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Joe Lynn Turner – Live In Germany

Mouais… La carrière solo de Joe Lynn Turner stagne depuis bien longtemps déjà malgré un début en fanfare, il y a plus de vingt ans de cela, sur l'excellent Rescue You. Toutefois l'album publié sous le nom de Sun Storm (qui contenait des titres composés pour son deuxième disque), le projet avec Glenn Hughes, HTP, et un disque solo récent plus connoté FM, Second Hand Life, auguraient un certain retour en forme. Pourquoi pas ne pas réaliser un disque live – son premier – alors dans la foulée ? L'idée n'avait en elle-même rien d'incongru et ce d'autant plus que pour sa participation au festival AOR The United Forces of Rock, un JLT, plutôt en voix, avait su s'entourer d'un combo assez efficace et très en place. Les puristes compareront évidemment les prestations du guitariste Karl Cochran à celles de Ritchie Blackmore ce qui s'avère évidemment saugrenu : globalement le guitariste assure très correctement les parties de son prestigieux mentor. 

Le point était important car ce live se caractérise justement par une présence massive des titres de Rainbow. A vrai dire la carrière solo de Joe Lynn Turner apparaît uniquement par le biais de trois extraits de son dernier opus et tout le reste (dont, rappelons-le, Rescue You) est passé par pertes et profit. Semblablement on aurait apprécié que quelques chansons de HTP soient présentées. On sait par ailleurs qu'un des points d'achoppement qui avait scellé la fin de HTP était les réticences de Joe Lynn Turner à interpréter du matériel récent sur scène alors que Glenn Hughes aurait souhaité plus d'aventure. Nous voilà en plein dans le problème.
 
D'aventure il n'y a point ici donc, mais un travail bien exécuté représentant la première partie de la carrière de Turner au sein de Rainbow par un chanteur qui n'a rien perdu d'une certaine superbe même si sa voix s'est faite un peu plus âpre avec le temps. La fidélité aux morceaux originaux et la qualité de l'interprétation globale rendent l'exercice plaisant et fédérateur. Joe Lynn Turner ne souhaitait sans doute rien d'autre.
 
Baptiste (7,5/10)
 
 
Frontiers / 2008
 
Tracklist : 1. Death Alley Driver  2. I Surrender 3. Power 4. Street Of Dreams 5. Power Of Love 6. Can't Let You Go 7. Jealous Lover 8. Your Love Is Life 9. Blood Red Sky 10. Stone Cold 11. Can't Happen Here 12. Spotlight Kid  13. Burn

Dark Sky – Empty Faces

Auteur d'un premier disque assez confidentiel, Believe It, Dark Sky est de retour pour un nouveau disque – le quatrième – toujours inscrit dans un registre très hard mélodique. On connaît les éléments : voix haut perchée, chœurs emphatiques, claviers bien présents… et propos musical plus dense que très développé. Ici, peut-être du fait de l'influence du producteur de Vanden Plas aux manettes, la musique de Dark Sky se mâtine d'influences plus heavy, choisissant les tempos élevés et un son de guitare plus massif que de coutume.

L'ensemble ressemble de facto beaucoup plus à du hard teuton assez carré et en fait assez peu inventif. On peut même dire que ce Empty Faces affiche ybe banalité assez confondante pour plonger rapidement l'auditeur dans une torpeur malvenue. Que dire d'un refrain comme de « Empty Faces » ou de la composition d'un morceau comme « Send Them To Hell » ? Qu'ils sont proprement accablants de médiocrité. Et qu'il vaut mieux oublier tout cela au plus vite.

 Baptiste (04/10) 

Aor Heaven – Underclass / 2008

Tracklist : 1. Hands Up 2. Empty Faces 3. Slave Of Time 4. Send Them To Hell 5. Chase Your Dreams 6. Maniac 7. Saints Beneath The Sky 8. Pleasure & Pain 9. Believe It 10. Meaning Of Life

Journey – Revelation

La valse des chanteurs a t-elle trouvé un terme au sein de Journey ? Alors que jadis, le groupe avait comme cheville ouvrière Steve Perry, il semble que Journey, privé de son plus grand vocaliste, n'arrive plus à se structurer autour d'un chanteur incontestable. Après Steve Augeri, victime de problèmes récurrents de cordes vocales et Jeff Scott Soto, n'ayant eu l'heur de plaire à une partie du public américain, Journey a jeté son dévolu sur un jeune philippin, Arnel Pineda, découvert sur… YouTube. Les rencontres musicales, à l'instar des rencontres amoureuses, se font donc aussi via internet.

À l'écoute de ce nouvel opus, on croit vite comprendre les raisons du choix de Schon et de Cain en faveur de Pineda : dès l'entame de l'excellent single « Never Walk Away », le mimétisme de chant avec celui de Perry est plus flagrant que tout. En fait, ni Augeri et encore moins Soto n'auraient pu atteindre une telle ressemblance. Au demeurent Pineda est un clone de qualité, plein de chaleur et d'énergie : il n'est pas à Steve Perry ce que fut par exemple Tim Owens pour Rob Halford. Dont acte.

Le choix de se doter d'une chanteur apte à dupliquer les particularités du chant de Perry s'explique par une orientation musicale générale : autant Generations s'était essayé à quelques variations, en faisant appel notamment aux contributions vocales de chacun des membres, autant ce Revelation nous renvoie à la période la plus faste du groupe : entre Escape et Frontiers. L'orientation vers un classicisme affiché semble avoir été plutôt payante puisque l'album a commencé sa carrière à la cinquième place du Billboard US. Au niveau strictement musical, je ne suis pas sûr que l'optique soit si payante : un certain nombre de titres semble trop « calibré » pour être franchement satisfaisant. Ainsi si « Like A Sunshower » ou « Wildest Dreams » sont du pur Journey, ils manquent d'allant et de créativité. Même un titre plus brûlant comme « Change For The Better » n'arrive pas à surprendre malgré la qualité de ses backing vocals

Ce Revelation porterait fort mal son nom, s'il ne recelait quelques perles : on a déjà évoqué le titre d'ouverture mais il faut admettre que d'autres titres forts marquent le disque. Par exemple la ballade raffiné « After All These Years » qui voit Pineda s'émanciper de la tutelle de Perry. Ou aussi un titre puissant comme « Where Did I Lose Your Love » qui n'aurait pas dépareillé sur Frontiers par exemple. Quant à la nouvelle version de « Faith In The Heartland », enrichie et gagnant en légèreté, elle s'avère supérieure à l'originale. Pour finir, les amateurs goûteront le bel instrumental « The Journey (Revelation) » où encore une fois la guitare de Neal Schon se montre magique. 

Malgré l'hétérogénéité de l'ensemble, ce Revelation fait indéniablement partie des disques incontournables pour tout amateur de rock mélodique. Toutefois, on perçoit un certain tarissement de l'inspiration qui ne laissera pas d'inquiéter les plus perspicaces.
 
Baptiste (7,5/10)

 

Frontiers / 2008

Tracklist :  1. Never Walk Away 2. Like A Sunshower 3. Change For The Better 4. Wildest Dreams 5. Faith In The Heartland 6. After All These Years 7. Where Did I Lose Your Love 8. What I Needed 9. What It Takes To Win 10. Turn Down The World Tonight 11. The Journey (Revelation) 12. Let It Take You Back (bonus track)