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02092010_-_CepCar_-_MisCerPour celles et ceux qui n’auraient pas encore compris ce que bidouillent les Americains de Cephalic Carnage ;et bien c’est très simple, ils se font plaisir! On est catapulté dans un univers où la musique est décousue, expérimentale et sans concessions. Que les novices se rassurent, il est encore possible de se mettre à la page avec le nouvel album, qui n’est résolument pas taillé pour les oreilles de ma grand-mère (la même qui avait pourtant appréciée le DVD de Metallica à Nîmes, enfin bref..).
Ici, les mélodies s’entrechoquent sur des rugissements sauvages, la technique se noie sans complexe dans une impression de grande improvisation qui n’en n’est pourtant pas une. Les rythmiques ultra-burnées tutoient des sons de trompettes ! Le batteur jongle entre des blasts furieux et des plans jazzy. Bienvenue dans le monde étrange de ce nouvel album intitulé Misled By Certainty.
Venons-en aux faits. Le disque s’ouvre sur un « The Incorrigible Flame » qui expose des plans déstructurés à foison, des vocaux schizophréniques qui alternent entre un chant aigu et un autre guttural. On enchaîne sans avoir le temps de dire ouf, avec un « Warbots » qui nous offre probablement, l’un des meilleurs moment du disque avec une alternance de passages rapides et des mi-tempi déconcertants. Le disque propose, par ailleurs, des phases de contemplations et d’expérimentations comme sur ce« Cordyceps Humanis » où la basse est particulièrement bien mise en avant. « Ohrwurm » quand à lui se permet même le luxe d’introduire une trompette et d’accélérer le tempo sans crier gare.
L’ensemble reste très bien produit comme le précédent opus XenoSaplen avec une petite nouveauté me semble t-il : La folie est au service de la mélodie, ce qui confère à cet opus, une dimension beaucoup plus death que grind. Cet album contient son lot de subtilités, mention spéciale aux riffs de guitare qui inscrivent définitivement le groupe, dans la cour des grands. Le dernier morceau « Repangagea » composition de plus de douze minutes( !) en est peut-être la meilleure illustration, on assiste ici à une sorte de trame quasi cinématographique, où l’on peut facilement s'imaginer un décor avec son éventail de personnages monstrueux. Tout cela n’est pas sans rappeler le fameux Fantomas de Mike Patton (je pense en particulier au gigantesque Delirium Cordia), un régal!
Cet album se veut mélodique mais reste brutal, il confirme le passage vers l’ère de la maturité pour le groupe de Denver, avec de véritables créations qui confinent au death metal dans la tradition des Martyrs et consorts. Évidemment, il y aura toujours des personnes pour reprocher à Cephalic Carnage, cette patte si originale qui est la sienne, après tout chacun son truc ! Cet album est un pur produit d’artisant, qui vaut vraiment le coup, parole de metalhead!

Aske (07.5/10)

www.facebook.com/CephalicCarnage

http://cephaliccarnage.bandcamp.com

Ps: Merci à mon confrère Sheol!

Relapse records / 2010

Tracklist : 01. The Incorrigible Flame 02. Warbots A.M. 03. Abraxas Of Filth 04. Pure Horses 05. Cordyceps Humanis 06. Raped By An Orb 07. P.G.A.D. 08. Dimensional Modulation Transmogra 09. Ohrwurm 10. When I Arrive 12. Power And Force 11. A King And A Theif 13. Repangaea

 

The Crown – Doomsday King

Voilà maintenant plus de six ans que The Crown a décidé de suspendre ses activités, malgré une récidive en 2004, qui consista au réenregistrement de l’album cultissime (du moins supposé tel) Crowned In Terror, avec le fameux Tomas Lindberg (ex-At The Gates) au poste de chanteur. Personnellement, je n’avais pas été convaincu par cette entreprise, que j’avais même supposé, un peu douteuse, à l’annonce d’un split.
Ceci étant dit, venons-en à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire ce nouvel opus intitulé Doomsday King. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’album ne tourne pas autour du pot. Batterie surpuissante (surtriggée également), guitares qui rehaussent un peu plus un ensemble explosif, Jonas Stålhammar déboule de façon haineuse et violente dans les compos, mais voilà, ça ne prend pas à chaque fois! On évolue ici, dans une sorte de manifeste de colère«Doomsday King», «Angel Of Death 1839» en sont le parfait exemple. Point de repos pour les oreilles, ici, on joue à fond les ballons !
 
La bande gredin signe des riffs de qualités et accrocheurs, où la voix n’offre pas la résonance d’un Johan Lindstrand, pourtant l’ensemble parvient à conserver sa force de frappe, en proposant un arsenal de titres particulièrement rageurs. « Age Of Iron », contient d’excellentes parties mélodiques et une double grosse caisse dévastatrice, nous démontrant ainsi, que le groupe en a encore sous la pédale. D’autres comme « Through Eyes Of Oblivion » et « To Light » s’inscrivent dans la pure veine Trash/Death avec de fort relent Black ! Les riffs sont incisifs, et s’associent à des blasts beats furieux la voix rocailleuse de Jonas, qui, pour le coup, prend toute sa dimension dans ce registre un peu Black, parvenant à créer un univers accrocheur et efficace.
Le point positif, demeure dans les merveilleuses interventions des deux Marc (Tervonen et Sunesson) qui démontrent toute la richesse technique et mélodique, dont ils disposent avec la six cordes. Le final d’un morceau comme « To Light » est solidement installé dans ces schémas mélodiques et concis, que l’on connaissait avec le fameux Deathrace King. Vous l’aurez compris c’est un tableau en dent-de-scie que je brosse ici, l’architecture de l’ensemble est convaincante, mais la voix, même si elle offre de très belles réussites, à une bonne moitié des morceaux de l’album, ne fait pas toujours mouche. Le groupe s’en sort néanmoins avec les honneurs et prouve qu’après six ans d’absence, il est loin d’avoir dit son dernier mot. To be continued..

Aske (07/10)

Myspace : http://www.myspace.com/thecrownonlineswe

Century Media / 2010

Tracklist (44:15)

01. Doomsday King 

02. Angel of Death 1839 
03. Age Of Iron 
04. The Templer of the Bible Black 
05. Soul Slasher 
06. Blood O.D 
07. Through Eyes of Oblivion 
08. Desolation Domain 
09. From the Ashes I shall return 
10. To Light

 

askeworn2307100905Formé en 2004, en Suède par Anton Johansson, chanteur et guitariste rythmique et Niklas Pelli à la Batterie, puis complété par Andreas Pelli à la basse et Janne Posti à la guitare, le groupe réalise deux démos Enthropic Human Nature en 2005 puis Whores of Mankind en 2008. Un MCD intitulé Black Earth Funeral suivra de près, début de l’année 2009. 
Qu’on se le dise, Chalice Of Black Flames table d’entrée sur la qualité et non sur la quantité. Il s’agit ici d’un EP composé de trois titres masterisé par le fameux Dan Swano ( Edge of Sanity, Opeth , Dissection, Marduk) dans son studio suédois (Unisound).
La Suède outre ses charmes qu’on lui connaît (je pense bien évidemment à l’environnement naturel, ses lacs, ses forêts, vous l’aurez compris..) a l’habitude de produire un éventail de groupe de metal, mais, qui ont, me semble t-il, le défaut de leur qualité, celui de proposer un son clair et massif, avec des murs de guitare en béton armé ! Ne nous racontons pas d’histoire, ce n’est pas de cela dont il est question chez Chaossworn.
Tout d’abord, un premier morceau « Crowned and Winged » qui ouvre les hostilités en délivrant une rythmique solide, entraînante mais sans autre prétention que de faire taper du pied. L’ensemble est appuyé par des guitares mélodiques qui progressent vers des ponts et des refrains entêtants, glauques, parfois complexes, avec un son très ramassé, proche des premiers Opeth. Bref un aspect organique, qui n’est pas sans déplaire à votre serviteur. Les refrains sont là, les morceaux possèdent tous, sans exception, cet énorme potentiel pour la scène. 
Le second titre beaucoup plus black « Bringer Of Storms » envoie des blasts et des allers-retours fulgurants dans la veine suédoise. On a définitivement l’envie de monter le son à fond et de démarrer un pogo (dommage, le voisin n’est pas d’accord..). Le son des guitares est très personnel, jamais surchargé avec un soucis constant de la mélodie. 
Le troisième et dernier titre éponyme « Chalice Of Black Flames » le plus lent et le plus complexe, offre à mon avis, le côté le plus personnel du groupe, dense, rageur et fédéré par de furieux cris. Les guitares se déchaînent définitivement et les lignes de batterie se saccadent à mesure que le morceau progresse. On est complètement écrasé par ces riffs, très facilement mémorisables, qui assènent d’excellents coups de poing à l’auditeur. Voici donc un excellent EP à se procurer d’urgence, en espérant que le groupe propose des concerts pour nous faire boire dans son « Calice ». 

Aske (09/10)

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Abyss records / 2010

Tracklist (15:46) 01.Crowned And Winged 02. Bringer Of Storms 03.Chalice Of Black Flames