Archive for juillet, 2012

Fastkill – Bestial Thrashing Bulldozer

Le Thrash old school connaît un engouement particulier depuis maintenant quelques années. Que ce soit par le biais de nouveaux groupes tels que Evile, Bonded By Blood ou Suicidal Angels ou lors de tournées spéciales du type « Classics » (tout le monde a encore en souvenir le Thrashfest Classics regroupant Destruction, Exodus et Sepultura), il semblait que chacun voulait à tout prix y aller de son petit hommage au Thrash de papy, celui qui avait du poil sur le torse et des vestes à patches. Cette fois, l’hommage vient du Pays du Soleil Levant, et plus précisément de Fastkill. Alors, tsunami de riffs en vue ?

Bestial Thrashing Bulldozer porte particulièrement bien son nom : ces agités nippons ne s’arrêtent pas un instant pour reprendre leur souffle, nous avons droit ici à une avalanche de morceaux survitaminés joués à 200 à l’heure. Rythmiques endiablées, riffs à la pelle, prod’ old school aussi fine qu’une feuille de papier de riz, chanteur hystérique : Fastkill nous propose, par le menu, tout ce qui fait le charme du Thrash old school sans pour autant que la sauce ne prenne vraiment.

En effet, à vouloir nous pondre un album sans concessions ni temps mort, Fastkill tombe dans l’excès total avec un album échevelé et hystérique. C’est bien beau de vouloir jouer à toute bringue, mais encore faut-il un minimum de maîtrise pour éviter de finir droit dans le mur. Passée la première impression de surprise, l’album devient vite irritant, plus particulièrement à cause du chant. Les fans die-hard du genre pour qui tout ce qui est sorti après 1985 est du domaine du commercial se frotteront certainement les mains devant cet effort nippon, les autres risquent par contre de bien vite décrocher.

[4/10] Mister Patate

Site officiel

Myspace officiel

Pulverised Records – 2012
Tracklist 1. Kill Fast 2. In Thrash We Trust 3. Die in the Pentagram 4. Stench of Hell 5. Terminal Disease 6. Guillotine Attack 7. Toxic Tormentor 8. Endless Game (Nigarobo Cover) 9. Tortured Again 10. Merciless Onslaught

 

 

Marduk (juillet 2012)

Tout d’abord, félicitations pour ce nouvel album ! Je l’écoute régulièrement depuis que le label me l’a envoyé et je ne m’en lasse pas ! As-tu déjà reçu des réactions de la part des différents médias ? Quelle est la teneur générale de ces réactions ?
Jusqu’à présent, les réactions sont géniales. L’album est maintenant sorti depuis quelque temps et les réactions des fans sur la route sont excellentes ! Par ailleurs, nos nouveaux hymnes passent très bien auprès de nos légions dans le monde entier !

Comment s’est déroulé le processus d’écriture de ce nouvel album ? Comme d’habitude ? 
Nous n’arrêtons pas de changer de méthode, nous changeons toujours notre manière de travailler pour chaque chanson. Il s’agit d’un processus de changement perpétuel pour atteindre de nouveaux territoires encore plus sombres.

Il s’agit du premier album avec Century Media Records. Est-ce que votre relation avec ce nouveau label est fort différente de celle avec Regain Records (tout en sachant que tu as ta propre structure, Blooddawn Productions) ?
J’ai toujours Blooddawn. Le seul changement réside dans le fait que je bosse maintenant avec Century Media et plus avec Regain. C’est une grande évolution, car Century media est bien plus sérieux et plus rapide quand il s’agit de faire les choses. Jusqu’à présent, toutes mes impressions sont positives. Nous travaillons dur, le label aussi, et ensemble, ça fait des étincelles ! Dès le début, le label savait comment nous travaillons, ils savent que nous n’acceptons aucune ingérence au niveau de la musique, des paroles, de l’artwork. Nous avons besoin d’une liberté absolue… et c’est justement un point primordial pour nous quand il s’agit de bosser avec un label.

Le fait de travailler avec un label non suédois implique-t-il des difficultés (moins proche, par exemple) ?
Non, au contraire. Comme je te le disais, ils travaillent vite et sont motivés. C’est vraiment génial d’avoir un label qui travaille dur.

Corrige-moi si je me trouve, mais j’ai l’impression que l’arrivée de Mortuus dans le groupe marque aussi le retour à des chansons plus lentes, qui insistent plus sur les ambiances (comme « World of Blades » ou « Temple of Decay » sur cet album, mais aussi « Seven Angels, Seven Trumpets » sur Plague Angel ou « Accuser, Opposer » sur Rom 5:12). Qu’en penses-tu ? Est-ce une coïncidence, ou est-ce que Mortuus pousse le groupe dans cette direction ? 
Je pense que nous avions déjà quelques morceaux plus lourds par le passé. Regarde sur les albums La Grande Danse Macabre ou World Funeral, par exemple. Nos morceaux sont variés. Cependant, je dois reconnaître que l’arrivée de Mortuus a eu un impact clair sur le groupe.
Je suis très heureux d’avoir pu trouver un chanteur qui a une telle personnalité, une telle force, un tel enthousiasme. C’est génial de bosser avec un gars comme lui, de développer les vues que nous partageons et d’amener le groupe à un niveau encore plus sombre… et nous sommes prêts à de nouveaux assauts musicaux dans les années à venir !

Iron Dawn est sorti l’année passée, et il est radicalement different de Serpent Sermon. Était-ce un moyen pour le groupe de parler de la guerre sans en faire un album entier (comme Panzer Division Marduk) ?
En fait, nous bossions sur beaucoup de matériel, et nous avons eu l’impression que ces chansons ne s’intégraient pas bien dans le concept développé pour Serpent Sermon. Donc, nous avons décidé de les enregistrer en premier lieu, de les placer sur un ep que nous avons sorti alors que nous étions encore sur la route pour promouvoir Wormwood. Nous avons ainsi pu proposer des morceaux inédits entre nos deux albums.

Pour promouvoir le nouvel album, Marduk a sorti un EP en collaboration avec un mag suédois. Pourquoi avoir opté pour ce mode de distribution ? Simplement parce que cela change d’un morceau mis en ligne sur un site, ou parce que cela permettait d’avoir un support physique ?
En fait, le mag nous a contactés et voulait faire un single avec leur sortie. Nous avons trouvé qu’il s’agissait d’une bonne idée pour donner un avant-goût de notre album à nos fans… et pour choquer les lecteurs qui n’ont pas l’habitude d’entendre ce que nous faisons !

Il me semble avoir lu qu’il sera aussi sorti en LP. Sera-t-il distribué via votre e-shop ou via celui de votre label ?
En effet, ce single était uniquement disponible pour les lecteurs du mag. Nous avons décidé de le sortir en 7’ EP, parce que nous voulions le sortir en vinyl. Pour nous, il est important que chaque album sorte au format vinyl… J’ai toujours préféré les vinyls moi-même !

Iron Dawn a souvent été reporté. Finalement, il est sorti sous trois formats vinyls : noir, blanc et jaune. Était-il si important de sortir cet EP sous tellement de formes ? Ne crains-tu pas que certains pensent qu’il s’agit uniquement d’un moyen de se faire de l’argent sur le dos des fans ?
En effet, avec les changements de label, il a été retardé, mais il est finalement sorti et le résultat est très bon.
Nous avons fait plusieurs versions pour les collectionneurs. Il ne s’agit certainement pas de faire de l’argent avec cette sortie : faire des vinyls coûte cher, certainement pour les éditions limitées. Il s’agit davantage du côté esthétique, et cela permet aux fans d’avoir un pressage exclusif.

De manière plus générale, les albums de Marduk sortent sous plusieurs formats. Pourrais-tu imaginer un album de Marduk qui ne sortirait qu’en CD ou, au contraire, uniquement en LP avec une carte de téléchargement permettant d’obtenir les MP3 ?
Tout change, et je pense que le CD, en tant que format, disparaîtra d’ici quelques années. Le vinyl survivra au CD, et j’ai aussi vu que certains sortaient des vinyls avec une carte de téléchargement.
On verra comment évolueront les choses. Quoi qu’il en soit, nous allons nous concentrer sur la musique. Elle sortira sur un format ou un autre. L’important est qu’elle arrive à nos fans partout dans le monde !

Certains albums de Marduk se vendent à des montants incroyables sur le net : le 1st press de Those Of The Unlight, par exemple, part à plus de 150 EUR. Que ressens-tu quand tu vois que certains fans sont prêts à claquer une fortune pour un album qui a récemment été réédité en LP ?
J’imagine que certains veulent absolument un pressage spécifique et sont prêts à y mettre le prix. Je suis dans le même cas : j’ai déjà claqué un fric bête pour acheter des trucs rares en vinyl, et je le ferai certainement encore. C’est ça, être fanatique de ce que l’on aime… C’est un signe de passion, c’est comme ça !

Tu es dans le groupe depuis les débuts, tu es le seul membre du line-up initial. Est-ce que celui implique que tu es le boss, ou est-ce que vous bossez tous ensemble pour faire avancer le groupe ?
En effet, je suis le dernier rescapé des débuts, mais nous travaillons en équipe. Nous sommes un groupe de quatre personnes qui partagent les memes passions et croyances. On est donc toujours d’accord… mais c’est vrai que j’ai le dernier mot, et apparemment, tout le monde trouve que c’est la meilleure manière de travailler. En gros, c’est un mix de démocratie et de dictature, ha ha ! Du moment que la machine continue à avancer et que les choses se font, tout va bien !

En 2003, tu avais enregistré des chansons pour un EP appelé Porträtt Av Döda Barn qui n’a finalement jamais vu le jour. Qu’est-il advenu de ces chansons ? Ont-elles été recyclées dans d’autres sorties ?
En effet, nous avions enregistré quelques morceaux, mais nous n’avions rien finalisé, le résultat était très primitive et brut. Nous n’avons pas utilisé ces morceaux, sauf peut-être un riff ou deux. Je devrais peut-être récupérer ces morceaux, les finaliser et les sortir ! Je vais fouiller dans mes archives et voir comment ça sonnait ! Je pense que nous avions enregistré quatre morceaux à l’époque.

Quels sont les projets de Marduk à court terme ? Une tournée européenne ? Un nouveau DVD live ?
Depuis la sortie de Serpent Sermon, nous avons tourné en Russie (jusqu’en Sibérie), aux States, à Puerto Rico, au Canada, au Mexique, et nous avons fait quelques fests européens. Ensuite, fin août, nous allons commencer une tournée européenne de 44 dates, suivie par une tournée en Scandinavie en novembre. Ensuite, ce sera un nouveau tour aux States, ainsi qu’une tournée en Asie et en Australie. Comme tu le vois, nous allons à la conquête du monde, pas de quartier ! 

Si tu pouvais changer quoi que ce soit dans ta carrière au sein de Marduk, que changerais-tu ? Tu as des regrets ? Ou des choses dont tu es particulièrement fier ?
Je ne changerais rien. J’ai tiré des leçons de mes erreurs et j’essaierai de ne pas les répéter. Aucun regret, on continuera à aller de l’avant !

Merci beaucoup !
Merci aussi, c’était un plaisir !

 

 

 

Puteraeon – Cult Cthulhu

Hasard du calendrier ou engouement soudain pour les poulpes, The Grotesquery et Puteraeon auront sorti, coup sur coup, un album traitant de ce bon vieux Cthulhu. Toutefois, les similitudes entre ces deux albums s’arrêtent là : en effet, là où The Grotesquery jouait sur les ambiances et mâtinait son Death de quelques touches floridiennes, Puteraeon joue la carte suédoise à 100 % pour un résultat plutôt groovy.

À l’écoute de ce Cult Cthulhu, deux sentiments prédominent. Le premier est un certain contentement : son en béton armé, guitares qui grésillent à la suédoise (ha, ce son old school suédois, ni trop sale, ni trop propre), ours en rut au micro, section rythmique qui abat les murs, Puteraeon ne fait pas dans la dentelle et aligne les compos qui secouent la tignasse. À ce niveau, ils ne se sont pas foutus de notre gueule, les Suédois, ça fait du bien par où ça passe.

Toutefois, un autre sentiment vient pointer le bout du nez après quelques écoutes : l’impression de déjà vu, déjà entendu des centaines de fois. Certes, la qualité est au rendez-vous, mais certains riffs, certains agencements, certaines transitions semblent tellement familières que cela en devient presque gênant. J’avoue ne pas avoir toujours été aussi dur avec des groupes évoluant dans le death old school, mais c’est bien la première fois que j’ai à tel point ce sentiment de réécouter une compil des meilleurs riffs suédois pondus depuis 1994…

Au final, ces deux sentiments pourraient débuter sur deux notes radicalement différentes. En termes d’efficacité, avec le cerveau débranché, cet album décroche un 9/10 haut la main. Par contre, avec un peu d’esprit critique, il peine largement à atteindre la moyenne. Tout dépendra donc de l’usage que vous ferez de cet album…

[6,5/10] Mister Patate

Site officiel
Myspace officiel

Cyclone Empire – 2012
Tracklist 1. The Great Epidemic of 1846 2. Children of Dagon 3. The Azathoth Cycle 4. Shoggoth 5. Flesh Architect 6. In the Vault 7. Conlaceratus 8. Walking with Shadows 9. Shapeshifter 10. A Bolt from the Grave 11. Liberation