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bj-onewildnightOn ne peut pas vraiment affirmer que ce live de ce qui fut un des plus grands groupes de Hard fm des années 80 soit attendu avec impatience par la gente métallique. Cela fait plusieurs années que Bon Jovi a déserté les pages de nos mensuels préférés au profit  –au sens propre du terme, héhé… – des écrans télé, des publicité pour Ford jusqu'à, plus récemment, la série Ally Mc Beal. À l'écoute du disque, on constatera vite que le public de Bon Jovie n'a pas disparu, mais a muté plutôt : ce sont désormais des jeunes filles en fleur  – juste écloses manifestement – qui s'égosillent sur « You Give Love A Bad Name » ou « Wanted Dead Or Alive ».
 
Le reste de l'album est bien à l'identique de la sensation éprouvée à l'écoute des deux morceaux : schizophrénique. Les deux périodes de la carrière de Bon Jovi se retrouvent sur le disque de telle sorte que le groupe alterne les singles typiquement 80' (« Livin' on a prayer » que l'on ne présente plus ou le presque aussi mythique « Runaway »), et les hymnes gentillets (« Something for the pain ») voire la soupe insipide (le duo d« 'I Don't Like Mondays » très pénible). Remarquons que Jon Bon Jovi oscille entre les prestations réussies (« Just Older » où il se montre très en voix) et les interprétations plus approximatives (« Livin' On A Prayer »). On regrettera, de plus, le choix de se limiter à 15 titres au détriment des hits comme « Lay Your Hands On Me » ou « In Your Arms », alors que les deux derniers albums du groupe sont, eux, surreprésentés. Le fait d'avoir décidé de retenir des dates éparpillées sur plus de 15 ans de carrière ne renforce malheureusement pas la cohérence de l'ensemble. Une oreille perfide notera d'ailleurs que les deux vieux morceaux de 1985 se taillent largement la part du lion au niveau qualitatif, et témoignent bien de la qualité que pouvait atteindre Bon Jovi avant de virer musicalement de bord dans les années 90.
Ce live ne nous consolera donc pas, pire il nous rappellera avec insistance ce que nous avons à perdre lorsque les injonctions commerciales prennent le pas sur la sincérité artistique. Toutefois le débat reste ouvert quant à la sincérité originelle de Bon Jovi qui n'a jamais œuvré pour les minorités puristes mais a toujours, quand même lorgné, vers les charts et les stades.
 
Baptiste (05/10)
 
www.bonjovi.com

Island Records – Def Jam / 2001

Track listing (77:48) 1. It's My Life 2. Livin' On A Prayer 3. You Give Love A Bad Name 4. Keep The Faith 5. Someday I'll Be Saturday Night 6. Rockin' In The Free World 7. Something To Believe In 8. Wanted Dead Or Alive 9. Runaway 10. In And Out Of Love 11. I Don't Like Mondays 12. Just Older 13. Something For The Pain 14. Bad Medicine 15. One Wild Night (2001 version – studio track)

 

Asia – Aura

Après environ cinq ans d'absence, Asia marque son retour sur la scène musicale sous le signe de la continuité. Continuité de collaboration puisque la perspective d'une reformation avec le line-up original (composé de Palmer, Wetton et Howe) n'a pu se concrétiser et que c'est bien John Payne qui tient la basse et le micro pour la quatrième fois consécutive, accompagné d'un florilège de stars sur différents titre (parmi lesquelles Tony Levin, Simon Phillips, Chris Slade, Ian Crichton, Steve Howe et j'en passe).

Continuité musicale aussi, puisque qu'Asia semble avoir mis de côté ses tentations hard FM du début des années 90 (on pense à Aqua mais surtout au somptueux Aria, sans doute un chef d'oeuvre du genre) au profit d'un rock progressif atmosphérique dont les premiers jalons avaient été posés lors de l'album précédent Arena. Il s'agissait alors d'un tournant en quelque sorte dans une carrière qui atteint maintenant les vingt ans, et cela ne pouvait que quelque peu surprendre les fans de la première heure.

La durée des titres s'allonge, le chant se fait moins nerveux et plus reposé, les paroles délaissent les thèmes éculés des péripéties sentimentales au profit d'une évocation du voyage, de la solitude ou des turpitudes du monde moderne (« Kings Of The Day » et l'excellent titre d'ouverture « Awake »). Ce n'est pas la Recherche du temps perdu mais il y a un mieux. Notons aussi la présence d'un instrumental (le titre éponyme « Aura ») qui met en valeur le jeu toujours détendu d'Elliot Randall et qui clôt relativement bien l'album. Pour finir, signalons qu'une balade même pas sirupeuse mérite le détour (« Ready To Go Home »).

La mariée serait presque trop belle… si un certain nombre de travers n'apparaissaient pas au bout de quelques écoutes : l'homogénéité de l'album, revendiquée par les musiciens (voir les interviews de Geoff Downes), n'implique pas la qualité égale des titres : « The Last Time » ou l'interminable « Free » feraient des faces B honorables mais ne devraient pas apparaître sur un album d'un groupe de la qualité d'Asia, qui avait jusqu'alors réalisé un quasi sans faute (artistique s'entend, le point de vue des maisons de disque semblant être tout autre). 

Un spectre terrifiant me hante quelques instants : Asia serait-il menacé de sombrer dans la bonne série B progressive ? L'achat de la version anglaise avec trois bonus tracks – jugés par les musiciens incompatibles avec l'ambiance général de l'album – me rassure : Asia démontre sur ces morceaux plus accrocheurs que le reste d'Aura qu'il a encore quelque cartes musicales à jouer dans un monde musical où les bonnes vieilles valeurs semblent avoir le plus grand mal à passer le cap du nouvel millénaire – qu'on médite sur le cas de Scorpions chaque jour plus consternant.

Baptiste (7,5/10)

 

Blue Storm Music / 2001

Tracklist : 1. Awake (6:08) 2. Wherever You Are (5:14) 3. Ready to Go Home (4:50) 4. The Last Time (4:56) 5. Forgive Me (5:26) 6. Kings of the Day (6:51) 7. On the Coldest Day in Hell  (6:25) 8. Free (8:51) 9. You're the Stranger (6:05) 10. The Longest Night (5:28) 11. Aura (4:14) Extra tracks : 12. Under the Gun (4:48) 13. Come Make My Day(5:01) 14.Hands of Time (5:23)

Biloxi – Right The Music

Biloxi est un groupe vieux de plus de 10 ans mais à ce jour complètement méconnu des deux côtés de l'Atlantique. Auteur en 1992 d'un premier album uniquement disponible en import dans nos contrés, le groupe s'est séparé une première fois à la suite de la mort de leur guitariste, le chanteur Clyde Holly décidant alors de s'orienter vers la production. Ce détour a sans doute été salutaire pour Biloxi, tout d'abord au niveau de la qualité du son du disque, assez massif, qui donne une teinte intéressante à cet album de Hard FM. On sent que le groupe a fait un effort certain pour se tenir à la page des productions récentes – notamment européennes –, même si les deux premiers titres (les très réussis « Out On the Streets » et « Listen ») conservent une teinte très FM.Les choses commencent à sortir du lot dès l'alternance de guitares sèches et de guitares heavy d'« Ocean » sur lequel Clyde Holly développe des lignes vocales intéressantes sans être racoleuses ni téléphonées. L'album se tient d'ailleurs parfois à la limite du heavy technique et mélodique, un peu à la manière d'un Vanden Plas, comme sur « Far From Home », aux guitares produites en avant, avec un accent patent mis sur les accords graves.

Le sens très lyrique de la mélodie vocale de Clyde Holly et les parties solos du guitariste Kevin Noona maintiennent l'« Out on the Streets » dans une optique Hard-FM, – flagrante sur les lead guitares de « Have You Ever Seen the Rain » ou sur le refrain de « Someone » –, mais l'homogénéité de l'ensemble n'en pâti pas pour autant. Il est d'ailleurs triste qu'un album affichant une telle constance dans la qualité des compositions soit entaché par un morceau quelque peu à côté de la plaque : quel besoin avait-on de caser « Diggin Up Bone », qui évoque plus les autoroutes américaines poussiéreuses que les sonorités présentes sur le reste de l'album ?
 
Mais il ne s'agit pas d'errements bien dommageables et qui, en tout cas, ne doivent pas faire ignorer les efforts talentueux de Biloxi pour faire sortir le Hard FM de l'oubli dans lequel il a, à ce jour, sombré, en l'imprégnant d'influences nouvelles et d'un ton plus grave et réfléchi ; ceci est palpable tout particulièrement au niveau des lyrics ( sur « Vampire » par exemple).
 

Baptiste [07/10]

 

 

MTM records – M10 / 1999

Track listing : 01. Out On The Streets 02. Listen 03. Lay  04. Ocean  05. Far From Home  06. Have You Ever Seen The Rain  07. Someone  08. Do Ya ?  09. Vampire  10. Diggin Up Bones11. Starting Over