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Magnum – Evolution

Voici bien à première vue un non-événement pour les amateurs de Magnum. Malgré son titre ambitieux, Evolution est un nouveau best of, ce qui n'a rien de bien neuf pour le groupe de Bob Catley et de Tony Clarkin. Il jouit toutefois de quelques atouts qui le font sortir quelque peu des clous. Tout d'abord, malgré son statut de « best of », on ne retrouvera aucun des grands hits du groupe car ce sont les albums de la reformation qui sont concernés ici, à savoir tout ce qu'a fait Magnum a partir de The Breath Of Life (2002). Par ailleurs, le groupe a procédé non seulement à un remix mais à un réenregistrement de nombreuses parties. Il faut reconnaître que l'ensemble sonne très bien, et de manière un peu plus puissante que les originaux. Si l'on avait oublié, on pourra se rappeler que « Brand New Morning » issu disque du même nom, « When We Were Yougner » de Princess Alice & The Broken Arrow, ou « All My Bridges » extrait de Into The Valley Of Moonking, sont des titres à la hauteur de ce pouvait enregistrer Magnum dans sa période de grâce – les années 80. Si le groupe n'arrive plus à placer de singles en radio, pour des raisons de contexte musical mais aussi car il ne semble plus en afficher la volonté, maintient une musique d'une excellente qualité, comme l'écoute du récent The Visitation en témoigne. Les deux nouveaux titres datant de 2011 affichent toujours cette qualité même si ce sont évidemment pas les meilleurs morceaux enregistrés : c'est la règle du best of qui s'applique bien là.

Au final, malgré mes réserves initiales, j'admets que ce best of improbable au premier abord, tient bien la route. Espérons qu'il incite beaucoup à découvrir ce qu'a pu enregistrer Magnum depuis Wings Of Heaven.

Baptiste (7,5/10 pour les amateurs du groupe)

SPV / 2012

Trakcklist (69:08) : 1. That Holy Touch (4.47) Re-recorded drums, bass,guitar & some vocals (remixed), originally on Breath Of Life ; 2. Just Like January (4.38), re-recorded drums, bass & guitar (remixed), originally on Breath Of Life ; 3. Brand New Morning (5.52), re-recorded bass, guitar & some vocals (remixed), originally on Brand New Morning ; 4. Immigrant song (5.31), re-recorded bass & guitar  – remixed), originally on Brand New Morning ; 5. When We Were Younger (6.48), Re-recorded drums, bass, guitar & some vocals (remixed), originally on Princess Alice & The Broken Arrow, 6. Out Of The Sadows (6.38), re-recorded drums, bass, guitar – remixed, originally on Princess Alice & The Broken Arrow ; 7. All My Bridges (4.40), re-recorded bass & drums – remixed, originally on  Into The Valley Of The Moonking ; 8. Blood on Your Barbed Wire Thorns (6.50), re-recorded bass (remixed), originally on Into The Valley Of The Moonking ; 9. The Visitation (5.48), Taken from The Visitation ; 10. Wild Angels (5.40), Taken from The Visitation ;  11. The Fall (5.38) new recording ; 12. Do You Know Who You Are  (6.49), new recording  

Mecca – Undeniable

C'est un euphémisme de dire qu'on attendait le dernier album de Mecca depuis fort longtemps, puisque l'essai précédent du groupe de Joe Vana date de 2002 !  La faute en partie au décès du producteur et ami du groupe mais aussi aux difficultés à faire vivre un projet aussi exigeant, alors que le style adopté – l'AOR – n'est plus du tout populaire. Ce délai est sans doute assez fâcheux car le premier essai du groupe avait fait forte impression dans le (désormais) petit monde de l'AOR. Pour paraphraser le titre de leur nouveau disque, il est indéniable que l'AOR aussi élégante et sophistiquée que bien produite de Mecca tranche au milieu d'une production habituellement assez moyenne. 

Cet Undeniable reprend les choses où elles en étaient il y a presque dix ans : car si certains invités prestigieux ont disparu, tels David Hungate et Fergie Frederiksen (ex-Toto) ou Jim Peterik (ex-Survivor), le propos reste globalement le même, malgré un certain radoucissement de l'énergie du groupe. Ainsi le chant d'une grande classe de Vana porte une musique dorénavant plus proche d'une AOR teintée de West Coast que franchement hard rock, et ce malgré la présence de parties de guitare de qualité assurées par le fils de Vana, Joey. Ce n'est toutefois pas ce dernier qui a joué le rôle de partenaire de composition à Undeniable mais le toujours aussi occupé Tommy Denander. Et comme toujours lorsque ce dernier est impliqué dans un disque, on retrouve à la fois une patte extrêmement professionnelle et une excellente inspiration. Cela donne un lot d'excellents morceaux que n'auraitt pas renié le Toto de l'époque Fahrenheit ou Michael Bolton de The Hunger voire Mr Mister. Évidemment une certaine exhubérance a totalement disparu ainsi que le sens de l'accroche immédiate. Il y a tout lieu d'imaginer qu'il y aura des nostalgiques du premier album.

On connaît pire bilan si, et évidemment si, l'on apprécie la musique des années 80' bien qu'elle soit dotée ici d'un son franchement plus moderne. Les amateurs n'hésiteront pas. Les autres passeront très vite leur chemin tant la musique de Mecca se refuser de se rallier à toute forme de « modernité ».

 

Baptiste [7,5/10] 

 

Frontiers / 2011

Tracklist : 01. Perfect World 20. Closing Time 03.Too Lifetimes 04. Life's Too Short 05. I Know 06. Did It For Love 07. From The Start 08.Deceptive Decadence 09.W2W 10.Undeniable 11.As I Walk Alone

La réédition en format blueray de ce DVD de Queensrÿche, intitulé Mindcrime At The Moore, est une occasion de revenir sur ce concert enregistré en octobre 2006 à Seattle pour la tournée Operation Mindcrime II, un album très contesté – comme la plupart de ce qu'a fait le groupe depuis Promised Land, à l'exception d'Americain Soldier –, mais toutefois intéressant. Ce DVD est d'autant plus intéressant que le groupe a choisi de marquer le coup en interprétant les deux parties d'Operation Mindcrime à la suite, ce qui fait que ce DVD est bel et bien double. Par aileurs, Queensrÿche a joué le grand jeu avec un décor très réussi, en faisant intervenir plusieurs comédiens pour jouer les personnages de l'histoire, Geoff Tate se réservant le rôle de Nikki, le toxicomane manipulé par le dangereux Docteur X. Pamela Moore dans le rôle de Sœur Mary est présente en chair et en os durant tout le concert ce qui donne lieu à quelques duos de toute beauté, notamment sur le final « All The Promises », durant lequel les deux personnages, devenus alors des spectres, s'interpellent mutuellement. On est ainsi tout près d'un opera rock d'excellente tenue et on remarquera que Geoff Tate est très à l'aise dans ce double rôle de comédien/chanteur ; le chanteur semble réellement possédé par ce qu'il chante au point de transcender fréquemment des compositions d'une valeur inégale lors de le l'interprétation de la deuxième partie. 

Dans une précédente chronique, j'avais fait remarquer que le deuxième opus d'Operation Mindcrime pâtissait énormément de la comparaison avec sa première partie, un disque qui reste vingt ans après un des plus grands disques de métal des années 80. Sur le fond les choses ne sont pas très différentes sur ce Mindcrime At The Moore, et cela sautera aux yeux de l'amateur qui enchaînera les deux DVD à la suite. Toutefois, ce constat est atténué par deux remarques. La première tient à l'interprétation et à l'énergie déployée lors de la deuxième partie d'Operation Mindcrime : le groupe semble très investi et la dimension visuelle permet d'atténuer les quelques longueurs musicales que comportait la suite.

La deuxième remarque tient à l'interprétation de la première partie d'Operation MIndcrime, interprétation qui est inférieure à celle de la fabuleuse tournée de 1988, immortalisée en DVD d'ailleurs. La faute n'en revient sans doute pas à la section rythmique, toujours excellente, ni à Wilton, impeccable mais à Geoff Tate et au second guitariste, depuis limogé, Mike Stone. 

Si l'investissement de Tate et son charisme sont indéniables, il faut reconnaître qu'il a perdu des capacités dans les aigus, ce qui pose peu de problème dans son registre actuel, sur les nouvelles composions d'Operation Mindcrime II, mais ce qui s'avère fâcheux sur un « Breaking The Silence » ou « I Don't Believe In Love ». Il faut être juste : il était quasiment impossible qu'il en soit autrement et Tate conserve de très très beaux restes (écouter le rappel « Jet City Woman » reprise en chœur par le public où son interprétation est de haute tenue surtout pour une fin de concert). Non, la vraie plaie de ce live est Mike Stone. Et je pèse mes mots : avec son toucher répugnant, son son de guitare sale et inintéressant et son look de punk attardé, ce type n'avait rien à faire dans Queensrÿche. Il gâche régulièrement les parties de Chris De Garmo, ce qui n'incitera qu'un peu plus les fans à la nostalgie.

Voici dont le gros point noir d'un DVD d'excellente qualité et qui confirmera l'idée que Queensrÿche conserve quand même pas mal de chose à dire, encore dans le nouveau millénaire. Il permettra peut-être de réhabiliter un disque, Operation Mindcrime II, qui vieillit plutôt bien.

Baptiste [8/10]

 

Eagle Visions / 2011

Tracklist : 

DVD 1 : Operation Mindcrime I en entier

DVD 2 : Operation Mindcrime II en entier et en rappel « Walk In The Shadows » et « Jet City Woman ».