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Slamer – Nowhere Land

Mike Slamer est revenu à une pleine activité guitaristique depuis quelques années, bien après ses deux réalisations remarquées avec Steve Walsh dans Streets. Un nouveau projet avec Billy Greer de Kansas, Seventh Key, lui avait permis de ne plus se restreindre à son simple rôle de producteur, voire de fouler les planches lors du festival United Forces l'an dernier. L'homme semblait ravi de retrouver un contact direct avec les fans et la scène ; il y était épaulé aux backing vocals par Terry Brock (ex Strangeways). Un travail commun pouvait dès alors se concevoir et ce d'autant plus que l'on sait Billy Greer régulièrement en tournée avec Kansas.

Ainsi il ne s'agira pas finalement d'un nouveau groupe mais d'un projet solo apparaissant sous le nom de son maître-d'œuvre : Slamer. Ce premier essai solo condense toutes les qualités déjà dévoilées par Mike Slamer durant ses trente années de carrière : créativité, exigence et maîtrise traversent ici le travail de production, d'interprétation et de composition, travail exprimé à travers un rock mélodique classieux et ambitieux. Que ce soit sur un titre AOR envoûtant (« Not In Love »), un morceau plus dansant comme (« Higher Ground »), une ballade mélancolique (« Beyond The Pale ») ou une chanson progressive à la richesse incroyable (« Superstar » en clôture de disque), le talent d'artiste éblouit et séduit à chaque instant. À vrai dire, il étourdit dès les premières envolées de guitare du titre d'ouverture, « Nowhere Land », et se prolonge lorsque Terry Brock reprend les mélodies vocales d'un « Strength To Carry On » ou le refrain de « Not In Love ».

Le chant de ce dernier mérite aussi d'être remarqué et suggère presque que l'on aurait affaire ici à un duo et non à un simple travail personnel, n'était le style de composition caractéristique de Slamer. Mais abandonnons ces évaluations sur le fond inutile pour nous concentrer sur l'essentiel : comment refuser la conclusion que Slamer vient de produire une nouvelle pièce maîtresse de sa carrière mais aussi du genre musical ? Espérons que ce constat s'imposera à tous.

Baptiste [8,5/10]

 

Frontiers / 2006

Tracklist : 1. Nowhere Land 2. Strength To Carry Land  3. Not In Love 4. Come To Me 5. Higher Ground  6. Jaded 7. Beyond The Pale  8. Runaway 9. Audio Illusion 10. Perfect Circle  11. Superstar

Richie Kotzen – Into The Black

Étrange carrière que celle de Richie Kotzen : extrait de l'écurie de Mike Varney, Richie ne s'est pas enfermé dans le créneau de guitariste pour musiciens en officiant – avec un certain succès – pour Poison puis Mr Big. Ces expériences ne furent que modérément concluantes puisqu'à chaque fois, notre homme se devait de remplacer des défaillants, tâche ô combien délicate.

Par ailleurs, Kotzen se consacre à une carrière parallèle d'instrumentiste solo de haut vol – souvent dans un registre fusion –, et  à un parcours solo qui le voit assumer la plupart des instruments et le chant. La belle voix rocailleuse et sensuelle de Kotzen y fait merveille, alors que le spectre musical y oscille du rock au hard en passant par le blues ou la funk.

Moins varié que ses disques solo précédents, ce Into The Black est résolument rock, bluesy mais surtout dépouillé, les soli n'apparaissant qu'avec parcimonie. C'est évidemment l'organe vocal de Richie qui constitue le pilier du disque et ce choix s'avère plus que solide : rarement l'américain chanta mieux que sur cet album plutôt sombre et gorgé d'émotions âpres et pathétiques. De « You Can't Save Me » au superbe « The Shadow » en passant par les influences seventies de « Till You Put Me Down », l'auditeur traverse un disque puissant et attachant qui sait l'interpeler.

Malgré sa prolixité actuelle, Kotzen nous démontre donc que sa sensibilité et sa versalité lui suffisent pour créer des disques poignants comme celui-ci.
 
Baptiste (08/10)
 
 
Frontiers / 2006
 
Tracklist : 1. You Can't Save Me 2. Misunderstood 3. Fear 4. The Shadow 5. Doin' What The Devil Say To Do 6. Till You Put Me Down 7. Sacred Ground 8. Your Lies 9. Livin' In Bliss 10. My Angel
 

TNT – Live In Madrid

TNT_Live_In_Madrid_CDCe Live In Madrid ne devrait pas constituer le chant du cygne de TNT puisque le groupe a décidé de poursuivre son périple malgré le départ de son si emblématique chanteur, Tony Harnell. Il s'agirait plutôt du point d'orgue à toute une époque assez longue et chaotique, des premiers pas heavy metal du groupe (Knights Of The New Thunder) au succès des albums les plus FM du combo norvégien (Tell No Tales et Intuition) en passant par des disques plus récents assez inégaux. Le relatif échec artistique que constitua All The Way To The Sun explique peut-être la décision de départ d'Harnell, le combo paraissant dorénavant tourner en rond. L'ensemble de la discographie riche du groupe est couverte ici, avec une insistance sur les albums les plus réussis (trois morceaux de Tell No Tales et autant d'Intuition) et surtout sur le récent My Religion. Le choix me semble judicieux même si l'on peu regretter l'absence d'un morceau un peu daté mais excellent, « Tonight I'm Falling », passé à la trappe. 

Pour le dernier concert d'Harnell avec TNT, on peut s'étonner que ce soit l'Espagne qui ait été choisie pour constituer le lieu de la confection d'un DVD car l'audience du groupe n'y a jamais atteint là-bas celle qu'il pouvait connaître au Japon et surtout en Norvège. TNT s'est produit donc ici dans une salle de format club, ce qui confère à ce DVD une chaleur assez intimiste, loin de l'anonymat des salles gigantesques et des stades. Les membres du groupe se sont vus par contre privés d'une certaine mobilité du fait de l'étroitesse très prévisibles de la scène. Cela ne dût leur constituer une gêne puisque l'exhubérance ne constitue pas vraiment la caractéristique principale de leur prestation sur ce DVD.

Précision aussitôt : l'interprétation générale est bien de très bonne qualité et d'un professionalisme sans faille. Tony Harnell, même s'il manque de l'entrain de jadis, pose sans voix avec une maîtrise indéniable et ne rate aucune montée dans les aigus, aussi périlleuses soient elles. Quant à Ronnie Le Tekro, son jeu technique et personnel n'a à subir aucun reproche, si ce n'est peut-être l'absence de moments mélodiques fort sur son solo.  La section rythmique assure une dynamique puissante, servie par un son excellent de bout en bout. Les musiciens semblent heureux d'être là mais néanmoins un peu réservés, sans doute du fait de la perspective de ne plus jamais rejouer ensemble. Cet aspect un peu « clinique » est renforcé par l'utilisation  manifeste de bande lors des refrains, sur par exemple le hit « Ten Thousand Lovers ». Quitte à perdre en peu en qualité vocale, nous aurions préféré nous contenter des voix des musiciens. Ce testament musical aurait dans ce cas alors parfait car TNT s'y montre globalement au sommet de son art.

Baptiste (8/10)

 

MTM Underclass / 2006

Traclist : 01. Invisible Noise 02. As Far As The Eye Can See 03. Downhill Racer 04. A Fix 05. She Needs Me 06. Give Me A Sign 07. Guitar Solo 08. Caught Between The Tigers 09. Listen To Your Heart 10. Black Butterfly 11. Seven Seas 12. Forever Shine On 13. Fantasia Espanola 14. My Religion 15. 10,000 Lovers (In One) 16. Intuition