Resurrection, le mot colle bien au vécu du groupe, tant il revient de loin. Un nouvel album pour un nouveau départ, évidemment Chimaira n'est pas le premier combo à nous faire le coup… pourtant c'est bien un retour musclé que le groupe se permet en 2007, fêtant le retour à la batterie d'un Andols motivé et enfin déterminé à tourner jusqu'à ce que mort s'ensuive (tant pis pour le brutal Kevin Talley), et se libérant enfin de relations pour le moins chaotiques avec le label Roadrunner qui ne s'était pas distingué par un soutien sans failles aux Etats Unis.
Quant à la musique, ça fait un drole d'effet à la première écoute cette métamorphose, comme si le pack de rugby italien (hé oui en cette année 2007 de coupe du monde les envolées ovalistiques risquent de faire florès dans les chroniques …) s'était d'un coup transformé en une horde de All Blacks morts de faim. Le groupe a bénéficié une nouvelle fois des talents de Jason Suecoff assisté d'Andy Sneap qui ont livré une production bétonnée, idéale pour le propos nettement plus brutaux du combo de l'Ohio. Mark varie ses lignes de chants et se distingue particulièrement au chant death. Le groupe fait pleuvoir les coups et se permet de varier les plaisirs (aux deux extrèmes une chanson tendance black metal "Empire" qui dépote méchamment, ou "Blackheart" aux dures influences héritées de Ministry), tout en conservant sa marque de fabrique, telle "Six" qui aurait pu figurer dans un des deux albums précédents, et Rob semble toujours aussi marqué par Kirk Hammett.
Les plus convaincus par Chimaira devraient s'y retrouver sans peine, avec un album varié et percutant, auquel on reprochera néanmoins un excès de lourdeur, et un ton général un poil oppressant. Bref il est moins accrocheur, fini les singles à la "Down Again" , les moins convaincus n'y verront qu'une redite de l'abum précédent gonflé aux stéroides… Une chose est sûre, Chimaira à complètement basculé et s'est débarrassé une bonne fois pour toute de son déguisement metalcore pour adopter une panoplie brutal metal qui leur va à ravir.
Hamster (08/10)
Nuclear Blast / 2007
Tracklist (59:00)
01. Resurrection 02. Pleasure In Pain 03. Worthless 04. Six 05. No Reason To Live 06. Killing The Beast 07. The Flame 08. End It All 09. Black Heart 10. Needle 11. Empire 12. Kingdom Of Heartache (Bonus Tack) 13. Paralyzed (Bonus Track).
Le guitar hero bucheron qu'on ne présente plus revient déjà livrer les bacs avec un huitième studio qui démarre bien : "Concrete Jungle" laisse espérer un album velu, teigneux, pour nous les hommes (vous savez les gars en chemise à carreaux qui décapsulent leurs bières à coups de dents). Un premier titre accrocheur, ça met en appétit. "Black Mass Reverends" est de la même trempe, un poil plus teigneux, mid tempo. Black Label Society nous la joue force tranquille, "Blacked Out World" est assez dynamique pour conserver l'attention de l'auditeur… Et puis Zakk nous sort les mouchoirs, "The Last Goodbye", banale, "Give Yourself To Me" relève le niveau, avec un riff bien lourd et un solo qui fera pleurer les apprentis guitaristes, qui devrait au moins contenter les amateurs de air guitar.
The Burning Halo n'est qu'un hors d'oeuvre, c'est ce qu'il faut comprendre à la lecture de la tracklist. Il ne s'agit pas du troisième album du groupe mais d'un EP bien fourni, qui devrait contenter les fans. Les trois premières chansons sont inédites, et ont été composés ces deux dernières années. Dans la veine de l'album précédent, pas de surprise, mais c'est bien ficelé et bien produit. On retrouve le metal gothique somme toute classique auquel le groupe se livre, les vocalises beauty and the beast, les variations des riffs…