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Dix millions de disques vendus et une pelletée impressionnante de disques de platine dans les années 80 ; des prestations live hautes en couleur servies par l'énergie indéniable de musiciens canadiens compétents à défaut d'être géniaux ; une somme de hits AOR très accrocheurs, construits sur quelques mélodies habiles et un sens inné de ce qui attire l'oreille de l'auditeur des radios US. Voici sans doute, ce que l'on retient des canadiens de Loverboy, plus de trente après leur premier album, l'éponyme Loverboy (1980). Ces hits sont présents en force sur ce Rock 'n' Roll Revival – neuf pour être exact – qui n'est donc pas un vrai nouvel album mais qui relève de la trop fréquente pratique du réenregistrement par un groupe de ses classiques. Nous ne sommes donc pas du tout devant un nouveau disque, succédant Just Getting Started (2007). On ne connaît pas les raisons officieuses d'un tel choix : désir de reprendre un contrôle sur des morceaux qui échapperaient à leurs auteurs ; besoin d'une nouvelle parution avant une tournée avec Journey… qui sait ?  

Le groupe nous propose donc de nouvelles versions des si connus « Turn Me Loose », « Working For The Weekend », « Lucky Ones » ou « Lovin' Every Minute » (et j'en passe). Ces titres profitent d'un réenregistrement sous la houlette de Bob Rock, ce qui fait qu'ils jouissent d'un contexte sonore quand même meilleur que ce que l'on faisait il y a trente ans. Les musiciens ont par ailleurs apporté quelques modifications à leurs chansons, notamment au niveau des parties de guitares plus rock et plus étoffées (c'est patent sur « Turn Me Loose »). On constatera en outre que cela entraîne un certain allongement des durées sur certaines chansons, l'effet étant particulièremen raté sur un interminable « Hot Girls In Love », affublé d'une pseudo jam pesante et d'un solo de basse à faire se retourner dans sa tombe le malheureux Jaco Pastorius.  L'ambition était louable mais s'avère au final ratée. 

L'intérêt de ce Rock 'n' Roll Revival pourrait apparaître très relatif et, pour découvrir la musique du groupe, on pourrait plutôt conseiller l'excellent live Live, Loud and Loose qui contient tous ses meilleurs morceaux, dans un cadre de concert très dynamique. Toutefois, sans doute conscients des critiques qui allaient leur être adressées, les gars de Loverboy ont ouvert leur disque par trois nouvelles compositions : « Rock 'n' Revival », « No Tomorrow », « Heartbreaker ». J'ai été franchement étonné de constater la qualité que pouvait accrocher le groupe de Mike Reno trente ans après les Get Lucky et Keep It Up de jadis. Il y avait sans doute quoi mitonner un album de rock mélodique de haute tenue, s'inscrivant parfaitement dans une discographie que beaucoup jalouserait. Voilà encore une occasion de regretter le statut au final trop bâtard de ce Rock 'n' Roll Revival. Au moins sommes-nous tenus intéréssés par Loverboy et ce que le groupe pourrait de nouveau proposer à l'avenir.

Baptiste [6,5/10 pour la démarche]

 

Site Officiel

Frontiers / 2012

Tracklist (58:16) :  01. Rock ‘N’ Roll Revival (4:14) 02. No Tomorrow (4:42) 03. Heartbreaker (3:57) 04. Turn Me Loose (5:57) 05. Working For The Weekend (3:53) 06. Lovin’ Every Minute (5:23) 07. Kid Is Hot Tonight (4:32) 08. Lucky Ones (4:05) 09. Always On My Mind (3:42) 10. Queen Of The Broken Hearts (4:03) 11. When It’s Over (5:34) 12. Hot Girls In Love (7:57)

Il est des groupes dont l'on se souvient surtout pour le parcours ultérieur de leurs musiciens. C'est largement le cas de Grand Prix, un groupe de hard mélodique britannique à la croisée du hard rock, du pomp rock et de l'AOR. De nos jours Grand Prix est surtout associé à Robin Mc Auley qui fut le deuxième chanteur du groupe avant de chanter pour Michael Schenker dans MSG et Phil Lanzon, l'actuel claviériste d'Uriah Heep. Mais en 1983, nous n'en étions pas là et la maison de disque du groupe, Chrysalis, avait beaucoup d'espoirs pour Grand Prix, malgré les ventes décevantes du deuxième opus des Anglais, There For None To See. Et on peut le comprendre à l'écoute de cet ultime essai, Samourai, que réédite judicieusement Rock Candy. 

Emmené par la voix déjà très classieuse de Robin Mc Auley, et les compositions de Phil Lanzon et de Michael O'Donoghue (guitares), Samourai, s'avère un disque de Hard mélodique de haute tenue. Certes il ne faut pas être allergique aux claviers nombreux et souvent prédominants (« Give Me What's Mine » dans une veine très « pomp hard rock ») et aux chœurs souvent marqués de l'influence de Queen (« Countdown To Zero ») pour apprécier Grand Prix. Mais si cette orientation ne rebute pas et si on est sensible à la maîtrise techniques des interprètres, il faut reconnaître que les titres cités ou que les « Here We Go Again », « Somewhere Tonight » etc., sont tout à fait irrésistibles. Le groupe s'autorise même une échappée à la lisière du heavy et du progressif sur les sept minutes et demi d'un « Samourai » en clôture de disque. Après une entrée en matière plutôt calme, une embardée saisie le lecteur pour ne plus le lâcher jusqu'à la fin. Mais ce cas particulier mis de côté, Samourai est exempte de toute influence New Wave Of British Heavy Metal.

C'est peut-être une des causes de l'échec du groupe, échec qui entraîna un split définitif. Grand prix sombra par la suite dans l'oubli, jusqu'à ce Rock Candy décide de rééditer son premier disque en 2009. Pour ce Samourai, encore une fois le travail de réédition de Rock Candy a été exceptionnel : interview des musiciens, remastering excellent et deux titres lives constituent encore d'autres arguments pour découvrir un excellent disque. 

Baptiste [8/10]

 

Rock Candy / 2012

Tracklist (53:52) : 01. Give Me What's Mine 02. Shout 03. 50/50 04. Here We Go Again 05. Countdown To Zero 06. Somewhere Tonight 07. High Time 08.Never Before 09. Freedom 10.Samurai Bonus track : 11. Keep On Believing (live) 12. Feels Good (Live)

Yesterrock ne réédite pas que des disques « évidents » : il fallait un certain flair pour remettre à disposition de l'auditeur du nouveau millénaire le premier essai de Joanna Dean, Misbehavin', paru en 1988. En effet, la chanteuse américaine n'a connu qu'une carrière éclair, le temps d'enregistrer ce premier essai puis un disque avec le groupe Bad Romance dont elle était la cheville ouvrière. Depuis, les nouvelles de la chanteuse se font rares.

Le sort semble avoir été un peu injuste avec Joanna Dean car en tant que chanteuse et compositrice, la belle était dotée d'un bon lot d'atouts qui apparaissent nettement sur ce Misbehavin' qui n'est – rappelons-le – qu'un premier essai. Avec sa voix puissante et gouailleuse, son sens de la mélodie et de l'accroche rapide, Dean pouvait être comparée à une Janis Joplin actuelle mais aussi à une de ses contemporaines, Alannah Myles. Rappelons que cette dernière eut à l'époque un énorme succès avec son premier disque dans un genre assez proche de celui de ce Misbehavin', à savoir un hard rock bluesy aux accents rocailleux mais assez léché toutefois pour toucher les radios US.  Il est donc triste que Joanna Dean ait quelque peu « raté le coche ». Car certains de ses titres s'avèrent très agréables comme ce « Ready To Saturday Night » en ouverture et en single ou, quasiment du même niveau, le morceau « Kiss This » qui fut l'objet d'un clip video. De même la ballade « Once Is Engough » ou le puissant « Burnin' Rubber » témoignent du gros potentiel d'une chanteuse qui avait inconstablement du chien. Il serait mesquin d'ergoter sur les quelques faiblesses du disque, comme ce trop évident « I Miss The Money » ou cette reprise un peu maladroite du légendaire « Gimme Shelter » des Pierres roulantes. 

Car pour une première tentative, Joanna Dean montrait énormément de talent et de capacités musicales. Cette bienheureus réédition de son premier opus ne peut que nous faire regretter sa disparition rapide de la scène musicale. 

Baptiste [7,5/10]

 

Site consacré à Joanna Dean

Yesterrock / 2012

Tracklist (41:18) : 01. Ready for Saturday Night 02. Kiss This 03. Misbehavin' 04. I Miss the Money. 05. Once Is Enough 06. Dirty Fingers. 07. Burnin' Rubber 08. She's Been Hearing About Me 09. Gimme Shelter.