Perfect Crime ne faisait pas particulièrement partie du peloton de tête du hard FM, loin de là. À vrai dire, ce groupe venu de Norvège fit plutôt partie des étoiles filantes : après avoir abandonné le nom de Blonde On Blonde, pour Perfect Crime, les musiciens ont enregistré un disque, justement intitulé Blonde en Blonde en 1990 puis ont proprement disparu. Le remastering de Yesterock de l'unisque disque de Perfect Crime est là pour réparer cette injustice.
Car les quatre musiciens de Perfect Crime avaient un talent réel pour composer des titres de hard mélodique, certes très américains de sonorité, mais fichtrement efficaces. Emmenés par une chanteuse, Bente H. Smaavik, dont la voix ressemblait à un mélange d'Allanah Myles et d'Ann Wilson, les membres de Perfect Crime proposaient un cocktail de bons titres, à la fois mélodiques et avec jusque ce qu'il faut de rugosité pour éviter le sirupeux. Parmi la dizaine de chansons on repèrera notamment le groovy « One Of These Days » ou le plus teigneux « Liar », mais il n'existe pas vraiment de faux pas ici. La qualité vocale de Bente Smaavik est évidemment un point fort même si on déplorera un certain manque de personnalité dans son chant. Un reproche que l'on peut d'ailleurs élargir à l'ensemble du groupe. Ainsi « Perfect Crime », le titre éponyme, ressemble un peu trop eu à du (bon) Heart pour être honnête.
Malgré un abord très plaisant, Blonde On Blonde est le genre d'album dont on cherche toujours à identifier ce qui ne va pas. Et qui laisse donc un certain goût d'insatisfaction, malgré le plaisir indéniable qu'on peut aussi en tirer.
Baptiste (7/10)
Yesterocks / 2013 (1990)
Tracklist (41:03) : 01. Into The Water 02. Shame On You 03. One of These Days 04. Love Me or Leave Me 05. Perfect Crime 06. Liar 07. Am I Right 08. Lying Eyes 09. Key in the Door 10. Stripped to the Bone
Il y a entre Anthrax et ses reprises, la même relation qu'entre Lemmy et ses verrues ou Angus Young et sa culotte courte : un fort rapport d'identité. Le groupe de Scott Ian a en effet très tôt construit sur sa réputation sur un certain nombre de reprises extrêmement bien trouvées et adaptées. Citons « Antisocial » de Trust, « Got The Time » de Joe Jackson ou « Bring The Noise » de Public Enemy. Et le groupe ne s'est pas arrêté là, truffant de standards un EP comme Attack of the Killer Bees par exemple. Que pouvait nous réserver un nouveau EP de reprises de la part du gang new yorkais ?
Pas de Kiss ou de Public Enemy à l'horizon et encore moins du SOD : Anthrax s'est concentré sur des titres de classic rock, à savoir la musique qui hanta les charts US à la fin des années 70 et au début des années 80. D'où le sens du titre judicieux : c'est d'« hymnes » que l'on parle ici. Et pour interpréter ces hymnes, le groupe a quelques atouts : un goût prononcé pour Boston, Cheap Trick ou Rush ; un niveau technique impeccable ; un chanteur à la voix parfaite pour de telles chansons qu'il interprète d'ailleurs régulièrement dans un cover band sans prétention.
Le final est franchement réussi : « Anthems » de Rush est tout bonnement excellente ; « Smokin' » de Boston parfaite et « Keep On A Running » irréprochable, avec notamment une très belle prestation de Belladonna sur un titre chanté à l'origine par le grand Steve Perry. Je ne vois que peut-être la version de « TNT » d'AC/DC qui soit décevante. Il est vrai que le titre a été bien des fois repris.
Sans prétention si ce n'est le plaisir de se faire plaisir et de permettre à certains thrasheurs purs et durs d'écouter autre chose que des décibels furieuses, Anthems est dans son genre une vraie réussite. Du fait de l'interprétation évidemment mais aussi d'une cohérence dans la conception. Et puis marcher sur les traces de Brad Delp ou Phil Lynott a dû être un si grand plaisir pour Belladonna qu'on ne peut que s'en réjouir pour lui.
Baptiste (7/10)
Megaforce / 2013
Tracklist (33:41) : 1. Anthems (Rush) 2. TNT (AC/DC) 3. Smokin' (Boston) 4. Keep On Runnin' (Journey) 5. Big Eyes (Cheap Trick) 6. Jailbreak (Thin Lizzy) 7. Crawl 8. Crawl (Remix)
Je n'ai jamais eu beaucoup d'estime pour Stryper. Et ce non a cause de leurs ridicules accoutrements jaunes et noirs et de leurs permanentes d'une autre époque. Ni non plus à cause du caractère totalement téléphoné de leur hard US mélodique aussi formaté pour les radios US qu'un discours d'un télé-évangéliste destiné aux ménagères américaines. Je leur reprochais surtout de réduire une estimable et antique religion, fondée par quelques sectataires juifs vivant dans le dénuement et la simplicité à un gros spectacle au discours aussi niais qu'intéressé. Ni Paul, ni Pierre ne méritaient ces clowns de Stryper.
Ceci mis à part (et c'est déjà beaucoup), ni les musiciens de Stryper ni Michael Sweet au chant n'étaient des manches et il faut leur reconnaître un certain savoir faire qui leur permit jadis vendre plusieurs millions de disques au États-Unis, en se positionnant intelligement sur le créneau (à prendre) du hard rock chrétien, mais aussi grâce à quelques singles efficaces (« Calling On You », « First Love » etc.) bien qu'un peu racoleurs. Écouter ce Second Coming ne fut pas pour moi un supplice même si l'exercice convenu de réenregistrer ses « classiques » pour s'en réappropier les droits est devenu bien (trop) banal.
La bonne nouvelle (sic) est que ces nouvelles versions sont bien meilleures que les originales. Modernisées, plus puissantes et expurgées de certaines tics des années 80, les chansons de Stryper prennent finalement très bonne figure. J'ai eu ainsi plaisir à redécouvrir « Under Command », « Calling On You » ou « To Hell With The Devil ». Une certaine « niaiserie » renforcée par des paroles lénifiantes (hélas inchangées) n'est ici plus présente, remplacée qu'elle est par un heavy mélodique de bonne facture.
Il faut dire que, respectant un rythme de vie très chrétien, les musiciens de Stryper restent en forme et Michael Sweet est meilleur que jamais au chant malgré les années. Le groupe nous gratifie de deux nouveaux titres en fin d'album, plus qu'agréables sans être pour autant renversants. Il faut dire que l'originalité n'a jamais été l'objectif de Stryper, un groupe qui visait avant tout à rassembler plus qu'à révolutionner.
Baptiste (7/10 si on n'est pas un blackeux fou)
Site officiel
Frontiers / 2013
Tracklist (60:00) : 01. Loud N' Clear 02. Loving You 03. Soldiers Under Command 04. Makes Me Wanna Sing 05. First Love 06. The Rock That Makes Me Roll 07. Reach Out 08. Surrender 09. To Hell With The Devil 10. Calling On You 11. Free 12. The Way 13. Sing Along Song 14. More Than A Man 15. Bleeding From Inside Out 16. Blackened