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Deluge – Æther

Les lorrains de Deluge sont de nouveaux venus au sein de la scène Postcore / Black Metal française incarnée par des groupes comme Necroblaspheme (ma récente chronique de Belleville ici) ou Regarde Les Hommes Tomber (chronique du dernier album normalement prévue pour bientôt) puisque ils ont débarqué avec un premier album Æther au sein de l’écurie française Les Acteurs De L’Ombre (facebook ici) en septembre. Il faut dire que je ne connaissais pas la formation et que leur démo Mélas | Khōlé  (2014) m’était passée sous le nez. Autant vous dire qu’au départ je n’avais absolument pas prévu de m’intéresser à Deluge (faute de temps vu que je traitais les deux formations du dessus)  mais aux vues de l’agitation suscitée par cette récente sortie sur le net ainsi que les réseaux sociaux et dépassant largement notre cadre national, je me suis décidé à jeter une oreille attentive à Æther principalement guidé pas ma seule curiosité !

J’ai bien fait car si Deluge ne révolutionne pas le courant consistant à un crossover de Postcore et de Black Metal, il faut quand même lui reconnaître une maitrise technique parfaite de son propos ainsi qu’une mise en forme du genre épatante ! Tout d’abords l’artwork Valnoir – Metastazis (facebook ici) est superbe ! Il faut aussi saluer le processus de prise de son réalisé par le groupe avec l’aide de Christophe Edrich en guise d’ingénieur du son qui a notamment bossé sur les productions de The Ocean, Hacride ou Klone et le mixage/mastering de Joey Sturgis qui s’est quant à lui illustré pour son travail auprès de Oceano, The Acacia Strai ou Born of Osiris.

Le son est énorme et dès l’entame du premier morceau « Avalanche »  ou les titres suivants  avec leurs blastbeats dévastateurs, on s’en prend plein la gueule ! Le groupe nous aménageant  tout de même quelques espaces de relâchements par le biais de Downtempo et d’ambiances athmosphérique bien ficelés comme sur « Melas Khole »  où Deluge à fait appel à un guest au chant de renom puisque il s’agit de Stéphane Paut alias Neige (Alcest). J’ai souvent pensé en écoutant la musique de Deluge à celle des allemands de Downfall Of Gaia (ma chronique du dernier album en date ici) mais dans une version bien plus clean. L’adorateur de musique extrême qu’est votre serviteur aurait aimé plus de pesanteur, de climats poisseux ou malsain comme les allemands savent très bien le faire… Dommage !  

C’est peut être ça qui me dérange un peu au final dans l’aspect général de Æther. Ces ambitions sont louables mais elles sont trop propres et polis pour le style pratiqué. Messieurs un peu de folie !!! Les compositions  tombes de manière trop récurrente dans un schéma : burinage + relâchement + burinage et ainsi de suite. Par contre j’ai beaucoup aimé la seconde moitié de l’album où j’ai eu l’impression que Deluge se faisait plus aventureux par exemple sur les titres « Vide » et « Klartraumer » qui sont très épique et Doom par moments avec ses parties des piano décalées sur le second. Le chant majoritairement d’obédience Hardcore / Postcore, il est percutant et plutôt bien callé pour du chant en français ! C’est un point fort sans nul doute ! Les parties Black Metal sont toutes catchy et très mélodique, certains y verront une force d’autre une faiblesse moi j’ai apprécié ! 

Le tout reste plus que correcte pour un premier album et je suis curieux de savoir ce que le groupe nous proposera à l’avenir. Leur crossover Black Metal Postcore tient la route même si j'aurais aimé plus d'audace ! Malgré mes quelques réserves je pense que soutenir Deluge est  salutaire pour le Metal extrême français car Æther s’ajoute à une belle vitrine déjà bien garnie !

FalculA 7,5/10 


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Les Acteurs De L’Ombre / 2015 
Tracklist (55:33) : 01. Avalanche 02. Appats 03. Melas Khole 04. Naufrage 05. Houle 06. Klartraumer 07. Vide 08. Hypoxie 09. Bruine.

https://www.youtube.com/watch?v=bcofm_hz6ao 

Perihelion – Zeng

Fondé sur les cendres du groupe de Black Death Metal hongrois Neokhrome (en activité entre 2001 et 2014), Perihelion façonne un univers musical audacieux et à la croisée des genres entre Postrock, Shoegaze, Rock / Metal Folk, Black Metal, Postpunk, Postcore. Ayant sorti un premier EP  Nap fele néz (2014) et un premier album éponyme Perihelion dans la foulée la même année, le trio hongrois fait preuve d’une belle vivacité sur un lapse de temps assez court. C’est certainement ce qui a facilité leur signature avec le reconnu label français Apathia Records (facebook ici) pour ce second album Zeng qui est sorti en ce mois d’octobre.

Pour ma part, je ne connaissais absolument pas Perihelion ni Neokhrome ce dernier qui a tout de même réalisé trois albums et deux démos. Je suis rentré en contact avec la musique de Perihelion par l’intermédiaire d’une vidéo mise en ligne sur youtube il y a de cela quelques semaines. On peut dire que ce titre « Égrengető » extrait de l’album m’a immédiatement foudroyé avec ses réminiscences Folk, Postpunk, Shoegaze et Black Metal ! La véritable prouesse réalisée  par le groupe sur ce titre est de réussir a évoquer tous ces aspects sans que l’un ne prenne le pas sur les autres, le tout en réussissant à être progressif mais en restant concis et en gardant une certaine efficacité. Est-ce que Perihelion allait me captivé de la même manière sur un album complet ? 

Tout d’abord l’artwork de Costin Chioreanu (site ici et facebook là) est très beau tout en étant assez épuré ! Le son quant à lui est l’œuvre de Gyula Vasvári qui a masterisé et mixé l’album au Audioveesion Studios à Debrecen en Hongrie. Une belle production avec un son de basse qui claque bien comme je les aime :  « un tout » plus que correct. Bon j’aurai encore plus apprécié avec un son de batterie plus en relief, rebondi et légèrement plus en avant mais celui qui nous est présenté fait tout de même l’affaire ! Donc je ne vais pas faire le difficile.  

Autant vous dire que pour ce qui est de mon interrogation de départ concernant Zeng, j’ai été grandement satisfait à sa réception et je peux répondre maintenant par l’affirmative. En effet j’ai constaté lors de ma première écoute que toutes les autres compositions se paraient des mêmes atours et dégageaient la même emphase que le titre de la vidéo ! Les 8 titres de l’album sont de véritables petits bijoux alambiqués mais très bien taillés et l’ensemble garde une certaine cohérence ainsi qu’une grande homogénéité. J’ai même pu constater que Perihelion se montrait encore plus affuté dans le propos purement Folk comme avec les riffing très Pagan de « Felemészt a tér », « Széthulló színek » ou « Végtelen kék » ! Certaines intonations du chant renforcent ce sentiment comme sur « Hajad szél »  mais c’est  le cas à de nombreuses reprises tout du long de Zeng et me les fait instinctivement les rapprocher de leurs compatriotes de Thy Catafalque (hasard du calendrier je suis en train de préparer la chronique du dernier album ici )

L’intonation folk du chant n’est d’ailleurs pas le seul point commun partagé par les deux formations car même si elles n’ont pas choisi le même chemin pour nous l’exposer, elle arbore toutes deux un goût très prononcé pour la progressivité ainsi que pour un avant-gardisme sans borne et très vagabond. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les pièces que sont  « Tündöklés » ou « Űzött ». Les vocaux aussi sont très volages et diversifiés de sorte qu’ils peuvent aussi faire penser à ICS Vortex de Arcturus ou à ceux du Solstafir ancienne période dans leurs moments Black Metal et période actuelle avec un timbre de voix plus claire mais également puissante et rocailleuse. 

Il m’est assez difficile de coller une étiquette à la musique qui nous est présenter ici mais paradoxalement je peux vous dire que Zeng est un très bon album de Metal et qu’il conviendra à un publique très large. Ses qualités son nombreuses mais si il me fallait en retenir une majeure ce serait son accessibilité ! Périhélion est expérimental mais efficace ! Sa musique est traditionnelle mais éclairée tout en sonnant résolument moderne ! Je retrouve ce qu’un groupe comme Myfair m’avait procuré comme sensations dans les années 90 avec son Metal Progressif et Folklorique intemporel (facbook ici). J’ai simplement adoré adoré retrouver ce sentiment ! J’en redemande !

FalculA 8,5/10


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Apathia Records / 2015
Tracklist (34:14) : 01. Tündöklés 02. Vég se hozza el 03. Felemészt a tér 04. Végtelen kék 05. Égrengető 06. Űzött 07. Hajad szél 08. Széthulló színek.

Horrendous – Anareta

Cela fait presque un an maintenant, à quelques semaines près, que j’ai fait la connaissance de Horrendous. Je vais passer le cap des présentations vu que Mister Brute Force s’était intéressé en brossant très justement le portrait de leur premier album The Chills (sa chronique ici) et que je vous avais fait part de mon admiration pour leur seconde sortie longue durée Ecdysis (ma chronique ici). Je vous renvoie donc à ces deux chroniques en guise d’introduction ! On rentabilise et valorise le travail d’équipe chez Metalchro ! sachez-le !

En plus ça tombe bien car Horrendous est un groupe qui illustre bien le concept de continuité ! De ce fait comme pour les albums précédents il reste fidèle à son label d’origine Dark Descent Records. Horrendous s’est adjoint les services de Brian Smith (site ici) qui a une nouvelle fois réalisé un splendide artwork à couper le souffle ! C’est la même histoire en ce qui concerne la production qui de nouveau a été parfaitement réalisée par les Subterranean Watchtower Studios (facebook ici) qui s’occupe de manière magistrale de la production depuis les balbutiements de la formation sur la démo Sweet Blasphemies (2009). Comme sur The Chills et Ecdysis elle éclipse largement tout ce qui se fait dans le Metal en terme de son ! Puissante et claire avec juste ce qu’il faut de saturations, de rondeurs, de profondeurs et de basses ce qui rend le tout toujours plus Heavy et percutant !

Si le groupe opte toujours pour une démarche résolument progressive avec ses compositions alambiquées « Ozymandias », il a néanmoins délaissé les arrangements (claviers et chœurs) pour une approche axée sur les guitares. De fait seul quelques arpèges « The Solipsist (Mirrors Gaze) » ou « Sum Of All Failures » et toujours énormément de lead guitares et de solos typiquements Heavy Metal (NWOBHM) comme sur « Sirea » ou « Polaris » persistent ainsi que les accroches rythmique orientée Thrash Metal et Death Metal Oldschool « The Nihilist » ou « Acolytes » mais il y en a sur chaque morceau de l'album. La musique garde donc toute sa majesté et son éloquence même si Horrendous a choisi de travailler de manière plus brute ses structures ! Il se hisse sans vergogne au dessus de formations tel que Gruesome par exemple qui se borne à calquer leurs plans sur Death (le groupe). Nos américain eux prennent de la hauteur et aidé par son talent certain pour la mélodie se créent leur propre identité en envoyant par la même valdinguer tous ses rivaux ! C’est tellement géniale comme musique que peu à peu au fil des écoutes toutes les références vintages s’effacent et font palce à une réelle modernité ! Horrendous rend homage et évoque ; il est vrai mais à sa sauce et au XXIème siècle !   

Les vocalises de Damian Herring et Matt Knox les deux guitaristes chanteurs de Horrendous  évoquent toujours autant les registres de John Tardy ( Obituary), Martin van Drunen (Asphyx) ou Chuck Schuldiner (Death). Le jeu de batterie toujours très dynamique de Jamie Knox n’est pas en reste et est omniscient sur la  totalité des morceaux !

Horrendous sort de très bons albums comme il enfile des perles ! Le temps pour lui n’est plus à incarner une révélation ni même à faire l’élève assidue et appliqué qui rentre bien dans le rang. Comme son nom l’indique Anareta (terme grec en astronomie) hisse le groupe bien au dessus de la mêlée et impose le groupe comme un leader, un meneur qui n’a plus rien à prouver. Il se paye même le luxe de ne pas choisir entre la masse de formations Metal progressif très (trop ?) arrangé ou celle plus Oldschool et trace lui-même sa route en dehors de toute compromission ! Cela mérite la reconnaissance et ça passe par une note hors norme pour l’ensemble de sa jeune carrière sans aucun faux pas !

FalculA 10/10


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Bandcamp Officiel où Anareta est en streaming intégral


Dark Descent Records – Clawhammer PR / 2015 
Tracklist (44:16) : 1. The Nihilist 2. Ozymandias 3. Siderea 4. Polaris 5. Acolytes 6. Sum of All Failures 7. Stillborn Gods 8. The Solipsist (Mirrors Gaze).