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Boysvoice – Boysvoice

BoysVoice - BoysVoice (Japanese Edition) (1990)J'avoue que Boysvoice m'avait totalement échappé. Pourtant entre 1990 et 1993, lorsque le groupe allemand produisit deux disques dont le premier est ici chroniqué, je suivais l'actualité du hard rock de près. C'est dire que la musique des Bavarois n'a sans doute pas eu le succès que lui prête rétrospectivement Yesterrock pour cette réédition. Et l'on comprend à mon avis assez vite pourquoi le groupe n'a produit que deux disques avant un premier split en 1993 (la reformation de 2005, qui a donné lieu à un disque, n'a pas attiré l'attention).

Écartons d'abord un point. En effet, ce n'est pas le genre pratiqué par Boyvoice qui me pose problème : j'aime beaucoup le hard mélodique et l'AOR. Le problème est ailleurs. Partout en fait. 

Il y a d'abord un son très surproduit avec une batterie très compressée et truffée d'une réverbération d'un autre âge. Puis des lignes de chants qu'on a l'impression d'avoir entendu mille fois. Pour finir des riffs efficaces mais très éculés qui, malgré la compétence Peter Diezel, donne souvent l'impression d'écouter un sous Marc Diglio (ex-XYZ). C'est dire que ces titres de hard mélodique très teinté Hard US comme on en faisait tant à l'époque, ne décollent pas vraiment. 

Et puis le disque est long. Les 56 minutes d'une interprétation honnête mais sans génie passent très lentement. Même le titre éponyme qui prétend être un hymne ne prend pas. Et quand le groupe s'essaie à l'humour (le début « Bad Boys »), on sombre en plein nauvrage. Il valait mieux sans doute laisser l'épave où elle était.

Baptiste (5/10)

 

GerMusica – Yesterrock / 2013 [1990]

Tracklist (56:00) : 1. Different Noises 2. Lovestealer 3. Munich Nightlife 4. Boysvoice 5. Bad Boys 6. Searching For You 7. Take It Or Leave It 8. City Of Your Dreams 9. Chain Reaction 10. Cold Summer Nights 11. I Love Your Sex 12. Herzel 13. Rock You 14. Happy Birthday

Royal Hunt – A Life To Die For

royalhuntaleft_600Andre Andersen est proprement increvable. Malgré les années et les albums, plus ou moins bons, mais à l'écho de plus en plus relatif, Royal Hunt et son claviériste de leader enchaînent les disques sans trembler. Ni trop se remettre en cause non plus pour ce douzième opus, A Life To Die For. Sur ce point, la pochette plus sombre et moins fantasy que d'habitude ne doit pas tromper. Si, pour son prédécesseur, Show Me How To Live, avait comme argument vendeur, le retour du brillant DC Cooper, pour un résultat somme toute satisfaisant, ici on n'a rien de bien nouveau à se mettre sous la dent. Au contraire, le classicisme est absolu : le metal heavy symphonique, aussi grandiloquent que néo-classique de Royal Hunt est fidèle à lui-même. Il est peut-être un peu moins flamboyant que sur Show Me How To Live, mais les compositions d'Andre Andersen tiennent tout à fait la route. 

Retenons, au sein de cette océan de continuité (certains diront « redondance » ou « auto-plagiat »), quelques titres particulièrement réussis, notamment grâce aux très bonnes prestations de DC Cooper : « Running Out Of Tears », très accrocheur, du fait de son refrain, ou « Sign of Yesterday ». Ce dernier titre jouit d'ailleurs d'un thème très accrocheur et fort bien composé. Au niveau des points faibles, si on laisse de côté l'absence de remise en cause totalement assumée, on pointera une longueur un peu excessive de certains morceaux, que qui fait que le premier titre et le dernier, avec leur neuf et huit minutes, perdent en impact. 

Le résultat est quand même tout à fait honorable, bien supérieur que ce que propose un Axel Rudi Pell en tout cas, complètement essoré au niveau de la créativité. Du boulot sérieux et de qualité, comme un travail d'artisan expérimenté et appliqué. De la belle ouvrage en somme, effectuée par un authentique maître-artisan.

Baptiste (7,5/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2013

Tracklist : 1. Hell Comes Down From Heaven 2. A Bullet’s Tale 3. Running Out of Tears 4. One Minute Left to Live 5. Sign of Yesterday 6. Won’t Trust, Won’t Fear, Won’t Beg 7. A Life to Die For.

Roadfever – Wolf Pack

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Il est des réussites improblables à première vue. À la manière de ces DVD ne payant pas de mine au première abord, mais qui se révélent de très honnêtes série B, ou de ces restaurants de bord de route, dont on n'attend rien mais qui sustentent parfaitement leur homme. Car qui miserait un kopeck sur ce deuxième essai de Roadfever, au titre aussi ridicule (Wolf Pack soit « Meute de loup ») que cette pochette à la pleine lune autant ostensible que risible ? Pas moi a priori

Et pourtant le projet de David Pariat, à la guitare, et de Stevie Pike, au chant et aux paroles, tient parfaitement la route. Les Helvètes sont très bons, dans un genre oscillant entre le hard rock teinté d'influences australiennes, et le rock puissant, parfois aux relents sudistes. Et ils sont excellents d'abord car Stevie Pike est une très bonne chanteuse, à la croisée d'une Sass Jordan (période Rats évidemment) ou d'une Alannah Myles sous testostérone. Puissante, mélodique et gouailleuse si nécessaire, la chanteuse suisse varie dans la plupart des registres adoptés sur un disque pas du tout linéaire. Mon coup de cœur irait plutôt aux très catchy « The Other Side » ou « Magic Sun », plus franchement rock que hard, mais les amateurs de gros riffs trouveront leur bonheur sur les vitaminés « Wolf Pack » ou « Black Moon Breeze ». 

Roadfever, malgré les inquiétudes initiales, remplit donc parfaitement son rôle d'excellentes séries B dans le genre hard rock classique, puissant et accrocheur. C'était à vrai dire inattendu. 

Baptiste (7,5/10)

 

Avenue Of Allies / 2013

Tracklist : 1. Wolf Pack 2. The Dice Will Roll 3. Wings Of An Eagle 4. Black Moon Breeze 5. Magic Sun 6. Warning Slot 7. Drain Your Mind 8. On The Other Side 9. Ride The Ocean 10. Brother 11. Red Horse