Archive for juillet, 2012

Wigelius – Reinventions

Wigelius ne dira pas grand chose à la majorité d'entre vous. Et pour cause : le groupe structuré autour des deux frères Anders (chant) et Erik Wigelius (batterie) est aussi jeune que l'âge des deux leaders qui n'ont pas encore atteint la trentaine. Cette jeunesse ne surprendra pas à l'écoute du timbre d'Anders : son chant bien que très assuré est rempli d'une vigueur et d'une fraîcheur que disperse généralement le poids des ans. La chose est d'autant plus intéressante à remarquer que le genre adopté par Wigelius n'a rien de bien contermporain : œuvrant dans une AOR à la Journey ou à la Toto, Wigelius propose une musique tout de suite identifiable et totalement hors des modes actuelles. Tout juste remarque-t-on qu'âge et origine scandinave oblige, la musique du groupe se rapproche souvent de celle de Work Of Art (c'est très patent sur le titre d'ouverture, « Angeline »).  Tout cela n'est quand même pas trop trendy… Il est souvent plaisant de constater que les jeunes générations ne sombrent pas toutes dans le « jeunisme » et savent apprécier la musique de leurs aînés. 

Et ce d'autant plus quand la musique composée et enregistrée tient autant la route : ce Reinventions est fichtrement efficace, recelant son lot de chansons accrocheuses et de refrains rutilants (au passage, citons le single « Angeline », « Next To Me », « My Cassandra » et j'en passe). Peut-être moins brillants que Work Of Art ou W.E.T. – sans doute du fait d'une expérience moindre –, les quatre musiciens de Wigelius sont quand même sacrément doués. Il est dommage que leur producteur, Daniel Flores, leur ait fourni un son aussi daté, avec trop de compression et de réverbération, ce qui ôte franchement de la spontanéité à la musique du combo. Au final, malgré des défauts de jeunesse et notamment le poids un peu lourd de l'influence des patriarches du genre, on conclura que le premiier essai de Wigelius, outre proposer un excellent moment de musique aux amateurs, s'avère très prometteur pour la suite qui est à venir. Un premier essai très encourageant. 

Baptiste [7/10]

 

Frontiers / 2012

Tracklist (45:55) : 01. Angeline 02. Talking About Love 03. Do You Really Know 04. Next To Me 05. My Cassandra 06. Piece Of The Action 07. Too Young To Fall In Love 08. Right Here, Right Now 09. Love Can Be That Much 10. Hold On To Love 11. There Is No Me Without You 12. I Reach Out

Depuis presque 30 ans, Tankard nous propose une formule immuable : fun, thrash, et rigolade à tous les étages. Réputée pour son obsession compulsive pour la bière, cette petite institution germanique n'a jamais été reconnue à sa juste valeur. Pourtant, à l'origine de quelques brillants albums (Chemical invasion, Zombie Attack), la bande de Gerre a souvent flirté avec des productions de seconde zone (Thirst, Disco Destroyer). De fait, mis à l'écart du fameux brelan Kreator, Sodom et Destruction, Tankard a toujours été considéré comme l'outsider de ce qui aurait pu être un « big Four » allemand.

Pour son seizième album, cette bande de soûlards continue sur sa lancée avec A Girl called Cerveza. Hélas, dès le premier morceau, on déchante. Cette formule qui marchait encore il y a peu (remember « B-Day ») donne l'impression de tourner à vide. Les morceaux sont poussifs, trop longs (« Son Of A Fridge ») et l'ennui terrasse l'auditeur. Tout n'est pas négatif. On se surprend à y croire l'espace d'un instant avec « Metal lady boy ». Pêchu et complètement dynamité par la présence d'une Doro Pesch des grands jours, cette drôle de bluette fera headbanguer dans les chaumières. Certes, ça n'est pas du grand Tankard à la Zombie Attack, mais après quatre morceaux pesants, ce titre réveille la ferveur du métalleux.

L’enthousiasme retombe comme un soufflé. Et ce, malgré la poussée d'adrénaline de « Not One Day Dead ». Restent quelques tristes morceaux qui ne prouvent qu'une chose : Tankard est aujourd'hui l'ombre de lui même.

Le quatuor se laisse aller, cet album inutile a la saveur d'une bière sans alcool. Dommage de la part d'un groupe qui a su, dans le passé, nous proposer un houblon de meilleure qualité.

Nico [02/10]

 

Site Officiel: http://www.tankard.info/

Nuclear Blast /2012

01. Rapid Fire (A Tyrant's Elegy) 02. A Girl Called Cerveza 03. Witchhunt 04. Masters of Farces 05. The Metal Lady Boy 06. Not One Day Dead (But One Day Mad) 07. Son of a Fridge 08. Fandom at Random 09. Metal Magnolia 10. Running On Fumes

Beaucoup d’entre vous connaissent (ou pas) Daniele Liverani pour la multitude de projets qu’il mène depuis des années: TWINSPIRITS, GENIUS ROCK OPERA ou encore KHYMERA. Pour ce nouvel album solo instrumental (le troisième après Viewpoint en 1999 et Daily Trauma en 2004), on ne le retrouve pas comme d’habitude derrière ses claviers, il assume ici le poste de guitariste. Ce Eleven Mysteries nous fait découvrir une nouvelle facette du talent du bonhomme et laisse  apparaitre avec éclat sa maîtrise de la six cordes. Pour mener à bien ce nouveau projet, Liverani s’est entouré de nos compagnons qu’il a découvert : Paco Barilla à la batterie, Tony Dickinson à la basse et enfin Marco Zago aux claviers.

Tout en restant dans un trip métal progressif, Liverani a tenté des expériences et il ne s’est fixé aucune barrière. Il semble avoir joyeusement trituré et torturé les cordes de sa guitares pour en sortir les sons les plus inattendus. Pari réussi au niveau de l’expérimentation au détriment malheureusement peut-être du plaisir de l’auditeur. La majorité des compositions proposées ici restent de bon niveau, dans la moyenne mais il est difficile de s’extasier à l’écoute de l’album. Liverani n’est pas tombé dans le piège de la démonstration technique stérile mais je n’ai quand même pas réussi à m’immerger au sein de ces onze mystères. Rendre un album instrumental attractif est un sacré défi et le résultat est plus que mitigé ici. Malgré l’aspect visuel assez évident de la musique, je me suis assez vite ennuyé à l’écoute de ces chansons.

Malgré mes efforts, je n’ai pas trouvé de cohérence d’ensemble, Eleven Mysteries m’a fait l’effet d’un patchwork désordonné. Quelques compositions surnagent (« All Is Pure » par exemple) mais cela n’a pas suffi à capter mon attention sur la longueur. Un album à ne conseiller qu’aux fans acharné de l’italien ou des shredders.

[06/10] Oshyrya

 

Site Officiel: http://www.danieleliverani.com

MySpace Officiel: http://www.myspace.com/liverani

 

Lion Music / 2012

Tracklist (52:05 mn) 01. Mysterious Impulse 02. Inspiration 03. Nervous Forces 04. Supreme Gladness 05. All Is Pure 06. Giving 07. Humiliation 08. Regeneration 09. Freedom 10. Survive 11. Eternal