
Les fans du groupe FM restent orphelin de la musique des Britanniques, une parfaite réponse à la déferlante AOR américaine de la fin des années 80. Si FM n'atteignit jamais le succès d'un Bon Jovi ou d'un Night Ranger, la richesse mélodique et les qualités hors pairs du chanteur Steve Overland ont inscrit la musique des Anglais dans le cœur et le souvenir de beaucoup d'amateurs du genre. Alors que FM se reforme dans la perspective de quelques concerts assez attendus, Steve Overland accompagné de quelques ex-FM maintient un certaine flamme vivante grâce à The Ladder. Après un Future Miracles de bon goût, ce Sacred foule de nouveau les sentiers d'un hard FM classieux, porté par la voix si unique de son chanteur.
Ce sont souvent ses vocalises qui fournissent un intérêt à des chansons de bonne facture mais d'un classicisme très poussé. Alors que certains titres manquent d'une certaine dynamique – l'indolent « Sacred » – ses traits vocaux réussissent toujours à attirer l'attention. Et lorsque le groupe trouve une certaine inspiration d'écriture (« Something To Believe In » et ses mélodies raffinées ou un « Believe In Me » brûlant), le disque prend un relief soudain. On touche alors au meilleur de la FM : lorsque les thèmes se refusent à la mièvrerie et que les parties rythmiques imprègnent de dynamique chaque chanson, The Ladder sait se faire irrésistible, à l'instar d'un « I Run To You » ou d'un titre moins évident, « Make A Wish ».
Concluons que le meilleur est ici suffisamment fréquemment proposé pour justifier l'achat par les amateurs.
Baptiste (7,5/10)
Escape / 2007
Tracklist : 1. Body & Soul 2. Sacred 3 . Something To Believe In 4. All Of My Life 5. Believe In Me 6. I Run To You 7. Here I Am 8. Sea Of Love 9. Make A Wish 10. Mean Streets 11. Abandon Me

Au moment de jouer ce concert cali-fornien, Dokken n'est qu'un parmi les aspirants combos à la gloire des majors. À leurs côtés, Quiet Riot ou Motley Crue. En parlant de la bande à Nikki Sixx, on est frappés de la ressemblance du riff de « Goin' Down » avec celui de « Looks That Kill ». Le répertoire est composé en grande majorité des futurs titres du premier albums, qui sera enregistré la même année mais véritablement commercialisé en 1982. C'est le coup de pouce du producteur Dieter Dierks qui permettra à Dokken d'ouvrir les portes. Une rencontre datant de l'enregistrement de choeurs pour le Blackout de Scorpions.
Si le style Dokken est déjà bien identifié – rythmique bien hard mais mélodies parfois presque pop et guitare pyrotechnique – les versions live apparaissent plus énervées que sur disque. L'ambiance de la salle nous change des stades, on sent que le groupe en est encore aux clubs. Un calme relatif qui permet de donner toute sa place à la musique.
Les inédits n'ont rien d'extraordinaire, de même que le solo de Lynch, mais en 25 ans, l'amateur de guitare a eu de quoi se blaser…
Un témoignage rare qui ravira les fans et éveillera la curiosité de tous les amateurs de hard US typé 80's.
David Taugis (7/10)
Frontiers / 2007
Tracklist (48:42) : 1. Paris Is Burning 2. Goin' Down 3. In The Middle 4. Young Girls 5. Hit And Run 6. Nightrider 7. Guitar solo 8. Live To Rock 9. Breakin' The Chains 10. You're A Liar

Alors que certains grands groupes tentent de ressusciter un certain intérêt à leur endroit en enregistrant une suite – souvent décevante – à leur magnum opus (Queensrÿche et son Operation Mindcrime II), Magnum, pour son deuxième disque après sa reformation, se prête parcimonieusement à cette démarche. Le groupe anglais est cependant moins explicite que celui de Seattle et ce Princess Alice And The Broken Arrow prétend surtout s'inspirer de l'esprit du classique On A Story Teller's Night ; l'appel à Rodney Matthews pour la réalisation de la couverture de ce nouveau disque est plus qu'un clin d'œil à cet album précédent.
La comparaison ne s'arrêtera pas là puisqu'on retrouve ici aussi comme fil conducteur de Princess Alice… le goût pour les sujets fantastiques et les récits de contes enfantins, mais aussi une certaine emphase et majesté musicale. À la différence de On A Storyteller's – et il s'agit selon moi d'un point faible du disque –, l'on ne retrouve pas mêlée aux aspects progressifs bien présents, la touche AOR qui permit à Magnum de produire des singles comme « Just An Arrow » ou un « Two Hearts ». Les amateurs déploreront cette absence tout comme celle de refrains très mémorisables.
À vrai dire, le guitariste Clarkin semble s'est concentré sur l'écriture de morceaux longs, riches et mélodiques. Nul ne niera la qualité indéniable de ses chansons ici : s'il a perdu en accroche automatique, le sens de la composition de Clarkin a gagné en richesse et en profondeur. Il accouche ainsi de quelques titres très forts, longs et passionnants à l'image des « When We Were Younger », assez surprenant en entame de disque, du somptueux « Dragons Are Real » ou de la pompe classieuse de la ballade « Thank Your For The Day ». Si le disque affiche une prédilection pour les tempos lents, les chansons plus rapides restent d'une qualité remarquée : « Out Of The Shadows » est un heavy metal puissant et « Your Lies » est doté de mélodies élégantes, tissées sur une armature définitivement métallique. Quant à « Desperate Times », la chanson concentre en elle toutes les qualités d'un disque voire du groupe.
Riche, varié et envoûtant, affichant un groupe à la créativité toujours aussi vigoureuse, ce Princess Alice And The Broken Arrow constituera assurément une nouvelle pierre angulaire à l'édifice construit patiemment par le groupe depuis une trentaine d'années.
Baptiste (8,5/10)
SPV – Replica / 2007
Tracklist : 01. When We Were Younger 02. Eyes Wide Open 03. Like Brothers We Stand 04. Out of the Shadows 05. Dragons Are Real 06. Inside Your Head 07. Be Strong 08. Thank You for the Day 09. Your Lies 10. Desperate Times 11. You'll Never Sleep