Archive for janvier, 2009

Aaaaaaaaah, le nouveau Cannibal Corpse ! Après Kill en 2006, les Américains de Cannibal nous avaient fait languir avec leur dvd triptyque Centuries of Torment. Mais avant même sa sortie, cet album a fait coulé beaucoup d’encre, un peu comme tous les grosses sorties annoncées. Car un album de Cannibal Corpse est toujours une grosse sortie! Et surtout, le titre « Evisceration Plague » postée sur le myspace depuis quelques temps a suscité des réactions des plus mitigées, certains taxant la chanson de « cannidoom ». C’est donc avec un caleçon tout neuf (merci les grounikeurs de vous soucier de ma propreté) que j’entame l’écoute de cette galette qui, je l’espérais, aller me ravir une fois de plus. 
 
Et là, je dois bien vous avouer que j’ai été très décontenancé. En fait, cet opus, c’est un peu l’opus du « oui mais… ». Tout d’abord, parlons de la vitesse, ce qui reste une des caractéristiques majeures de notre combo de ricains. Les compos défilent à un rythme très infernal, oui mais l’impression de vitesse était nettement plus transparente sur Kill. Les compos ont certes un tempo très élevé mais les midtempos semblent plus présents. 
 
Oui, la plage éponyme postée sur le myspace est lente mais cet album reste un album de Cannibal Corpse. Vous pourriez facilement entendre une des nouvelles compos sans jamais l’avoir entendue avant et être sûr (avec raison) que c’est du Cannibal pur sang ! 
 
Un autre oui mais se trouve également au sein des compos : oui Cannibal semble vouloir être un poil plus original que par le passé (lisez abandonner leur schéma éculé : intro, solo de basse, blast, midtempo, blast, midtempo, blast, etc), ce qui est plutôt louable comme démarche mais au niveau des compos, il me semble qu’il y ait quand même des écueils surtout au niveau de soli de guitares : oui Pat O Brien est un dieu vivant de la guitare mais ces soli, aussi géniaux qu’ils soient, tombent parfois « à côté », avec une impression frustrante d’être en décalage avec le reste des instruments. 
 
Mais parlons des instruments justement : niveau basse, le jeu d’Alex Webster est toujours aussi impressionant : ce type doit être un des (si ce n’est LE) meilleur(s) bassiste de death metal. Et le batteur dans tout ça vous me direz ? Ce type pourrait être surnommé « Blast Gordon » tellement il maîtrise et martyrise ses fûts à une vitesse hallucinante. Mais si vous voulez un vrai pro de la maîtrise à toute vapeur, regardez du côté de Corpsegrinder. Il vous suffit d’écouter son débit sur "Scalding Hail" (une des meilleures plages selon moi) et vous serez sur le cul. 
 
Après de tels arguments, on pourrait conclure un peu comme notre chef poilu : ok castor chronique du Cannibal, il fait plein d’éloges, on aurait pu déjà mettre la note à l’avance, un bon gros 10/10. Mais je vous l’ai dit, cette chronique est la chronique du « oui mais ». 
 
Alors ok Cannibal Corpse est un monstre de death metal, sans doute un des plus grands groupes de ce genre mais ce onzième déçoit quelque peu. Les compos sont très bonnes, la maîtrise est au rendez-vous, la production (de sieur Erik Rutan, caramba, encoré loui) est bétonnée mais il n’en reste que cet album laisse un goût un peu bizarre dans l’oreille, comme si quelque chose n’était pas complet, qu’il manquait quelque chose. 
 
Oui cet album déçoit mais peut-être est-ce simplement dû à une forme d’exigence de la part des fans qui attendaient peut-être plus après une telle dévastation comme Kill. Evisceration Plague a eu le mérite de tenter de succéder à Kill, avec tous les éléments qui ont toujours fait Cannibal Corpse, en y ajoutant de nouveaux éléments, une nouvelle atmosphère mais ceci faisant, Cannibal Corpse a opté pour un style qui pourrait rebuter les plus brutos d’entre leurs fans… Cependant, ce nouveau Cannibal a tout pour perdurer, dans un autre style cependant, un style plus posé, moins prend ça dans ta gueule mais qui vous retournera une nouvelle fois !
 
[8,5/10] Supercastor
 
Site Officiel : http://www.cannibalcorpse.net
 
Myspace Officiel : http://www.myspace.com/cannibalcorpse
 
Metal Blade Records – 2009
Tracklist  : 01. Priests of Sodom 02. Scalding Hail 03. To Decompose 04. A Cauldron of Hate 05. Beheading and Burning 06. Evidence in the Furnace 07. Carnivorous Swarm 08. Evisceration Plague 09. Shatter Their Bones 10. Carrion Sculpted Entity 11. Unnatural 12. Skewered From Ear to Eye
 

Sepultura – A-Lex

Pour moi, Sepultura est mort en 1996, avec le départ de Max au sortir d’une tournée triomphale (dont le plus beau témoignage est le live Under a Pale Grey Sky, véritable hommage à un groupe mythique). L’arrivée de Derrick Green avait permis au groupe de vivoter, enchaînant plusieurs sorties plus ou moins intéressantes. Tout au plus restait-il Igor Cavalera derrière les fûts, mais après le départ de ce dernier (parti rejoindre son frangin pour former un nouveau combo) et le démenti d’une hypothétique réunion du groupe avec le line-up d’antan, je ne me faisais pas d’illusions : Sepultura est mort et enterré, et A-Lex, leur dernier album en date, ne risquait pas de troubler le sommeil éternel du groupe…

Et pourtant…

En effet, avec ce deuxième concept-album inspiré par le livre Orange Mécanique (pour rappel, le précédent traitait de l’Enfer de Dante), Sepultura semble paradoxalement reprendre du poil de la bête, comme si l’absence complète des frères Cavalera avait suscité un électrochoc, une prise de conscience qu’il était temps de regarder de l’avant.

A-Lex (nom inspiré par le personnage principal d’Orange Mécanique et signifiant également « sans loi ») nous propose un album aux multiples facettes, tour à tour rentre-dedans, lent, rapide, violent, posé et ambitieux (notamment dans la réinterprétation de la 9e Symphonie à la sauce Sepultura). L’ombre des grandes heures du groupe plane encore sur certaines compos (notamment les percussions tribales sur Filthy Rot), mais ces influences sont contrebalancées par de nouveaux éléments. Certains morceaux s’avèrent plus recherchés, plus aboutis, moins bruts, Derrick quitte même son habituel chant hardcore pour s’essayer au chant clair au début de Sadistic Values, et la combinaison riffs/batterie syncopée sur Filthy Rot évoque furieusement Meshuggah. Cependant, malgré ces nouveautés, Sepultura nous livre tout de même son album le plus « thrash » depuis bien longtemps, avec quelques morceaux courts et efficaces, aux riffs solides et aux soli courts mais efficaces. Je pensais m’être enfin réconcilié avec Sepultura, mais…

Car oui, il y a un mais, et de taille. Comme le chante Derrick Green sur le morceau Sadistic Values : « The Thrill is gone ». Et il ne croit pas si bien dire. Cet album a beau avoir des qualités indéniables, il manque à cet album un petit quelque chose indescriptible pour qu’il décolle…  Peut-être souffre-t-il tout simplement d’un héritage trop lourd pour ces épaules. Même s’il ne dénote absolument pas dans la discographie du groupe et fait même figure de lueur d’espoir après plusieurs années de vaches maigres, A-Lex risque bien fort d’en décevoir plus d’un fan à qui l’on avait de nouveau promis le retour en force de Sepultura…

N’espérez plus, ce Sepultura-là est bel et bien mort et enterré.

Mister Patate (07/10)

www.sepultura.com.br

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SPV Records / 2009

Tracklist (54:23) : 1.A-Lex I 2.Moloko Mesto 3. Filthy Rot 4. We've Lost You 5. What I do! 6. A-Lex II 7. The Treatment 8. Metamorphosis 9. Sadistic Values 10. Forceful Behavior 11. Conform 12. A-Lex III 13. The Experiment 14. Strike 15. Enough Said 16. Ludwig Van 17. A-Lex IV 18. Paradox

 

Damnation – Path to hell

Damnation-pathFormés en 2006, originaire de Metz, Damnation est un jeune groupe motivé qui nous propose avec « Path to Hell » son tout premier EP estampillé Black/Death sympho et paré d’un artwork cover plutôt réussi. L’objet se compose de cinq titres en plus d’une intro, pour une durée d’un peu moins d’une demi-heure.
Un peu moins d’une demi-heure durant laquelle il semble évident que Damnation ait confondu motivation et précipitation. Erreur de jeunesse peut être, le groupe ayant certainement hâte d’immortaliser ses compos sur galette, il en a brûlé les étapes, sortant un EP sans même passer par la case formatrice de la démo. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point »…hé oui, les bons vieux adages ne sont nés par hasard et dans le cas présent il me semble bon de le rappeler.

Les cinq morceaux composant cet EP souffrent en effet d’un manque d’expérience évident, et d’une mise en place quelque peu hésitante, pas toujours très carrée. La production est tout juste correcte -quoique plutôt digne d’une démo que d’un EP – mais les équilibrages sont assez particuliers : le chant est largement mis en avant, alors que guitare et batterie sont plus en retrait (un peu étouffés par moments) et que la basse passe presque inaperçue. Le clavier (qui est le point positif de l’album) quant à lui est bien dosé, pose l’ambiance et amène un peu de profondeur à des morceaux qui par ailleurs en manquent cruellement.  « Path to Hell » n’est pas  un échec total, car il contient de bons passages (notamment une bonne intro) et de bonnes idées, mais les faiblesses sont encore trop nombreuses pour que l’on apprécie cet EP qui à, je le répète, plus les caractéristiques d’une démo. Les morceaux manquent d’accroche et les structures sont encore trop simplistes et bien trop répétitives, aussi bien au niveau de l’instrumentation (notamment des lignes de batterie assez pauvres) que des paroles. Cela dit, l’objet se fait un peu plus intéressant sur la fin, avec  des passages un peu plus rapides (une petite lichette de Death Metal dans le riffing du morceau éponyme, le seul passage d’ailleurs qui justifie un tant soit peu l’utilisation du terme « Death » dans la présentation du groupe) ainsi que l’ajout de lignes de chant féminin dans  un « Possession » qui peinerait un peu à sortir du lot sans cet ingrédient supplémentaire.

 Au final, un manque de relief et de profondeur, auquel un bon clavier ne peut hélas remédier à lui seul, qui font de  « Path to Hell » un premier essai peu accrocheur car trop basique.

Sheol (03.5/10)

myspace.com/damnation57

Autoproduction / 2008
Tracklist (27:39 mn) : 1. Prelude 2. Dominus…spiritus…satanas 3. Robber of dream 4. Path to hell 5. Possession 6. Damnation