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Richie Kotzen – Change

On sait que Richie Kotzen a toujours mené une carrière double : à la fois homme de la dernière chance pour groupe en difficulté (tour à tour Poison et Mr Big), mais aussi musicien solo, le plus généralement seul mais aussi parfois en association (avec Greg Howe par exemple). À la suite de la dernière dissolution de Mr Big, Kotzen s'est réorienté de nouveau vers sa carrière solo sans que l'on ait impression à l'écoute de ce Change qu'il ne s'agisse que d'un pis aller. 

En fait depuis son véritable premier album Fever Dream, Ritchie a délibérément choisi de s'éloigner de tous les gimmicks de guitar-hero pour délivrer une musique plus abordable, largement construite autour de parties chantées avec une (sa) voix chaude et légèrement rauque, et de la multitude de ses influences musicale (du blues en allant jusqu'à la funk en passant par le jazz fusion). Sa prodigieuse dextérité guitaristique (notamment son jeu en legato) est alors incorporée à chaque fois avec finesse sans jamais étouffer les chansons de Ritchie (on en a encore ici un bon exemple sur « Forever One »).

Sur Change, notre artiste ne révolutionne en rien ce cadre soigneusement construit depuis plus d'une décennie déjà. Au contraire, on découvre plutôt ici une synthèse fichtrement réussie de tous les centres d'intérêts musicaux du guitariste. L'album s'ouvre en trombe par un heavy lourd, à la guitare âpre et accordée grave, doté d'un bon refrain « Forever One ». Puis lui succède un morceau plus léger, voire FM, mais tout aussi prenant : « Get A Life ». L'album s'éparpille un peu par la suite à travers mille sentiers assez divers : du poppy et groovy mais néanmoins très réussi « Deeper », en passant par la ballade acoustique « Change » sur laquelle les mélodies vocales font plus que mouche dans l'oreille de l'auditeur, puis par la funk, représentée en quelque sorte par « Fast Money, Fast Cars ». Le disque s'acheve sur un instrumental jazzy proprement endiablé sur lequel Ritchie témoigne de toute la richesse de ses influences et de ses possibilités musicales avec un éclat tout simplement impressionnant. Malgré l'inclinaison vers les tempos lents (dont fait partie la reprise du hit de Mr Big, « Shine »), on ne s'ennuie jamais. 

Au final, un album qui a su transcender l'éparpillement de ses références musicales pour proposer en fin de compte une décoction, on ne peut plus rafraîchissante. Dans le genre, le kaléidoscope musical de Kotzen est un vrai succès.

Baptiste (08/10)

 

richiekotzen.com

Frontiers – M10 / 2003

Track listing (44:35) : 1. Forever One 2. Get A Life 3. Change 4. Don t Ask 5. Deeper Into You 6. High 7. Am I Dreamin 8. Shine (acoustic version) 9. Good For Me 10. Fast Money Fast Cars 11. Unity (Instrumental) 12. High (acoustic version, european bonus track)

 

Gary Hughes – Once And Future King

Gary Hughes de Ten soumet au public avec ce double disque, un projet ambitieux construit autour de sa propre version des légendes arthuréennes. Pour cela il a déployé beaucoup d'énergie, concrétisée par 22 chansons sur deux CDs, et fait appel aux voix de nombreux chanteurs différents (14), notre homme s'allouant généreusement le rôle d'Arthur Pendragon.
Un des reproches que l'on pourrait d'emblée faire à cet Once and future King est justement cette longueur, qui dissipe un peu l'attention, notamment lors des titres plus quelconques ; en conséquence le second disque passe un peu inaperçu même s'il se révèle en fait plus varié que son précédent.

Toutefois, on réalise à la lecture du récit soigné que Hughes avait besoin d'espace pour ce que l'on peut appeler sa reconstruction des mythes de la Table ronde. Sur certains points, il ne reste plus qu'une poignée de noms propres du récit originel (qui a toutefois connu des versions assez différentes, celle de Chrétien de Troyes correspondant à une lecture de facture « courtoise »). La grande idée de Hughes est de réintégrer les thématiques pré-chrétiennes et gaéliques au cœur du récit en faisant de Merlin un druide (et non un mage engendré par Satan comme le voulait la tradition) et un zélote de l'ancienne foi en lutte contre le christianisme.

J'avoue trouver les idées de Hughes assez bien agencées et tenant sur ce point tout à fait la route. Elles sont, de plus, mises en valeur par une esthétique élégante qui facilitent la projection dans ce nouvel univers arthuréen.

Mais si la présentation a été ici délibérément soignée, on ne peut en dire autant de la production assez terne, et qui se révèle incapable de dynamiser un album à la durée un peu imposante. La musique est ici un heavy métal de bonne facture et globalement homogène, soutenu par un chant inspiré (on pense au duo d'Hugues/Arthur avec Lana Lane/Guenièvre, où cette dernière campe pour le mieux les émotions et la sensibilité de la reine). Certains morceaux décollent même nettement comme « Avalon », construit autour d'un bon thème et du chant très expressif de Danny Vaughn/Lancelot. Dans un style plus agressif et fonceur, « Kill the King », ouvre avec bonne augure le deuxième disque.
Si des titres plus faibles existent (« Sinner » franchement peut motivant ou « Rise from the Shadow » dont le riff tombe un peu à plat du fait des insuffisances de la production), ce n'est pas la critique fondamentale que l'on pourrait adresser à cet Once and Future King. L'insuffisance décisive tient selon moi, à l'absence du réelle ambiance chevaleresque et médiévale. Des instrumentaux de transition manquent, tout comme l'emploi d'instruments d'époque ainsi qu'un souffle qui ferait que le combat narré entre Arthur et Mordred capte entièrement l'attention. A contrario, nous avons ici un album de heavy classique « plaqué » sur les paroles d'une épopée, et c'est tout-à-fait dommageable.

Un disque assurément plaisant donc mais sans doute pas à la hauteur des ambitions de Gary Hugues au final.

Baptiste (06/10)

 

http://www.gary-hughes.com/

Frontiers – M10 / 2003

Track listing :
Part I : 1. Excalibur (Damian Wilson – Prologue Narrator) 2: Dragon Island Cathedral (Gary Hughes – King Arthur) 3: At The End Of The Day (Gary Hughes – King Arthur / Lana Lane – Guinevere) 4: The Reason Why (Danny Vaughn – Lancelot) 5: Shapeshifter (Irene Jansen – Morgana) 6: King For A Day (Bob Catley – Merlin) 7: Avalon (Danny Vaughn – Lancelot) 8: Sinner (Sean Harris – Galahad) 9: In Flames (Bob Catley – Merlin) 10: Lies (Gary Hughes – King Arthur)

Part II 1: Kill The King (DC Cooper – King Aelle) 2: There By The Grace Of The Gods (Go I) (Gary Hughes – King Arthur) 3: I Still Love You (I Still Do) (Gary Hughes – King Arthur) 4: Oceans Of Tears (Lana Lane – Guinevere) 5: Rise From The Shadows (Irene Jansen – Morgana) 6: Believe Enough To Fight (Bob Catley – Merlin / Sabine Edelsbacher – Nimue) 7: The Hard Way (Dougie White – Mordred) 8: The Pagan Dream (Sabine Edelsbacher – Nimue) 9: Demon Down (Dougie White – Mordred) 10: Deius (Instrumental) 11: Without You (Sean Harris – Galahad) 12: Once And Future King (Harry Hess – Epilogue Narrator)

À la suite du live très réussi d’Harem Scarem aux Gods de l’an 2002, c’est au tour de la prestation du groupe de Jeff Scott Soto de connaître l’édition sous forme de CD et de DVD. Peut-être que le choix de réaliser tous ses enregistrements live à la suite, dans le cadre d’un même festival, relève-t-il d’une logique d’économie des coûts, il n’en reste pas moins que le disque est là encore de très bonne qualité. Les conditions sonores sont assez irréprochables, mettant très bien en valeur la voix de Soto, sans que le reste du groupe, et notamment la guitare n’en soit pour autant rejeté au second plan.

De plus, quelques petits cafouillages au niveau du son de guitare, lors du passage des parties rythmiques aux parties solo, semblent bien laisser deviner que les overdubs ont été ici rares voire inexistants.

La prestation des musiciens n’en est donc que rehaussée, avec un Soto assez impérial, surtout dans les parties graves ou medium (les passages dans les aigus, notamment sur « I’ll See You The Light Tonight », se révélant un peu problématiques, sans que l’on ait là de quoi crier au désastre). Le groupe est derrière lui à l’avenant, très compact, accentuant le côté heavy des titres interprétés (« How Long » issu du dernier album solo de Soto ou « Warrior » et surtout « Stand Up »).

Si le guitariste Howie Simon commet quelques fautes de mauvais goût sur la reprise du classique de Talisman « I’ll be Waiting », en défigurant le riff principal à grands coups d’harmoniques artificielles tout à fait désagréables, il tient dans l’ensemble très bien son poste, et ne fait pas pâle figure sur le « Yngwie Medley » ; c’est déjà beaucoup. Et puis un des atouts de ce live est le choix de JSS de ne pas trop lourdement axer son répertoire sur ses albums solo pour, par exemple, les promouvoir, mais de dresser un panorama de l’ensemble de sa carrière. D’où la présence de titres de Malmsteen (interprétés dans un medley bien senti), de Talisman (surtout mis en valeur lors d’un medley acoustique) ou Alex Rudy Pell. D’où l’abondance de très bons morceaux, manifestement appréciés par un public malheureusement un peu absent sur l’enregistrement, mais harangué avec chaleur par un Jeff Scot Soto très maître de son propos. Une vraie réussite, donc et un achat incontournable pour tous ses fans !

Baptiste (09/10)

jeffscottsoto.com

Frontiers – M10 / 2003

Track listing 1. 2 Your Heart 2. Let Me Entertain You 3. Break Your Chains 4. How Long 5. Love parade 6. Stand up 7. Eyes of Love 8. Warrior 9. Again 2 Be Found 10. I’ll be Waiting 11. Mysterious/Crazy/4 U/ Nobody said it was easy/Just between us/Stranded 12. Yngwie Medley : Don’t Lend It End/On the Run Again/I’m aViking/I’ll See the Light Tonight 13. Bonus track studio : Good Love