Changer une équipe qui gagne ? Voilà une question qui ne se pose pas du côté du combo de Boston qui n’est pas du genre à se prélasser sur ses lauriers. A l’évidence, à l’écoute de ce septième opus, passer le cap de la décennie n’a pas entamé la détermination du groupe de Death Metal technique et un poil mélodique. Vous voilà prévenus. D’ailleurs en coulisses, derrière les manettes, il n’y a pas de bouleversement, le groupe poursuit sa collaboration avec Zeuss (Hatebreed, Kataklysm) et à fait appel au producteur Shane Frisby (The Ghost Inside, Bury Your Dead). Tu aimes le son bétonné qui t’écrase proprement ? Tu seras servi généreusement.

« The Outer Ones » démarre au quart de tour comme ses prédécesseurs, le nouveau monstre est de sortie et ce n’est pas une promenade digestive lounge qui s’annonce au menu,  » Of Unworldly Origin  » démolit tout sur son passage. Le groupe livre une fois encore des compos précises, acérées, bourrées d’énergie, mais sans pour autant se restreindre à une salve du genre lâcher de coups sans répit en mode tapis de bombes sur les esgourdes.
Le groupe varie l’intensité, l’ambiance pour mieux sauter à la gorge de l’auditoire, sans négliger un poil de mélodie au détour d’une mandale.  » Blood Atonement  » est exemplaire à ce titre de la richesse des compositions de Revocation. Le groupe varie les plaisirs sans se priver. Seules les vocalises pourraient être (une fois encore) prises en défaut de ce point de vue,  mais c’est bien le seul domaine ou Revocation flirte avec la linéarité. Ailleurs c’est le feu d’artifice pendant près de 50 minutes, Revocation souffle le chaud et le froid, mêle sauvagerie et riffs techniques complexes, tandis que la section rythmique tabasse méthodiquement et plus spécialement le batteur implacable Ash Pearson.
Une nuance au tableau, par rapport aux albums précédents, l’ambiance se fait un poil plus sombre, les sujets sociétaux laissent la place à l’univers de l’écrivain H.P. Lovecraft. Il va de soi que l’emprunt au mythe de Cthulhu dans les titres n’invite pas à la légèreté. Quand Dave Davidson affirme que cet album est le plus sombre et le plus proche du Death Metal, on ne peut qu’approuver. Un poil plus Death, avec quelques soupçons de passages progressifs, et d’envolées mélodiques relevées ( notamment sur l’instrumental « Ex Nihilo »), sans jamais tomber dans la démonstration stérile, Revocation frappe une nouvelle fois très fort. Un  » Luciferous  » devrait combler les amateurs de brutalité intense. Si vous avez aimé les efforts précédents du groupe ? Il ne fait guère de doute que le petit dernier trouvera grâce à vos yeux et (surtout à à vos conduits auditifs en mal d’agression sonore).

Hamster (09/10)

revocationband.com

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Metal Blade Records / 2018 

Tracklist (48 Minutes) 1. Of Unworldly Origin 2. That Which Consumes All Things 3. Blood Atonement 4. Fathomless Catacombs 5. The Outer Ones 6. Vanitas
7. Ex Nihilo 8. Luciferous 9. A Starless Darkness