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Street Talk – V

Cochon qui s'en dédit. Le claviériste, Fredrik Berg avait annoncé à la sortie du best of de son groupe, Destination la dissolution de celui-ci, après la réalisation de trois albums d'une AOR teintée de West Coast, à la qualité indéniable. Pourtant quelques années après cette décision, le groupe s'est reformé autour de ses membres les plus constants (exit le chanteur Hugo présent sur Restoration), pour ce V inattendu. 

Au demeurant, les années écoulées ne semblent pas avoir modifié fondalement la musique de Fredrik Berg et de ses musiciens. Ses derniers, notamment le toujours excellent Göran Edman au chant et l'impressionnant guitariste Sven Larsson, – membre par ailleurs de Galleon –, interprètent les mélodies du claviériste avec ce mélange de classe et d'élégance devenu habituel. La qualité sonore, due à Berg, n'a rien à envier aux disques précédents du combo, assurant un équilibre entre les instruments profitant cependant surtout aux parties de guitare. D'un point de vue formel, on constatera cependant que la pauvreté des parties de batterie reste un handicap toujours insurmonté par le groupe ; la musique de Street Talk y perd sensiblement en richesse. 

Le léger infléchissement que le groupe a fait subir à sa musique aurait pourtant pu constituer une occasion de modifier les éléments constitutifs de son style : las, ce n'est pas le cas, même si on constate une accélération des tempos, perceptible dès le titre d'ouverture, le très bon « Responsible », ou sur un morceau connoté Journey comme « Family Business ». Ce ne sont pas toujours les chansons les plus rock qui retiennent l'attention – les compositions se relevant souvent par trop similaires –, mais plutôt les titres lents (le sublime « At The End Of The Day », gorgé d'émotion) et AOR (« Something's Gotta Give » aux très belles et riches harmonies vocales). Et quant les paroles de Street Talk abordent des sujets moins convenus, l'état de grâce est simplement transcendant (« Oh Maddy »).

Baptiste (8/10)

 

MTM – Underclass / 2006

Tracklist : 01. Responsible 02. Don't Believe 03. If I Could 04. At The End Of The Day 05. Family Business 06. Just A Little Appetizer 07. Something Gotta Give 08. Groundhog Day 09. Sniper 10. Oh Maddy 11. Brother Sun And Sister Moon

Ambition – Ambition

Oshy_-_19062010_-_AmbiC'est Thom Griffin qui a eu l'honneur cette fois-ci d'avoir été extrait par Frontiers de l'oubli relatif dans lequel il résidait depuis ses succès (relatifs) dans Trillion, il y a vingt cinq ans déjà. L'homme avait quelque peu ressurgi à la surface en effectuant les choeurs sur l'album du groupe AOR Mecca mais ici, sur ce Ambition, il a loisir de pouvoir s'exprimer plus longuement. 

Les producteurs de Frontiers lui ont, par ailleurs, donné un cadre musical plus qu'honnête ; de qualité même. Les compositeurs extérieurs, dont le plus en plus incontournable semble-t-il, Joey Carbone, ont créé une trame musical à mi chemin entre Toto et John Parr, à savoir une AOR légère et enlevée, lorgnant fréquemment vers la West Coast de bon acabit (« Make It Alright »). Le producteur Fabrizio Grossi, de plus en plus expérimenté, a établi sur ceci une production claire et distincte, non exempte de dynamique bien que manquant un peu d'éclat. Et puis Tommy Denander est venu poser l'ensemble des parties guitaristes avec son brio habituel : tant le son en rythmique que ses parties sont de bout en bout un régal pour l'auditeur. Maîtrise, élégance et expressivité se marient avec le talent le plus outrageux ; il fait beaucoup pour l'intérêt du disque. 

À titre plus anecdotique, on remarquera la présence un peu surprenante d'un mal aimé fameux : l'ex-chanteur de Toto, Jean-Michel Byron, vite abandonné après le best of Past And Present. Autant les morceaux qu'il avait pu interpréter sur la compilation m'était horripilants, autant ce « Hunger » sur lequel il pose les lead vocals est bien fichu, à l'image d'ailleurs d'un disque plus que plaisant. Une très bonne production dans le genre dont on n'oublie très vite l'aspect un peu artificiel tant son professionalisme, au noble sens du terme, est patent.

Baptiste (08/10)

 

Frontiers / 2005

Tracklist (57:38) : 1. Hold On 2. Hypocrites 3. Alone I Cry 4. Shaping Fate Of Destiny 5. All I Need 6. Make It Alright 7. No Wasted Moments 8. Together 9. Too Much 10. Hunger 11. The Promise 12. Waiting In My Dreams (Bonus Track Europe)

 

XYZ – Forbidden Demos

Dans une interview datant de la sortie de Letter To God, Terry Ilous nous avait retracé le parcours du groupe, de ses débuts à Lyon jusqu'aux succès américains. Il nous avait signalé avec un certain sens de l'autodérision que le groupe avait accumulé les démos avant d'avoir la chance d'être signé chez Capitol. Ces démos auraient pu rester une anecdote d'interview ou des pièces de collectors pour les amateurs acharnés. Le fait est que le tout premier guitariste du groupe, Bobby Pieper, commercialisa il y a peu ces bandes, bandes sur lesquelles il n'avait d'ailleurs parfois pas de droits.

La meilleure réponse que pouvait faire Terry à cette démarche pour le moins inélégante, était de proposer à son tour les titres en question mais en y mettant les formes. Ainsi les titres ont tous étaient remasterisés, les conditions sonores se révélant plus que correctes au final. À un tel point que l'on a du mal à comprendre comment les maisons de disque mirent tant de temps à réagir à la musique du groupe. Cette remarque n'est pas négligeable car je reste persuadé que si XYZ avait pu être signé plus tôt et proposer sa musique au public au tout début de la vague de heavy US, sa carrière en aurait profité.

Passons maintenant à la musique proposée elle-même. Elle nous permet tout d'abord de mieux retracer le parcours du groupe : on observe en 1985 un XYZ beaucoup plus hard FM, alors renforcé d'un clavier pour des titres somme toute frais et plaisants, plus légers et moins groovy (« Made For Love » par exemple ou « It Could Be You »). L'intégration de Marc Diglio correspond à un durcissement progressif de la musique du groupe vers l'architecture musicale que nous connaissons maintenant. On constatera aussi le tournant auquel correspondit le recrutement de Marc Diglio : le talent du guitariste était d'emblée bien supérieur à celui de son prédécesseur, Bobby Pieper, pourtant pas vraiment déméritant. Il est d'ailleurs triste que Diglio se soit complétement effacé de la scène musicale contemporaine.

Nous avons par ailleurs, et c'est la force de cet enregistrement, la chance de rencontrer toute une pléiade de titres inédits, dès le morceau d'ouverture, « Can't Get Over You », resté malheureusement inédit jusqu'à ce jour, en passant par une bonne dizaine de titres à découvrir. La qualité était déjà là dans l'ensemble malgré quelques faiblesses (le titre un peu bateau « Seventeen »), et il est vraisemblable que certaines chansons auraient pu figurer sans problème sur un des disques du groupe. Le fait est que XYZ était assez sûr de lui alors pour proposer des disques composés largement de titres nouveaux. C'était à son honneur en fait. Un disque qui comblera les amateurs du combo. Les nouveaux venus devraient par contre se pencher en priorité sur leur premier opus, ou l'excellent Letter To God, plus représentatifs du style du groupe.

Baptiste (8/10) pour les amateurs

 

Site Officiel: http://www.officialxyz.com/

MySpace Officiel: http://www.myspace.com/thebandxyz

FYCO Records – 2005

Tracklist: 01. Can't Get Over You 02. Inside Out 03. High Life (With Marc Diglio) 04. Follow The Night 05. You Got Me Wrong 06. After The Rain 07. Souvenirs (With Marc Diglio) 08. Made For Love 09. It Could Be You 10. Seventeen 11. Just A Friend 12. Lonely Without You 13. Missin' You 14. Rainy Day (With Bobby Pieper) 15. Lonely Without You (With Bobby Pieper) 16. Never Too Late 17. Souvenirs (With Bobby Pieper) 18. High Life (With Bobby Pieper)