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N.K.V.D . – Hakmarrja

Je n’avais encore jamais eu l’occasion d’écouter attentivement la musique de N.K.V.D un duo français initialement originaire de Montpellier   mais basé actuellement en Île-de-France.  Attention : ne pas confondre avec les bretons de NKVD qui font dans le Death Metal Industriel. Le groupe est actif depuis 2007 et a sorti son deuxième album Hakmarrja  le 17 Octobre dernier. Si le chef de la rédaction de Metalchroniques ne m’avait pas imposé la chronique de cet album, je serais une fois de plus passé à côté de N.K.V.D. Qui a dit que le totalitarisme n’avait que des mauvais côtés ? Dans ce cas précis ce ne sera pas moi et je remercie Hamster Forever car son dictat m’a permis de découvrir la musique du groupe.


N.K.V.D.  est référencé dans le Black Metal Industriel. Pour ma part,  j’aurais accolé le terme « Ambient ». Je ne parle pas ici d’Ambient avec ses longues plages Atmosphérique mais plutôt de la manière dont N.K.V.D. a d’agencer les différentes couches de textures sonores composant  sa musique.  Les compositions sont compactes, ramassées et « IN YOUR FACE » malgré une grande richesse  dans les arrangements de divers samples et synthés qui servent de toile de fond à leur Black Metal Indus&Ambient. Il faut aussi préciser que  N.K.V.D. opte sur la grande majorité des titres composant  Hakmarrja pour des rythmiques downtempo et midtempo. Cette option renforce un climat d’oppression déjà très présent dès la vision du sublime artwork de l’album ainsi que dans la thématique des lyrics et des samples distillés tout du long.

J’ai particulièrement adoré deux éléments : tout d’abord les vocaux de H.S  le chanteur de N.K.V.D.  qu’ils soient profonds dans la pure tradition de la scène Dark Goth Indus Electro ou qu’ils soient d’obédience Black/Death Metal,  ensuite la production qui est énorme mais subtile. Elle met bien en avant les chapes de plomb que sont les riffs distillés par Loïc.F qui se charge des instruments et samples sur cet l’album. Elle ne néglige aucun des éléments de la musique en donnant un ton chaud aux guitares et du relief à la batterie qui m’a l’air programmée, ce qui vient contrebalancer la thématique des samples froids et glauques. Le rendu sonore n’en n’est que plus organique, facilitant l’immersion dans la musique. Ceci est d’autant bien venu que le propos ce veut martial, froid et éprouvant.  Attention, lorsque je dis  « éprouvant » c’est une qualité puisque  l’on parle de Black Metal et que c’est l’essence de ce courant musicale à la base que d’être éprouvant et repoussant.

Tout est tyrannique et martial sur ce skeud  mais attention pas le martial bling-bling de The CNK par exemple. Pas de place pour ces oripeaux avec  N.K.V.D. qui lui oppresse méthodiquement et accule ! J’ai encore des courbatures à l’évocation d’assauts tel que "Hakmarrja"  à l’ambience très Indus, UKC à l’emphase plus Black Metal, "Batallion Vasdok" très martial avec ses samples de musique de corps militaires, "The Invisible Empire" qui peut faire penser par sa pesanteur à certains groupe de Funeral Doom Metal de la carrure de Evoken et Esoteric ou le pilonnage terrorisant de Za Krajla qui m’a évoqué certains morceau de Aeternus période  …"and So the Night Became". Au final et après plusieurs écoutes leur musique me plait beaucoup et comme je le pressentais Avantgarde Records à flairé le bon coup ! Misterpatate et Hamster Forever peuvent en témoigner. La démarche historique du groupe risque de faire couler de l’encre et de choquer la masse bourgeoise et bienpensante. Quant à moi j’apprécie toujours quand le Metal se fait subversif car il nous amène toujours à nous poser des questions et à regarder la vérité en face ! Je vais d’ailleurs de ce pas découvrir leurs précédentes réalisations !


 N.K.V.D. n’est pas à mettre entre toute les oreilles, vous l’aurez bien compris mais le cahier des charges est rempli haut la main ! Ce groupe français brandit de fort bel manière le double étendard du Metal Industriel et du Black Metal. Je mets donc une très bonne note !  

FalculA  (9/10) 

https://www.facebook.com/nkvdmetal


Avantgarde Records 2014

Tracklist (41:15 minutes) 1. Exordium 2. Hakmarrja 3. Wolfsschanze 4. Za Krajla 5. The Invisible Empire 6. Travail Famille Patrie 7. Batallion Vostok 8. U.C.K 9. Red Silence 10. Excipit

 

Malkavian n’avait pas grand-chose au départ pour séduire le matou ronchon et soupe au lait que je suis parfois. Je suis tombé par hasard sur la musique du groupe au détour d’une publication Facebook qui m’a redirigé vers leur Bandcamp. En faisant une brève recherche  on peut remarquer qu’il s’agit d’un jeune groupe,  puisque The Worshipping  Mass n’est que leur premier album, originaire de la région nantaise et catalogué  Thrash / Groove Metal. Votre humble serviteur (moi)  a débuté ses pérégrinations métalliques dans les années 90 et a donc déjà  beaucoup écouté ce genre de choses comme Pantera, Machine Head, Pro-Pain ou Grope. Les trucs à la mode Dagoba très formatés et bourrés de poncifs à la mode américaine merci mais très peu pour moi car j’ai déjà donné ! Alors c’est un peu avec le museau en arrière que j’ai actionné leur player  Bandcamp pour la première fois…

Là,  quelle ne fût pas ma surprise de voir des morceaux assez longs pour le genre que le groupe est censé pratiquer. Je me suis dit et je retranscris mot pour mot ma pensé : « Putain ! S’ils tombent dans les travers que je crains, je ne suis pas sorti du sable et ça va être un véritable calvaire ! ». Et bien non en fait ! J’avais sacrément tort et autant vous le dire tout de suite, j’ ai pris un certain plaisir à écouter les compositions Thrashcore  /Thrash  Death /Groove Metal de Malkavian ! Les morceaux de ces nantais sont longs soit,  mais comme ils abordent leur musique de manière progressive, versatile et avec une technique instrumentale  irréprochable, ça  passe tout seul ! "The Dust" le morceau d’ouverture en est un bon exemple. Il part de  loin sur une guitare lead Heavy interrompue par des riffs tranchants et une batterie jouant sur un rythme de marche. Vous voyez !? Comme à la belle époque du Thrash  Metal  des 80’s ! Mais ce n’est pas fini puisque la rythmique s’emballe à grands galops accompagnée d’une succession de riffs Thrash, de breaks, de chœurs dignes d’une ambiance de stade de Foot (comme dans le NY Hardcore) , de parties Heavy voire presque Death Metal.  Tout un éventail vous est balancé à la face mais de manière méthodique et avec énormément de feeling  musical.  Tout est diablement efficace. Quant à la voix c’est un atout majeur de cet album. Elle suit la versatilité de la musique avec brio puisque  Romaric , leur chateur, va puiser dans différents registres.  Je le trouve brillant passant sans encombre d’un timbre de voix proche de celui de Phil Anselmo à des vocaux typés Thrash /Hardcore presque  Death sur certains passages. Il a même à certains  moments, et ça a parachevé de me séduire, une voix me rappelant furieusement celle de Grope que j’ai cité plus haut. 
 Une brève aparté maintenant  chers amis lecteurs de MetalChroniques.fr :  Grope était le groupe de Thrashcore Groove Metal de Tue Madsen  le propriétaire du  Antfarm Studio qui a produit des tas de bons albums de Aborted,  Dark Tranquillity, Dagoba ( tiens, la boucle est bouclée) , etc. Per Abdrup était le chanteur de Grope sur "Primate "(1994) et "The Fury" (1996).
 Bon je peux reprendre le fil de ma chronique. Puisque on parlait de son, parlons un peu de la production de The Worshipping Mass. Je ne peux parler que de ma perception puisque  je n’ai pas eu d’infos à l’heure où j’écris ces lignes sur la manière dont a été produit l’album. En tout cas elle est parfaite pour un premier essai. Pour finir les compositions sont taillées pour le live . Malkavian ayant déjà une bonne petite expérience dans ce domaine,  ils ont fait le Motocultor Fest et assuré la première partie de nombreux groupes de Nantes  comme Suicide Silence. Ça peut faire mal aux dents  à l’arrivée si le groupe arrive à retranscrire l’alchimie qui se dégage des compositions de The Worshipping Mass !

Ce skeud m’a plu et j’ai passé un agréable moment à l’écouter. C’est d’ailleurs la raison qui m’a poussé à les programmer récemment dans mon émission pour Radio Kaos Caribou. Donc je mets une  bonne note car The Worshipping Mass et un bon album de Metal contemporain. Le groupe sait d’où il vient. J’attends désormais avec impatience les prestations live et le prochain album pour pouvoir vous dire où il ira… 

FalculA  (8/10) 

www.facebook.com/Malkavianmetalfr

http://malkavian.bandcamp.com/

Finisterian Dead End  2014 

Tracklist (60 minutes) 1.The Dus 2. Ultimatum 3.The Worshipping Mass 4. I Suggest… 5.Out of Madness Pt. 1 6. Out of Madness Pt. 2 7. The Black Hand 8. The Wreckage 9. Drag'em Down 10. Wolfpack 11. The Rotten Conspiracy

 

 

 

Dog-aeonJe m’intéresse à Downfall Of Gaia depuis un peu plus de 2 ans maintenant. Ce jeune groupe allemand actif depuis 2008 a eu une évolution peu banale puisqu'à l’origine, il pratiquait un Crust Punk / Postcore Atmosphérique déjà très Progressif sur leur premier album Epos (2010). La musique était une sorte de croisement entre le Crust Atmosphérique de Nux Vomica et le Postcore que Neurosis ou Cult Of Luna voire Isis avaient pérennisé. En 2012 Suffocating The Swarm Of Cranes, sa deuxième réalisation qui marquait la signature avec le gros label Metal Blade, m'avait littéralement conquis par sa nouvelle approche musicale. Downfall Of Gaia avait décidé de noircir son propos en incorporant à la base originelle de sa musique une forte dose de Black Metal. En effet, un peu comme certains groupes de cette effervescente scène Sludge / Postcore dans laquelle on retrouve Inter Arma dont je vous ai récemment parlé mais aussi Withered ou Bastard Feast. Deux autres choses peu banales sont aussi à signaler, leur orientation politique (antifasciste , anticapitaliste, environnementaliste et décroissant) ainsi que leur connexion à la scène Do It Yourself Punk puisque qu'on peut les retrouver dès 2009 sur un split LP avec In the Hearts Of Emperors édité par le label allemand Alerta Antifascista.

C'est vous dire si j'attendais ce nouveau Aeon Unveils In The Thrones Of Decay avec une grande impatience et une certaine attention ! Comme sur leur précédente création Suffocating The Swarm Of Cranes le groupe a choisi de privilégier de longs développements puisque sur Aeon Unveils In The Thrones Of Decay les morceaux ne descendent pas en dessous des 8 minutes. Seul le titre Ascending The Throne en milieu d'album fait exception. C'est un arpège de guitares de 2 minutes 37 secondes et il faut donc le voir comme un interlude censé aérer et alléger le tout qui comme nous allons le voir s'avère noir et très oppressant.

Un titre bien représentatif de l'ensemble de cet œuvre sombre est la première plage Darkness Inflames These Saphir Eyes. Il démarre par un long larsen en forme de sirène oppressante où vient se greffer un léger arpège de guitares, le tout débouche sur une explosion Black Metal où des blastbeats tonitruants et bien balancés côtoient des vocaux aux cris d'écorchés vifs. L'ambiance est donnée dès les première minutes de cet excellent morceau et elle est noire de chez noir ! Tout les vocaux de ce titre de même que sur le reste de l'album sont hurlés et crachés, cela a pour effet de renforcer l'ambiance glauque amenée par la musique et ça la rend presque suffocante par moment .

Et quand Downfall Of Gaia laisse tomber les blastbeats ce n'est certainement pas pour nous laisser respirer mais c'est pour nous saisir à la gorge avec des rythmiques Postcore intenses ou nous coller à terre par des downtempo implacables nous obligeant à contempler des paysages dévastés. Donc peu d'ambiances légères à l'horizon et lorsqu'elles pointent le bout de leur nez c'est par le biais d'un Postrock/Shoegaze granitique où résonnent des cris de désespoir. Ah les cochons ! On peut dire qu'ils savent s'y prendre pour nous pondre de bonnes sales ambiances moribondes et faussement éthérés ! Le morceau repart de plus belle jusqu'à sa fin sur un Black Metal aux blastbeats effrénés avec quelques rebondissements rythmiques du meilleur effet.

Il faut d'ailleurs souligner l'excellente prestation de Michael Kadnar la nouvelle recrue puisque il est arrivé pour l'enregistrement de cet album. Il officie également dans le talentueux groupe américain de Black Metal Black Table. C'est l'atout majeur de ce nouvel opus et il bonifie vraiment la musique de Downfall Of Gaia de manière remarquable ! La production est très bonne avec une batterie mise en avant par rapport au reste. Ca lui donne encore plus de relief et j'ai beaucoup aimé. L'artwork est à limage de la musique du groupe sombre et sophistiqué juste ce qu'il faut. 

En résumé on a un très bon album de Black Metal assaisonné au Postcore /Sludge et au Postrock/Shoegaze. J'en profite d'ailleurs pour insister sur le fait que Dowfall Of Gaia a réussit à affûter son propre style et il va même avec cet album réussir à transcender un genre auquel il était étranger à ses début le Black Metal. J'invite donc tout les aficionados de bon Black Metal à jeter une oreille attentive à Aeon Unveils In The Thrones Of Decay car ils y trouverons leur compte. Tout y est jouissif et j’adhère à 100% à l'alchimie concoctée par le groupe. 

Chapeaux bas messieurs de Downfall Of Gaia et au plaisir de voir ce que cela peut donner en live ! 

FalculA (9/10) 

www.facebook.com/DownfallofGaia

Metal Blade / 2014

Tracklist ( 71:05) 1 . Darkness Inflames These Sapphire Eyes 2 . Carved Into Shadows 3 . Ascending The Throne 4 . Of Stillness And Solitude 5 . To Carry Myself To The Grave 6 . Whispers Of Aeon 7 . Excavated