Author Archive

The Answer – Revival

Pourquoi le succès de The Answer reste-t-il, volens nolens, plutôt confidentiel ?  Il y a tout lieu de se poser là question à chaque sortie de disque de l'excellent groupe irlandais. Et ce Revival si réussi ne dérogera pas à la règle à moins que pour une fois, le groupe de Cormac Neeson arrive enfin à exploser commercialement. Ce troisième disque a pourtant tous les atouts pour atteindre cet objectif.

Une qualité de composition d'abord encore supérieure à leur pourtant déjà fort bon disque précédent, Everyday Demons : ici il n'y a à proprement dire aucun point faible, du sensationnel titre d'ouverture, « Waste Your Tears », à la chanson bien plus apaisée « Lights Are Down », touchante d'émotion. Et entre ces deux chansons il n'y a rien à rejter de l'exhubérant « Use Me », au tubesque « Nowhere Freeway » interprétée en duo avec Lynne Jackaman de Saint Jude, en passant par « One More Revival » dont les chœurs typés gospel en fin de chanson sont du meilleur effet. On sent que le groupe s'est très investi dans les compositions, ne se satisfaisant jamais de « l'a peu près ». Une mention spéciale est à réserver pour les refrains de Cormac Neeson : jamais le chanteur, dont on connaît pourtant les qualités, n'a semblé aussi à à son avantage. Certaines de ses prestations sur de Revival sont époustouflantes et en font un des tous meilleurs chanteurs de hard rock. L'influence de Robert Plant sur sa voix est toujours présente mais nullement envahissante et nul ne lui refusera une vraie originalité. 

Le deuxième point fort est la production, extrêmement claire et puissante, qui donne beaucoup de relief à la musique du groupe. On remarquera que cela déplace légèrement l'influence typiquement seventies jusqu'alors vers les années 80. L'ensemble semble donc plus rapidement accrocheur que jadis sans que pour autant le groupe ne renie ses influences : Led Zeppelin, AC/DC, Rose Tatoo et Thin Lizzy. 

Jusqu'alors, The Answer était un très bon groupe, dans le sillage du hard rock « classique » des 70'. Aujourd'hui le groupe franchit un seuil tant en terme de qualité musicale que de construction d'une personnalité propre. Il accouche ici d'un disque incontournable. Espérons que l'explosion tant attendue soit au rendez-vous.

Baptiste [8,5/10]

PS : l'édition limitée de l'album contient un deuxième CD non rempli par une banale interview ou par un reportage en studio mais par des inédits, des reprises, des démos et des versions acoustiques de très bonne tenue. Elle est donc à recommander au plus haut point. 

 

Cooperative music / 2011

Tracklist : 1. Waste Your Tears (03:58) 02. Use Me (03:37) 03. Trouble (03:09) 04. Nowhere Freeway (03:38) 05. Tornado (03:46) 06. Vida (I Want You) (04:15) 07. Caught On The Riverbed (04:42) 08. Destroy Me (04:26)09. New Day Rising (04:40) 10. Can’t Remember, Can’t Forget (03:17) 11. One More Revival (06:32) 12. Lights Are Down (04:06)

Mark Spiro enquille les albums solos dans le désintérêt le plus total. Pourtant le bonhomme s'obstine, sans doute confiant dans ses qualités de compositeurs et de producteurs qui en font fait à une époque une personne assez courrue dans le petit monde de la musique rock américaine. Avoir composé des hits pour Cheap Trick, John Waite ou Winger peut donner une certaine assurance.

Toutefois les disques solo de notre homme n'ont jamais vraiment marché, malgré le savoir-faire patent. La faute sans doute à une voix pas désagréable mais nullement exceptionnelle. Et à un calibrage de ses compositions quasiment étouffant, compositions qui auraient besoin d'être associées à une vraie créativité extérieure. Tout ceci serait en partie de l'histoire ancienne tant la musique de Spiro s'avère totalement datée, refusant toute modernisation : pour le compositeur chanteur, l'horloge s'est arrêtée de tourner il y a plus de vingt ans, lorsqu'il composait pour les grands noms de l'AOR de l'époque. Soit.

Or, Mark Spiro vient de sortir un nouveau disque au titre plutôt enjoué :  It's A Beautiful Life. Las, toutes les critiques antérieures s'appliquent toujours à merveille ici. Il faut rajouter cependant un nouveau défaut à la panoplie des travers déjà nombreux de la musique de Spiro : une mollesse proprement anesthésiante, provenant en partie de ce qui semble bien être un vilaine boîte à rythme au son évidemment antédiluvien. 

Si Spiro est désœuvré, qu'il s'occupe différemment. Cela n'en sera que mieux pour tous. 

Baptiste [2/10]

 

AOR Heaven – Bad Reputation / 2012

Tracklist: 1. It’s A Beautiful Life, 2. I Know Who I Love, 3. Come Back To Me, 4. Love Struck Dumb, 5. Go Another Mile, 6. Dance The Lonely Spotlight, 7. Might As Well Be Me, 8. Brand New Beautiful Day, 9. Dream Big, Pray Hard, 10. Everything I Do

Royal Hunt – Show Me How To Live

Royal Hunt n'affichait pas une santé de fer ces derniers temps. On peut même dire, avec tout le respect que l'on doit au groupe d'André Andersen, que les Danois étaient en train de glisser lentement mais sûrement dans la deuxième division. Et l'apparition d'un Mark Boals quand même très émoussé en remplacement d'un John West tout sauf déméritant n'augurait rien de bon. Pressentant le problème, le claviériste/leader/compositeur du combo, Andersen a décidé un certain tournant qui accouche de ce Show Me How To Live

On passera sur le changement de guitariste, au profit du très bon Jonas Larsen, puisque la place de cet instrument, au delà de quelques solos mis en valeur et des habituelles rythmiques heavy, reste mineure dans Royal Hunt. Ici Jonas Larsen assène effectivement de manière très efficace le lot qui lui a été échu de rythmiques plombées et de solo très techniques, souvent en duo avec Andersen. C'est acté. 

Ce qui fera frissoner les fans, sera plutôt l'annonce du retour de DC Cooper au chant, le chanteur originel du combo, présent sur ses meilleurs disques, à savoir Moving Target et Paradox. Et pour l'épauler on retrouve les choristes féminines un peu trop oubliées récemment. La musique cherche aussi à opérer un « retour au source », toutefois très mineur car Andersen n'a jamais franchement transformé sa manière de composer. 

Qu'importe : ce Show Me How To Live aurait pu succéder au deux disques cités sans aucun soucis. La raison en est évidemment le chant de DC Cooper, dont il faut bien admettre qu'il sied parfaitement à la musique du groupe, plus encore que celui de John West. Et le retour du fils prodigue semble avoir clairement inspiré André Andersen. Bien qu'un peu moins immédiate que sur le culte Moving Target, la musique du claviériste est toujours autant de qualité. Après plusieurs écoutes on ne peut qu'être conquis, si – et uniquement « si » – on ne recherche à la moindre once de nouveauté. Les cartes ne sont pas rebattues mais jolies disposées devant l'amateur qui en connaît déjà toutes les arcanes. Les amateurs de growls et de blast beats seront évidemment déjà loin… 

Baptiste (8/10)

 

Frontiers / 2011

Tracklist (42:35) : 01. Introduction 02. One More Day 03. Another Man Down 04. An Empty Shell 05. Hard Rain's Coming 06. Half Past Loneliness 07. Show Me How To Live 08. Angel's Gone