Archive for juillet, 2014

Burzum – The Ways Of Yore

Les escapades musicales de Varg, épisode 3451 : après un nouveau détour par la case prison en France, Varg revient à nouveau hanter nos journées, nos soirées, nos nuits avec un énième album post-prison. Son prédécesseur étant déjà très faiblard (pour ne pas dire chiant), je craignais déjà la première écoute du nouvel album de celui qui est passé de pilier du Black norvégien à celui de fada adepte des déguisements (soldat ou chevalier, choisissez votre camp) et, accessoirement, musicien de moins en moins inspiré. Là où Mayhem fête ses trente ans avec classe, Burzum accuse le poids des années et nous propose un nouvel album anecdotique.

En fait, si le groupe ne s’appelait pas Burzum, personne ne s’intéresserait à ce Ways Of Yore, tant il est désespérément chiant. Bordel, il ne se passe RIEN, on dirait un match de foot de l’équipe de Grèce, et encore, les Grecs, dans les derniers instants, ils mettent un goal. Ici, que dalle. C’est faussement contemplatif, répétitif à souhait et cheap as fuck (putain, ce chant moyenâgeux, on dirait Hubert de Montmirail avec un rhume des foins carabiné). On pourrait coller l’étiquette « ambient » sur cet album, mais encore faudrait-il qu’il parvienne à nous charmer, à nous transporter. Ici, le seul sentiment suscité par Burzum est l’ennui. Pour toi, cher auditeur, j’ai perdu de précieuses minutes de ma vie à subir cette galette et à chier quelques lignes qui serviront d’avertissement aux générations futures : Burzum, not even once !

Chaque album vient encore écorner un peu plus le « mythe » Burzum. À ce rythme-là, dans 5 ans et autant d’albums, les derniers irréductibles lâcheront le morceau et Varg pourra alors laisser libre cours à ses pulsions dans les bois, une cotte de mailles sur la poitrine et une lance à la main. Bon débarras.

Mister Patate (ennui/10)

Site officiel

Byelobog Productions / 2014
Tracklist (68:35) 1. God from the Machine 2. The Portal 3. Heill Óðinn 4. The Lady in the Lake 5. The Coming of Ettins 6. The Reckoning of Man 7. Heil Freyja 8. The Ways of Yore 9. Ek Fellr (I Am Falling) 10. Hall of the Fallen 11. Autumn Leaves 12. Emptiness 13. To Hel and Back Again

 

Cage The Gods – Badlands

CAGETHEGODS-BadlandsVoici une phénoménale entrée en matière pour Cage The Gods, un jeune groupe britannique formé en 2012. Emmené par le charismatique Peter Comerford (chant et guitare) les quatre jeunes musiciens frappent très fort avec ce Badlands, succédant à un EP, Favourite Sin, déjà très prometteur. Malgré la pochette quelque peu lugudre, le propos n'est pas du tout sombre : Cage The Gods produit un hard mélodique et bluesy de haute volée. Le premier single, l'exceptionnel « Favourite Sin » fait un peu figure de manifeste musical pour le reste du disque : enlevé, mélodique et accrocheur, il a un effet immédiat. On y décèle évidemment les influences que l'on retrouvera sur le reste du disque : les grands anciens des années 70, mais aussi des touches des années 80 (un peu de Guns 'n' Roses et de Bon Jovi époque Keep The Faith, notamment sur « Falling »). 

Le tout est porté d'abord par une production impeccable. De manière paradoxale, alors que l'orientation musicale est clairement « rétro », le son est tout à fait moderne, ce qui fait qu'on rapprocher plus facilement Cage The Gods d'un The Answer, que d'un Graveyard ou d'un Horizont, qui eux recherchent un mimétisme sonore plus net. La puissance sonore et la clarté de l'ensemble servent cependant nettement la musique, et tout particulièrement sur les nombreux moments forts du disque, « Badlands », « Sacrifice », « Falling » et bien d'autres.

En outre la production met particulièrement en valeur la voix puissante et chaleureuse de Peter Comerford. Outre son aisance naturelle, on retrouve chez Peter Cornerford une implication personnelle très forte, de telle sorte que l'émotion traverse chacune de ses interventions, notamment sur les chansons les plus douces (« Falling », la ballade « What's Left Of Me »). Assurément son talent fait beaucoup pour la qualité de Badlands, dont il est la cheville ouvrière. 

Il serait injuste de ne pas signaler les qualités du guitariste soliste Jam : les parties tirées de sa Les Paul sont de haute tenue. Extrêmement varié, son jeu regorge d'idées et surtout d'un feeling assuré par une réelle technique, qui sait quand elle doit s'exposer ou se montrer plus discrète. Le bonus track « Wake Up » à écouter absolument témoigne de cet ensemble de qualités : plans en guitare claire, gros riff accrocheur, harmonisations subtiles, solo brûlant.

On aura compris que Badlands m'a totalement conquis et que je vois Cage The Gods comme un futur grand, dans un style (le hard rock classique rétro) qui connait une seconde jeunesse, de manière totalement inattendue.

Baptiste (8/10)

 

Site officiel

The End Records / 2014

Tracklist (52:59) : 01. Favourite Sin 02. The Ending 03. Sacrifice 04. Badlands 05. Trouble Reigns 06. Bruce Willis 07. Fallin 08. A Thousand Times 09. One More Taste 10. What's Left Of Me 11. Promises 12. Sacrifice (acoustic) 13. Wake Up (bonus track)

Last Tangle in Paris1977. Les Sex Pistols se révèlent à la face du monde. En un album, l'affaire est pliée. 1979. Sous la pression de sa maison de disque, le groupe, déjà mort, sort The Great Rock'n'roll Swindle ; autrement dit « la grande escroquerie du rock'n'roll ». Tout est dit.

2012. Après une longue carrière, Ministry donne un dernier et catastrophique « concert » à Paris. 2014. Le groupe de Al Jourgensen ose sortir cet immonde Last Tangle in Paris. Soit, « Dernière embrouille à Paris ». On n'en demandait pas tant.

Last Tangle in Paris est un produit malhonnête. Censé relater ce désolant concert, le groupe délivre au contraire un modèle d'entourloupe de haut niveau. En malaxant sons et images d'archives, Ministry pourrait paraître convaincant à un détail près : le dénouement de la soirée. Al Jourgensen complète son dernier « tango » parisien avec des images tournées à Chicago. Il n'a peur de rien. En plus du millier de personnes présentes ce 28 Juillet 2012, la Terre entière sait qu'il est reparti après moins de 45 minutes de concert (preuve vidéo, ici). Direction l’hôpital pour « déshydratation ».

Honteux. Même s'il est dédié à la mémoire de feu Mike Scaccia, ce produit trouve tout de même quelque intérêt dans la description des backstages et des répétitions. On y voit de brillants musiciens (Casey Orr, Sin Quirin, Aaron Rossi, Mike Scaccia et John Bechdel) jouer avec détermination leur répertoire. Mais un détail choque : le chanteur est aux abonnés absents. Il est remplacé par des bandes pré-enregistrées ! Le summum du ridicule est atteint dans le générique de fin : Al déclare finalement que tout cela n'est qu'une plaisanterie. Et les images de l'ambulance qui l'emmène gyrophares allumés de défiler…

On peut alors très justement se demander : pourquoi ?

Ministry a marqué de son empreinte la musique industrielle en produisant de grands albums. Hélas, il finit sa carrière comme un groupe de série Z, réussissant même à dégoûter ses plus fidèles aficionados. Triste.

Nico ($$$/10)

Ps: Un énorme merci à Elodie Michelon pour sa preuve en vidéo. Le monde doit savoir !

 

Site Officiel: http://www.thirteenthplanet.com/ministry/

Udr Records / 2014

DVD/Blu-ray and audio CD track listing:

01. Ghouldiggers 02. No "W" 03. Senor Peligro 04. Lieslieslies 05. 99%Ers 06. Life Is Good 07. Relapse 08. The Last Sucker 09. Psalm 69 10. New World Order 11. Just One Fix 12. Thieves

CD1 / Retrospective track listing: 01. Ghouldiggers 02. No "W" 03. Senor Peligro 04. Rio Grande Blood 05. 99%ers 06. Life Is Good 07. Relapse 08. The Last Sucker

CD2 / Retrospective track listing: 01. Psalm 69 02. New World Order 03. Just One Fix 04. Thieves 05. Khyber Pass 06. Fear Is Big Business 07. Let's Go 08. Watch Yourself 09. So What