE STYX, de quel côté l’auditeur doit-il se placer, du côté des vivants ou de celui des morts ?

Emile Styx : C’est plutôt à l’auditeur de se poser cette question, nous essayons simplement de l’inviter au voyage. C’est une descente aux enfers, certes, mais certains en sont revenus, l’aller / retour est possible.

 

02. Peux-tu présenter à nos lecteurs BEYOND THE STYX ?

Le groupe est composé de cinq personnes et nous proposons un métal hardcore alternatif, on parle alors de post métal hardcore histoire d’interpeler les gens. Tu trouveras donc batterie, chant, basse, guitare lead et guitare rythmique. Nous sommes actifs depuis 2011 et nous comptons à ce jour une soixantaine de concerts à notre actif et nous sommes originaires de Tours. Nous essayons donc de conjuguer toutes ces influences pour créer une chimère musicale.

 

03. Je fais appelle à votre esprit de synthèse, pourriez-vous me résumer le groupe en trois mots :

Adrien X : je dirais, humain pour les valeurs et le contact, l’échange, le groupe… et puis une expression pour bien nous résumer : « qui veut arracher ». Ce n’est pas très français mais cela résume bien notre esprit et notre démarche. On veut y aller, montrer ce que nous savons faire. Il y a un côté défouloir, que les gens s’amusent à nos concerts et que nous nous amusions aussi de notre côté sur scène.

Emile Styx : je dirais intègre, authentique et chimérique.

 

04. Quel est votre état d’esprit une semaine après la sortie de Leviathanima, quels sentiments dominent sur ce disque avec le recul ?

Emile Styx : je dirais l’impatience…

Adrien X : Oui l’impatience de pouvoir enfin le défendre vis-à-vis du public et aussi une certaine satisfaction du travail accompli.

Emile Styx: Vraiment l’impatience de pouvoir rencontrer les gens, de pouvoir leur présenter notre travail, certains voudront écouter avant de nous voir sur scène, d’autres ce sera l’inverse. Une fan est venue nous voir en nous disant je l’ai votre album mais je voulais vous voir avant de l’écouter sur disque. On a des gens bizarres qui nous suivent (rires).

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05. Comment s’opère la magie au sein du groupe et nait une nouvelle chanson ? Au niveau des paroles quel message voulez-vous mettre en avant ?

Adrien X : on fonctionne toujours un peu de la même manière avec des guitaristes qui arrivent avec des idées, des riffs, et qui imbriquent déjà un peu tout cela. Nous écoutons tous ensembles et ensuite tout est retravaillé avec chacun qui apporte sa touche, oui non, nous faisons des arrangements et nous avançons jusqu’à trouver le résultat final qui plait à tous.

Emile Styx : Moi je ne suis pas tout à fait d’accord. Il y a effectivement une phase de pré-composition avec les guitaristes et moi. Là c’est étincelle, mais déjà un travail collaboratif. Après la base rythmique apporte son grand de sel et tisse l’enveloppe, l’ossature et parfois aussi vient déstructurer l’ensemble pour que cela puisse convenir à tout le monde. Et par la suite, le chant arrive, il arrive en dernier alors que, oui tu as raison, je suis partie prenante dès le début. L’angoisse de la page blanche je l’ai par moment mais cela m’arrive moins. Et je pensais avoir peu de temps et finalement douze titres en dix mois environs c’est pas mal.

Nous avions douze titres et finalement nous en avons retirés deux. Cela s’est bien fait pour la rédaction des paroles. Pour cela j’ai pas mal de manière de procéder. Il y a parfois des thématiques que je n’ai jamais abordé et que j’ai envie de voir traitées par le groupe, d’autres que je me suis forcé à aborder car comme je le dis souvent je suis avant tout un interprète de la musique. Oui je suis impliqué dès le début mais tout part quand même d’abord de la musique et j’estime que cette musique appelle en moi au développement de certains thèmes, comme si je lisais entre les notes.

Mais je comprends que cela puisse paraitre farfelu mais c’est pourtant ainsi que je vois les choses. J’ai des carnets, oui, des notes, des citations, je note des phrases de livres, de films, de choses qui m’interpellent ici ou là. Je travaille dans mon coin mais il y a ensuite un rendu et une communication, des échanges avec le reste du groupe. Ils ont un droit de regards dessus et jusqu’ici j’ai toujours eu carte blanche mais si un élément des paroles bloquait, je serai prêt à le retravailler.

Adrien X : Si besoin personnellement, je pourrais intervenir sur le rythme, le phrasé que sur le contenu même des paroles. Pour cela, le groupe à toute confiance dans son chanteur. Je ne touche pas au texte lui-même. Sur les chœurs par exemple nous travaillons plus tous ensembles.

 

06. Avez-vous eu à un moment donné, à vos débuts par exemple, de chanter en français ?

Adrien X : Non pas du tout.

Emile Styx : Non effectivement mais si moi, personnellement, j’ai pu avoir cette tentation sur une chanson, mais je ne l’ai jamais proposée. La grande majorité du temps, j’écris en français et ensuite je traduis en anglais. Il est arrivé que je rédige direct en anglais mais cela reste l’exception et cela reste moins concluant. Il est important de travailler dans ma langue natale car je métaphorise beaucoup. Mais cela reste compliqué d’adapter ces images françaises à la langue et l’univers culturel anglais. Cela ne fonctionne pas du tout de la même façon. Sans vouloir paraître immodeste, le rédige sous forme de poème, pas de simple parole et cela complique donc encore, souvent, la transposition en anglais.

Donc j’ai pu avoir la tentation mais je n’ai jamais osé me lancer car la musique, celle qui m’a été proposée ne s’y prêtait pas je trouve. Mais si j’avais eu l’occasion, je pense que je serai alors allé jusqu’au bout de ma démarche. Un jour peut-être. Mais cela ne sonne pas pareil. Il n’y a pas de calcul mercantile derrière ce choix, RAMMSTEIN a prouvé que l’on pouvait connaître le succès en chantant en allemand. Cela peut être pareil avec le français, regardes Mireille Matthieu ou même Patricia Kaas ! (rires). Plus sérieusement, ce serait pour moi un peu trop m’exposer. Je me cache derrière l’anglais et il faudra que je sois prêt à me dévoiler avec un super texte, qui peut faire mal, pour passer au français. Cela serait une mise à nues, très écorché.

 

07. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement de Leviathanima et le calendrier de réalisation ?

Adrien X : Neuf mois pour composer l’album, avec un rythme très intense, trois répétitions par semaine pour travailler encore et encore les chansons. Vu notre manière de travailler, le procédé expliqué précédemment, afin que tout le monde puisse intégrer sa patte dans nos, chansons, cela prend du temps. Une chanson prend en moyenne un mois, on ne sait pas faire mieux pour maintenir nos standards. On jette des choses, on avance et puis à certains moments, nous revenons en arrière, nous changeons de direction… Donc neuf mois pour composer l’album, dix-huit jours d’enregistrement pour mettre en boite toutes les prises et puis départ pour les États-Unis pour le mixage environ quinze jours.

Il y a forcément une émotion particulière au moment de recevoir les pistes mixées. J’avais moi les prises brutes car je me suis chargé de les envoyer pour le mixage. Je les avais bien écoutées pour les garder bien en tête. Nous avions bien sûr tout écouté en studio mais, avec quinze jours de recul je pouvais avoir une oreille neuve sur notre travail. Et puis les envoyer aux USA en se demandant comme cela allait revenir…

Dès que j’ai vu que Jamie King nous avait renvoyé les pistes, j’étais super excité. Nous avons dû recevoir le tout à 11h30 du matin et dès que je suis sorti du boulot, à 12h01, j’avais tout téléchargé et j’étais en train de l’écouter alors que j’étais encore au boulot mais ce n’était pas grave. Nous avions donné à la personne en charge du mixage quelques pistes en lui disant que « ça ou ça nous aimerions bien mais c’est toi qui est derrière les manettes donc nous te laissons faire ».

Emile Styx : Il y avait bien sûr un risque, mais nous l’avions limité en lui faisant parvenir l’EP, il avait écouté et nous avait répondu que cela lui plaisait. Donc même si le style était clairement différent, car on est passé sur quelque chose de plus incisif, l’esprit était là et la confiance aussi.

Adrien X : Nous avions confiance en lui et d’ailleurs même si finalement, il nous avait proposé autre chose, par rapport à ce que nous avions en tête, cela aurait pu être intéressant de réfléchir à cette autre façon d’aborder nos chansons. Cela aurait pu aussi parfaitement fonctionner. On se pose beaucoup de question, in reste une forte incertitude sur chaque chanson, nous étions ouverts.

Nous avons fait le choix des morceaux en pré-production sur les douze et nous n’avons fait mixer que les dix titres choisis. Les deux chansons laissées de côté ne sont pas jeter mais elles sont rangées. Pour un disque de face B si un jour un label le propose pourquoi pas.

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08. Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à Sloughing off the Shades ?

Adrien X : oui car à l’époque déjà nous ne composions pas tout à fait pareil. Du temps de l’EP nous n’avions pas le même line-up donc une philosophie et des moyens pas identiques. Nous répétions moins et les enjeux d’égo étaient différents. Pour l’EP j’étais sur place, pour composer et ensuite j’ai dû bouger sur Paris pour des besoins professionnels. J’étais moins présent la semaine et là plus les week-ends. On a fonctionné différemment sur ce disque.

 

09. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ?

Emile Styx : L’artiste qui a réalisé le visuel de cet album était déjà en charge de celui de notre précédent EP. Pour ce premier disque nous avions clairement une volonté chimérique mais le visuel était, à mon sens, très réussi mais trop matérialisable. Là, l’idée était vraiment de rendre la chimère diffuse, clairement perdre le visuel dans les méandres, tous ces nœuds, ces hexagrammes. Chacun regarde la pochette avec sa sensibilité et voit ou pas un sens à ce maelstrom. Nous n’avons pas caché de symbolique cachée dans la pochette à moins que l’artiste nous cache certaines choses. Par contre le choix de la couleur, le turquoise, était fait pour casser les codes.

Adrien X : Avec Ghislain pour l’EP nous lui avions donné de la matière, il avait écouté les morceaux et il nous a alors fait plusieurs propositions. Là pour l’album, nous avions l’envie de retravailler avec lui et nous lui avons juste dit que musicalement nous avancions, nous progressions et nous changions donc qu’il fallait qu’il nous propose quelque chose pour le groupe actuel, pas du passé. Et il est arrivé avec une planche et c’était d’emblée la bonne. Rien n’était à ajouter.

Emile Styx : Bien sûr il y a eu quelques ajouts, adaptations. Vous avez eu la version digipak qui était interdit à la vente et depuis le visuel a légèrement évolué. Il y a un livret à l’intérieur qui n’existe pas sur le promo. La couleur et le côté un peu « pourri » avec ces tâches de bleu sont voulus. Certains fans nous ont écrit en nous demandant si c’était normal que leur CD soit tâché et oui c’est normal. Cela peut interpelé mais l’idée était vraiment de casser, casser avec ces codes de noirs, rouges, blancs même si nous ne faisons pas du stoner psychédélique.

 

10. Et le tournage de la vidéo SanctuarINK, vous aimez cet exercice ?

Adrien X : Pour moi, c’est comme en studio, faire des choses pour avoir une finalité. C’est sympa sur une journée mais au bout d’un moment cela pourrait être trop fatiguant. Deux jours et moi j’étais présent sur toutes les prises su début jusqu’à la fin. Nous avons joué le morceau je ne sais plus combien de fois et à la fin de la journée tu satures quand même. Mais cela reste agréable d’avoir ce clip à la fin.

Emile Styx : Ce que j’ai trouvé de plus difficile a été de faire avancer la partie scénarisée. Elle n’est pas gigantesque et pourtant tout n’a pas pu être gardé car certaine chose ne rendait pas comme souhaité et là tu découvres une part de frustration. Sur certaines images que j’étais ou que certains attendaient… Nous avons tourné de nuit, pas trois ou quatre degrés. Quand on voit en débardeur sur une chaise sous une ruine de prieuré, il ne fait pas super chaud. Quand il y a de la brume, parfois c’est effectivement de la vraie brume pas de la fumée créée pour l’effet.

Donc cela fait partie du jeu de faire et de ne pas le conserver si cela ne convient pas. Mais cela me donne envie de poursuivre. Et Alban nous a bien épaulé et nous a sauvé un peu la mise car ce n’était pas le réalisateur prévu à la base sur ce scénario. Nous avons eu un problème de dernière minute avec l’équipe du réalisateur et donc nous avons du changer de réalisateur à la dernière minute. Le travail en amont sur les détails est gigantesque. Avoir un gros portefeuille, contrairement à nous, aide bien sûr.

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11. Comment as-tu abordé ton chant car ta palette reste assez impressionante…

Emile Styx : J’ai beaucoup évolué au niveau de mon approche car techniquement j’ai dû me renouveler. L’expérience des concerts m’a obligé à travailler et gagner en coffre. Je ne voulais pas avoir la même voix en chant criard tout au long de l’album, je voulais pouvoir apporter autre chose. Pour le chant guttural, j’ai tenu à en mettre un peu moins et à côté de cela à pouvoir l’agrémenté à d’autres moments avec du pig squealing par exemple plus proche du grind sur certains titres.

Mais ce fut complétement volontaire car cela avait du sens. Certains n’aiment pas le changement de voix, cela les saoulent et je peux le comprendre. Certains n’aiment pas non plus ma voix tout court. Donc tant qu’à faire autant que je me fasse plaisir quitte à faire chier les gens. Donc tout cela va créer de la discussion donc de l’échange. Je partage quelque chose, que les gens se rencontrent.

 

12. Vous venez d’attaquer le Rootless Tour. Comment cela se passe-t-il ?

Adrien X : Cela se passe très bien. La toute première date était super importante car il s’agissait aussi de notre release party. Nous avions fait le choix artistique d’être dans une vraie salle de concert pour cette release pour avoir le son et l’espace scénique nécessaire. Les deux shows suivants ont été eux aussi très positifs, de bons retours, donc pour l’instant, tout va bien. On ira ne Suisse, on Belgique également…

C’est un peu spécial car jusqu’à juin, nous n’allons tourner que des jeudis, vendredis et samedis pour des questions d’emploi du temps. Donc les dates se déroulent chaque semaine mais pas tous les jours. Et nous avons déjà fait des tournées avec des concerts qui s’enchaînent chaque jour. Mais nous préparons une autre tournée pour un peu plus tard.

 

13. Comment voyez-vous la scène métal française ?

Adrien X :Une grande diversité avec un problème lié au manque d’endroits de petie configuration pour jouer. Les cafés concerts se meurent pour des raisons budgétaires. Il manque beaucoup de dsalle autour de 150 places pour accueillir plusieurs groupes. En tournant nous voyons la richesse de notre scène nationale, beaucoup de groupes locaux de grande qualité.

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview :

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

“My Own Summer (Shove It)”, le premier titre d’Around the Fur des DEFTONES

 

02. Premier album rock acheté ?

Un MARYLIN MANSON je pense, Hollywood, je pense.

 

03. Dernier album acheté ?

THE ACACIA STRAIN avec Coma Witch

 

04. L’étincelle qui a créé ta volonté d’être batteur ?

C’est mon père qui est lui-même batteur, il a une formation plutôt jazz. Et il m’a donné envie en le voyant. J’ai fait 15 ans de piano avant mais la batterie m’attirait beaucoup.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l’album ici

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01. Quel est ton sentiment sur cette nouvelle aventure dans la vie du groupe avec ce nouvel album, Shadowmaker ?

Nous avons terminé l’aventure précédente avec la tournée de 7th Symphony en étant très fatigués. Nous nous sommes alors rendu compte que nous n’avions pas vraiment arrêté depuis des années, enchaînant sans arrêt les tournées et nous ressentions alors une certaine lassitude. Il nous fallait faire un break, marqué vraiment une vraie coupure, plus longue que d’habitude, afin de recharger les batteries et repartir frais. Nous restions chacun de notre côté sans même nous appeler. Cela a duré ainsi plusieurs mois et ce fut très positif.

L’ambiance est bonne dans le groupe mais nous un presque un vieux groupe maintenant et nous devons être attentifs aux différentes étapes à franchir. Nous ne voulons pas surtout perdre la passion et finir par composer de la musique de façon presque automatique. Nous nous sommes également lancés dans divers projets plus orientés musique classique et ils ont été très positifs pour nous pour renouveler notre créativité. Quand nous nous sommes alors lancés dans l’aventure de ce nouvel album, nous étions très concentrés en voulant revenir à l’essentiel et en capitalisant sur toutes ces belles expériences des derniers mois. Et nous voulions revenir à la base sans accueillir beaucoup d’invités contrairement à nos habitudes des derniers disques. Et cela passait aussi par une certaine innovation en intégrant un chanteur à plein temps pour pouvoir travailler, et répéter avec lui avant d’entrer en studio.

Il fallait trouver la bonne personne, un super chanteur bien sûr mais aussi un type bien que nous pouvions emmener avec nous sur la route pour de longues semaines sans inquiétude. Au niveau de la musique, nous nous sommes aussi laissés plus de liberté, en rejetant tous les dogmes possibles. Sur ce disque, tu trouveras en réalité beaucoup plus de parties de violoncelle que sur les précédents, nous avons retiré tous les instruments additionnels. Presque 100% des sons proposés émanent des violoncelles, tu trouveras bien sûr ici et là des instruments en complément mais finalement très peu.

 

02. Pourquoi avoir pris de temps en les deux derniers albums en dehors de cette période de repos que tu viens de mentionner ?

Le dilemme entre Wagner Reloaded et un nouvel album s’est-il pose ? Bien sûr le Wagner Reloaded a représenté une belle opportunité pour le groupe, faire quelque chose d’un peu différent et sortir de notre routine. Beaucoup de travail mais nous savions que nous pourrions donner le meilleur pour quelques shows. Ce fut très intéressant et excitant, la possibilité de travailler et collaborer avec beaucoup de gens très différents. Mais nous ne voulions pas que cette parenthèse dure trop longtemps et APOCALYPTICA allait redevenir rapidement notre priorité. En fait, le feeling que tu trouveras sur Shadowmaker possède je trouve de nombreux point commun avec notre travail sur l’album Cult.

Tous nos albums ont été importants dans notre carrière mais Cult en particulier a fait tout basculer et nous avons alors pu atteindre un autre niveau. Nous avions alors pris de la distance avec notre concept de reprises de standards métal et nous passions enfin du côté de la création originale. Nous étions encore très jeunes et aussi un peu têtus et nous avons eu de grandes luttes avec notre label finlandais de l’époque car ils voulaient nous vous poursuivre sur la même vois avec un nouvel album composé de reprises. Nous sentions alors que si nous voulions vraiment devenir un véritable groupe, il nous faudrait dépasser ce carcan. C’est pourquoi nous avons proposé Cult. Et il me semble qu’il sonne toujours de façon assez révolutionnaire. L’APOCALYPTICA que tu connais aujourd’hui est né à ce moment-là.

Avec Shadowmaker nous avons un peu retrouvé une situation similaire, nous étions à une croisée des chemins. Nous n’avions plus de contrat discographique, nous étions libres de faire nos choix. Il n’y a avait plus personne pour nous conseiller ou nous dire quoi faire. Nous étions seuls et nous pouvions donc nous rassembler en studio et laisser notre créativité parler sans limite. Une fois le disque terminé, nous nous sommes à nouveau ouvert vers le monde pour trouver un éditeur et des gens sérieux pour travailler. La liberté artistique totale que nous avons connue à ces deux époques de notre carrière crée forécement un pont entre ces deux albums.

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03. Comment fonctionne la chimie au sein du groupe ? Comment nait une chanson d’APOCALYPTICA ?

La grande différence de méthode pour ce nouvel album s’avère être la présence à nos côté d’un chanteur lors des phases de préparation et de composition, des mois avant l’enregistrement final. Pour la première fois, nous pouvions composer, arranger et construire chaque chanson avec le chant. Et cela a bien sûr un impact sur les chansons et sur notre approche du violoncelle bien sûr. Nous pouvions entendre en temps réel la voix de Franky et donc nous adapter à lui. Moi qui joue beaucoup les parties lead de violoncelle j’ai modifié mon jeu pour correspondra au besoin et apporter un complément intéressant à la voix. Il fallait trouver cette connexion entre les différents ingrédients de la recette.

Les chansons ont été composées par Eicca et moi-même mais il ne faut prendre à la légère les contributions des autres membres du groupe. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice pour faire de Shadowmaker un effort collectif. Nous avons passé un nombre incalculables d’heures en répétition pour que chacun puisse s’imprégner et apporter sa touche aux chansons. Nous avons joué encore et encore ces chansons, nous laissant parfois quelques semaines pour les digérer et les rejouer après quelques semaines pour voir si le feeling était différent. Nous étions très préparés pour l’enregistrement. Tout le monde avait au moment d’entrer en studio ce qu’il devait faire, comment et à quel moment.

Je pense que tu peux te rendre compte de cela à l’écoute, tout a été clarifié, épuré et rien de superflu n’a survécu. L’énergie et la puissance souhaitées sont bien là et pourtant il y a sans doute moins de pistes, moins de complexité que par le passé. Avant nous entrions en studio avec les structures des chansons et nous ajoutions couches après couches pour obtenir des harmonies complexes et un peu folles parfois. Cette fois-ci, nous avons voulu aller à l’essentiel et avoir le plus de clarté possible, un son très compact.

 

04. En termes de calendrier, combien de temps avez-vous pris pour chaque étape ?

Je pense que la période de création, de composition a duré plus ou moins cinq mois, mais ce ne fut pas un travail très intense, nous avons avancé par étape, morceau par morceau sans nous mettre trop de pression. Et puis au printemps 2014, nous nous sommes réunis tous ensemble et nous avons répété encore et encore peut-être pendant environ quatre mois. Et nous avons le projet de rentrer en studio à l’été, vers août 2014 mais nous avons repoussé la date plusieurs fois car nous avions certains noms de producteur en tête des gens talentueux et célèbres comme Nick Raskulinecz mais il n’avait pas de dispo à ce moment-là sur son agenda. Donc nous avons fait le choix d’attendre et ce n’était pas simple car il n’y avait pas que le studio qui était déjà réservé mais également la tournée était déjà bien planifiée.

Au tout début, l’album devait initialement sortir en janvier 2015. Finalement ce sera pour avril mais tout le monde est heureux que nous ayons pu ainsi modifier nos plans et faire ce que notre cœur nous disait. Tous ces sacrifices ont largement valu le coup afin de pouvoir travailler avec des gens d’un tel talent. Et donc Nick nous a dit qu’il était très enthousiaste de travailler sur cet album mais qu’il fallait prendre le temps de bien faire les choses. Il a donc voulu que nous allions là-bas à Nashville pour dix jours pour jouer encore et encore ces nouvelles compositions et encore les améliorer. Puis il nous dit de retourner à la maison pendant un mois pour continuer à répéter et rendre encore meilleur ce que nous avions trouvé à Nashville. Et enfin nous sommes alors repartis là-bas pour mettre toute cela en boite.

Ainsi tout serait extrêmement clair et nous aurions juste à appuyer sur le bouton d’enregistrement pour immortaliser tout cela. C’est la première fois que nous agissions ainsi et avec le recul l’un des éléments les plus importants de ce nouvel album est d’avoir particulièrement soigné la préproduction. Nous étions tout simplement six dans le studio de Nick a joué encore et encore pendant douze heures par jour ces chansons. Nick est l’une des personnes les plus inspirante avec laquelle j’ai eu la chance de travailler, il est passionné et fou de musique. Bien sûr il te pousse beaucoup, dans tes derniers retranchements mais il fait cela de façon intelligente, il est conscient de tes capacités et essayent de te faire atteindre ton maximum.

Je parle pour moi mais j’ai été surpris de constater ce que Nick avait su me faire exprimer. J’ai d’habitude une vision très claire de ce je veux, de la façon dont le violoncelle doit sonner. Je suis assez têtu dans mon genre. Mais il a su m’amener à réfléchir sur de nouvelles idées. La combinaison a été très efficace, il a su s’intégrer dans la mécanique interne du groupe et j’aimerais vraiment pouvoir faire un autre album avec Nick, ce fut vraiment incroyable.

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05. Avez-vous mis sur l’album tout ce qui a été composé ou avez-vous laissé de côté certaines compositions ?

Au cours du temps, nous avons utilisé les deux approches. Parfois, nous sommes rentrés en studio avec une vingtaine de chansons et le processus avançant nous les réécoutions toutes et ne conservions que celles qui sonnaient le mieux ou qui montraient une cohérence entre elles. Mais cette fois-ci le concept et la préproduction ayant été tellement efficaces, rien n’a été écarté ni laissé de côté. Il existe une version standard de l’album qui doit, je suppose, correspondre à un besoin du business mais l’album en version spéciale doit sa globalité faire presque une heure avec toutes les chansons enregistrées avec Nick. Encore une fois le concept était limpide.

 

06. De mon point de vue, la pochette et les visuels associés de l’album se doivent d’être une porte d’entrée pour s’immerger dans la musique. Quelle était votre idée et comment avez-vous travaillé avec l’artiste en charge ?

Cette fois-ci nous avons été très très engagés pour définir le visuel et la pochette de cet album. On pourrait dire que c’est nous qui en avons trouvé le design. Bien sûr l’artiste a rendu cela possible et donner corps à notre idée mais tout est partie de notre sentiment que toutes les chansons présentées ici racontaient comme une histoire, l’idée que il y a tout le temps un part d’ombre qui se cache dans toute activité humaine. Et cette idée a émergée très tôt dans le processus de création et nous voulions pouvoir proposer un comic-book à partir du livret de l’album, les différents personnages évoluent page après page, ces deux femmes…

Ce sentiment que quelqu’un nous cache constamment des choses est présent tout au long de ces images. Mikko (NDLR : Sirén – batterie) avait eu l’idée de mettre en avant la couleur blanche, cela ajourait un côté mystérieux et un peu inquiétant à l’ensemble. Nous aimons beaucoup notre pochette.

 

07. Question idiote mais il me semble que beaucoup de musiciens classiques apprécient particulièrement la musique métal. Et le public métal le lui rend bien en saluant les groupes qui proposent des concerts avec orchestre. Es-tu d’accord avec cela, vois-tu des passerelles entre les deux genres ?

Oui tu as raison, le côté technique et le travail nécessaire pour mener à bien son projet musical crée forcément des passerelles entre les deux univers. Cependant, je continue à penser à la musique beaucoup plus en termes d’émotions. Et l’objectif de la musique, comme toute forme d’art, est avant tout de créer de l’émotion pour l’auditeur ou le spectateur. Et si je joue de la musique classique, en réalité, je poursuis le même objectif que celui que je tente d’atteindre avec APOCALYPTICA. Si tu aimes vraiment la musique tu t’ouvriras forcément à de très nombreux styles très différents. Maintenant, tu citais Yngwie Malmsteen, beaucoup de musicien rock, en progressant dans leur carrière ce sont rapprochés de la musique classique puisque la majorité des règles musicales viennent finalement de là.

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08. Si tu devais ne conserver qu’une leçon que tu as apprise lors de ton passage à la Sibelius Academy, quelle serait-elle ?

Je pense que, en particulier pour moi qui me suis toujours chargé des parties lead et des soli au sein d’APOCALYPTICA, la technique est resté la même et j’ai alors pu mettre en œuvre tout ce que j’avais appris lors de ma formation. Mon approche est restée la même que ce soit pour jouer de la musique classique ou la musique du groupe. Tu retrouves alors cette puissance et cette précision. Je suis très heureux d’avoir ainsi pu bénéficier d’une solide formation de base, dans un établissement reconnu. Cela m’a donné les moyens d’être libre avec APOCALYPTICA, faire tout ce que je veux sans avoir de contrainte. Il n’y a pas de règles intangibles dans le rock, tu peux faire ce que tu veux. Je preux prendre ces pièces classiques que j’ai apprises plus jeunes et les emmener ailleurs, les transformer en choses en un peu folles. C’est une superbe opportunité.

 

09. Quand vous avez créé le groupe en 1993, pouviez-vous seulement imaginer ou rêver de faire des tournées dans le monde entier avec ce même projet vingt-deux ans plus tard ?

Nous n’avions aucun espoir ni aucun projet sur le long terme avec APOCALYPTICA. Au début, nous voulions seulement nous amuser et prendre du bon temps. Nous n’avions pas d’attente particulière. Au début, nous l’avons fait uniquement pour nous et puis un jour un type d’un label indépendant finlandais nous a entendus en 1995 et au début nous nous sommes moqués de son idée d’en faire un album avec ces reprises de METALLICA. Nous avions vraiment l’attitude consistant à penser que personne ne voudrait écouter cette m***.

Et puis finalement un premier album sort, puis un deuxième et d’un coup nous nous sommes rendus compte que nous intéressions les gens, que nous avions des fans. Mais il a fallu attendre 2004 ou 2005 pour que nous puissions sérieusement envisager des perspectives à long terme pour APOCALYPTICA. Déjà avec Cult, nous assurions quelque chose comme cent cinquante concerts par an, cela devenait vraiment une activité à plein temps. Pendant longtemps je jonglais entre le groupe et mes activités avec un orchestre philharmonique profitant de mes congés pour jouer avec le groupe. Et j’étais heureux de retrouver mes activités de musicien classique ensuite. Mais fin 2004/début 2005, cela n’était plus gérable et nous avons tous dû faire un grand choix.

Et nous avons choisi le groupe car cela nous ouvrait d’immenses possibilités, nous étions libres d’explorer les contrées musicales que nous voulions. Ce fut un peu stressant bien sûr de lâcher son « vrai » boulot mais je ne regrette pas. Cependant, je dois bien avouer que cela me manque de jouer de la musique classique. A travers différents projets plus classiques, je soigne mon âme musicale. Je suis heureux des possibilités qui s’ouvrent devant moi, je suis par exemple en ce moment même en train de composer un opéra.

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

C’est forcément un groupe suédois, le choix va être difficile entre AMON AMARTH ou ARCH ENEMY. J’en ai parlé avec eux pour savoir ce qui pouvait tant me séduire chez eux, les nombreuses passerelles entre nos chansons. J’ai eu cette conversation avec Michael Amott d’ARCH ENEMY et nous sommes arrivés à la conclusion que nous ressentons sans doute la musique de la même façon. Mon titre favori d’AMON AMARTH s’avère être la dernière composition de l’album Twilight of the Thunder God et elle s’appelle « Embrace of the Endless Ocean ». La première fois que je l’ai écouté j’étais scié et j’ai dû l’entendre sans mentir soixante fois de suite. J’aime leurs thématiques vikings également. Côté ARCH ENEMY, je dirais « We Will Rise » d’Anthem of Rebellion.

 

02. Premier album acheté ?

Le premier disque de SKID ROW.

 

03. Dernier album acheté ?

Je n’achète plus vraiment de disque physique, je passe par du digital. Je dirais le dernier ARCH ENEMY, War Eternal.

 

Tous nos remerciements vont à Roger WESSIER (Replica)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

 

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait le groupe avec ce nouvel album, que pouvez-vous nous dire vous concernant ?

Le groupe est né à Chypre fin 2006 sous l’impulsion d’Andreas Kasapis et Christis Isseyegh. Depuis, nous avons été rejoints par différents membres. Notre dernier line-up consiste en : Christis Isseyegh [batterie], Andreas Kasapis [Guitares et basse], Andreas Pouyioukkas [chant], Christoforos Gavriel [Guitares], Nicholas Liakos [basse en live]. Nous sommes tous des individus très engagés avec une grosse envie de créer de la musique. Les moments forts de notre aventure sont :

• Notre première demo official en tant que LETHAL SAINT avec quatre chansons en 2007.

• Notre premier album en 2010.

Saint Strikes Back en 2011, publié en version cd et vinyle.

• Une série de concerts en Grèce aux côtés des légendaires HELSTAR

• Participation à différents festivals métal dont le Up the Hammers festival en Grèce en 2012.

• Enfin la sortie de notre second album WWIII le 20 mars dernier.

 

02. Si vous deviez résumer le groupe en trois mots, quels serait-ils et pourquoi ?

Dynamiques, engagés, “In-your-face” [METAL].

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03. Quelle était votre idée, votre ambition au moment d’entamer le travail sur votre nouvel album ?

A travers notre musique nous avons toujours voulu exprimer nos croyances, pensées et sentiments. Nous ressentons un besoin pour mettre sur la place publique les affaires contemporaines du monde et en explorer les tenants et aboutissants. La source de cette envie vient de la colère et de la déception que nous ressentons et qui sont aussi partagées par tous les peuples du monde, ceux qui souffrent, en particulier dans notre patrie (NDLR : la Grèce) où une guette économique fait rage depuis plusieurs années.

Cette force couplée à notre besoin insatiable de créer de la musique a permis l’émergence d’une nouvelle ère pour LETHAL SAINT, en particulier WWIII peut être compris comme la renaissance du groupe. WWIII est un album concept traitant de la guerre économique qui fait rage, décrivant tous les événements des débuts jusqu’à la situation actuelle et tente de réveiller les gens face à ces réalités. Ces réalités ne sont pas seulement intégrées dans nos paroles mais également dans la musique que nous proposons avec cette sortie.

 

04. Que pouvez-vous nous dire de la composition et de l’enregistrement de cet album ?

Notre dernier publication, qui date de quelques jours, s’avère être le résultat de tous nos efforts, nos expériences et notre passion de toutes ces dernières années, depuis que nous avons créé le groupe. Cette fois nous voulions être intransigeants et ne pas faire de compromis au niveau de la production, la composition et l’expression musicale. Nous avons travaillé en gardant comme objectif de livrer un album professionnel en utilisant au maximum nos talents. Il est facile de penser que cela nous a pris cinq ans pour donner naissance à ces chansons mais ce n’est pourtant pas le cas.

Toutes ces chansons ont été composées et enregistrées à partir d’une page blanche sur une période de trois mois grâce à un travail très dur. Pendant ces cinq années, nous avons pris le temps pour acquérir de la maturité en tant que musicien, élargir nos idées, influences et expériences de vie. Cela nous a permis d’incorporer tous ces éléments dans notre nouvel album. Nous sommes extrêmement fiers et très enthousiastes en ce qui concerne ce nouvel album.

 

05. Quels sont vos attentes et vos espoirs pour le groupe ?

Notre première ambition avec cet album, comme déjà mentionné, a été de nous exprimer en tant que musiciens. Après avoir atteint cet objectif au maximum de nos possibilités, nous nous attendons désormais à transmettre ces sentiments et notre enthousiasme à nos auditeurs. Nous pensons sincèrement que cela reste tout à fait possible car nous avons travaillé très dur pour cela, avec de nombreux effort et une grande détermination pour créer cet album.

Nous espérons que ce disque sera bien reçu par le public et les médias et qu’il sera autant respecté par le autres que nous le respectons nous-mêmes. Nous sommes ouverts à toutes les offres qui pourraient se créer suite à la sortie de cet album et qui pourrait emmener LETHAL SAINT plus loin.

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Question difficile. Cela devrait un disque d’ACCEPT, probablement « Monsterman » extrait de Russian Roulette

 

02. Premier album acheté ?

Nous pensons qu’il s’agit d’IRON MAIDEN avec No Prayer for the Dying.

 

03. Dernier album acheté ?

Cela devrait être HELSTAR avec This Wicked Nest.

 

04. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

Nous avons découvert le métal très jeunes et à ce moment une envie irrépressible est née de créer de la musique. Et cette envie n’a pas cessé depuis, cela est devenu une ligne directirce dans nos vies, notre raison d'être. STAY F*CKING LETHAL

 

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Site internet: www.lethal-saint.com

 

Tous nos remerciements à LETHAL SAINT et Michaela de Pure Steel Records.