Très vite Rosenrot de Rammstein semble avoir créé la polémique autour de lui tant le groupe paraissait peu enclin à défendre son dernier disque. Il est vrai que son statut est quelque peu bâtard : si Rosenrot arrive aussi vite après le si réussi Reise, Reise c’est qu’il est largement constitué de chutes du disque précédent, dont il n’atteint ainsi jamais la majesté. Tout semble plus banal sur Rosenrot, à l’image du puissant « Benzin » en ouverture, réellement rentre-dedans mais néanmoins très convenu. Le groupe joue en outre d’emblée ses meilleurs cartes en entame de disque : « Spring » et « Du Bist Du » attirent l’oreille et conservent l’attention même si le mélancolique single, « Rosenrot », n’égale en rien ses prédécesseurs. Tout cela aurait incontestablement pu figurer sur l’opus précédent des Allemands.
Puis tout se désarticule très vite pour laisser la place à ce qui pourrait sembler être un ratage à l’instar de la ballade en duo avec la chanteuse de Texas, « Stirb Nicht Vor Mir », où l’on touche aux tréfonds de l’insipide. Et que dire de cette vision de pacotille de la musique hispanique qu’est « Te Quiero Puta ! » ? Qu’elle est d’un mauvais goût indicible ? Porte-parole d’une certaine diversité culturelle, Rammstein nous avait habitué à bien plus d’intelligence et d’empathie musicale. Car à certains moments nous ne sommes pas très loin du désastre musical.
Espérons que le groupe mette à profit le long break qu’il a annoncé pour reconcentrer sa créativité musicale dans une direction plus pertinente.
Baptiste (5,5/10)
Universal / 2005
Tracklist : 1. Benzin 2. Mann Gegen Mann 3. Rosenrot 4. Spring 5. Do Bist Du 6. Stirb Nicht Vor Mir (Don’t Die Before I Do) 7. Zterstoren 8. Hilf Mir 9. Te Quiero Puta ! 10. Feuer Und Wasser 11. Ein Lied

L'annonce de la parution d'un live de Satan Jokers m'a tout d'abord laissé dubitatif. En effet cette parution pourrait être jugée sans doute nécessaire, étant donnée la réputation d'un des groupes phares du hard rock français des années 80 et surtout l'interruption soudaine et un peu inattendue de sa carrière en 1985. Et en même temps incongrue tant l'on sait que toute la musique promue par cette scène musicale a fort mal vieilli.
C'est Renaud Hantson qui a fait l'effort de déterrer ces vieilles bandes souvent endommagées et incomplètes ; il a fait un gros travail de mise à plat et de remixage pour clore de manière un tant soit peu digne la carrière du groupe et tourner en quelque sorte la page alors qu'il se concentre sur Furious Zoo. Il nous donne là une ultime occasion de se pencher sur ce qui fut sans doute un des tout meilleurs groupes français de l'époque, mais aussi de retrouver les titres du mini-LP III dont les réticences de l'ancienne maison de disque du groupe rendent la réédition peu vraisemblable. Comme ces titres correspondent sans doute au summum de la qualité de la musique du combo, on les retrouvera avec plaisir, notamment les excellents « Pas de solution » et « Sorcier ». Les titres du premier disque sont évidemment ceux qui ont le plus mal vieilli même si Fils du métal fut le disque le mieux accueilli par les fans de métal. Bizarrement ceux du plus FM et mâture Trop fou pour toi sont peu abondants et ne comprennent pas le fameux single « Trop fou pour toi ». Peut-être qu'aucune bande de qualité n'était disponible…
Malgré les conditions sonores souvent variables, on aura toutefois largement la possibilité de constater à quel point les musiciens de Satan Jokers maîtrisaient leur affaire, que ce soit le guitariste Stéphane Bonneau sur « Les Forces maléfiques » ou la paire rythmique qui apportait cette touche très particulière et insolite à la musique du groupe. Cela permettra de passer sur certains moments de nos jours à la limite de l'audible (« En partance pour l'enfer » par exemple).
Un témoignage fort utile même si l'on peut regretter le caractère partiel de la set-list présentée et une grande inégalité dans les conditions sonores.
Baptiste (7/10)
Brennus / 2005
Tracklist : 1. Prélude 2. En partance pour l'enfer 3. La marche hérétique 4. Bienvenue au Sabbat 5. Age de confusion 6. Le fouet 7. Justice 8. Pas de solution 9. Les forces maléfiques 10. Solo guitare 11. Wounded Knee 73 12. Solo batterie 13. Business 14. Derrière les portes closes 15. Sorcier 16. Get It On 17. Solo basse-batterie 18. Les fils du métal 19. Quand les héros se meurent 20. Commando suicide 21. Child in times
Que cette carrière solo du talentueux Oliver Hartmann s'avère plaisante ! Après avoir officié dans des groupes aux genres musicaux souvent heavy et techniques (At Vance, Heat, Merlin, Genius…), le chanteur, depuis deux disques, a choisi d'entamer une carrière solo orientée vers le rock hard mélodique. À la suite d'un Out In The Cold remarqué et de quelques prestations scéniques qui témoignaient de l'enthousiasme d'Hartmann pour soutenir sa musique, notre homme réalise ici un deuxième album globalement du même niveau que son prédécesseur.
Au chant, à la guitare, à la composition et à la production – là aux côtés de Sascha Paeth – Hartmann atteint dans ces différents domaines respectifs une qualité très solide : ce qui frappe d'emblée à l'écoute de ce Home est la cohésion et le professionnalisme de l'interprétation et de l'écriture. La clarté et la dynamique du son s'associent à une instrumentation très assurée et surtout à la voix déterminante d'Hartmann. On savait les capacités de ce dernier très variées mais on conclura cette fois que c'est bien dans le registre du hard mélodique qu'il excelle : puissance, lyrisme et nuance caractérisent le marquant « Coming Home To You », la jolie ballade « Everything Is You » ou le vigoureux « Somewhere, Someday ». Les amateurs remarqueront par ailleurs des touches hard FM très convaincantes sur un « Just For You » très séduisant, même si les nombreuses influences e ce musicien se revendiquant de la musique des années 70 et 80 sont introduites avec beaucoup de discrétion.
Quelques esprits chagrins décèleront un fléchissement de l'inspiration en fin de disque, ainsi qu'une certain absence de variation dans les sonorités et dans le ton général, plus mélancolique que léger. Ils n'auront pas tort sur ces deux points, mais il n'en demeure pas moins qu'Hartmann signe ici une nouvelle fois un disque méritant et très agréable, contenant plus d'un moment fort justifiant tout à fait l'intérêt de l'auditeur.
Baptiste (8/10)
Frontiers / 2006
Tracklist : 1. Coming Home To You 2. The Sun's Still Rising 3. My Everything Is You 4. Somewhere Someday 5. Just For You 6. I Don't Want To Know 7. Higher Than Me 8. Why Do I 9. Millionaire 10. Crying 11. Lay Your Love On Me