Archive for juillet, 2012

Naumachia – Black Sun Rising

Naumachia refait parler de lui avec un album sorti en 2009… Alors que le groupe originaire de Pologne s'est établi en Norvège pour bosser sur un quatrième album avec son nouveau batteur, Anders Johansen  Dans le même laps de temps, le label Witching Hour en profite pour faire parler du groupe en donnant une seconde chance au troisième album Black Sun Rising.
Dans cet opus le groupe opère une synthèse à priori pas évidente sur le papier. Naumachia combine plusieurs styles, une bonne dose de Death et de Black Metal, une nappe de synthétiseurs à la sauce Fear Factory, un soupçon de mélodies. Ajoutez en prime un son au poil, élaboré au studio Herz de Bialystok qui a vu passer dans ses murs toute la crème du metal polonais (Vader, Behemoth, Vesania). 
Reste à bien accrocher vos conduits auditifs, Naumachia envoie le son qui colle aux murs pendant une petite quarantaine de minutes et n'allez pas vous imaginer une seconde que les claviers vont ramollir la mixture. Le groupe possède toute la palette de destruction auditive et s'en sert à bon escient. 
Difficile de rester insensible à la volée de blasts et de baffes d'un titre comme « Egomaniac Frenzy »,  puissant et intense. L'air de rien la recette est efficace au point de laisser défiler l'album sans ennui aucun, les 9 compos proposées par le groupe sont accrocheuses, cela dit certains refractaires aux synthés devraient grincer des dents lorsque ceux ci sont employés en dehors des intros. Les autres pourront apprécier l'emploi de ces instruments pour poser une ambiance glauque et sombre (« Mortification Study » en est un bon exemple, mid tempo et dans une tonalité décalée, ni Black, ni Death à l'horizon, les accros aux étiquettes voyez du côté du lounge comme on dit chez Fur TV). Avec une solide base Black / Death metal, Naumachia ne s'est pas contenté de suivre les traces de ses glorieux ainés et propose une recette qui tient solidement la route. Avis aux amateurs.
 
Hamster [08/10]
 
 
 
Witching Hour / 2009
 
Trakclist (42 minutes) : 1. Inward Spiral 2. Egomaniac Frenzy 3. Mortification Study 4.Voreristic Life Abuser 5. Fornicatrix 6. Iconography of Pain 7. Sedated Daimona 8. Abreaction 9. Act of Renunciation

Blacklodge – MachinatioN

Qui a dit que le Metal et l’Electro n’allaient pas ensemble ? Mmh, réflexion faite, je dois avouer que j’avais émis ce point de vue à l’époque, en évoquant le cas Morbid Angel et son dernier opus pour le moins décrié. Toutefois, après avoir découvert les Polonais d’Iperyt, j’avais été forcé de revoir quelque peu mon jugement, tant leur No State Of Grace m’avait frappé. Dans la même lignée et le même esprit, Blacklodge revient nous tourmenter avec un quatrième album où Electro et Black Metal s’allient pour vous annihiler les tympans.

MachinatioN est donc l’alliance maléfique des ambiances sombres et poisseuses du Black Metal et de l’acharnement inhumain de rythmiques électroniques, un mélange a priori contre-nature mais ô combien efficace. En effet, rien de tel qu’une machine pour imprimer ce rythme infernal et encore renforcer le sentiment d’agression sonore dégagée par les riffs de guitare à la prod’ bien roots. Certains risquent d’ailleurs de grincer des dents à l’écoute de l’album, tant la production est volontairement sale, mais c’est justement ce son grinçant qui fait la force de MachinatioN.

Toutefois, la qualité de la production n’est pas le seul atout de ce dernier méfait de Blacklodge. En effet, contrairement à Iperyt qui faisait dans la décharge brève, Blacklodge sait aussi prendre son temps pour distiller ses ambiances et sa haine à grands coups de rythmiques martiales, et ces variations de tempo « allègent » en quelque sorte l’album, le rendent plus digeste, « moins radical » (vous remarquerez les guillemets, Blacklodge ne fait pas pour autant dans le bal musette).

Blacklodge fait partie de ces rares groupes-passerelles entre deux univers, ces projets qui parviennent à unir avec brio deux mondes à première vue fortement opposés. À découvrir d’urgence si vous ne les connaissez pas encore.

[8/10] Mister Patate

Site officiel
Myspace officiel

Season Of Mist – 2012
Tracklist 1. TridenT 2. NeutroN ShivA [Sun, Walk with Me!] 3. Neo.Black.Magic 4. Industrial Temple MysticA 5. Antichrist Ex Machina 6. Order of the Baphomet 7. Empire’s Hymn 8. All Seeing Eye 9. Culto al Sol [SolarKult] 10. The Other Side

 

Baroness – Yellow & Green

« L’habit ne fait pas le moine », un adage vieux comme le monde et qui, une fois de plus, vient de se répéter. En effet, jusqu’à présent, j’avais arbitrairement catalogué Baroness dans la case « trucs barrés psychédéliques expérimentaux louches » à la simple vue de l’artwork bariolé des premiers efforts. Bien mal m’en a pris…

En effet, si l’on ignore le simple facteur visuel, Baroness dévoile des talents que je n’aurais jusqu’alors pas soupçonnés. Certes, Yellow & Green n’est pas du Metal à proprement parlé, le groupe s’éloignant petit à petit de ses racines pour explorer des contrées plus mélodiques, plus aériennes, mais la qualité des deux albums proposés est tout de même indéniable. Au fil du temps, Baroness a su adoucir son propos, passant d’un sludge tout droit tiré des marais de son pays natal à un double album presque prog, adouci, reposant, comme si une trouée de lumière venait de se former dans les marécages de Savannah. Toutefois, Baroness conserve encore quelques fulgurances salvatrices, comme « Sea Lungs » ou « Take My Bones Away » qui n’est pas sans rappeler un Mastodon dont le chant clair serait bien mieux maîtrisé.

De toute cette « nouvelle » scène mise en avant notamment par Relapse Records, Baroness fait figure d’incontournable. Mon seul reproche, ici, serait le fait que le groupe ait décidé de sortir ces deux opus ensemble sous la forme d’un double album. Certes, le lien entre les deux disques est clair, et le groupe a certainement voulu agir dans un souci de cohérence, mais peut-être pourrait-on encore davantage profiter de ces deux albums s’ils étaient sortis à des dates différentes, tant chaque album se suffit à lui-même. Si l’album Yellow s’était fini sur un « cliffhanger », j’aurais pu comprendre… Mais ne faisons pas la fine bouche, avec ses 75 minutes, Yellow & Green est la promesse de nombreuses écoutes passionnantes.

[8,5/10] Mister Patate

Myspace officiel

Relapse Records – 2012
Tracklist Disc 1 1. Yellow Theme 2. Take My Bones Away 3. March To The Sea 4. Little Things 5. Twinkler 6. Cocainium 7. Back Where I Belong 8. Sea Lungs 9. Eula
Disc 2 1. Green Theme 2. Board Up The House 3. Mtns. (The Crown&Anchor) 4. Foolsong 5. Collapse 6. Psalms Alive 7. Stretchmarker 8. The Line Between 9. If I Forget Thee, Lowcountry