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Voices – London

Voices est un groupe anglais formé en 2012 à l’initiative du batteur David Grey et du guitariste Peter Benjamin. Ils étaient tous deux connus d’un certain publique esthète du Metal Extreme pour avoir fait partie du super groupe de Black / Death Metal Avant-gardiste et Progressif anglais Akercocke. Akercocke qui avait étrangement arrêté toutes activités la même année sous l’impulsion de son leader et principal compositeur Jason Mendonça. En interview, David Grey n’a jamais caché son incompréhension et sa frustration face à cette situation. Il s’est donc naturellement lancé dans l’aventure de Voices, en partie pour palier à ce manque et à cette frustration. C’est la raison pour laquelle, en 2013,  j’ai appréhendé la sortie de leur premier album From the Human Forest Create a Fugue of Imaginary Rain comme une réalisation de Akercocke. J’avais comme David été contrarié par leur split et c’est peut être une des raisons pour laquelle j’avais mis de manière un peu abusive cette première réalisation de Voices dans mes Tops de 2013. Il faut dire pour ma défense qu’on attendait quand même depuis 2007 le successeur de Antichrist, le dernier album en dates de Akercocke. J’’étais donc peut-être trop enthousiaste à l’idée de retrouver ce Metal Extreme hyper bourrin, progressif et très sinueux !


C’est donc avec du recul et quand même énormément d’attentes que je me suis lancé dans la lecture et l’analyse de ce concept album appelé London. Tout d’abord on note une différence majeure à la lecture de la Tarcklist par rapport au premier album.  En effet, London bien que d’une durée plus longue est composé de morceaux bien plus courts qu’auparavant. Le sentiment de lassitude que l’on pouvait ressentir lors de l’écoute de leur première réalisation se trouve ici directement gommée grâce à un judicieux découpage et assemblage des morceaux.  Cette impression se renforce au fur et à mesure que l’on progresse dans son écoute. On est happé et en immersion totale, chose qui n’était pas le cas avant. Je pense notamment que l’excellent travail d’arrangements et de production effectué aux Hackney Studios de Londre par Dan Abela et Voices y est aussi pour beaucoup.


Pour arriver à cet impressionnant résultat  Voices procède dorénavant en prenant son temps et de manière intelligente. Là où il avait tendance à être très (trop ?)  frontal et excessif, il se montre ici bien plus sournois et nous tisse patiemment sa toile. Il élabore pour se faire de manière assez impressionnante tout un attirail d’ambiances acoustiques ou orchestrales par le biais d’instruments à cordes et de piano classique ainsi que de superbes séquences narratives à l’emphase et aux atmosphères quasi cinématographiques. Ce penchant cinématographique et narratif m’a d’ailleurs rappelé les magnifiques Eternity de Anathema ou  Angelus de S.U.P dont les parties narratives étaient assurées par Danny Cavanagh. Je peux vous garantir que le terme progressif n’est absolument pas galvaudé quand on évoque ce nouvel album de Voices ! Il en est de même pour celui de Avant-gardiste ! Là encore des références et pas des moindres me sont immédiatement venues à l’esprit quand j’ai réalisé l’audace et l’envergure de la musique de Voices  tels que Ulver, Arcturus, Solefald, EbonyLake, Nocte Obducta, Maudlin of the Well, Unexpect ou encore Vaerohn et son oneman band Pensées Nocturnes. Les prouesses mises en œuvre par Voices sont  éloquentes et nombreuses. L’utilisation d’adjectifs comme néo-classique, barré, théâtrale, baroque ou ambiante collent parfaitement au propos musical développé. Il m’est impossible de tout vous détailler ici tant le contenu musicale est riche, envoutant et surprenant ! J’ai bien peur qu’il vous faille écouter l’album dans son ensemble pour que vous puissiez vous en faire une idée et saisir mon enthousiasme.

 
Autant vous dire aussi que l’impact de ce skeud va me laisser une trace indélébile ! Pour moi Voices  égale voire dépasse le grand Akercocke car il se montre aussi mélodieux, barré et violent que lui ! Il est même bien plus cohérent ! Il m’aura fallu du temps avant que cette réalité s’impose dans mon esprit et j’en vois déjà qui s’insurgent mais le fait est là et il est têtu car cette impression perdure depuis que j’ai reçu l’album il y a quatre semaines de cela. C’est un signe qui ne trompe pas ! Entre modernisme,  nostalgie classieuse, mélodicité, violence et exubérance Voices nous livre un étrange portait terriblement envoutant de Londre sur ce concept album qu’est London. Les esthètes du Metal Extreme vont apprécier ! C’est une certitude et j’assume totalement de mettre une note exceptionnelle à un album que je trouve exceptionnel !

 
FalculA (10/10)

 
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Candlelight Records / 2014
Tracklist (01:00:35) 1. Suicide Note 2. Music for the Recently Bereaved 3. The Actress 4. Vicarious Lover 5. Megan 6. Imaginary Sketches of a Poisoned Man 7. The Antidote 8. The FuckTrance 9. Hourglass 10. The House of Black Light 11. The Final Portrait of the Artist 12. Last Train Victoria Line 13. The Ultimate Narcissist 14.    Cold Harbour Lane

Aversions Crown – Tyrant

Je ne suis pas un grand fan de Deathcore.  Ne me demandez pas pourquoi car je n’en sais fichtre rien ! Le fait est là : tout comme pour le Metalcore,  je ne me sens pas transcendé  par ces deux courants et vais certainement manquer de références pour parler d’un groupe pratiquant du Deathcore. Toujours est-t-il que je n’en demeure pas moins un metalhead très ouvert, amateur de musique et qu’il m’est arrivé d’en écouter voire d’apprécier certains groupes étant à la base du mouvement.  Autant vous dire aussi tout de suite que je ne connaissais pas  Aversions Crown, une formation australienne et encore moins leur troisième réalisation répondant au doux nom de Tyrant. Comme j’aime les challenges je me suis lancé dans son écoute attentive pour pouvoir tenter de vous en parler ici.


Musicalement le groupe me fait beaucoup penser à du Brutal Death/Grind qui aurait élargi son propos.  J’ai d’ailleurs immédiatement pensé à Cephalic Carnage qui a une  approche évolutive du Death/Grind et ce à de nombreuses reprises en écoutant cet album. C’est flagrant à l’écoute de morceaux tels que : «Hollow Planet»,  «The Glass Sentient» ou «Earth Sterilister».  Bon jusque-là vous allez me dire qu’il n’y a rien de bien nouveau et vous n’aurez pas tort. Sauf que ce n’est pas tout ! Puisque en plus d’une certaine progressivité rondement bien menée, Aversions Crown en profite pour s’attarder en terrain Modern  Metal (comprendre Djent Metal) usant toujours à bon escient de riffings saccadés et de poli rythmes inhérents à ce genre. Ecoutez « Xenoforms » ou « Vectors » et vous comprendrez aisément si vous avez un tant soit peu de bouteille et pas de merde dans les cages à miel que l’on a à faire à un groupe exceptionnel !

 
J’ai aussi beaucoup apprécié leur mélodicité qui malgré une musique très violente et énergique transpire sur tous, et je dis bien tous, les morceaux composant Tyrants ! Pour ce faire le groupe use à foison de leads guitares qui tapissent  l’intégralité de l’album. Elles sont parfois jouées de manière mélodique, rapide et avec une grande technicité un peu comme dans le Melodeath suédois ou le Black metal scandinave de la seconde vague des 90s. A d’autres moments  elles se font plus discrètes, en toile de fond et jouées de manière plus atmosphérique comme on en retrouve dans le Swedish Death Metal ou dans certains groupes de Doom Death comme sur les vieux albums de Katatonia, Paradise Lost ou chez les finlandais de Rapture.  Ah ! Je vous imagine sceptique à ce moment là de la chronique : si vous doutez de mes dires et bien jetez donc une oreille attentive à  «Overseer»  ou à  «Faith Collapsing» et succombez !

 
Tous ces éléments que je me suis évertué laborieusement à vous retranscrire donnent une sacrée ampleur et énormément de caractère à la musique de Aversions Crown. Impossible pour moi d’extraire un morceau plus fort que les autres car tous transpirent le génie. Je vais d’ailleurs clôturer ma chronique en vous citant deux autres O.V.N.I avec lesquels je range  ces australiens : leurs compatriotes de The Senseless et les californiens de The Secrets Of The Sky ! Donc pour moi Tyrant est devenu un classique du Metal Extreme à tendance Modern et ce en moins de trois jours ! Et pis, blague à part,  j’ai quand même réussi à boucler cette chronique sans vous citer une seule référence Deathcore ! Ahahahahahaha !


FalculA (9/10)

 
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Aversions Crown – Tyrant (album en streaming)


Nuclear Blast / 2014
Tracklist (39:30 mins) 1. Hollow Planet 2. The Glass Sentient 3. Conqueror 4. Vectors 5. Earth Steriliser 6. Avalanche 7. Xenoforms 8. Overseer 9. Controller 10. Faith Collapsing

AqME – Dévisager Dieu

Ah AqME ! Enfin je vais pouvoir m’exprimer sur un groupe qui clive, fait le buzz et m’a posé durant de nombreuses années un problème ! Je vais tenter de l’expliquer brièvement. Tout d’abord il faut que vous sachiez que je suis un metalhead des 90s et que de ce fait j’ai écouté (et écoute toujours) beaucoup de Metal alternatif et de Metal Fusion. Une scène effervescente et à la base de ce que les journaleux et autres acteurs ont à l’époque vulgarisé par le terme Neo Metal. Cependant je fais aussi partie de ce publique Metal qui a pendant longtemps boudé AqME. J’ai pourtant eu l’occasion de les voir à plusieurs reprises aux cours des années 2000 notamment en première partie de Watcha. J’ai d’ailleurs, et c’est assez paradoxal, trouvé leurs prestations live toujours convaincantes et carrées mais je n’arrivais pas à m’intéresser à leurs albums.
Ayant subi la déferlante Neo Metal de plein fouet, leurs gimmicks m’agaçaient quand elles ne m’exaspéraient pas. Là où la musique d’un Eths, par exemple, me parlait celle de AqME glissait inlassablement sur moi et faute de pouvoir m’en imprégner j’ai fini par jeter l’éponge ! Chemin faisant, je me suis mis à découvrir à la même période le Postcore et le Sludge américain et en parallèle à toujours plus m’enfoncer profondément dans les méandres sinueux du Metal Extreme. J’ai quand même été interpelé en 2012 à la sortie et au tournant artistique pris sur Epithète, Dominion, Epitaphe par le groupe. J’avais salué à l’époque leur virage  Postcore/Sludge même si je restais toujours hermétique au chant clair de Thomas Thirrion, leur premier chanteur, qui me laissait toujours de marbre.


Pourquoi je  vous raconte tout ça ? Parce qu’avant de donner mon point de vue sur le  AqME de 2014, il me semblait nécessaire de vous brosser ce portrait croisé et ce qui m’a amené   de nouveau à m’intéresser à leur musique. Je ne suis pas du genre à aboyer avec la meute et je me borne toujours à donner mon ressenti sur l’aspect et le contenu musical. C’est donc avec un peu d’appréhension que je me suis lancé dans l’écoute et la critique de Dévisager Dieu. Le démarrage en trombe de cet album m’a vachement ébranlé dans mes certitudes ! Les trois premiers morceaux "Avant le Jour", "Enfants de Dieu" et  "Au-Delà de l'Ombre" sont de véritables bombes d’un Postcore /Metal accrocheur aux refrains immédiats et très efficaces ! Une vraie surprise ! AqME domine sont sujet de A à Z et un constat s’est alors imposé à moi : ce  AqME me plait ! 
Puis "Ce Que Nous Sommes" et "Un Appel" surgissent avec toujours des compositions au feeling et à l’accroche tonitruante mais avec un peu plus d’ampleurs et des poses progressives qui n’interfèrent en rien la dynamique impulsée depuis le début de l’album. AqME déroule avec un étonnant savoir-faire son propos ! Il prend même le luxe de ralentir le tempo sans que ça devienne choquant ou gênant. C’est simple, à la moitié de l’album j’ai eu la crainte que tout ne s’étiole ou ne s’essouffle. Je me demandais après tout cet attelage ce que le groupe pouvait bien encore nous réserver. Malgré mes craintes, il continue sur sa lancée et les morceaux que sont "Entre Louanges et Regrets", "L'Homme et le Sablier" et  "Pour le Meilleur, le Pire" sont tout aussi brillants et on arrive à l’ultime  "Les Abysses" sans encombre ni malaise ou lassitude comme s’était souvent la cas par le passé.

 
J’aurais tendance à décrire la musique comme un judicieux mélange de Rock/Noise à la Cave-In, de hardcore évolutif et bourrin à la Converge et de Sludge /Postore à la Isis ou Cult Of Luna. J’ai même souvent pensé à nos Lyonnais de Overmars lors de certains passages ! La voix de Vincent Peignart-Mancini est juste parfaite pour AqME et sa prestation devrait clouer le bec de tous ses détracteurs. Il a trouvé l’équilibre qui sied à merveille à la musique. De par mon expérience passée avec ce groupe je peux vous dire qu’il est bien plus convaincant et qu’il éclipse son prédécesseur ! La locution est parfaite et je sais que s’est une chose bien difficile à atteindre quand on chante en français,  à l’instar de Xavier de Malemort, Vincent est brillant dans ce domaine ! Il faut aussi saluer la prestation de chacun des membres ainsi que du staff qui s’est chargé de la production car pour arriver à un tel résultat tout un collectif a dû être mis à contribution.

 
Dévisager Dieu s’avère être un excellent album entre gravité Postcore, efficacité Metal et légèreté Pop. Plus on l’écoute et plus c’est une évidence : AqME a frappé un grand coup sur la table et nous allons la fermer et applaudir car il en impose !

 
FalculA (9/10)


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AT(h)OME / 2014
Tracklist (41 minutes) 1. Avant Le Jour 2. Enfants De Dieu 3.  Au-Delà De L'ombre 4. Ce Que Nous Sommes 5. Un Appel 6.  Entre Louanges Et Regrets 7.  L'Homme Et Le Sablier 8. Pour Le Meilleur, Le Pire 9. Les Abysses