
Jorn Lande et Russel Allen nous avez laissé sur une note plutôt favorable, lors de leur dernier opus en duo, The Revenge. Bien que manquant cruellement de fantaisie, du fait du caractère toujours très formaté des compositions de l'inusable Magnus Karlsson, le disque se tenait bien et mettait correctement en valeur les deux voix assez dissemblables de nos vocalistes.
Ici il n'y a rien de bien neuf. Le style est toujours à mi-chemin entre le heavy prog' et le hard mélodique et les interventions de Lande et Allen se complètent parfaitement. Malgré l'acadé-misme presque pompier des riffs et des parties de claviers, l'émotion dégagée par nos deux chanteurs, arrivent à dynamiser l'ensemble et faire partager à l'auditeur quelques moments de plaisir à l'écoute des calibrés « The Showdown », « Judgement Day » au lyrisme à la Thin Lizzy bienvenu ou de « We Will Rise Again ».
Tout ceci est aussi convenu que la couverture de Rodney Matthews (qui fut plus inspiré) mais participe d'un train train plutôt qu'agréable. Et c'est sur le fond plus intéressant que le récent tribute de Jorn Lande à Dio. Pourquoi se priver ?
Baptiste (7/10)
Frontiers / 2010
Tracklist : 01. The Showdown 02. Judgement Day 03. Never Again 04. Turn All Into Gold 05. Bloodlines 06. Copernicus 07. We Will Rise Again 08. The Guardian 09. Maya 10. The Artist 11. Eternity 12. Alias (bonus track)

Le disque Phoenix n'aura pas été donc un feu de paille… Et malgré des prestations scéniques considérées globalement comme plutôt molla-ssonnes, le line up originel d'Asia est toujours sur pied. Il est vrai que ni Yes et encore moins Emerson, Lake & Palmer n'enregistrent de leur côté et que Howe et Palmer peuvent consacrer un peu de leur temps libre à ce qui reste quand même, encore et toujours, le groupe de Wetton/Downes. Il est d'ailleurs significatif que Howe (que l'on sait capable d'être très créatif) n'ait co-composé que deux titres sur les douze de cet Omega.
L'écoute du deuxième disque de la reformation nous permettra de pousser la comparaison encore plus loin avec ce que proposent ensemble Wetton et Downes par l'intermédiaire du projet Icon aux réalisations régulières et globalement de qualité. En fait Asia commence de plus en plus à ressembler à Icon, en plus vigoureux et moins mélancolique. C'est dire que les passages progressifs très présents sur le premier disque du groupe (il y a bientôt trente ans) ou sur Phoenix, sont assez rares, même si on constatera la richesse musicale du break d'un « Holy War » ou la subtilité des parties de guitare de Steve Howe sur le lumineux « Light The Way ». Asia œuvre donc toujours dans un rock mélodique certes moins AOR que jadis, mais renforcé d'éléments pop et parfois progressifs.
On trouvera donc un hard rock plutôt bien senti en ouverture (l'excellent « Finger On The Trigger »), des ballades transcendées par la voix toujours sublime de Wetton (« Ever Yours »), des titres rock-pop de facture assez simple (« Emily ») ou beaucoup plus intéressants (« Listen The Children » dont le refrain et surtout le break valent le détour) voire des morceaux clairement ambitieux, notamment au niveau de la construction musicale et par la visée affichée (« End Of The World » assez somptueux). L'ensemble est globalement de très bonne facture et s'avère supérieur à Phoenix. On reste évidemment en deçà de ce que pouvait proposer Asia dans les années 80 car l'album manque de fougue et parfois un peu d'accroche. Par ailleurs, il recèle quelques titres un peu plus faibles comme ce « I Believe » ou la ballade jolie mais trop banale « Don't Wanna Lose You Now » ; ces titres sont logiquement confinés en fin de disque. Peut-être ce dernier aurait-il pu être écourté et ce d'autant plus qu'il dépasse l'heure de musique ? De nos jours il n'y a pas besoin d'être roboratif pour satisfaire l'amateur.
Baptiste [8/10]
Site Officiel
Frontiers / 2010
Tracklist (61:21) : 1. Finger on the Trigger 2. Through My Veins 3. Holy War 4. Ever Yours 5. Listen Children 6. End of the World 7. Light the Way 8. Emily (Bonus track premier pressage digipack) 9. Still the Same 10. There Was a Time 11. I Believe 12. Don't Wanna Lose You Now

Il s’agit donc de la première fois où Rick Springfield va profiter d’une vraie distribution en Europe. Car le chanteur et compositeur australien est resté jusque ici uniquement un article d’importation pour les amateurs pointus d’AOR de qualité. En fait la notoriété de Springfield était chez nous inversement proportionnelle à celle qu’il connaît depuis des années aux États-Unis où sont rock FM a fait un malheur dans les années 80′ notamment grâce à des singles fameux « Jessie’s Girl », « Affair Of The Heart » etc. Si la popularité de Springfield s’est un peu affaibli durant les (maudites) années 90′, sa carrière s’est maintenue à flot grâce ses rôles d’acteur, par exemple dans la série General Hospital (pouah !).
Musicalement Rick Springfield est un homme de goût et il faut reconnaître que des disques comme Living In Oz ou Rock Of Life sont d’une efficacité totale. Ses productions plus récentes ne lui ont pas garanti un succès aussi important et ceci explique les efforts réels de ce Venus In Overdrive pour moderniser un style très ancré dans les années 80′. Sur ce nouveau disque (enfin distribué en France deux ans après sa parution américaine), les claviers ont pris la porte, les sonorités synthétiques ont été exclues et Rick Springfield pose sa voix plus bas que jadis.
Quant aux compositions, elles lorgnent vers un rock moderne plutôt pêchu, empruntant parfois à du Harem Scarem nouvelle vague, mais aussi à tout ce qui parsème la bande FM américaine à ce jour. On remarquera même une jolie influence des Stones sur « God Blinked » mais l’ensemble est plus actuel : « What’s Victoria Secret ? », « Venus In Overdrive » ont tout pour être des tubes en puissance. Il faut dire qu’ils sont soutenus par une production excellente et une interprétation sans faille qui s’explique sans doute en partie par l’implication de l’excellent Matt Bissonnete. Quand au plus doux, « Oblivious », il s’agit d’une très belle réussite. Un constat qui peut être élargi à l’ensemble du disque. Malgré les soixante ans atteints, Springfield est loin de l’hospice !
Baptiste (8/10)
Frontiers / 2010
Tracklist (47:26) : 01. What’s Victoria’s Secret ? 02. I’ll Miss That Someday 03. Venus In Overdrive 04. One Passenger 05. Oblivious 06. 3 Warning Shots 07. Time Stand Still 08. God Blinked (swing It Sister) 09. Mr. Pc 10. She 11. Nothing Is Ever Lost 12. Saint Sahara 13. Celebrate Youth (Bonus Europe)