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Rock N Roll Women - FGrâce en soit en rendue à Bad Reputation ! Je n'ai pas l'habitude des expressions religieuses mais pour une fois je mettrai de côté mes convictions laïcardes pour signaler à quel point la réédition remasterisée du premier et unique disque de Cheetah par le label français mérite une salutation enthousiaste. Espérons qu'il sera l'occasion de découvrir et de redécouvrir un album et un duo injustement tombé dans l'oubli. 

« Oubli » et « injustice » sont bien les mots clés pour comprendre une carrière aussi prometteuse qu'étouffée bien vite. Constituée des deux sœurs Hammond, Lyndsay et Chrissie, Cheetah a vu le jour en Australie en 1977 et s'est éteint cinq ans plus tard en 1982. Formé autour de deux chanteuses déjà expérimentées dans le métier, Cheetah recueilli d'abord un certain succès à travers quelques singles influencés par Abba, entre disco, funk et pop (« Shake It To The Right », « Love Ain't Easy To Come By » , « Deeper Than Love » etc.), pour certains sortis d'ailleurs contre l'avis des deux sœurs. Jusqu'ici, il n'y a pas de quoi hausser un sourcil… 

Mais en 1980, tout change : les deux sœurs enregistrent un album de rock hard australien dans une veine totalement différente. Produit et composé pour les sœurs Hammond par le duo George Young et Harry Vanda, ce Rock 'N' Roll Women est un tournant majeur. Évidemment influencé par AC/DC puisque Young et Vanda venaient de produire Let There Be Rock puis Powerage, le disque est un brulôt de hard rock teinté de blues et de boogie, un peu à la manière du Whitesnake de l'époque. Les singles « Bang Bang » ou « Rock 'N' Roll Women » affichent une énorme pêche, soutenue par la production (et le remastering) impeccable et surtout par les voix d'enfer des deux sœurs qui démontrent une âme de rockeuse dans l'âme. Le gros hit du disque sera la power ballade « Spend The Night » mais tout la première partie du disque est à retenir, même quand les compositions glissent parfois vers l'AOR (« Scars Of Love », « My Man »). Si la fin du disque perd un peu de sa consistance, le titre bonus intégré avantageusement par l'édition de Bad Reputation, « Love You To The Limit » clôt le disque sur une excellente note et aussi un peu de regret. 

Car malgré le succès du disque, une apparition au Reading en 1982 (avant Iron Maiden) et un nouvel album composé mais pas enregistré, les choses en resteront étrangement là. En 1984, les sœurs se sépareront et mèneront des carrières séparées, plus anonymes bien qu'honorables (Chrissie Hammonde chantera très longtemps pour le claviériste de Yes, Rick Wakeman). Après une reformation en 2006 pour certains concerts, le groupe est de nouveau en sommeil. Cela ne justifie en rien passer à côté d'un disque qui porte parfaitement son nom ! Qu'on se le dise… 

Baptiste (8,5/10)

 

Site officiel

Bad Reputation / 2013 [1981]

Tracklist (40:48) : 1. Bang Bang 2. Suffering In Love 3. Spend The Night 4. Rock 'N' Roll Women 5. Scars Of Love 6. My Man 7. N.I.T.E. 8. Come & Get It 9. Let The Love Begin 10. I'm Yours 11. Love Yout To The Death (bonus track)

Mothership – Mothership

mothership-albumcoverQue peut-on attendre d'un groupe texan ? Sans doute pas un album de néo-prog' ou de techno-thrash… Surprise : le trio texan de Mothership ne fait pas ça. Pour son premier album il fait plutôt dans un stoner gras et sale sentant la bière tiède, les aiselles suantes et la barbe mal taillée. C'est dire qu'il ne faut pas se fier à l'élégante et mystérieuse pochette de ce Mothership. L'ange extra-exterrestre sans face aurait plutôt dû être remplacé par un biker ventru par exemple… 

Car ce n'est pas faire injure au duo qui sert de tête pensante à Mothership, les frères Kelley (guitares) et Kyle Juett (basse et chant), que de faire remarquer que la musique du groupe est loin d'être finaude : batterie dépouillée (sans être totalement minimaliste), son de guitare directement tiré du Marshall, chant brut et limité, solo à pentatoniques à gogo… Mothership n'a pas franchement complexifié le propos par rapport au premier disque de Black Sabbath, la basse et les ambiances en moins. 

Tout cela exhale toutefois un parfum d'authenticité qu'on ne peut nier comme en témoigne le clip assez primitif de « City Nights ». Et puis ces riffs épais mais pas fortement stupides, font beaucoup pour qu'on puisse apprécier le propos. Si évidemment on est en recherche une attitude brute de décoffrage et d'un hommage très appuyé à ce qui se faisait entre 1972 et 1977. Car je ne suis pas très sûr que sorti à l'époque le disque ait intéressé grand monde.  

Baptiste (6/10)

 

Site officiel

Clawhammer – Ripple Music / 2013

Tracklist : 1. Hallucination 2. Cosmic Rain 3. City Nights 4. Angel of Death 5. Win Or Lose 6. Elenin 7. Eagle Soars 8. Lunar Master 

Wild Rose – Dangerous

63409_wild_rose_daVoici un disque qui porte bien mal son nom. Car le deuxième album du groupe grec Wild Rose n'est en rien « dangereux ». Il ne fera pas peur à la Troïka qui affame le peuple grec, aux armateurs cupides du pays, à l'Église orthodoxe assise sur son tas d'or ou aux nervis de l'Aube dorée. « Suranné » ou « désuet » seraient des termes plus adaptés pour désigner la musique du groupe et les rock critiques prétentieux taxeraient facilement ce disque de « ringard ». Œuvrant dans une AOR ultra-classique, le groupe du guitariste et compositeur Andy Rock (alias Andreas Peyos dans le civil) semble avoir effectué un voyage spatio-temporel et avoir été transplanté du milieu des années 80 vers ce nouveau millénaire. 

Tout est là : paroles suaves et inoffensives, jolies mélodies faciles à retenir, son de batterie truffé de réverbération et de compression, savoir faire réel d'Andy Rock aux guitares et du chanteur David Saylor et sons de claviers clinquants. Le tout s'écoute très agréablement si on apprécie le genre et qu'on n'est pas trop exigeant en terme de nouveauté et de créativité. Après tout « Dream On » ou « I Can't Stop Loving You » auraient sans doute bien mérité un clip et quelques passages à MTV à la grande époque des Bad English, Starship et Boulevard…

Toutefois cela sonne quand même très convenu. Aucune chanson ne décolle réellement et on imagine plus les meilleurs titres de ce Dangerous atterrir sur une BO obscure d'un navet cinématographique américain des années 80 plutôt que de jouir du succès d'un « Separate Ways » ou d'un « When I See You Smile ». Quand aux pires morceaux, ils frôlent le franchement le pénible ne serait-ce que du fait des envahissantes citations d'autres groupes du genre (« Awake »). N'est pas Journey qui veut… 

Baptiste (5,5/10)

 

Site officiel

AOR Heaven – GerMusica / 2013

Tracklist (43:46) : 01. Alone 02. Hold On 03. I Can’t Stop Loving You 04. If You Still Love Me 05. Dream On 06. Awake 07. Tonight 08. I Won’t Forget You 09. Is This Love 10. Not A Day Goes By