En voilà un titre d'album bien choisi ! Endgame, fin de partie ? Alors on va (enfin) débrancher Rattlehead ? On ne va pas tergiverser, cela fait un bail que Dave Mustaine ne fait plus l'unanimité parmi ses fans, si l'on devait citer un album qui mettait tout le monde d'accord, il faudrait remonter le temps jusqu'en 1992, année de sortie de l'album Countdown To Extinction. C'est à se demander si l'on n'assiste pas à la lente dégradation d'un « groupe » dont on approcherait peut être du stade terminal… À moins que sa motivation principale soit bien de remplir le plus possible son plan d'épargne retraite avant d'aller au paradis des « new born christian ».
Youthtanasia en 94 plaisant pour la majorité des fans laissait entrevoir un ramollissement qui s'est confirmé par la suite. Un album médiocre en 97, Cryptic Writings, et la sortie de route avec Risk en 99.
Il y aura bien une embellie en 2001 avec The World Needs A Hero (avec le changement de line up, le sang frais pouvait laisser croire à un redémarrage), et là ce fût le drame, l'annonce de l'arrêt de sa carrière par Mustaine. Le voilà rétabli avec un nouvel équipage et les albums suivent The System Has Failed en 2004 et United Abominations (2007).
Endgame est structuré de la même manière que les deux albums précédents : deux ou trois titres valables (pas ébourriffants, faut pas déconner non plus, c'est tout de même du recyclage plus ou moins habile de titres des années 86-92, un tiers mollasson mais pas non plus indigent, et un dernier tiers à zapper (de la soupe tiède comme dirait Murder One). L'intro passable ne fera pas oublier l'originale sortie de So Far… So Good, So What ? (1988), mais admettons que Mustaine ne soit plus capable de montrer la moindre inspiration.
« This Day We Fight » laisse croire qu'on pourrait retrouver le Mustaine venimeux d'antan, mais non, en revanche on pourra apprécier le talent du guitariste Chris Broderick (Jag Panzer) qui montre autant de brio que tous ses prédécesseurs (faut bien l'avouer, les guitaristes qui sont passés dans l'écurie Megadeth n'étaient pas des manchots), cela reste encore au dessus de la ligne de flottaison, écoutable en somme, mais désolé Dave ce n'est pas avec ça qu'on fait un album meilleur que le dernier Metallica…
On retiendra « 1.320 », « Bite The Hand » et « Head Crusher », un poil plus dynamiques sans être originaux, de quoi remplir un EP un poil velu. Le reste est poussif, indigent, du metal d'ascenseur, bref à éviter. Souhaitons une bonne retraite à Dave Mustaine et surtout qu'il ne sente pas obligé d'en sortir encore un !
Hamster (3,5/10)
Roadrunner Records / 2009
Tracklist : 01 Dialect of Chaos (Instrumental) 02. This Day We Fight 03. Bite the Hand That Feeds 04. Nothing Left to Lose But My Mind 05. How the Story Ends 06. El Pistolero Solitaire 07. The Hardest Part of Letting Go… Is Saying Goodbye 08. 1,320 09. Headcrusher 10. 44 Minutes 11. Endgame
Ce n'est pas sans appréhension que je l'ai fourguée dans la platine cette galette… Il est vrai qu'avec l'album Virus (sorti en 2005), le groupe avait tapé fort et placé la barre très haut. Alors ce onzième effort pouvait-il être dans la même veine que les précédents ? Peter Tätgren n'allait-il pas finir par trébucher et louper son coup ? Un poil de superstition à la vue de la pochette, banale, voire moche (bon d'accord, ce n'est pas le point fort du groupe de manière générale). " Valley Of The Damned " envoie la purée dans la tronche, mais c'est bien le minimum qu'on puisse attendre du combo suédois (de nouveau réduit à un trio). Le carnage démarre vraiment avec le second titre, le percutant " Hang Him High ", et son refrain accrocheur. Les riffs de guitare et la section rytmique dévastatrice rassurent, terminées les vacances avec Pain et Immortal, Peter est revenu à la maison et il est en forme. Il le prouve avec des vocalises à rendre amoureux tout grizzly sorti imprudemment d'hibernation. Et il y a ce SON, bordel de poil, c'est massif et jouissif à la fois. Ce sera difficile de ne pas risquer le casus belli avec son voisin, mais il faut vraiment mettre le son à fond ! " Solar Empire " est une démonstration de poutrage, matraquage, blastage… au poil ! Et ça continue, efficace, direct, " Weed Out The Week " tabasse les conduits auditifs déjà bien échauffés. Et l'essorage va se poursuivre tout au long de l'album, sans temps mort, ni ballade. Seul un titre ramène un peu le calme (" The Quest "), plaçant les parties mélodiques en avant, sans faire tâche dans ce carnage. Blasts brutaux bien présents, un pincée de claviers pour l'ambiance, la petite dose mélodique, c'est sûr, la recette n'a pas fondamentalement évolué, en revanche elle colle toujours aussi bien aux murs. Hypocrisy se porte plutôt bien pour un vétéran du Death metal, il se place une fois encore au dessus du lot.
C'est étonnant de voir à quel point les marchés du disque en Europe sont toujours cloisonnés, ou des groupes allemands qui cartonnent outre Rhin demeurent totalement anonymes dans l'hexagone. C'est le cas d'Emil Bulls qui sévit depuis 1995, une dizaine de singles au compteur, 7 albums en comptant le petit dernier. Un Phoenix qui annonce bien la couleur flashy qui sied bien au groupe.