Voici un réédition qui ne fera pas beaucoup de bruit. Yesterrock propose en effet le premier pressage CD du troisième disque de The Producers, Run For Your Life, sorti de manière confidentielle sur un petit label en 1986. Après deux disques d'AOR pop teintés légèrement de new wave, The Producers (1981) et You Make The Heat (1982) le groupe d'Atlanta s'était vu abandonné par leur label, Portraits Record, malgré le petit succès de quelques uns de ses singles. Opiniâtres, les membres du groupe ont persévéré avec ce Run For Your Life paru en 1986 uniquement en vinyl. Le voici en CD et remasterisé.
Qu'en reste-t-il à l'oreille plus de vingt ans après les faits ? Une AOR légère et assez pop pas désagréable mais très vieillie. La voix du guitariste du Van Temple n'est pas renversante, surtout dans le genre. Elle évoque parfois Bryan Adams dans ses aspects légèrement rocailleux ce qui n'est pas désagréable. Les autres musiciens sont compétents mais la musique du groupe est très calibrée et ne propose rien de très saillant. On remarquera la présence d'un titre, « Can't Cry Anymore », que Kansas leur empruntera pour son excellent Power (1986). La version de The Producers est inférieure à celle de Kansas toutefois, même si Temple est à l'aise sur un titre qui est le sien.
L'ensemble est assez bien fichu mais trop banal pour retenir l'attention plus d'une dizaine de minutes. La carrière du groupe s'est arrêté après Run For Your Life même Coelacanth a été enregistré un peu après sans trouver de label pour le faire paraître.
Baptiste (5/10)
GerMusica – Yesterrock / 2013
Tracklist (42 mn) : 01. Run For Your Life 02. Slow Dancing 03. Depending On You 04. Tightrop 05. Can't Cry Anymore 06. Boat Song 07. Table For One 08. Friendly Fire 09. Big Mistake 10. Waiting On A Train
J'avoue avoir perdu de vue Leslie West depuis bien longtemps. Depuis les albums de Mountain des années 70 à vrai dire. Cela remonte donc. Et pour cause : Leslie West, même s'il a maintenu en vie le groupe en vie sans Felix Pappalardi (décédé en 1983 lors d'une affaire de mœurs), n'a jamais retrouvé la notoriété qui était la sienne lorsque son « Mississippi Queen » trustait les charts US avec son proto-hard rock rocailleux et bluesy en diable.
Depuis 1983, Leslie West a continué sa carrière en produisant un certain nombre de disques solos et en faisant des apparitions diverses, que ce soit pour Ozzy Osbourne ou avec Joe Bonamassa. Victime d'une très lourde opération à la jambe pour cause d'un diabète grave en 2011, Leslie a dû être partiellement amputé. C'est donc un double clin d'œil qu'il propose avec ce titre de Still Climbing – référence au disque culte de Mountain, Climbing (1970) mais aussi à son état de santé.
L'état de santé musical est lui par contre excellent : Leslie West balance un hard (très) bluesy de très bonne facture, gorgé d'énergie mais aussi d'un feeling à vous coller fréquemment le frisson (« Feeling Good » repris de Traffic). La voix du vieux sexagénaire rugit comme il y a plus de trente ans (voire mieux) et sa guitare brûle de solos somptueux dans lesquels son toucher fait des merveilles. Leslie West ne s'est manifestement pas reposé sur ses lauriers depuis l'époque de ses succès. Dans le genre d'un hard bluesy puissant et lyrique, il reste manifestement un maître. De « Dyin' Since The Day I Was Born » au propos très musclé, en passant par la belle ballade « Fade Into You », ou par la reprise d'un titre de Mountain, « Long Red », le tout est totalement capiteux.
Aidé par sa femme à la composition, ou dans le cadre d'une reprise de standards de la musique US comme sur « When A Man Loves A Woman », voire appuyé par Dee Snider (sur « Feeling Good ») ou le bluesman Johnny Winter (sur l'incandenscent blues « Busted, Disgusted or Dead »), Leslie West est toujours là et bien là et défie les années. Pour le meilleur cette fois.
Baptiste (8/10)
Site officiel de Mountain
Mascot Provogue / 2013
Tracklist : 01. Dyin’ Since The Day I Was Born (invité : Mark Tremonti) 02. Busted, Disgusted or Dead (invité : Johnny Winter) 03. Fade Into You 04. Not Over You At All 05. Tales Of Woe 06. Feeling Good (invité : Dee Snider) 07. Hatfield or McCoy 08. When A Man Loves A Woman (invité : Jonny Lang) 09. Long Red 10. Don’t Ever Let Me Go (invité : Dylan Rose) 11. Rev Jones Time (Somewhere Over The Rainbow)
On ne peut pas dire que les Sparklands attirent le chaland avec la pochette lugubre de leur premier album, Tomocyclus. Sur un fond grisâtre se dessine au second plan ce qui ressemble vaguement à ce qu'on nomme dans le jargon de l'art contemporain une « installation ». Et au premier plan, c'est de l'« artiste » qu'il s'agit ?
Sparklands rate d'autant plus son coup, que le groupe organisé autour du duo des frères Riekerk (au chant et à la guitare) ne propose absolument une musique d'avant-garde, dépressive et/expérimentale mais du rock mélodique, à la manière d'un Boston, d'un Toto ou d'un Foreigner des bons jours. On relèvera même parfois des intonations à la Bryan Adams ce qui n'est pas forcément pour déplaire.
Comme ces Hollandais ne sont pas dépourvus d'un certain sens de la mélodie et du refrain qui marche (« Skyline », « Joanne » ou « Lost In Space In Times ») et de la composition bien troussée, c'est plutôt plaisant. Le tout manque cependant cruellement d'originalité voire d'éclat et il y a peu de chance que les amateurs du genre franchissent le pas de s'intéresser à un disque donc la présentation est si rebutante. Ils devraient pourtant s'intéresser à ce Tomocyclus qui recèle son lot de bonnes mélodies et un attachement réel au style musical adopté.
Baptiste (6,5/10)
Site officiel
Avenue of Allies – GerMusica / 2013
Tracklist : 1. The Game 2. Skyline 3. Joanne 4. Oasis 5. Shattered Dream 6. Afterlife 7. State Of Mind 8. The Feeling Is Gone 9. Sparklands 10. Let Sparks Fly 11. Lost In Space And Time 12. Let It Out 13. Open Your Eyes 14. Tomocyclus