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Kreator – Live Kreation

Ce live de Kreator était fort attendu car le groupe n'avait pas produit grand chose sur ce plan depuis le mini LP Out of the Darkness… et la vidéo de la tournée Extreme aggression. La carrière de Kreator n'étant pas homogène mais constituée de hauts et de bas, rythmés par des expérimentations musicales variées dès Renewal, on aurait bien imaginé un live plus tôt, dès la tournée Coma of Souls qui devait clore toute une période dans la vie du groupe. Ce ne fut pas le cas et Live Kreation, arrivé plus bien plus tardivement, se devait donc de couvrir une période de presque vingt ans, constellée de dix albums. Du fait de l'arrivée un peu tardive de ce live, nous avons donc affaire à un panorama d'une carrière très touffue sous la forme d'un double disque, aux titres extraits de toute une tournée.

Au risque d'incliner plus vers la compilation live que vers un véritable enregistrement de concert. Pourtant, il est indéniable que le pari est complètement rempli et que Kreator accouche là d'un live exemplaire. Même si des overdubs et des retouches ont pu être effectués en studio, on sent réellement ici un groupe très maître de son art et parfaitement en place. L'aisance sur les passages les plus rapides (« Extreme aggression » ou « All of the Same Blood », très impressionnants) ou sur ce vieux morceau, « Riot of Violence », chanté par le batteur Ventor/Jurgen Reil, témoignent de tout ce savoir-faire. Le groupe est en outre servi par un son excellent, très puissant mais propre et net, qui redonne ainsi un cachet actuel aux titres les plus anciens : les mythiques « Tormentor », « Flag of Hate » ou « Pleasure to Kill » retrouvent ainsi une certaine seconde jeunesse. Si la brutalité juvénile brouillonne d'antan est un peu estompée sur les plus vieux morceaux comme « Under the Guillotine  », « Pleasure to Kill » ou « Riot of Violence », la fougue des premiers temps est concentrée et raffinée par une maîtrise bien plus flagrante, sans jamais être dénaturée.

Et puis le public est quand même présent, jouant ainsi le rôle des backing vocals sur « Violent Revolution » et rendant ainsi cette version plus percutante que sur album. Pour finir, le choix d'intégrer un grand nombre de titres live (23 au total) s'avère en fait tout à fait justifié. On perçoit en fait bien à quel standard de qualité s'est maintenu durant sa carrière Kreator. Ainsi le morceau « Lost », issu du moyen Cause for conflict, desservi auparavant par le son confus de l'album, prend ici d'autres couleurs et révèle bien les capacités de composition qui présidèrent à son origine.

En fait aucun album n'est négligé par le Live Kreation même si les opus les plus controversés comme Renewal ou Endorama, ne sont représentés que par un unique morceau. Le tir est donc un peu concentré sur les albums les plus réputés : Coma of souls, avec notamment le titre éponyme et l'incontournable « People of the Lie », Pleasure to Kill avec trois morceaux et évidemment le dernier en date, Violent Revolution. Des puristes reprocheront donc quelques absences, notamment plus de titres extraits de l'incommensurable Extreme aggression, mais il s'agit de réticences mineures qui ne doivent pas occulter l'évidence : Kreator vient d'accoucher d'un des meilleurs live de Thrash jamais mis sur disque. Incontournable donc.

Baptiste [09/10]

 

www.kreator-terrorzone.de/

SPV – Wagram / 2003

Track listing : 

Disque 1 : 1. The Patriarch 2. Violent revolution 3. Reconquering the Throne 4. Extreme Aggression 5. People of the Lie 6. All of the Same Blood 7. Phobia 8. Pleasure to Kill 9. Renewal 10. Servant in heaven – King in hell 11. Black Sunrise 12. Terrible Certainty 13. Riot of Violence

Disque 2 : 1. Lost 2. Coma of souls 3. Second Awakening 4. Terrorzone 5. Betrayer 6. Leave this World Behind 7. Under the Guillotine 8. Awakening of the Gods 9. Golden Age 10. Flag of Hate 11. Tormentor

Alors qu'un nouvel album de Hughes et Turner est déjà annoncé, les deux compères se fendent de deux productions séparées s'inscrivant dans leur carrière solo respective. C'est vraisemblablement Glenn Hughes qui en tirera l'épingle du jeu la plus convaincante. Sans jamais toucher à la grâce d'antan, mais toujours doté de cette voix si unique, Hughes nous propose cette fois-là bien plus rock que funk. Le simple parcours des titres des morceaux dévoilera déjà en partie leur contenu.

C'est en fait un disque à la croisée du rock et du métal que propose ici Hugues, qui se permet quelques évidentes réminiscences du Purple du line up Mark III de Purple, comme sur ce riff issu « Lost In The Zone » qui aurait pu être tiré de l'album Stormbringer. Ainsi le grain de saturation de guitare est souvent un peu léger comme sur le plutôt rock « Courageous », morceau de bonne facture, doté en fait de pas mal de chien. Si sur « Higher Places », Hughes sort un peu des sentiers battus par une orchestration spécifique et un rythme un peu lancinant, la novation est à chaque fois sage. L'album témoigne d'ailleurs d'une belle constance et n'ennuie pas, le plus fréquemment grâce à la voix de Glenn (qui se déchire parfaitement sur « In My Blood »), mais aussi grâce à des refrains soignés, voire à de belles parties de guitare (le joli thème sur « Written All Over your Face »).

L'ensemble manque toutefois un peu de folie et de nouveauté et ne dissipera donc pas le souvenir si lumineux du HTP. On évite cependant ici la série B et on en conclura que la figure de Glenn Hughes n'en est en rien ternie par cette nouvelle production. En quelque sorte un bilan globalement positif comme disait l'autre…

Baptiste (07/10)

 

Site officiel

Frontiers – M10 / 2003

Track listing : 1. In My Blood 2. Lost In The Zone 3. Gasoline 4. Higher Places (song for Bonzo) 5. Get you Stoned 6. Written All Over Your Face 7. Standing in the Rock 8. Courageous 9. The Truth 10. Wherever You Go

Bob Catley – When Empires Burn

Bob_catley_when_empires_burnLe chanteur de Magnum, Bob Catley, signe ici son quatrième album solo alors que le groupe semble être en période de latence. C'est dire qu'il comble ainsi un certain manque, même si la nouvelle réalisation de notre vocaliste prend là une tonalité plus particulièrement métallique, qui correspond sans doute au désir de coller quelque peu aux tendances du jour. Le choix de changer de compositeur attitré au profit de son bassiste, Paul Hodson, explique aussi vraisemblablement ce tournant. 
On a donc là très logiquement un album de métal assez grandiloquent à l'instar de l'intro instrumental « Torment », appuyé par des claviers un peu pompeux (« This Is The Day ») et des chœurs très présents. La voix de Catley se pose parfaitement sur chaque morceau et entonne quelques refrains accrochant d'emblée l'auditeur (les très prenants « I'll Be Your Fool » ou « Gonna Live Forever »). Ses vocalises sont aussi particulièrement réussies sur « Every Beat Of my Heart » où sa voix se fait fort belle. On constatera en fait qu'« When Empire burns » regorge de bons titres et que malgré le classicisme affiché, l'inspiration se fait régulièrement au rendez-vous, du premier morceau « Children of the Night », jusqu'à la ballade assez belle mais un peu convenue qui clôt l'album (« My America »). 
 
Cette course à la modernité est par contre tristement obérée par des déficiences sonores : la médiocrité de la production très éloignée des standards actuels vieillit la musique de Catley. La guitare solo est fréquemment noyée au profit d'une rythmique qui cède plus à une agressivité lourdaude qu'à une finesse désespérément absente (« Someday Utopia »). L'album n'en est pas rehaussé, loin de là, et perd ainsi un peu de son cachet au risque de se confondre un peu dans la masse. Pire, la voix de Catley est régulièrement étouffée au profit d'un ensemble un peu épais et confus. 
Et c'est fâcheux car Bob Catley, sur cet opus, méritait largement mieux. On souhaite que cela ne nuise pas à la découverte de ce nouveau disque, car ses atouts n'en sont pas moins indéniables.
 
Baptiste (07/10)

Frontiers Records – M10 / 2003

Tracklisting (57:30) : 01. The Torment (intro) 02. Children Of The Circle 03. Gonna Live Forever 04. I'll Be Your Fool 05. The prophecy 06. Every Beat Of My Heart 07. When Empires Burn 08. Meaning of Love 09. This Is The Day 10. Someday Utopia 11. My America