La vague rétro qui touche actuellement la scène hard-rock, stoner semble déborder de plus en plus. Et l’épicentre de ce phénomène semble être fermement installé en Scandinavie. Voici en effet que la Finlande s’y met avec l’album de GRAVE PLEASURES qui puise très nettement du côté de JOY DIVISION ou encore THE MISSION pour trouver son inspiration. Le quatuor a déjà connu une première vie sous le nom de BEASTMILK et le publication d’un EP et d’un album, Climax. La moitié du groupe ayant quitté le navire, la moitié restante décida de repartir à zéro avec de nouveaux camarades sous le nom de GRAVE PLEASURES. Voici leur premier disque sous cette nouvelle identité, Dreamcrash.
Au jeu des brainstormings idiots pour trouver une étiquette décrivant leur musique, ils sont forts en se qualifiant d’« Apocalyptic death-rock ». Et ben tiens, cela risque de vraiment nous aider. En réalité, le quatuor se plait à déployer sous nos yeux un rock sombre, entre colère et mélancolie comme pouvait le proposer de nombreux groupes britanniques dits post-punk des années 80. JOY DIVISION a déjà été mentionné mais nous pourrions ajouter les premiers THE CURE ou BAUHAUS. L’esprit sombre et la démarche expérimentale de cette époque se retrouve bien au sein de GRAVE PLEASURES même si ceux-ci durcissent parfois le ton. Le souci principal se niche dans l’absence d’originalité et d’une véritable identité de la part des finlandais. Les chansons proposées ici sonnent déjà vieillottes, passées et ne font que puiser dans la fibre nostalgique de chacun. Les mélodies et les refrains manquent d’intérêt et les chansons, dans l’ensemble, ne sont pas assez fortes, attractives. L’ennui pointe très vite le bout de son nez et l’auditeur n’a qu’une envie, zapper sur la chanson puis sur l’album suivant. Mat "Kvohst" McNerney ne fait pas non plus des miracles derrière le micro avec un chant monotone et répétitif. N’est pas qui veut Ian Curtis…
Il est légitime de poser la question de l’intérêt de ce Dreamcrash en 2015. Et l’intérêt d’une major comme Sony-Columbia reste un mystère. Le pari peut s’avérer payant mais, à l’écoute, ce disque pêche par bien des aspects et ne parvient pas du tout à convaincre. Quelle tristesse, quel ennui !
Oshyrya (5,5/10)
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Sony Music – Columbia / 2015
Tracklist (43:47 mn) 01. Utopian Scream 02. New Hip Moon 03. Crying Wolves 04. Futureshock 05. Crisis 06. Worn Threads 07. Taste The Void 08. Lipstick on Your Tombstone 09. Girl in a Vortex 10. Crooked Vein 11. No Survival
Le succès d’un LINKIN PARK, d’un FALL OUT BOY ou en encore d’un AVENGED SEVENFOLD continue d’aiguiser les appétits en Europe et outre-Atlantique. De nombreux groupes tentent leur chance d’abord sur les réseaux sociaux, espérant créer un buzz suffisant pour être remarqué par un label et débuter une véritable carrière. Notre candidat du jour se nomme FROM ASHES TO NEW. Le quatuor est originaire de Lancaster en Pennsylvanie et a fait ses premiers pas en 2013 avec un premier EP éponyme la même année puis un second que voici.
Musicalement parlant aucune surprise, ils suivent les traces de leurs aînés mentionnés ci-dessus avec des chansons rapides, directes et très calibrées pour maximiser les chances de passer en radio. Toutes les compositions oscillent entre trois et quatre minutes et sont construites sur le même schéma. Grosses guitares, rythmiques rapides complétées de nombreuses touches électros constituent le menu du jour. Le refrain se doit d’être simple et accrocheur et vous rappellera d’innombrables autres groupes. Le résultat s’avère efficace, rien ne sert de le nier, même si ce son formaté et prédigéré fatigue rapidement. Aucun caractère ne transpire, aucune identité ne transparaît. FROM ASHES TO NEW sonne comme un clone supplémentaire qui fournit ce que les maisons de disque veulent attendre. Les américians ont raison de vivre à fond leur rêve mais il est à craindre que ce groupe disparaisse rapidement des radars et se perde dans la masse. Avant de prononcer une sentnce défintive, nous attendrons de nous faire un avis sur le premier album à venir en 2016, Day One.
Oshyrya (05/10)
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Better Noise Records / 2015
Tracklist (13:26 mn) 01. Downfall 02. Lost and Alone 03. Land of Make Believe 04. Through It All
Chacun réagira différemment à la vue de ce visuel mais nous risquons d’être nombreux à être surpris la pochette de cet album à l’écoute de la musique qui va sortir de nos enceintes. BRAINSQUEEZED est un projet rock qui se veut être un vaste melting-pot, le point convergeant de diverses influences et courants, entre touches atmosphériques, progressives et pop. Sur le groupe lui-même difficile d’en apprendre beaucoup à part le nom de son géniteur, Sébastien. Ce dernier ayant accumulé année après année diverses compositions, il a décidé de toutes les rassemblées et de les proposer au public vie cet album, Emotions.
Ecoute après écoute, l’éclectisme de cet album sautera aux oreilles de tout un chacun. Selon ses envies, BRAINQUEEZED empruntera différents sentiers entre claviers old-school de « 80’s Overture » et longue balade acoustique sur « Tuesday Nights ». Un chant féminin illumine certaines compositions, les autres restant instrumentales. Cette muse se nomme Claire, par ailleurs chanteuse au sein du groupe OPAL SOUNDS. Sa performance reste respectable même si sa prestation souffre d’un accent très marqué et d’un certain manque de caractère. Mais dans l’ensemble, elle n’a pas à rougir du travail accompli.
Comme le nom le suggère, l’auditeur va passer par une vaste gamme d’émotions, tantôt séduit tantôt déboussolé. Cette oscillation entre rock, blues, et stoner pour ne citer que quelques genres effleurés ici constitue à la fois la force et la faiblesse de cet album. Force car l’auditeur curieux se surprendra à découvrir un nouveau monde avec quasiment chaque nouveau titre. Faiblesse car en étant si hétérogène et touffu, Emotions ne parvient à laisser traîner le moindre fil directeur. Cette confusion finit par dominer les débats et constitue l’impression finale après chaque écoute.
Chroniquer cet album s’avère être un beau défi, une belle gageure. Sur le papier concevoir un album aussi diversifié et éclectique avait tout du chausse-trappe. Reconnaissons que BRAINSQUEEZED ne s’en sort pas si mal et parvient à tirer les marrons du feu. Il faudra faire preuve d’une grande ouverture d’esprit pour s’immerger dans cet Emotions, mais les téméraires seront récompensés. Ce disque constitue une jolie découverte.
Oshyrya (6,5/10)
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Autoproduction – Dooweet Agency / 2015
Tracklist (54:10 mn) 01. Stereo (intro) 02. Play 03. 80’s Overture 04. Painful Dream 05. Breakdown 06. I Will Walk 07. Second Awakening 08. In Our Life 09. My First Song For Him 10. Again 11. Tuesday Nights 12. Stereo (reprise)