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Il est donc entendu que depuis sa reformation, depuis plus exactement Brand New Morning, Magnum ne recherchera pas la nouveauté : exit les velléités US (Goodnight L.A.) ou plus subtilement FM (Vigilante) et retour à une inspiration mêlant habilement hard mélodique, AOR, heavy metal voire touches progressives à la manière, évidemment de On A Storyteller's Night. Le prédécesseur de Into The Valley Of The MoonkingPrincess Alice And The Broken Arrow s'orientait déjà dans une telle direction et scellait d'ailleurs de manière très significative le retour à un artwork conçu par Rodney Matthews ; l'ensemble était heureux et ne faisait pas du tout pâle figure par rapport à la grande référence du groupe que reste On A Storyteller's…

En fait il y aurait peu d'autre chose à dire de ce dernier opus de Magnum que ce qui avait été dit à propos de Princess : la qualité de la musique et du chant de Bob Catley sont toujours étonnement au rendez-vous malgré les trois décennies que le groupe a traversées. Plus : la fraîcheur induite par le subtil mélange des genres est toujours belle et bien présente même si les esprits ronchons remarqueront ici parfois de temps à autre une baisse d'inspiration (« In My Mind's Eye » et son solo un peu convenu). Les aficionados décèleront avec délice les références à d'autres anciennes compositions de Magnum : le vigoureux « All My Bridge » évoquera évidemment « Changes » ou « Just Like An Arrow » et « The Moonking » plutôt « Les Morts Dansant ». Mais la force de Magnum est incontestablement de marcher sur ses propres traces sans qu'une nostalgie écrasante n'assomme l'auditeur. Ici les références à un passé méritant prennent la forme d'un cachet un peu suranné tout à fait plaisant.

 

Baptiste (7,5/10)

 

SPV – Replica / 2009

Tracklist (58:27) : 1. Intro (1:30) 2. Cry To Yourself (4:40) 3. All My Bridges (4:41) 4. Take Me To The Edge (4:17) 5. The Moonking (6:16) 6. No One Knows His Name (4:32) 7. In My Mind's Eye (5:42) 8. Time To Cross That River (5:17) 9. If I Ever Lose My Mind (4:19) 10. A Face In The Crowd (6:24) 11. Feels Like Treason (3:32) 12. Blood On Your Barbed Wire Thorns (6:57)

Kreator – Hordes of Chaos

Depuis quelques mois déjà, le monde du metal est secoué par un revival Thrash particulièrement vivace. Jugez-en par vous-mêmes : Slayer (avec le retour de Dave Lombardo derrière les fûts, et un nouveau morceau, « Psychopathy In Red », particu-lièrement prometteur), Testament, Exodus, Metallica (qui revient de loin, après un St Anger particulièrement décevant) outre-Atlantique, et Sodom (il y a deux ans déjà) et Destruction outre-Rhin… De ce côté, un seul grand nom manquait encore à l’appel : Kreator, qui avait certes gâté ses fans avec deux DVD en 3 ans (Enemy of God Revisited et At the Pulse of Kapitulation), mais dont le dernier album remontait déjà à 2005. 

Certains reprochaient à Kreator une approche trop mélodique sur Enemy of God, moins brute et directe que sur les brûlots qui avaient fait le succès de Mille et de ses compères dans les années 80. Il semble que leurs remarques aient été entendues, car Hordes of Chaos, sans pour autant renier cette nouvelle approche, renoue avec l’esprit des débuts. 

Dès le premier titre, Kreator avoine à tout crin, enchaînant des titres dévastateurs littéralement taillés pour la scène. La production est énorme, les riffs en béton armé, les soli exécutés de main de maître et Mille s’époumone comme un beau diable sur ces 10 pistes. Les moments de répit sont relativement rares (l’intro d’« Amok Run », par exemple, est judicieusement placée après l’enchaînement « Hordes of Chaos » – « Warcurse » – « Escalation »), et cette rareté constitue justement un des atouts de cet album : Hordes of Chaos est taillé en un seul bloc brut, certes muni de nombreuses facettes, mais qui s’écoute d’une traite. « Corpses of Liberty », seul véritable intermède mélodique, est placé en fin d’album, juste avant un des autres morceaux-phares, « Demon Prince », parfaite synthèse de mélodie et de brutalité. 

Synthèse : voilà le mot qui convient le mieux à Hordes of Chaos, à mi-chemin entre une thèse (l’époque Pleasure to Kill) et son antithèse (Enemy of God), une alliance réussie et équilibrée qui confirme, s’il le fallait encore, que Kreator (et la scène Thrash allemande plus généralement) n’a pas à rougir face aux Big Four américains… La perfection n’existe certes pas, mais Kreator est parvenu à la toucher du doigt…

Mister Patate [09/10] 

 

SPV Records – 2009

Tracklist (38:27) : 1. Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite) 2. Warcurse 3. Escalation 4. Amok Run 5. Destroy What Destroys You 6. Radical Resistance 7. Absolute Misanthropy 8. To the Afterborn 9. Corpses of Liberty 10. Demon Prince

Foreigner – Can’t Slow Down

Une si longue attente… En fait un nouveau disque de Foreigner était attendu, au moins, depuis l'annonce de l'intégration d'un nouveau chanteur, Kelly Hansen, en remplacement du légendaire Lou Gramm. L'excellent disque live du Foreigner nouvelle époque promettait beaucoup aux amateurs. Après quatre ans de patience (voire plus si l'on prend en compte toutes les années nous séparant du dernier album studio du groupe, Mr Moonlight), Mick Jones présente à son public de nouvelles compositions.

L'écoute des premières notes du sautillant morceau d'ouverture « Can't Slow Down » va en fait résumer le contenu du nouveau Foreigner : frais, entraînant, engageant mais aussi assez loin des horizons hard rock de Head Games ou Four. Mick Jones semble ne pas avoir du tout voulu tourner totalement la page du pourtant oubliable Mr Moonlight. Il n'y a à vrai dire que quelques traces de hard rock ici ; c'est dire donc que le titre du disque est assez mal trouvé car la machine a bel et bien ralenti. Alternant rock péchu (voire parfois un peu hard à la manière du premier disque de Foreigner comme « Can't Slow Down » ou le très prenant « Ready » voire « Too Late »), power ballades (« I'll Be Home Tonight »), mid-tempos (« Living In A Dream ») et compos rock-pop rythmées (« Angel Tonight »), Foreigner semble avoir voulu tourner la page des années 70 et 80. Il est vrai que Mick a dépassé la soixantaine et que la dégaine de rocker apaisé peut sembler mieux lui aller que celle d'un hard rocker vieillissant.

Il faut reconnaître que l'ensemble est très agréable d'écoute et s'avère, en terme de qualité, à des années lumières de Mr Moonlight ou de son prédécesseur, le malheureux Unusual Heat. Manifestement les compositions ont été très travaillées par Mick Jones et ses collaborateurs. Le toute regorge de mélodies de qualité et de lignes vocales plus que convaincantes. On peut même faire l'hypothèse qu'un titre aussi plaisant que « Angel Tonight » pourrait avoir un certain succès radio. 

Toutefois, l'on ne peut que ne se montrer déçu pour deux raisons. D'abord car sur scène Foreigner a démontré encore récemment avoir bien plus de mordant que tout cela. Il est quand même paradoxal de prendre un tournant aussi soft sur disque alors que les fans pouvaient clairement s'attendre à autre chose. Et puis il y a l'idée que Kelly Hansen avec ses qualités de chant et ses très nombreuses idées de lignes vocales aurait pu briller bien plus dans un registre plus remuant.  

Peut-être que Mick Jones prendra cela en compte pour un nouvel essai qui, dans tous les cas, ne verra pas le jour avant bien bien longtemps. 

Baptiste (7/10)

 

 

Rhino / 2009
Tracklist (49:52) : 1. Can't Slow Down (3:28) 2. In Pieces (3:53) 3. When It Comes to Love (3:54) 4. Living in a Dream (3:43) 5. I Can't Give Up (4:32) 6. Ready (3:43) 7. Give Me a Sign(3:52) 8. I'll Be Home Tonight (4:14) 9. Too Late  (3:45) 10. Lonely (3:29) 11. As Long As I Live (3:48) 12. Angel Tonight (3:32) 13. Fool For You Anyway (4:04)