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Diamond Dawn – Overdrive

diamond-dawn-overdrive-cd-Frontiers ne fait pas que ressusciter les morts ou permettre à quelques vieilles gloires à moitié oubliées de payer leurs pensions alimentaires. Il arrive au label napolitain de prendre des risques et des signer des jeunes groupes : Eclipse, W.E.T., Work Of Art et, donc tout récemment, Diamond Dawn. Il faut dire qu'officiant dans un hard mélodique fortement imprégné d'AOR, les jeunes Suédois interprètent une musique qui à tout lieu de plaire aux amateurs d'une maison de disque qui n'aime généralement pas trop bousculer ses auditeurs. 

Diamond Dawn n'est pas le nouveau H.e.a.t. ou le nouveau Work Of Art, malheureusement. Le sextet fait preuve d'un certain savoir faire pour concocter des titres imprégnés de Journey mais aussi de Strangeways ou de FM… en beaucoup moins bien toutefois. La faute peut-être à un chanteur, Alexander Strandell, assez fade, assez limité et manquant cruellement d'inspiration sur ses refrains qui ne décollent pas. Un comble quand on officie dans un tel genre. Le single dont un clip a été tiré en dit long sur cette incapacité si manifeste. 

Les autres musiciens souffrent trop de l'influence des « grands anciens » (pour paraphraser H.P. Lovecraft) pour convaincre, et ce malgré un niveau technique satisfaisant (écouter le break de « California Rush »). Au final, rien ne ressort et l'on pense et passe vite à autre chose en écoutant cet Overdrive dont le choix du titre n'est pas le pire des défauts.

Baptiste (4,5/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2013

Tracklisting (49:47) : 1. Into 2. Overdrive 3. Take Me Higher 4. Crying 5. Standing As One 6. California Rush 7. Indestructible 8. Turn It Up 9. The Hunter 10. Give It All 11. Don't Walk Away; Powergames.

diodreamdeluxeDans la discographie du groupe Dio, c'est avant tout la trilogie Holy Diver, The Last In Line et (dans une moindre mesure) Sacred Heart que l'on retient. Dream Evil (1987) appartient à la catégorie des albums moins cotés, notamment du fait de la baisse de popularité entamée par Dio à partir ce de moment. Pourtant c'est assurément un des tous meilleurs disques de Dio, du niveau d'un The Last In Line et clairement supérieur à Sacred Heart et à son successeur, Locked Up The Wolves (1990). La réédition de ce disque en version deux CDs de ce disque et son remastering concommitant constituent une nouvelle occasion de leur réaliser. Car Dream Evil est sans doute un des disques sur lesquels Ronnie James Dio chante le mieux. C'est dire…

Le spectre de Rainbow

Et il chante pour le mieux sans doute car Dream Evil est ce que Dio a fait de plus proche de Rainbow durant sa carrière. Ce album est en effet très mélodique tant au niveau des riffs, des solos mais aussi des lignes de chant de Ronnie James. Dans le livret intérieur, le guitariste Craig Goldy narre son intégration dans le groupe et explique son amour pour Rainbow et Deep Purple. En recrutant l'ex-guitariste du groupe de pomp hard rock Giuffria à la place d'un Vivian Cambell démissionnaire, Ronnie James Dio avait bien une idée en tête, et ce d'autant plus que Goldy a été associé au processus de composition sur presque tous les morceaux amenant un bon nombre de riffs et de mélodies. Au final la paire formée par le guitariste et le chanteur a co-composé huit des neuf titres de ce petit chef d'œuvre. Seul le d'ailleurs fort bon « Naked In The Rain » a été composé seul par Ronnie James Dio.

La dimension mélodique de ce disque est évidente, mais Dream Evil reste avant tout un album de heavy metal en témoigne les nombreux riffs que n'aurait pas reniés un Blackmore des grands jours (« Night Peope », « Overlove », « Faces in The Window ») et de très belles parties solos où la recherche de la mélodie guide avant tout Goldy malgré son niveau technique élevé pour l'époque (« Dream Evil » ou « Faces In The Window »). Si on a reproché la présence plus marquée que d'habitude chez Dio, notamment sur le refrain du single « I Could Have Been A Dreamer »  sur le final de « When A Woman Cries », il faut rappeler qu'ils étaient encore plus présents sur Holy Diver. Et Dio n'est pas tombé pour autant dans l'ornière du hard FM comme le fit Saxon a l'époque : Dream Evil est certes très mélodique et intègre des claviers mais reste bel et bien un disque de heavy.  

Ronnie James à son zénith

Le maître d'œuvre de ce bel édifice est évidemment Dio lui même. Dans un registre très lyrique avec beaucoup de montées et de variation, sa prestation est une des toutes meilleures qu'il ait produites. Bien supérieure à ce qu'il fera par la suite dans un genre plus sombre et agressif qui lui sied moins (Angry Machines etc.). À l'image de la pochette d'une féérie assez inquiétante, son chant se veut mélodique et puissant sans jamais tirer sur le mièvre. C'est sans doute pourquoi il nous propose parmi ses plus belles lignes de chant : « Night People », le colossal « Dream Evil » et son refrain énorme ou la ballade « All The Fools Sailed Away » extrêmement lyrique, sont parmi les meilleures interprétations qu'il ait produites. 

Tout juste reprochera-t-on au disque une production faite par Ronnie lui-même : correcte, elle manque un peu de puissance et notamment de profondeur. En 1987, elle fut un point faible du disque alors que la production faisait des pas de géants à l'époque. Mais ce n'est sans doute pas cela qui explique le succès très relatif d'un album qui se classa toutefois dans le top 10 des charts britanniques et à la 43 place des charts américains. Il faut plutôt recherche la cause d'un tel désintérêt dans le contexte musical : coincé entre le hair metal à l'époque très flamboyant et les jeunes groupes de thrash alors très fougueux et novateurs, ce Dream Evil avait du mal à trouver sa cible. C'est peut-être ce qui explique le départ consécutif de Craig Goldy, départ qui ne profitera pas à Locked Up The Wolves. On retrouvera de nouveau Craig Goldy avec Dio à partir de Magica (2000). Espérons que cette réédition permettra à son premier disque avec Ronnie James Dio d'être réhabilité. Car il vaut bien mieux que sa réputation.

Baptiste (9/10)

PS : la version de luxe de l'album permet de profiter d'un remastering pas malvenu, mais qui ne change pas sur le fond les travers de la production. Par contre, on trouve sur le deuxième CD un enregistrement live qui était déjà proposé sur le live At Donington UK dont j'ai dit tout le bien que j'en pensais ici. Pour ceux qui n'ont pas ce disque, c'est une occasion d'en découvrir une partie.

 

Universal / 2013 [1987]

Tracklist :

CD 1 (43:57) : 01. Night People 02. Dream Evil 03. Sunset Superman 04. All The Fools Sailed Away 05. Naked In The Rain 06. Overlove 07. I Could Have Been A Dreamer 08. Faces In A Window 09. When A Woman Cries

CD 2 (57:46) : 01. Hide In The Rainbow (Dio EP) 02. I Could Have Been A Dreamer (Single Edit) 03. Dream Evil (Castle Donington – 22/08/87) 04. Neon Nights 05. Naked In The Rain 06. Rock N Roll Children 07. Long Live Rock 'n' Roll 08. The Last In Line 09. Holy Diver 10. Heaven And Hell 11. Man On The Silver Mountain 12. All The Fools Sailed Away 13. The Last In Line (Reprise) 14. Rainbow In The Dark

 

Player – Too Many Reasons

player-too-many-reasons-frontiersQuel intérêt de ressusciter Player quinze ans après le dernier album du groupe de soft rock américain, Lost In Reality (1997) ? Un disque qui succédait lui-même à son prédécesseur, Spies Of Life, après quinze ans d'attente. Il y a lieu de s'interroger… Qu'est-ce qui a incité les deux leaders de Player, Peter Beckett et Ron Moss a remettre le couvert ? Espérons que ce ne soit pas des raisons mercantiles. Les fameux auteurs du hit de jadis, « Baby Come Back », sont donc rentrés en studio, ont enregistré un EP puis ce Too Many Reasons qui reprend les choses où elles en étaient après Lost In Reality

Les choses démarrent de manière surprenante sur un très rock « Man On Fire » qui nous renvoie aux meilleurs titres d'AOR des années 80 (c'est un compliment) avec, en prime, le son de batterie d'époque (c'est un reproche). Le titre est une excellente entame mais s'avère totalement trompeur : car si le groupe a pu pondre quelques titres franchement rock tel « Silver Lining » jadis, il reste avant tout un groupe de soft rock, à savoir un genre à la croisée du rock et de la pop. Les voix sont donc très mélodieuses et travaillées et la guitare très sage chez Player et, au-delà de « Man On Fire », on ne trouve plus grand chose de bien saignant à se mettre sous la dent, sauf peut-être le plus rock « Life In Color ». Le premier single « I Will » est ainsi une ballade acoustique relevée mais très loin des préoccupations de ce site. À vrai dire, ce Too Many Reasons apparaît comme encore plus torpide que Player (1977) ou Danger Zone (1978). Ce n'est pas peu dire.

L'ensemble reste très agréable à l'écoute et fera parfois penser aux Eagles, notamment en terme de recherche de la mélodie. Ce n'est pas du tout un reproche et Too Many Reasons aura sans doute sa place dans une discothèque sans dépareiller à côté de Chicago ou d'America. En prime, on aura droit à une nouvelle version acoustique de « Baby Come Back », pas désagréable mais inférieure à l'originale. On aurait pu s'en dispenser et ce d'autant plus que le disque est quand assez (trop ?) long.

Baptiste (hors sujet dans nos pages donc non noté)

 

Site officiel

Trailer pour les plus courageux

Frontiers / 2013

Tracklist (60:44) : 1. Man On Fire  2. Precious 3. I Will 4. Tell Me 5. The Sins Of Yesterday 6. My Addiction 7. Too Many Reasons 8. To The Extreme 9. The Words You Say 10. Life In Color 11. A Part Of Me 12. Kites 13. Nothin' Like You 14. Baby Come Back