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Whitesnake – Made In Britain

m9Z5N3RHE36zimiwpOSQyKAEt de… quatre ou cinq ? Whitesnake enfile donc les enregistrements live comme une bonne sœur dévote les graines de son chapelet. Après le Live in the Shadow of the Blues, le Live At Donington 1990, le tout récent Made in Japan, voici un live extrait de récente tournée britannique du Serpent Blanc. Que peut-on dire de neuf à son propos ? 

Que David Coverdale semble avoir entendu les critiques sur le caractère court et finalement bancal de son Made in Japan qui intégrait des chansons jouées lors des soundchecks pour s'étoffer. Cette fois, en terme de durée nous en avons pour notre argent avec une pléiade de titres issus de la tournée. En plus des titres inévitables et toujours agréables à entendre, nous avons droit au retour des classiques « Burn » ou « Soldier Of Fortune » (très écourté) et surtout à beaucoup de chansons extraites de Good To be Bad et Forevermore. Et il faut reconnaître que « Lay Down Your Love », « Steal Your Heart Away » et l'extraordinaire « Forevermore », méritent parfaitement leur place dans une setlist. « Fare Thee Well » est aussi un futur classique même si on ne comprend pas pourquoi il est présenté deux fois. 

Comme le groupe est toujours aussi bon et Coverdale globalement en forme, on choisira évidemment ce live au Made In Japan. À moins d'être un collectionneur fou. Il y en a !

Baptiste (8/10)

 

Frontiers / 2013

Tracklist (123:00) : CD 1 : 1. Best Years 2. Give Me All Your Love 3. Love Ain't No Stranger 4. Is This Love 5. Steal Your Heart Away 6. Forevermore 7. Love Will Set You Free 8. My Evil Ways 9. Fare Thee Well 10. Ain't No Love In The Heart Of The City 11. Fool For Your Loving 12. Here I Go Again 13. Still Of The Night

CD 2 : 1. Bad Boys 2. Slide It In 3. Lay Down Your Love 4. Pistols At Dawn 5. Snake Dance 6. Can You Hear The Wind Blow 7. Fare Thee Well 8. One Of These Days 9. The Badger 10. Deeper The Love 11. Soldier Of Fortune 12. Burn/ Stormbringer

 

Chroniques de Whitesnake sur le site :

Whitesnake – Live In The Still Of The Night  Whitesnake – Live In The Shadow Of The Blues 
Whitesnake – Good To Be Bad Whitesnake – Live At Donington 1990
Whitesnake – Forevermore Whitesnake – Made In Japan
Whitesnake – Made In Britain  

 

Black Sabbath – 13

black-sabbath-13-coverLa résurrection de Black Sabbath commence mal : les premières notes de « End Of Beginning » résonnent et l'on entend aussitôt celles de « Black Sabbath » sur le premier disque du combo, il y a plus de quarante ans de cela. Le morceau sonne quasiment comme un pastiche du premier titre du colossal premier album de groupe de Tony Iommi avec l'accélération qui arrive au même moment et un long solo. Tout se place donc sous de mauvaises auspices.

Mansuétude obligatoire ? 

Les fans aveugles diront qu'il ne faut pas s'arrêter à une première approche et qu'il y a plein de bonnes choses sur ce 13, un album qui matérialise enfin le souhait si longtemps déçu d'entendre le Black Sabbath de l'époque Ozzy enregistrer autre chose qu'un live. Ce n'est pas totalement faux car on ne peut pas dire que 13 soit mauvais, loin de mal. Et  dire cela ce n'est pas faire preuve de mansuétude à l'endroit d'un groupe dont le chanteur a été très marqué par la vie et dont le guitariste lutte contre un cancer encore aujourd'hui. 

Car on sent que ce 13 a été très travaillé, Tony Iommi étant sans doute conscient qu'il s'agit peut-être de son testament musical. Travaillé en chacun de ses riffs et chacune de ses ambiances, si fait que les bonnes idées fourmillent et qu'aucun riff n'est à jeter. Quant à Ozzy, malgré ses capacités déjà faibles et aujourd'hui déclinantes, il produit sans doute ce qu'il peut faire de mieux à ce jour. La production de Rick Rubin est excellente : chaude, claire et organique, elle laisse une honnête place à l'excellent Geezer Butler. De même le jeu de batterie de Brad Wilk ressort très bien de l'ensemble. Les grincheux regretteront la finesse du jeu de Bill Ward qui n'a pas voulu être la partie mais ils ne pourront pas se plaindre de Wilk. 

De vrais problèmes

Les vrais problèmes sont ailleurs. D'abord dans la volonté de revenir au style des trois premiers disques de Black Sabbath, les cultissimes Black Sabbath, Paranoid et Master of Reality, soit une période musicale regroupée sur deux ans : 1970 et 1971. Il n'y a donc aucune trace du Black Sabbath plus mélodique de l'époque Dio ou Tony Martin. Mais s'inspirer d'une séquence musicale glorieuse au point de faire dans le quasi plagiat (voir mon commentaire sur le morceau d'ouverture) pose problème. L'alchimie des trois premiers albums du groupe est de nos jours impossible à retrouver pour les vétérans que sont Iommi, Osbourne et Butler. D'où l'impression de chutes de studio à entendre « Loner », « God Is Dead » ou « Damaged Soul ». 

Par ailleurs, en voulant retrouver la liberté de ton des années 70, le groupe a choisi d'allonger ses morceaux proposant trois titres au delà des sept minutes et deux au delà de huit minutes. N'est pas Yes qui veut : ces titres deviennent souvent un peu ennuyeux et l'on se perd à penser à autre chose sur « Damage Soul » par exemple. La faute sans doute à des structures de chansons trop simples et à des solos pas toujours flamboyants. Tony Iommi n'est pas Steve Howe et certains de ses solos sont ratés. 

13 sera une épitaphe honnête à une carrière très chaotique. Mais pas plus. Et il n'enterra pas du tout la période Heaven And Hell, rétrospectivement bien supérieure.

Baptiste (6/10 par nostalgie, 5/10 sinon)

 

Vertigo / 2013

Tracklist (53:03) : 1. End of the Beginning 2. God is Dead ? 3. Loner 4. Zeitgeist 5. Age of Reason 6. Live Forever 7. Damaged Soul 8. Dear Father

Nick Gilder – Nick Gilder

nick gilder - st 1985 frontMême si je pense très bien connaître l'AOR, j'avoue ne pas avoir eu connaissance Nick Gilder jusqu'à cette chronique. Et il y a des raisons à cela : Nick Gilder a été un second couteau du glam rock puis de l'AOR dans les années 70 et 80. D'abord dans Sweeney Todd avec lequel le chanteur eut un certain succès au Canada, grâce au single « Roxy Roller ». Puis remplacé par Bryan Adams dans le groupe, Nick Gilder a effectué une carrière solo en demi-teinte parsemé de sept albums solo et de quelques singles ayant aterri sur des BO de films oubliables (The Wraith etc.). 

Le disque éponyme de Nick Gilder, datant de 1985, n'était pas disponible en CD et Yesterrocks a donc choisi de le rééditer et de le remasteriser. L'intention est louable. Le disque le méritait-il ? D'une certaine manière car il n'est pas mauvais. Dans une AOR telle qu'on l'aimait sur les radios US et sur MTV à l'époque, le disque de Gilder tient bien la route et il n'y a aucune mauvaise compo sur la galette. Emmenée par la voix assez cassée, à la Steve Perry, de Gilder, les chansons s'enchaînent : « Scream of Angels », « Footsteps », « Let Me In »… les mélodies et les lignes de chant s'avèrent bien efficaces. 

Las : après plusieurs écoutes, on décèle le « hic ». Rien ne décolle. Pas de super refrains, de grandes mélodies, d'excellentes solo. La musique censée accrocher l'auditeur ne s'avère pas une machine à tubes. Elle reste plaisante mais n'atteint pas son objectif : emporter l'auditeur instantanément. Ni instantanément, ni progressivement d'ailleurs. 

Un disque de second rang donc au final, même les puristes du genre seront ravis de le ranger entre Night Ranger et Haywire.

Baptiste (6/10)

 

Site officiel

GerMusica – Yesterrocks / 1985 (2013)

Tracklist (39:03) : 1. Scream Of Angels 2. Footsteps 3. Let Me In 4. Fingerprints 5. Miles To Go 6. Waterfront 7. Rebel 8. Nowhere To Run 9. Sabotage 10. Don't Forget