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Dare – Arc Of The Dawn

L'eau aura donc passé sous les ponts. Pensez : cinq ans séparent cet Arc Of The Dawn du disque précédent de DareBeneath The Shining Water. Pourtant Darren Wharton ne semble pas avoir été trop occupé durant ce laps de temps mais il est vrai que ses musiciens doivent souvent travailler à gauche et à droite pour vivre entre deux disques de Dare. Ceci explique peut-être cela. 

Allons à l'essentiel : Dare ne se réinvente plus et depuis Belief et Calm Before The Storm, le style est bel et bien posé. Il ne semble plus vouloir varier d'un iota et les amateurs regretteront encore et toujours l'AOR classieuse de Out Of This World ou le Hard FM plus musclé de Blood From Stone. Mais il faut reconnaître que le rock celtisant et mélancolique adopté comme carte de visite depuis plus de quinze ans par Wharton lui sied à merveille. 

On avait toutefois signalé avant la parution sur le propre label de Wharton de cet Arc Of The Dawn, un fléchissement rock voire hard. Une écoute attentive de ce nouvel opus ne confirmera pas vraiment cette information. Les guitares acoustiques doublent toujours aussi fréquemment les guitares saturées et les ballades sont tout aussi nombreuses… quant à la voix de Wharton, douce, chaude et envoûtante elle est merveilleuse de sensibilité et de mélancolie. On retiendra tout particulièrement le beau « Dublin » en ouverture et le refrain de « Follow The River ». La fin du disque est plus apaisée que jamais mais renferme quelques précieux moments : « Still Waiting », « Remember » sont touchantes de sensibilité. 

Il y a un « mais » à ce tableau trop unilatéral ; voire deux « mais ». Le premier tient à l'abondance des reprises : sur douze titres, seuls huit sont récents. Wharton a réenregistré deux morceaux de son premier disque en renommant « Return To The Heart » et en reprenant le somptueux « King Of Spades ». Le résultat est plus intimiste mais tout aussi réussi. Par ailleurs, deux reprises ont été rajoutées à l'ensemble : « Emerald » de Thin Lizzy dans une version superbement dépouillée et « The Flame » de Cheap Trick, plus inattendue mais tout aussi plaisante.

Où gît dont le lièvre ? Il gît dans le fait que ces quatre morceaux s'avèrent un cran au dessus des nouvelles chansons de Dare. Il est triste de constater que l'oreille de l'auditeur accroche aussitôt à l'entame des morceaux alors que sur le reste du disque elle se montre moins concentrée. Il est vrai – et c'est la deuxième réserve – que globalement ce nouvel essai est moins réussi que le superbe Beneath The Shining Water. Malgré cinq années d'attente, Dare n'a pas réussi à maintenir un standard de qualité aussi élevé. L'ajout de quatre reprises ne fait que malheureusement le signaler. Peut-être est-ce la marque d'un certain tarissement d'inspiration ? Une réelle prise de risque pourrait permettre à Darren Wharton et à Dare de tutoyer de nouveau l'excellence. 

Baptiste (7,5/10)

 

Site officiel

NL distribution / 2009

Tracklist (54:33) : 1. Dublin 2. Shelter In The Storm 3. Follow The River 4. King Of Spades 5. I Will Return 6. Emerald 7. When 8. The Flame 9. Still Waiting 10. Kiss The Rain 11. Remember 12. Circles

Daniel Nelson – S/t

Voici un disque qui constitue un bel objet d'UFOlogie. En pleine tourmente financière, alors que la Californie licencie ses fonctionnaires et ouvre ses prisons pour éviter la faillite voici arriver sur le sol français un disque de West Coast relevant plus du paléolithique que de l'actualité musicale tout court. Il s'agit du premier essai manifestement auto-financé de Daniel Nelson qui ne se constitue que de cinq titres, soit un format de EP plutôt rare parmi les temps qui courent. Il est vrai que pécunièrement les temps sont durs sur la Côte Ouest.

L'anonymat le plus total qui touche Nelson est sans doute moins important outre-Atlantique puisque l'homme, après des études de production et de son, a beaucoup travaillé pour la télévision américaine. Il en ressort un professionnalisme assez impressionnant tant au niveau vocal (Nelson a une voix superbe si l'on admet qu'il est bien loin des glapissements du black norvégien ou des chœurs poilus à la Manowar et plus proche de Joseph Williams) qu'au niveau de la production et de l'interprétation. Sur ce dernier point, on remarquera la qualité des parties de guitare très inspirées mais aussi l'utilisation très bien menée de cuivres qui participent de la teinte californienne revendiquée. La qualité globale arrive ainsi à nous faire oublier que nous sommes face à une réalisation musicale a priori complètement surannée mais aussi assez loin du hard rock malgré l'existence de titres péchus (« Madelyn ») voire groovy (« Here In LA» si bien nommé). 

Logé entre David Foster, Toto et le Chicago des années 80 voici une réalisation très très surprenante. Mais après tout à l'époque post-moderne des modes aussi fulgurantes et évanescentes que les flux de capitaux, ce regard définitivement rétro est somme toute réconfortant.

Baptiste (8/10)

 

Myspace Officiel

Avenue of Allies Music – Underclass / 2009

Tracklist (23:50) : 01. Madelynn 02. Is It You ? 03. Camarillo 04. Here In L.A. 05. Emily

Gotthard – Need To Believe

Franchement je ne comprends pas la déception affichée par de nombreux amateurs de Gotthard quant à ce nouveau disque, Need To Believe. Cette déception s'explique sans doute par le fait que Domino Effect était sans doute un des albums les plus heavy du groupe depuis au moins G. Il signait le retour à ce hard rock classieux des débuts mais qui avait déjà fait une réapparition sur l'excellent Lipservice et sur le très bon live Made In Switzerland.

Mais à mon avis l'agressivité de Domino Effect, son côté sombre et une certaine froideur faisaient de ce disque une réalisation un peu à part dans la discographie du groupe. En outre, il y avait bien peu de chances que Gotthard persévère dans cette voie au risque de perdre son statut d'institution nationale en Suisse, à savoir son pré-carré commercial. 

Ce Need To Believe tranche effectivement par rapport à son prédécesseur car il s'avère plus chaud et – reconnaissons-le – plus apaisé. Le groupe n'est pour autant pas revenu aux recettes de Open ou Homerun : le style est logé entre les premiers essais du combo et, disons, Human Zoo. Et la production plutôt léchée renforcera cette idée d'un disque de croisière, somme toute très équilibré. 

Si les ballades ne sont pas légions, elles se logent avec bonheur entre une suite de titres mid-tempo d'excellente facture (le single « Need To Believe » aux chœurs somptueux ou la très classieuse ballade heavy « Unconditionnal Faith ») et des chansons plus classi-quement hard rock : « I Don't Mind » et son riff à la AC/DC grande époque ou le péchu « Right Or Wrong ». Trois titres par leur intelligence attirent tout particulièrement l'attention : le second morceau « Unspoken Words » au refrain si riche, la power ballade « I Know You Know » et l'orientalisant « Shangri-La » aux relents Def Leppard bienvenus. Gageons que ces morceaux seront sans doute interprétés lors du concert (hélas) complet à venir à la Maroquinerie.

Quant aux musiciens eux-mêmes : Steve Lee est toujours prodigieux (après plus de vingt-cinq ans de carrière bientôt), la section rythmique très en place et la paire de guitaristes formée par Leoni et Scherer plus solide que jamais. Que conclure d'autre que Gotthard signe encore là un disque qui ravira tout le monde en trouvant parfaitement le point d'équilibre entre novation et tradition ?

Baptiste (8/10)

 

Nuclear Blast / 2009

Tracklist : 1. Shangri-La 2. Unspoken Words 3. Need To Believe 4. Unconditional Faith 5. I Don't Mind 6. Break Away 7. Don't Let Me Down 8. Right From Wrong 9. I Know, You Know 10. Rebel Soul 11. Tears To Cry 12. Ain't Enough (Bonus Track)