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House_of_lords_live_in_the_ukElle a bon dos l'Angleterre… Ils n'avaient pas trop le choix, les quatre de House of Lords, pour un live correct : à part la Perfide Albion et quelques pays européens, plus personne n'ose organiser de festival AOR. Et c'est bien à l'occasion d'un tel concert que le groupe a pu venir en Europe, ce qui n'a pas du lui arriver souvent, même au temps de la gloire, à la fin des années 80.

C'est donc le Firefest (on aime les noms crétins dans le milieu) de Nottingham qui a accueilli le combo en novembre 2005. Si l'accueil du public est chaud, bien capté, le gros bémol c'est l'absence de claviériste. Charge au chanteur James Christian de lancer des programmations tout au long du concert. Effet ramollo et étriqué garanti, surtout pour un titre du gabarit de "Pleasure Palace" qui perd son intro majesteuse et dont le break central se choppe un rhume carabiné. D'une manière générale, cette configuration minimum enlève de la pêche à des titres qui en avaient besoin, comme la reprise de Blind Faith « Can't Find My Way Home ». Dommage, ce superbe titre méritait mieux. Pire, ce carcan technique empêche toute impro, tout délire ou solo supplémentaire. Tout doit rentrer dans le moule !

Question équilibre, rien à dire : chaque album est équitablement représenté : 5 titres pour le premier opus de 1988, 3 pour Sahara, un pour Demon's Dream (quasi pas distribué à l'époque) et 3 pour l'avant-dernier The Power and the Myth assez controversé.

Pour le reste, l'interprétation est bonne, à la fois pour le chant, mais aussi sur le plan guitaristique : Lanny Cordola et son style à la Steve Morse continue d'impressionner ! Ce live est comme on pouvait s'y attendre une sorte de Best Of mais l'ensemble aurait pu sonner beaucoup mieux et plus vivant.

Un petit cadeau en fin de CD : un titre inédit en bonus : bien sans plus.

David Taugis (7/10)

 

Frontiers / 2006

Tracklist : (60:46)    1.Sahara 2.Chains Of Love 3.Love Don’t Lie 4.Pleasure Palace 5.Talkin’ Bout Love 6.The Edge Of Your Life 7.Mind Trip 8.All Is Gone 9.The Rapture 10.I Wanna Be Loved 11.Can’t Find My Way Home 12.Slip Of The Tongue 13.Havana (studio bonus track)

 

Zeno – Runway To The Gods

 Le guitariste Zeno Roth profite d'une petite réputation pour des raisons globalement hétérogènes. Tout d'abord son lien de sang avec Uli Jon Roth son frère. Les deux hommes ont un jeu assez proche même si le cadet, Zeno, n'a pas la flamboyance de l'ancien soliste de Scorpions. Par ailleurs, Zeno est l'auteur d'un premier disque remarqué et devenu un classique mineur de l'AOR. Sur ce disque joua le futur bassiste de Fair Warning, ce qui entretint la flamme du groupe quelques temps dans les années 90', durant lesquelles le Japon fit un accueil appréciable à Zeno.

Depuis, le groupe se réduit à son leader, maniant tous les instruments et se contentant de faire appel à un chanteur extérieur pour les parties vocales. Sur ce Runway To Gods c'est Michael Bormann qui se voit proposer le micro ; sa prestation est satisfaisante mais manque d'éclat. Il est vrai qu'il est desservi par une production cotonneuse et peu vigoureuse. Poussive même. C'est un peu dommage car les mélodies classisantes et élégantes de Zeno n'ont rien de désagréables. Son jeu fluide et racé s'écoute même avec plaisir même si l'ombre de son aîné est parfois trop envahissante. Une production plus puissante aurait donné une dynamique ici trop absente. De telle sorte que l'on n'aurait pas égaré son attention comme cela arrive bien souvent à l'écoute de ce disque. Un essai au bilan un peu mitigé. 

Baptiste [6/10]

 

MTM / 2006

Tracklist : 11.  Fanfares Of Love 02. Climb The Sky 03. Land Of Illusion 04. Shades Of Blue 05. Runway To The Gods 06. Sogno Di Angelo (Mascagni arr. Zeno) (Instr.)  07. Refugees (Longing For Paradise) 6:01 08. I Feel – I Live 09. Purify (Pilgrims Of Remembrance) 10. Do You Feel The Time 11. Sunset Birds Flying Home (Celestial Touchdown) (Instr.)

L’annonce de l’élaboration d’une suite au fondamental Operation Mindcrime par Queensrÿche m’avait laissé très dubitatif. Alors que le groupe, en l’absence de son principal compositeur, Chris de Garmo, peinait à trouver une inspiration correcte, notamment sur Tribe, comment pouvait-il se porter au niveau d’excellence de son œuvre majeure ? À l’écoute de cette suite si hasardeuse, il s’avérait d’emblée tentant de procéder à une comparaison systématique entre les deux disques. En effet, la comparaison – il suffit de renvoyer le titre d’ouverture « I’m American » au précédent « Revolution Calling » pour le constater – ne se révélerait que trop systématiquement désavantageuse pour ce nouvel opus, tant la première partie est considérée unanimement comme intouchable.

Même si les deux récits s’enchaînent nettement – ce nouveau disque narre la libération de Nikki et sa soif de vengeance contre le Docteur X –, il est plus prudent, pour lui rendre justice, de traiter cette suite comme musicalement indépendante de sa première partie. Et un premier constat s’impose : si le propos construit autour des impasses et des implications dramatiques de l’application du principe de vengeance s’avère très pertinent, surtout au regard des idiosyncrasies de la politique actuelle du pays de Geoff Tate, le contenu musical est, lui, moins cohérent.

En effet, Queensryche peine depuis quelque temps à maintenir un standard de qualité continu sur ses productions : touchant souvent au bon, voire à l’excellent, le groupe vacille très facilement au niveau de son inspiration et ceci parfois à l’intérieur d’un morceau même. La piètre qualité du refrain d’« I’m American », au milieu d’une chanson assez enlevée, témoigne parfaitement de ce travers. Et cela est d’autant plus fâcheux, que manifestement le groupe a beaucoup travaillé : les fines harmonisations de guitare, le travail sur les claviers (écouter le couplet transcendé de la sorte sur « Re-Arrange You ») ou l’appel à plusieurs chanteurs dont Ronnie James Dio pour le duo dramatique de « The Chase »… tout cela relève du meilleur Queensrÿche. Ce travail porte ses fruits sur un bouquet de titres réussis : citons « Hostage », « The Chase » ou le superbe « The Hands » sur lequel Tate élance sa voix presque comme jadis.

Cependant, les défaillances apparaissent vite : outre quelques refrains franchement peu inspirés (« Signs Say Go » est indigne de Tate), la fin du disque souffre d’une vraie poussivité, entraînant le décrochage de l’auditeur et ce d’autant plus que la production est loin d’égaler celle de la première partie. Un album plus ramassé, homogène et dense aurait été donc souhaitable, mais il ne pouvait alors s’agir de créer une suite au plus grand concept album de l’histoire du métal.

Sur ce dernier disque, Queensrÿche se débat donc plus que jamais au milieu de ses contradictions.

Baptiste (6/10)

Addendum : Depuis la rupture entre Geoff Tate et le reste du groupe, les membres restants du groupe ont révélé beaucoup de choses sur les conditions de composition et d’enregistrement de cet Operation Mindcrime II. Hostiles d’emblée au projet, les membres de Queensrÿche en sont quasiment absents, Wilton n’eut son mot à dire et beaucoup de parties musicales furent enregistrées par des musiciens de studio. Operation Mindcrime II doit être donc être pris comme un projet personnel de Geoff Tate épaulé par le producteur et multi-instrumentiste Jason Slater. Tout est plus clair.

Rhino / 2006

Tracklist : 1. Freiheit Ouverture 2. Convict 3. I’m American 4. One Foot In Hell 5. Hostage 6. The Hands 7. Speed Of Light 8. Signs Say Go 9. Re-Arrange You 10. The Chase 11. Murderer ? 12. Circles 13. If I Could Change It 14. An Intentional Confrontation 15. A Junkie’s Blues 16. Fear City Slide 17. All The Promises