Author Archive

Auras – New Generation

En matière d'AOR et de rock mélodique, le Brésil était un désert jusqu'alors… Aujourd'hui avec le trio dénommé Auras, il fait son entrée dans ce milieu devenu aussi étroit qu'il fut jadis productif. On peut tout à fait concevoir que cette solitude explique les difficultés d'Auras pour composer une musique tout à fait originale. C'est donc l'inspiration des grands anciens, notamment étasuniens, qui se fait donc particulièrement sentir sur ce premier opus. Les grandes anciens sont en fait réduits à un seul : l'influence de Journey est écrasante ici. Le format de chanson, le parfait équilibre entre les claviers et les guitares (toujours saturées) et surtout le style de voix de Gui Olivier (chant) sont sans équivoque. Si nous ne sommes pas dans un parfait clonage, nous sommes en tous cas dans un exercice de mimétisme assez étonnant, et d'un mimétisme grosso modo talentueux. 

Les amateurs du groupe de Neal Schon se régaleront à l'écoute des très réussis « Forgive And Forget », « Never Give Up », « Hungry Hearts », « Out Of Love » (ou le refrain est traversé par le spectre de Steve Perry plus que jamais) ou de la belle ballade « In My Arms » qu'on aurait pu imaginer composée par Jonathan Cain. À vrai dire, les musiciens de Journey, dont l'inspiration se fait inégale sur album ces derniers temps, auraient pu emprunter avec bonheur quelques mélodies et quelques refrains pour leurs réalisations récentes. Il manque toutefois à l'appel quelques éléments qui nous permettent de ne pas confondre l'original et la copie : les parties guitares sont ici beaucoup linéaires et les solos pas assez riches pour ne pas nuire à la qualité globale ; les chansons, bien que très plaisantes, pèchent souvent par une trop grande uniformité, notamment au niveau des tempos. À vrai dire seul « That's The Ways Love Goes », avec ses touches à la Toto, rompt un peu l'ensemble. 

On suivra avec intérêt la carrière d'Auras en espérant que l'assimilation de ses influences se fassent dorénavant de telle façon que la créativité du combo puisse s'exprimer pleinement. Car on devine très bien tout le potentiel dont le groupe est porteur.

Baptiste (07,5/10)

 

Frontiers / 2010

Tracklist (54:53) : 01. Beauty Of Dreams  02. Forgive And Forget 03. Never Give Up 04. In My Arms 05. Reach Out 06. New Generation 07. Forever In Your Eyes 08. Hungry Hearts 09. That's The Way Love Goes 10. Keep On Loving You 11. Out Of Love 12. Love To Survive

Musicalement Night Ranger était en déconfiture depuis plus de dix ans et on peut dire, au bas mot, que leur dernier bon disque (pourtant contesté) est Man In Motion (1988). Et ce n'est pas l'écoute du plutôt barbant Hole In The Sun qui pouvait inciter, il y a quatre ans de cela, à changer d'avis. D'où sans doute la propension d'un Night Ranger, par ailleurs privé du virtuose du tapping bi-dextral, Jeff Watson, mais aussi de son claviériste Alan Fitzergerald, à enregistrer des disques live, toujours au Japon. 

Or, à la surprise générale, on peut dire qu'avec ce Somewhere In California, Night Ranger a enfin réussi à accoucher d'un album studio franchement bon. Et cela en renouant avec l'inspiration de ses premiers disques, notamment Dawn Patrol et Midnight Madness. On sent que le groupe s'est appliqué, tant au niveau d'une production d'excellente qualité, qu'au niveau des compositions et des parties chantées. Globalement les riffs s'avèrent acérés et/ou intelligents et les choeurs très bien construits et interprétés. On remarquera que ce travail important est pour beaucoup dans la richesse de certains compositions qui atteignent parfois les six minutes sans ennuyer. Les guitares, bien plus mises en avant que les claviers, de Brad Gillis et du nouveau venu Joel Hoekstra, participent de cette qualité globale tant aux niveaux des solos, aussi mélodiques que techniques, que des nombreuses mélodies et thèmes qui parsèment heureusement le disque. Faisons rapide : « Growin Up In California », « Bye Bye Baby » ou « Rock And Roll Tonite » sont franchement engageants et donnent aussitôt envie de taper du pied (pour les piétons) ou d'appuyer sur le champignon (pour les conducteurs).

Il y a toujours une antithèse à une thèse dans une bonne copie et Night Ranger nous offre tout de même, au milieu de tant d'excellence, l'occasion d'un regret : malgré sa qualité globale, The Somewhere In California, ne recèle pas de titres majeurs. Il n'y a pas lieu de chercher un nouveau « Sing Me Away » ou un nouveau « Sentimental Street » à l'horizon. Mais à l'impossible nul n'est tenu !

Baptiste (7,5/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2011

Tracklist (54:17) : 01. Growin Up In California 02. Lay It On Me 03. Bye Bye Baby 04. Follow Your Heart 05. Time Of Our Lives 06. No Time To Lose 07. Live For Today 08. It's Not Over 09. End Of The Day 10. Rock And Roll Tonite 11. Say It With Love

Def Leppard – Mirror Ball

Def Leppard aura donc attendu plus de vingt ans pour nous proposer un premier album live, si l'on met de côté la vidéo filmée sur la tournée d'Hysteria, intitulée In The Round In Your Face. C'est dire que le groupe de Joe Elliot a sans doute un peu tardé avant d'enregistrer le live qui aurait saisi Def Leppard au sommet de sa carrière. Sur ce Mirror Ball, c'est la dernière tournée du groupe qui a été enregistrée avec évidemment Vivian Cambell à la guitare et non Steve Clark. Toutefois – et c'est peut-être son principal défaut – Mirror Ball tend à être le live qui aurait pu (dû) être enregistré pour la tournée Hysteria et l'on sent que le groupe l'a conçu comme tel. Ainsi il n'y a aucun extrait du premier album du groupe et que deux titres de High n' Dry alors que Slang, Euphoria et Now sont totalement mis de côté. 

Ce sont évidemment les cultissimes Pyromania (5 morceaux) et Hysteria (6 titres) qui sont extrêmement mis en avant, même si un petit coup d'œil sur le contesté Adrenalize est effectué par l'intermédiaire de « Let's Get Rocked » et « Make Love Like A Man ». Tournée du dernier album oblige, trois titres de Song From The Sparkle Lounge sont proposés ; ils sont franchement de bonne facture, à l'image du disque, mais on ne peut s'empêcher de penser que quelques perles d'Euphoria ou de Slang auraient été tout aussi bienvenues. Et ce d'autant plus que le groupe nous a infligé une nouvelle version de la gluante « Two Steps Behind » dont on se serait bien dispensé. Pour finir, de manière un peu étrange, le groupe nous propose trois nouveaux morceaux alors que les deux disques sont quand même très pleins. On remarquera l'excellent et très rythmé « Undefeated », si bon qu'on aurait très bien pu le placer sur le disque à venir du Léopard sourd. « It's All About Believing » tient bien son rang de sympathique face B, dans un style assez pop et mélodique. « King Of The World », composée par Rick Savage, est tellement influencée par Queen que cela étouffe les qualités du morceau. 

Voici pour l'architecture de ce double live. Qu'en est-il de son interprétation ? Et bien elle nous fera admettre que, d'une certaine manière, le groupe a bien fait d'attendre car il est impressionnant de maîtrise ici. On savait le musiciens du groupe très professionnels et exigeants avec eux-mêmes. C'est évidemment toujours le cas même si les grincheux remarqueront que Joe Elliott a certains problèmes dans les aigus, notamment sur « Hysteria » qui perd un peu de son panache. Il est heureusement secondé par des chœurs aussi maîtrisés ici qu'en studio, et qui donnent un énorme dynamisme à une musique franchement plus hard (c'est évident par exemple sur « Rocket » ou « Armaggedon It »). Ce n'est pas pour surprendre que les solos soient ici plus nombreux que sur les versions originales et l'on pourra goûter donc tout le talent de Vivian Cambell mais aussi surtout de Phil Collen qui semble totalement désinhibé. J'ai toujours regretté qu'il ne soit pas assez reconnu et ce live sera ainsi une nouvelle occasion de le découvrir. 

Malgré mes a priori de départ, je dois reconnaître que ce Mirror Ball va globalement bien au-delà des attentes. Il n'est peut-être pas culte, non, mais incontournable, oui. 

Baptiste [9/10] 

 

Frontiers / 2011

Disque 1 : 01. Rock ! Rock ! (Till You Drop) 02. Rocket 03. Animal 04. C'Mon C'Mon 05. Make Love Like A Man 06. Too Late For Love 07. Foolin' 08. Nine Lives 09. Love Bites 10. Rock On

Disque 2 : 01. Two Steps Behind 02. Bringin' On The Heartbreak 03. Switch 625 04. Hysteria 05. Armageddon It 06. Photograph 07. Pour Some Sugar On Me 08. Rock Of Ages 09. Let's Get Rocked 10. Action 11. Bad Actress 12. Undefeated 13. Kings Of The World 14. It's All About Believin'