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Unearth – III In The Eyes Of Fire

Unearth-3fireFini le temps perdu à regarder ses petits camarades de jeu s'envoler vers la gloire, Unearth reprend à toute vitesse le terrain perdu sur ses compères de Killswitch Engage, mais pas question pour autant de mettre de l'eau dans leur bières, ou de filer à la trace les copains.

Ce troisième album est un concentré d'agression pure, fini les passages au chant clair, Trevor s'explose les cordes vocales et le reste du groupe se livre à un matraquage implacable, pas d'envolées mélodiques idignes de Killswitch Engage, c'est le tabassage en règle qui est à l'ordre du jour. A l'instar des chefs de file de la vague metalcore, Unearth ne se contente pas de ressasser une formule rabachée par des centaines de groupes Outre Atlantique, il laisse poindre quelques influences de la Bay Area, et démontre une réelle inspiration – il n'y a pas le moindre moment de faiblesse qui se pointe. Tout cela laisse supposer que le groupe a encore de beaux jours devant lui. Unearth a frappé très fort cette année et revient avec classe dans le peloton de tête des groupes estampillés metalcore. En tout cas cet album mérite de figurer en bonne place parmi les albums metalliques marquants de cette année en provenance des Etats Unis. 

Hamster (08.5/10)

www.unearth.tv

www.facebook.com/unearthofficial

Metal Blade records / 2006
Tracklist (43:47)
01. This Glorious Nightmare 02. Giles 03. March Of The Mutes 04. Sanctity Of Brothers 05. The Devil Has Risen 06. This Time Was Mine 07. Unstoppable 08. So It Goes 09. Impostors Kingdom 10. Bled Dry 11. Big Bear And The Hour Of Chaos

 

Lamb Of God – Sacrament

Lamb Of God annonce la couleur avec ce quatrième effort studio (sous le nom actuel, auquel les puristes de la première heure ajouterons l'album éponyme Burn The Priest de 1998, sans compter le live Killadelphia de 2004), c'est donc l'heure du sacre pour le groupe originaire de Richmond – Virginie. Revenons sur le chemin parcouru depuis 1990, quand deux frangins et un pote de lycée avaient décidé de monter leur propre groupe, trouvant que la scène metal tournait en rond et qu'il était temps pour eux de composer des chansons qui leur éviterait de dilapider l'argent de poche chez le disquaire pour des albums à l'intérêt limité… 
 
1994 les choses sérieuses commencent, c'est la date à laquelle le groupe a pu constituer un line up stable, et se lancer dans l'arène métallique sous le nom évocateur de Burn The Priest, leur premier album sous ce nom sortira 4 ans plus tard dans un anonymat quasi total. Pourtant, le groupe va poser les bases de ce qui sera appellé en 2003 par la presse Nord Américaine le "metalcore".
 
Néanmoins le groupe attire suffisamment l'attention pour que le label Prosthetic records (l'un des pourvoyeurs les plus proflifiques de metalcore Outre Atlantique) leur propose un deal. Le groupe en profite pour changer de nom (ayant subi les affres de menaces d'interdiction de concert sous le nom Burn The Priest), et devient Lamb Of God. En 2000, le premier album New American Gospel reçoit un accueil critique enthousiaste (et passe complètement inaperçu dans l'Hexagone), on compare le groupe à Slayer et Pantera, le côté féroce de la musique des agneaux et très vite remarqué… Tandis que le groupe entame deux années de tournée, ou il va rapidement prouver que sur scène c'est un groupe redoutable, tendance rouleau compresseur digne de Slayer.
 
Du metalcore proprement dit, il ne reste plus grand chose hormis les vocalises de Randy Blythe, très agressives, et auquel on reprochera encore les limites (il se contente de martyriser ses cordes vocales point final, n'espèrez en aucune façon qu'il se convertisse en crooner metalcore…si c'est votre genre allez écouter Caliban).
En mai 2003, le deuxième album frappe plus fort, produit par Devin Townsend, avec en invités Chris Poland (ex Megadeth) et Alex Skolnick (Testament). As The Palace Burn porte bien son nom, le groupe est bien déterminé à dynamiter la scène metal nord américaine et à imposer son thrash moderne, qu'il définit comme du "Pure American Metal". Bien vu les gars, qui prennent leurs distances avec le metalcore qui commence à éclore… Revolver (magazine metal ricain) lui décerne le titre d'album de l'année. En France il reçoit une distribution confidentielle.
 
Pendant ce temps Outre Atlantique le groupe enquille les tournées en tête d'affiche, son style est désormais fondé sur des bases solides : une vitesse d'exécution dans la veine de Slayer, attaques rapides qui s'enchainent avec des passages mid tempo lourds qui écrabouillent tout ce qui bouge, des solis mélodiques que n'aurait pas renié Dimebag Darrel (Pantera), une maitrise technique sans en faire trop et des vocalises hurlées. Sans oublier un son énorme. Ne cherchez pas plus loin, c'est toujours la colonne vertébrale du groupe à ce jour.
On ajoutera des textes teintés d'humour noir, et influencés par l'actualité (politique, religion, la guerre en Irak) et nous avons fait le tour.
En attendant le phénomène prend de l'ampleur, le groupe ne fait aucune concession sur son style, un poil extrème, et ce n'est pas leur arrivée chez Sony (Roadrunner n'ayant pu rivaliser sur le montant du chèque) qui va les ramollir, comme le prouve l'album Ashes Of The Wake (2004), que le groupe va écouler à plus de 275.000 exemplaires. Lamb Of God va encore gagner en audience en tournant en tête d'affiche de la seconde scène du Ozzfest, et poursuit une tournée sold out en 2005. Le groupe viendra enfin faire un passage en tête d'affiche en France et gagnera un bon paquet de fans tandis que Sony France n'avait pas jugé utile de distribuer l'album…
Le groupe cesse de tourner et entame un long processus d'écriture qui va durer 8 mois, pour aboutir à Sacrament. Pas de différence fondamentale de style, en revanche les thèmes des chansons sont tournés sur la religion. revue de détail du nouveau monstre…
 
Walk Me In Hell, démarre presque gentiment l'album, les vocalises sont un peu plus variés que les hurlements déchainés auxquels Randy nous a habitué. Le titre se distingue par des passage mid tempo aux riffs de guitares lourds et saccadés, ou l'on recèle l'influence de Slayer, tandis que le solo de guitare ne fait pas dans le décoratif, c'est inspiré et en dit long sur le niveau acquis par le groupe au fil des années. La section rythmique est en embuscade (la double pédale de Chris Adler ne chôme pas).
 
Again We Rise est nettement plus agressif, on a le sentiment que le groupe démarre vraiment les hostilités, c'est un titre somme tout classique de la part du groupe, une bonne volées de claques au refrain, et mid tempo soutenu au couplet, pas de solo. Plus efficace tu meurs.
 
Redneck Un rythme à peine moins élevé que le titre précédent, mais pas moins intense, au rayon influence un soupçon de Pantera dans le riff principal assené par Mark Morton, et une accélération dévastatrice aux deux tiers du morceau histoire de faire grimper la tension. Habile. 
 
Pathetic, encore un titre qui cogne d'entrée, mené à un train d'enfer, avec un riff entêtant, le groupe freine au couplet puis accélère, la douche écossaise façon Lamb Of God, qui est une des marques de fabrique du groupe. Structure classique avec un solo à mi chemin (plutôt dans la veine de Megadeth). Une fin toute en lourdeur de pachyderme fatigué par la cavalcade, mais à mon humble avis, ils bluffent. Imparable.
 
Foot To The Throat, vu le titre on n'allait pas avoir affaire à une ballade, bien au contraire, le rythme est très rapide, Chris Adler se làche et blaste, le groupe calme un poil le jeu au couplet. Quelques attaques saccadées, tandis que Randy se fait menaçant avec quelques délires au chant (murmures, entre autres), puis un final à toute vitesse pour conclure.
Descending : un titre intense mais un exécuté mid tempo, où le groupe démontre sa maîtrise technique de l'équilibre entre agressivité pure et mélodie. Randy varie encore ses vocalises entre hurlements de dément et tentative de chant (mais pas longtemps faut pas gâcher). Le titre n'a pas l'impact de ses prédecesseurs, un tantinet linéaire, sans solo de guitare.
 
Blacken The Cursed Sun : les guitares en intro, puis la la section rythmique déboule, puis Lamb Of God jette en pature une ligne rythmique estampillée propriété du groupe depuis 2000. Quelques variations dans les riffs tandis que le pilonnage de la section rythmique ne faiblit pas. Pas de solo.
 
Forgotten (Lost Angels) : pas de quartier, le titre démarre immédiatement sur un rythme rapide, le groupe inverse la structure habituelle, cette fois le refrain est plus lent que le couplet mené à un train d'enfer. Aux deux tiers du morceau un grand solo de guitare dans la veine des maîtres du thrash des années 80.
 
Requiem : une intro féroce, un titre à peine moins rapide que le précédent, le groupe freine à mi parcours, laissant en avant des voix surgissant d'un peu partout, puis Mark Morton décoche un solo à grande vitesse, un final en apothéose ou le groupe pilonne méchamment.
 
More Time To Kill : intro mid tempo, et rythmique dans la veine de Now You've Got Something To Die For, à mi chemin le tempo se fait moins rapide, mais ne perd rien en intensité, Lamb Of God n'est jamais aussi à l'aise que dans le rôle du rouleau compresseur, un petit break mélodique, et une final ou la guitare mélodique sort son épingle du jeu.
 
Le coup de grâce, Beating On Death's Door, pas d'intro, le groupe attaque direct, à première vue ça sent la musique de redneck sous amphétamines, le groupe freine le rythme sans lacher un poil de férocité à mi chemin, en guise de break, la batterie relance la machine, ou le groupe fait une dernière fois étalage de son savoir faire pour allier mélodie et brutalité. 
Avec cet album Lamb Of God devrait sans peine convaincre les amateurs de metal brutal, ceux qui l'auront écouté en n'y voyant qu'un album monotone seraient bien avisés de le réécouter. Album de la consécration, sans doute, album de l'année c'est à voir, en tout cas le groupe est bien parti pour figurer dans le haut du panier cette année.
 
Hamster (09/10)
 
Site Officiel : www.lamb-of-god.com
 
Myspace Officiel : www.myspace.com/lambofgod
 
Prostetic records – Epic – Sony / 2006

Tracklist (46:12 mn) 

01. Walk With Me 02. Again We Rise 03. Redneck 04. Pathetic 05. Foot To the Throat 06. Descending 07. Blacken the Cursed Sun 08. Forgotten (Lost Angels) 09. Requiem 10. More Time to Kill 11. Beating on Death's Door

All Shall Perish – The Price Of Existence

Allshallperish_priceAmis de la poésie… voilà 43 minutes de bonheur sonique qui vont s'offrir à vous (moyennant le prix de 3 pintes de bières). Les furieux d'Oakland sont de retour 3 ans après leur premier méfait discographique, célébrant l'apocalypse en tabassant tout ce qui bouge avec un parti pris unique en son genre à ce jour : mixer grind, death, metalcore. Et le plus terrible c'est que la recette est d'une redoutable efficacité, The Price Of Existence est un album solide et malfaisant, il n'est pas question de faire sonner du metalcore pour pré adolescentes en mal d'idoles à peine plus agées.

Le successeur de Hate Malice Revenge (ressorti chez Nuclear Blast en 2005, un régal pour les ours) est aussi lourd, puissant et chaotique avec une production blindée histoire de faire céder nos conduits auditifs, car il en faut de solides pour résister à un pareil assaut, mené par des gars qui maîtrisent leur sujet. D'autant que le groupe ne livre que de rares moments de répit. Les moments de faiblesses ? C'est simple il n'y en a pas, ce sera plutôt à vous d'évaluer votre capacité de résistance, tant la brutalité affichée reste constante tout au long de l'album. Sans pitié, All Shall Perish confirme tout le potentiel affiché par leur premier album. Des brutes très recommandables au fond.

Hamster (08/10)

www.allshallperish.com 

myspace.com/allshallperish

Nuclear Blast / 2006

Tracklist (43:05 mn)

01. Eradication 02. Wage Slaves 03. The Day Of Justice 04. There Is No Business To Be Done On A 05. Dead Planet 06. Better Living Through Catastrophe 07. Prisoner Of War 08. Greyson 09. We Hold These Truths 10. The True Beast 11. Promises 12. Last Relapse