C'est peu dire que David Coverdale nous avait longtemps mis en bouche… Depuis 2003, le chanteur avait relancé la machine du Serpent Blanc avec un moteur plus rutilant que jamais : le line up actuel restera un des plus crédible de la longue carrière du groupe de Coverdale et personne ne conteste que Doug Aldritch ait conquis de haute lutte ses lettres de noblesses de nouveau pilier du groupe. Nous avions pu constater à de nombreuses reprises, la qualité de l'ensemble sur scène et les quelques inédits présents sur le Live in The Shadow of The Blues laissaient augurer de la qualité des nouvelles compositions ouvragées par le nouveau duo Aldritch/Coverdale. L'attente a enfin trouvé son terme avec ce nouveau vrai disque de Whitesnake succédant à… Slip On The Tongue, datant de plus de quinze ans maintenant.
Ce Good To Be Bad ne se logera globalement pas du côté de la période la plus FM de Whitesnake, sans pour autant s'inspirer clairement la première période du groupe, celle des années du hard bluesy et boogie de Moody et Mardsen. En fait si nous devions situer dans la longue histoire du combo ce dernier opus, il serait sans doute entre Slide It In et le colossal 1987. Les influences blues ne sont pas absentes loin de là ici (« A Fool In A Love ») mais elle ne sont pas centrales, et le mur de guitare construit par Aldritch ainsi que ses soli, très présents sur le disque, nous renvoient plutôt à la patte de John Sykes.
Deux nouveautés toutefois : premièrement les influences à la Zeppelin se font sensiblement entendre, comme si l'expérience Coverdale/Page avait laissé des traces durables sur le chant de Coverdale. Puisque les titres sur lesquels cette influence est la plus perceptible sont de qualité (le vigoureux « Call On Me » ou l'excellent « Lay Down Your Love ») et qu'ils s'insèrent très bien dans le disque, l'auditeur n'affichera aucune réserve.
En outre on remarquera qu'à certains moments, Coverdale choisit définitivement la sobriété, que ce soit sur des titres doux (« 'Til The End Of Time ») ou des titres plus puissants (« Best Years » qui ouvre le disque). Le parti pris nuit parfois à l'allant de l'ensemble et s'avère inégal dans ses résultats.
Ce constat peut s'élargir en fait aux compositions en général : elles alternent l'excellent (le mélodique « All For Love »), le touchant (la superbe power ballade « All I Want All I Need » qui rappelera « Is This Love » évidemment) ou le plus plat (« Got What You Need »). Au final, on ne trouvera malheureusement pas de titres aussi majeurs qu'un « Bad Boys » ou « Ready An' Willing ». Actons-le.
Mais si l'on resitue ce disque au sein du carrière à la longueur et à la richesse incroyables, on conclura qu'il est cependant loin de nuir au tableau d'ensemble tant ses qualités sont réelles.
Baptiste (7/10)
SPV – Replica / 2008
Tracklist : 1. Best Years 02. Can You Hear The Wind Blow 03. Call On M 04. All I Want All I Need 05. Good To Be Bad 06. All For The Love 07. Summer Rain 08. Lay Down Your Love 09. A Fool In Love 10. Got What You Need 11. 'Til The End Of Time
Chroniques de Whitesnake sur le site :


Le chanteur italien Chris Catena arrivera-t-il à briser la « conspiration du silence » dont souffre sa carrière jusqu'ici ultra-confidentielle ? Appuyé par un Bobby Kimball de Toto mais aussi par un Carmine Appice ou un Bruce Kullick, ce deuxième essai devrait intéresser. Peut-être par sa couverture signée par Derek Riggs plus criarde que de raison. Mais aussi du fait de certaines qualités musicales. Car ce Discovery est un album de chanteur qui n'en est pas un. Entendons-nous : les mélodies vocales sont de qualité, variées et bien interprétées. Elles sont souvent d'une emphase ciselée par des chœurs assez somptueux (« The Last Goodbye ») mais savent aussi se montrer plus intimistes (« Back To Life Again »). Cette variété de ton fait qu'il est parfois quelque peu difficile de classer le disque qui alterne le hard rock mélodique, le groovy ou le plus heavy. Et comme les guitares se font souvent versatiles (écouter l'excellent solo sur « The Space Freak » issu tout droit du meilleure Vai), l'auditeur peut être un peu désorienté. Selon moi cette multiplicité de pistes musicales témoigne de la richesse de l'effort de Catena qui plus qu'un disque de chanteur a produit un disque personnel.