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charming_graceVoilà une idée lumineuse : « écrire des chansons dans le style classique de l'AOR des années 80 et les enregistrer sous la forme de duo ». Ce n'est pas moi qui m'exprime, c'est le label de ce projet, Charming Grace. Car il faut bien reconnaître que la musique proposée ici n'est en rien bien novatrice. L'AOR du trio formé de Pierpaolo « Zorro » Monti (batterie – Shining Line, Lionville), de Davide « Dave Rox » Barbieri (chant lead et claviers – Wheels Of Fire) and Amos Monti (basse – Shining Line, Lionville) n'est en rien révolutionnaire. Toutes les compositions sont extrêmement calibrées malgré quelques durées sortant des sentiers battus. Mais au moins le trio nous évite le coup des reprises à foison. Le matériau, à défaut d'être original, est personnel. 

Le point fort – en fait quasiment le prétexte de départ – de Charming Grace est le fonctionnement en duo de chanteur sur les chansons. Et il faut reconnaître que c'est un plaisir d'entendre des chanteurs bien oubliés comme David Forbes (Boulevard), Kimmo Blom (Urban Tale) ou Bente Smaavik (Perfect Crime). Et puis les quelques solos de haute volée (« Still Dreamin' ») nous rappellent que le trio de Charming Grace a eu la bonne idée de faire à Sven Larsson (Galleon) comme invités, parmi tant d'autres. 

Cela nous donne un lot de bonnes chansons dans le genre. Remarquons le très fin « Everytime You Touch My Heart » avec une superbe prestation de Nick Workman de Vega. Ou le tubesque « Just Take My Hand » avec un très bon Michele Luppi. Davide Barbieri a manifestement le sens du refrain entêtant. 

Un projet à réservé surtout aux amateurs du genre tant il est typé et peu novateur. Mais ces derniers y trouveront assurément un classicisme réconfortant et quand même bien accrocheur. Et le joie de réentendre quelques voix quand même très belles.

Baptiste (7/10)

 

Site Officiel

GerMusica-Avenue of Allies / 2013

Tracklist (70:00) : 01. Everytime You Touch My Heart 02. The Way You Feel Inside 03. Shining Light 04. Just Take My Hand 05. Close Your Eyes 06. Still Dreamin’ 07. The Sound Of Your Heart 08. Everybody’s Broken 09. The Answer Was You 10. Run Away 11. Through The Stars 12. Endless Flame 13. Bring My Life Back 14. Leave A Light On 

iron_maiden_maiden_england_88Iron Maiden avait déjà un grand live dans sa riche discographie, Live After Death (1985). En voici un deuxième. Même si on ne peut pas reprocher au groupe de Steve Harris de ne capitaliser que sur ses concerts, comme tant de grands anciens, il faut reconnaître que les derniers disques studio de la Vierge de fer n'intéressent plus comme c'était le cas dans les années 1980. Les vieilleries sont donc bienvenues. Ce Maiden England '88 enregistré sur la tournée Seventh Son Of A Seventh Son est une fausse vraie vieillerie : il s'agit de la réédition, remasterisée et augmentée de la VHS éditée à l'époque et totalement introuvable de nos jours. Certes, la vidéo était visionnable sur Youtube, mais ce qu'on pouvait en voir ne pouvait que rendre impatient d'une réédition bienvenue. 

D'abord car Maiden England '88 scelle la fin de la grande époque de Maiden, celle du dernier grand disque du groupe, Seventh Son Of A Seventh Son. Par la suite, les Anglais alterneront le bon (Fear Of The Dark, Brave New World), le moyen (No Prayer For The Dying, Dance Of Death) et le calamiteux (l'époque Bayley). Malgré les critiques de certaines fans déçus par les aspects plus progressifs et mélodiques de Seventh Son…, ce dernier est rétrospectivement un très grand disque, un des plus fins et des plus ambieux de Maiden. Un des plus homogènes aussi, de telle sorte que ce concept album est interprété quasiment en entier ici. On ne s'en plaindra pas et ce d'autant plus que si certains morceaux sont devenus des incontournables des concerts de Maiden (« Can I Play With Madness », « The Evil That Men Do »…), « Infinite Dreams » ou « Seventh Son », voire l'exemplaire « Moonchild » ont été oubliés depuis cette tournée, tout comme d'autres raretés que propose le live, « Die With You Boots On » ou « Still Live », voire « Killers ». 

Ce Maiden England '88 est un des meilleurs live de la Vierge de Fer dans l'absolu. Le groupe constitué du line up historique est à son sommet. L'interprétation est bien supérieure au Real Live On et tutti quanti et s'avère du même niveau de celle de Live After Death. Certes à la différence de ce dernier live, le chant de Dickinson n'est pas toujours parfait (il a des problèmes de justesse sur « Hallowed Be Thy Name »), mais il est globalement en très grande forme, notamment sur les titres issus de Seventh Son… Et à la différence de Live After Death, le live est issu de deux dates, les 27 et 28 novembre 1988 au NEC de Birmingham et non de l'ensemble d'une tournée. Le groupe avait moins droit à l'erreur. 

Le son d'une VHS étant ce qu'il est, on ne peut qu'apprécier le travail de remasterisation qui donne une incroyable dynamique à l'ensemble et ce d'autant plus que Kevin Shirley a remixé les trois titres de rappel, oubliés sur la VHS (« Run to the Hills », « Running Free » et « Sanctuary »).

En 1988 le groupe était à la fois jeune et vieux dans la tête de beaucoup. « Vieux » car avec quasiment dix ans de carrière et sept disques, il était bien loin des Anthrax, Metallica et autres combos en pleine ascension. Mais « jeune » par la fraîcheur et la fougue affichées. Ce Maiden England '88 est un témoignage parfait des plus belles heures de gloire du groupe britannique. Qu'attendre de plus ? Un live complet de l'époque Di'Anno peut-être ? 

Baptiste (9,5/10)

 

EMI / 2013 [1989]

Tracklist :

CD 1 : 01. Moonchild 02. The Evil That Men Do 03. The Prisoner 04. Still Life 05 – Die With Your Boots On 06. Infinite Dreams 07. Killers 08. Can I Play With Madness 09. Heaven Can Wait 10. Wasted Years

CD2 : 01. The Clairvoyant 02. Seventh Son of a Seventh Son 03 – The Number of the Beast 04. Hallowed Be Thy Name 05 – Iron Maiden 06. Run to the Hills 07. Running Free 08. Sanctuary

TheArrows_LinesAreOpen_Booklet.inddOn est très loin du hard rock ici. Avec la réédition du deuxième disque de The Arrows, The Lines Are Now Open, Yesterocks s'aventure sur les sentiers de l'AOR, de la West Coast ou d'une pop/rock pas très loin de ce que pouvait faire INXS à la grande époque. Pas de longs cheveux gras ou de permanentes déjantées ici mais plutôt des cheveux courts et gominés donc. Le groupe canadien eut un certain succès dans les charts de son pays natal mais eut du mal à percer aux USA. Ceci explique sans doute la briéveté d'une carrière, s'étalant de 1981 à 1986. Depuis, le chanteur et leader du groupe, Dean Mc Taggart poursuit une carrière de compositeur pour des grands noms de la musique US. Les deux disques de The Arrows n'avaient pas été réédités en solo. Merci à Yesterocks pour cette œuvre d'archéologue donc…

Mais pas uniquement. Car la musique de The Arrows étaient loin d'être insignifiante. Une musique certes très commerciale et très datée, truffée qu'elle était de chœurs (trop) travaillés, de batterie surcompressée et de claviers et de cuivres pour le moins racoleurs. Nous sommes à la croisée de l'AOR, de la West Coast (cuivres obliges) et de la pop et l'orientation radio est évidente comme en témoigne le premier single, « Talk Talk ». Pourtant les compositions sont bonnes, emmenées par un Dean Mc Taggart excellent au micro. Et le groupe sait parfois lancer quelques riffs de guitare comme sur le presque hard rock, « Bad Reputation ». La présence de vrais cuivres (et d'un saxophoniste en tant que membre permanent) fait beaucoup pour créer un groove chaud et fiévreux, à l'image de l'excellent « Heart Of The City » que n'aurait pas renié le Chicago des années 80. Dommage que le disque perde un peu d'allant près un tryptique excellent en ouverture d'album. « Tell It To My Heart » est d'ailleurs à moitié inaudible avec ses effets de synthés dignes de la pire New wave. Idem pour « I Told You So » qui en plus souffre d'un refrain raté (chose assez rare sur le disque par ailleurs).

Si on a une âme d'archéologue et aucun a priori sur les productions typiques des années 80, on peut tout à fait se pencher sur l'ultime essai de The Arrows. Sinon, non, assurémment… 

Baptiste (7/10 en faisant preuve d'ouverture d'esprit)

 

Yesterocks / 2013 [1985]

Tracklist (41:08) : 1. Heart Of The City 2. Talk, Talk 3. Bad Reputation 4. Tell It To My Heart 5. Wild One 6. I Told You So 7. Chains 8. I Can't Let Go 9. Hampton Avenue