Author Archive

Paris – Only One Life

Paris - Only One Life (front)Voilà quelque chose de bien surprenant : un album d'AOR avec comme têtes pensantes deux Français qui n'avaient pas fait beaucoup parler d'eux jusqu'alors, Sébastien Montet et Frédéric Dechavanne. Et de surcroît un excellent album qui n'a rien de franchouillard ou d'artisanal. De l'AOR de grande classe, extrêmement bien interprétée et chantée, très bien produite et dotée de compositions toutes plus efficaces et rutilantes les unes que les autres. D'où peut donc sortir ce Only One Life, premier essai du duo formant Paris

En glânant les informations à gauche et à droite, on peut apprendre que Frédéric Dechavanne (chant et claviers) et Sébastien Montet (guitares) ont conçu une vrai passion pour l'AOR et le hard mélodique depuis les années 80, hantant le Virgin Megastore des Champs Élysées à la recherche des imports les plus rarissimes. C'est à ce moment que les premières démos des deux musiciens furent mises sur pied. Après des années où les obligations professionnelles les ont tenus relativement éloignés l'un de l'autre, le duo a décidé de finaliser sa musique sous la forme d'un CD combinant quelques très vieux titres et une pléiade de nouveaux, enregistrés par Alessandro Del Vecchio dans son studio en Italie. Le duo en a profité pour faire appel à quelques musiciens italiens (Alessandro Mori à la batterie et Anna Portalupi à la basse) et s'est autorisé à inviter Robert Säll (Work Of Art) pour les parties lead sur « America ». Steve Newman a participé aux (excellents) backing vocals. Voici donc du sérieux… 

Et le résultat ne s'est pas fait attendre : dans un genre délicieusement intemporel, ce Only One Life est une grande réussite d'AOR mélodique et énergique. Le duo, inconnu jusqu'alors, est bluffant d'aisance, que ce soit aux parties de guitare de Montet qu'au chant de Dechavanne dont on perçoit toute suite la très grande maîtrise. Sans temps mort ni fléchissement, Paris aligne les compositions toutes plus séduisantes les unes que les autres. Que ce soit dans le rock mélodique vigoureux (« The Clock » et son refrain énorme, « Dancing On The Edge », « Handle With The Care ») ou l'AOR plus précieuse (« Everytime You Walk Away » ou When The Lights Fade Away »).

Cerise sur le gâteau : le groupe nous a dispensé de toute ballade mollassone ou racoleuse, un écueil que n'évitent pas toujours les groupe d'AOR. « The Time Still Come » qui clôt le disque est une power ballade classieuse construite sur un belle montée en puissante. C'est encore une preuve de bon goût. 

Déboulant de nul part, Paris est à dorénavant à placer à côté de Silence ou d'AOR, comme les excellentes productions du genre en provenance de l'Hexagone. Par les temps qui courent un tel disque devrait être classé d'utilité publique. On en redemande ! 

Baptiste (8/10)

 

Trailer officiel

Avenue Of Allies – GerMusica / 2013

Tracklist (46:33) 1. Dancing On The Edge 2. What Should We Be Saying 3. South Of Love 4. Everytime You Walk Away 5. America 6. Longer Than I Care To Remember 7. The Clock 8. On Fire 9. When The Lights Fade Away 10. Handle With Care 11. The Time Still To Come

FM – Rockville I et II

rockvilleIFM rockville II

On avait laissé FM enfin reformé à son nouveau disque, Metropolis, qui démontrait déjà le bien fondé d’une reformation très attendue. Toutefois, on pouvait déplorer que le disque se trouvât un cran en dessous des standards habituels du groupe et qu’aucun nouveau classique n’eût été présent. Il semble que FM nous ait entendu. Déboule donc la foulée un disque en deux parties, Rockville I et Rockville II. Après avoir fait appel au système de PledgeMusic, le groupe a finalement franchi le pas et a fait distribuer ses deux albums par des voies plus classiques. On ne peut que s’en réjouir dans le résultat tient de le haut du panier dans un genre hard mélodique / AOR à la classe débordante.

Sans faute pour Rockville I

FM et Steve Overland nous avaient habitués à leur talent, mais ils font encore mieux ici que prévus : ils retrouvent le sommet des tout premiers disques du groupe, les légendaires Indiscreet (1986) et Tough It Out (1989). Il ne s’agit pas de minorer de très bons albums comme Takin’ It To The Streets ou Aphrodisiac, mais il faut reconnaître que ce n’est pas là que se trouvait le pic d’inspiration du groupe. Même si le combo a choisi de légèrement moderniser sont propos sur Rockville, en abandonnant certains sons de claviers trop typés au profit souvent du piano et en optant pour un son de guitare assez dépouillé, telecaster en avant, cette modernisation ne trahit pas l’esprit originel. Une chatte y retrouvera toujours ses petits.

Cette qualité éclate tout particulièrement sur le premier opus : Rockville I est colossal, enchaînant les titres entêtants à l’image du morceau d’ouverture « Tough Love », les riffs accrocheurs et les refrains « hymnesques » porté par un Steve Overland à la voix toujours aussi unique. Le résultat ? Un sans faute avec des ballades à l’émotion brûlante (« Show Me The Way »), des powers ballades émouvantes (« Wake Up The World », « Story Of My Life »), des titres AOR aux mélodies imparables (« Only Fooling » déjà sorti sous forme de EP, « Goodbye Yesterday » et surtout « Crave ») et des morceaux de hard rock mélodique de haute volée (« My Love Bleeds », « Crosstown Train » où rugit la wah wah…). Le groupe se permet même de clore le disque sur un « High Price Of Loving » qui ne donnera qu’une envie : celle de se tourner vers Rockville II.

Un deuxième volet un chouïa en dessous

Rockville II marque toutefois un peu le pas. Il ne s’agit pas de faces B ni encore moins de ragotons invendables : le deuxième disque tient franchement la route. Mais il a pour principal défaut de commencer par un morceau secondaire : « High ». Déjà enregistrée par So !, le groupe formé par Steve Overland et Pete Jupp la chanson ne méritait pas franchement qu’on lui fasse une grosse publicité en la réinterprétant pour FM, même si elle est assez agréable.

Le reste est d’un bien meilleur acabit et l’on retrouve quelques fort bons titres : l’énorme « Bad Addiction » ou « Runaway Train » qui auraient tout à fait mérité leur place sur le disque précédent. Quelques chansons sont cependant plus secondaires et font chuter la note de ce Rockville II. La priorité des achats restent donc Rockville I même si les amateurs du groupe ne résisteront sans doute pas à la tentation d’acquérir le deuxième volet.

Dans la catégorie des grands anciens de l’AOR et du Hard mélodique, FM vient de démontrer avec ces deux essais, qu’il était incontestablement parmi les plus créatifs et les plus crédibles. Le poids des ans ne frappe pas tout le monde au même degré. Ce Rockville est assurément l’album d’un groupe non pas vieillissant mais en plein possession de ses moyens. La retraite n’est pas à l’horizon…

Baptiste (9/10 pour Rockville I et 7,5/10 pour Rockville II)

 

Site officiel

Membran / 2013

Tracklists :

Rockville I (51:02) : 1. Tough Love 02. Wake Up The World 03. Only Foolin&rsquo 04. Crave 05. Show Me The Way 06. My Love Bleeds 07. Story Of My Life 08. Better Late Than Never 09. Crosstown Train 10. Goodbye Yesterday 11. High Cost Of Loving

Rockville II (42:17) :  01. High 02. Bad Addiction 03. Guilty 04. Desolation Station 05. Runaway Train 06. Living For The Weekend 07. Forever And A Day 08. Paradise Highway 09. Brother Take Me Home 10. Last Chance Saloon

Malemort – French Romances

malemortCombiner le rock et une identité française est assurément une tâche délicate. Et ce constat est encore plus valable pour le hard rock. Comme si la provenance anglo-saxonne du rock et du hard rock formait un obstacle quasiment insurmontable pour les musiciens de ce côté de la Manche. On comprend que beaucoup choisissent de surmonter la difficulté en « anglicisant » totalement leur propos à la manière de ce qu'on sut faire très tôt nos cousins allemands (Scorpions et Accept n'ont jamais chanté en allemand tout comme la majorité des groupes de thrash germains). C'est assurément le chemin qu'a pris Gojira et on ne peut leur donner tort tant le succès est manifestement là. 

Un groupe différent

Certains groupes font différemment. Malemort est de cela. Peut-être parce que ce « jeune » groupe dont c'est le premier essai est l'œuvre de musiciens expérimentés, qui ont longtemps bourlingué entre hard rock et rock. On imagine que ce qu'ont pu réaliser à une époque Trust, Satan Jokers ou Vulcain n'est pas indifférent à Xavier (chant et guitare) et les siens. Mais ce French Romances n'est en rien une redite et malgré l'hommage qu'il contient aux groupes des années 80, il n'y a rien là de passéiste. 

On pourrait plutôt parler de « nostalgie » à voir l'habillement des musiciens, l'imagerie « art déco » affichée et les photos en noir et blanc des années 20/30 présentées dans un livret intérieur très soigné. Mais cette nostalgie est aussi une manière particulièrement intelligente d'intégrer une identité française sans sombrer dans la facilité. Car on sait que chanter en français est sans doute bien plus aventureux que chanter en anglais : la superficialité sombre vite dans le grotesque et les assonances et les allitérations sont plus difficiles à maîtriser que dans la langue de Shakespeare. Un gros travail a été fait au niveau des textes par Xavier, les fils conducteur étant tour à tour la nostalgie pour une époque révolue (« Le Domaine »), mais aussi l'ironique sarcastique (« Atomatique Diplomatie ») voire la romance (« Diamond »). Le sens des images, la capacité à créer des atmosphères, le jeu avec la langue sont là et corroborent ce que je pense depuis longtemps : le chant en français peut être un atout si on le prend au sérieux. 

Météore dans un ciel bien terne

Quand on parle de « paroles » (et non de lyrics, un mot d'ailleurs piqué au français), on en vient très vite à la question du chant. Celui de Xavier étonne d'abord par son énergie presque punk, son timbre plutôt aigu et personnel, mais aussi par son rythme très nerveux dont le rapide « Home Sweet Home » donne d'emblée un aperçu. Au final, il est un gros point fort de ce French Romances. Il s'associe à une hard rock très immédiat (Twisted Sisters, Motley Crüe première époque voire parfois Iron Maiden sont là), fortement imprégné de ce que le rock français a produit de meilleur (Noir Désir, les Rita mais aussi des combos de rock alternatifs) et d'énergie punk (les Beruriers noirs ne sont pas loin parfois).

Le cocktail semble improbable mais s'avère au final totalement capiteux. Malemort prend ainsi, en France, la forme d'un OVNI entre quelques groupes de metalcore conformistes et les disques de quelques grands anciens plus ou moins vaillants (Satan Jokers, ADX…). On espère qu'il intéressera un public large, ouvert aux démarches personnelles et à contre-courant, aux voies détournées et aux chemins de traverse en quelque sorte.   

Baptiste (8/10)

 

Facebook

Brennus (distribution) / 2012

Tracklist (42:00) : 01. Home Sweet Home 02. Insoumission 03. Atomique Diplomatique 04. La Meute 05. Le Domaine 06. L’Enfant-Machette 07. Jamais ! 08. Japan Airline 09. Nous Les Barbares 10. Diamond 11. Les Derniers 12. Fils D’Eve