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1000x1000Genesis Revisited: Live At The Hammersmith est la suite évidente du récent Genesis Revisited II de Steve Hackett. Le succès de ce nouveau disque de réinteprétations du groupe originel de Steve Hackett a été réel et les concerts des succès (celui de Paris fut complet plusieurs mois à l'avance). Les échos des concerts étaient bons et l'on pouvait attendre avec impatience la réalisation de ce double CD/DVD (une choses de plus en plus banale de nos jours). C'est fait puisque le concert au fameux Hammersmith du 10 mai 2013 a été enregistré pour constituer un beau témoignage de la tournée. 

Les titres attendus sont presque tous là

Les connaisseurs savent que le premier Genesis Revisited avait déjà donné lieu à un enregistrement live de la tournée japonais : The Tokyo Tapes. Live In Japan en 1996. Le line up y était classieux, avec John Wetton au chant et à la basse et Chester Thompson à la batterie. Le résultat était très probant. Il fallait essayer de faire mieux. D'abord par la durée : ici presque trois heures de musique c'est énorme et ça permet de revisiter quasiment tous les classiques de l'époque progressive de Genesis. À vrai dire seuls « The Cinema Show » et « One For The Wine » manquent ici franchement à l'appel mais ce sont des morceaux sur lesquels Steve Hackett n'avait pas un grand rôle. 

Nous avons donc droit aux incontournables « Firth Of Fifth », « Supper's Ready » ou « The Musical Box » plus certains morceaux composés majoritairement par Steve Hackett comme le très beau « Entangled » ou « Blood On The Rooftops ». Mais aussi à quelques raretés inattendues telles « The Lamia » ou « Eleventh Earl Of Mar » ou « Dancing With The Moonlit Knight » pas joués en entier par Genesis depuis 1980 ! Les fans (dont je suis) seront donc ravis. 

L'interprétation est elle-même impeccable, Steve Hackett se révélant toujours étincelant, seul ou lors d'un duo avec Steve Rothery sur la fin de « The Lamia ». John Wetton ne fait qu'une courte apparition sur un très émouvant « Afterglow » mais il y démontre qu'il n'a en rien perdu sa voix malgré les années. Roger King fait une bonne doublure de Tony Banks dont il affiche la même réserve. La présence de Rob Townsned aux instruments à vent est bienvenue, notamment lorsqu'il lui arrive de jouer à l'unisson avec Steve Hackett. Ses développements jazzy sur « I Know What I Like » sont de même excellents. Et la version réarrangée de « Los Endos » lui permet de briller tout spécialement. La section rythmique est franchement impeccable et on s'étonnera souvent de la virtuosité avec laquelle Gary O'Tool interprète les parties de Phil Collins alors qu'il lui arrive d'empoigner avec bonheur le micro (« Blood On The Rooftops »). 

Pointes de mollesse

Le vrai « hic » réside dans Nad Sylvan, qui effectue la plupart des parties chantées sur le live. Complètement habité par une musique qu'il adore, l'ex chanteur d'Unifaun est très appliqué. Sa belle voix, à la croisée de celles de Collins et de Gabriel, fait des merveilles sur les passages les plus lents (le début de « Dancing With The Moonlit Night ») mais par contre pèche lorsque le propos se veut plus nerveux. Sa prestation sur « Eleventh Earl Of Mar » est particulièrement poussive. Le même syndrome sera constaté sur le passage « Apocalypse in 11/8 » de « Supper's Ready », où là c'est l'ensemble du groupe qui ne dégage pas assez de puissance. C'est un des quelques points noirs du disque. 

Le visionnage du DVD en fera apparaître un autre : malgré la qualité des images et l'ambiance de recueillement dans la salle, Steve Hackette semble plus introverti que jamais. Ne lâchant que quelques bribes de phrase, alors que l'on attendait des anecdotes sur le groupe et sur son histoire, on ne peut pas dire qu'il crée une ambiance chaleureuse ou bon enfant autour de lui. C'est bien dommage. Car si ces deux points noirs il n'y avait, le tout eût parfait. Assurément. 

Baptiste (8,5/10)

 

Inside Out / 2013

Tracklist (2 heures 41 minutes) :

CD1 : 1. Watcher of the Skies 2. The Chamber of 32 Doors 3. Dancing with the Moonlit Knight 4. Fly on a Windshield 5. Broadway Melody of 1974 6. The Lamia 7. The Musical Box 8. Shadow of the Hierophant 9. Blood on the Rooftops

CD2 : 1. Unquiet Slumbers for the Sleepers 2. In That Quiet Earth 3. Afterglow 4. I Know What I Like 5. Dance on a Volcano 6. Entangled 7. Eleventh Earl of Mar 8. Supper's Ready

CD3 :  1. Firth of Fifth 2. Los Endos 

DVD1 : Full live show

DVD2 : Behind the scenes 

Horisont – Time Warriors

Horisont-TimeWarriorsLes guerriers du temps… on ne saurait trop dire que le troisième album du groupe suédois Horisont porte parfaitement son nom. Signé sur le label de Lee Dorian, Rise Above, Horisont fait partie de ces groupes qui effectuent un saut temporel de trente ans en arrière en interprétant un hard rock stoner figé entre 1974 et 1977. Le Punk, la NWOBHM ? Connait pas…

Comme les excellents Spiritual Beggars ou Witchcraft, le choix effectué est non seulement de s'inspirer totalement de ce que faisait Deep Purple, Black Sabbath, Thin Lizzy ou Mountain au point d'en copier le style de composition – ce qui a déjà été fait –, mais aussi la dégaine – à grands coups de moustaches et de vestes à franges – et surtout le son – ce qui est plus neuf. Time Warriors donne avoir l'impression d'avoir été enregistré live en analogique sur un quatre pistes au fin fond d'un studio écossais. La compression semble avoir été ignorée et la saturation paraît comme sortie d'un vieil ampli à lampes et non d'une pédale de distorsion moderne. Le chant – parfois pas très juste – donne l'impression qu'on n'a pas multiplié les prises ni non plus avoir eu recours à l'auto-tune. Le mimétisme est poussé jusqu'à adopter les durées d'album de l'époque : ici c'est 34 minutes au compteur, pas une minute de plus.

Ce genre de démarche régressive (dans le sens chronologique du terme) aurait plutôt tendance à me laisser dubitatif même s'il faut reconnaître que la musique produite par Spiritual Beggars ou Scorpion Child est d'excellente qualité et apporte même une bouffée d'air au heavy metal. Et ici je devrai encore une fois renconnaître, qu'au delà cette fameuse démarche contestable, la musique d'Horisont tient tout à fait la route. Les riffs sont là, les mélodies aussi et surtout un allant qui emporte la conviction, et ce dès l'excellent « Writing On The Wall », qui souffre toutefois d'un clip ridicule ou deux « bonnes sœurs » pompettes s'amusent à renverser une poussette avec leur voiture lancée à toute vitesse. Ce genre d'humour pouvait amuser en 1973 mais de nos jours, j'en doute.

Nos Suédois se rattrapent en interprétant deux chansons dans la langue de leurs pays, « Vänd tillbaka » et « Dodsdans », qui passent très bien le cap. Cela donnera peut-être des idées à certains. Faisons aussi une mention au vigoureux « Eye Of The Father » et son refrain énervé en diable. Et les qualités de l'épique « All Come To Must an End, Part I & II » feraient presque oublier les fortes réminiscences de Rainbow sur ce titre. 

Au final, Time Warriors, est dans le genre une réussite. Pas une réussite majeure mais une vraie réussite qui plaira aux aficionados de ce revival. 

Baptiste (7/10)

 

Site officiel

Rise Abose / 2013

Tracklist : 01. Writing on the Wall 02. Diamonds in Orbit 03. Ain’t No Turning Back 04. Backstreet 05. Vänd Tillbaka 06. She Cried Wolf 07. Brother 08. Dödsdans 09. Eyes of the Father 10. All Must Come to an End, Part I & II

place_vendome_coverAlors qu'Unisonic fait une pause et que Kai Hansen prépare un nouveau disque, Michael Kiske a logiquement remis sur le tapis son projet d'AOR, le classieux Place Vendome qui avait vu pour la première fois le chanteur allemand s'essayer au rock mélodique. Le disque précédent de Place Vendome m'avait fait un excellent effet il y quatre ans de cela. Comme l'équipe à l'origine de ce Thunder In The Distance n'a pas franchement changé par rapport à Streets Of Fire (2009) à savoir Michael Kiske au chant, Dennis Ward à la production et Stefano Perugino à la supervisation des compositions apportées par des habitués des productions Frontiers (Magnus Karlsson, Alessandro Del Vecchio, Tommy Denander etc.), on pouvait se sentir en terrain favorablement connu. 

Si l'interprétation et la production sont toujours aussi impeccables et que le chant de Kiske est impérial, j'ai toutefois été déçu. Malgré un excellent départ lancé par le fougueux « Talk To Me » et « The Power Of Music », les compositions sur lesquelles Kiske pose sa voix sont plus plates que de coutumes : « Broken Wings » ou « It Can't Rain Forever » qui ne décollent pas franchement. Voire « Fragile Ground » qui souffre d'un refrain peu intéressant. 

Malgré une qualité globale plus qu'honorable et l'aspect formellement irréprochable, Thunder In The Distance n'emporte pas la conviction. On lui préférera donc franchement les deux disques précédents. Thunder In The Distance propose toutefois l'opportunité d'écouter une des plus belles voix du hard rock. C'est déjà ça, même si ça ne doit pas être l'unique argument musical de Place Vendome.

Baptiste (6/10)

 

Frontiers / 2013

Tracklist (54:00) :  01. Talk To Me (4:03) 02. Power Of Music (4:03) 03. Broken Wings (4:20) 04. Lost In Paradise (3:53) 05. It Can't Rain Forever (4:05) 06. Fragile Ground (4:10) 07. Hold Your Love (4:35) 08. Never Too Late (3:30) 09. Heaven Lost (4:40) 10. My Heart Is Dying (3:07) 11. Breakout (4:34) 12. Maybe Tomorrow (4:24) 13. Thunder In The Distance (4:20)