Author Archive

Soulfy – Prophecy

Max Cavalera a beau prétendre qu'il a changé, à l'écoute du 4ème album de Soulfly, on se rend compte que le mot changement ne doit pas avoir le même sens entre l'intreprétation qu'en fait le "Bob Marley du Metal" et le commun des mortels…
Allons droit au but : les 4 premiers titres de l'album sonnent comme l'album Chaos AD de Sepultura (les parties de batteries plus "épurées", Max n'ayant semble t-il jamais trouvé un batteur aussi doué que son frère…), le reste de l'album un recyclage d'expérimentations qui n'ont rien de neuf, si ce n'est que dans « Prophecy » la durée de ces dernières s'allonge…
 
Malgré tout, il n'en demeure pas moins que Max Cavalera sait encore réaliser des compos redoutables à défaut d'être originales, commen en témoigne les implacables "Execution style", et "Defeat U". Ajoutez à cela une production massive réalisée par Max Cavalera, qui n'a laissé à Terry Date que le mixage. Et un line up complètement renouvelé : Bobby Burns (ex-Primer 55) , Marc Rizzo (ex-Ill Niño) rejoint donc Soulfly, et c'est sans doute l'un des meilleurs guitaristes avec lequel Max ait travaillé jusqu'à présent, ses interventions acoustiques sont à coup sûr l'un des points forts d'un album flirtant trop souvent avec le prévisible. Joe Nunez est de retour dans le groupe, quant à l'invitation de Dave Ellefson (ex Megadeth), désolés amis bassistes mais la différence on l'entend pas…
 
Bref, si l'on fait abstraction des proclamations du nouveau prophète (agrémentées d'une bigoterie imagée et lourdingue dans le livret), on a droit à des morceaux efficaces, et parfois complètement barrés, après la vague brutale des 4 premiers titres, surgit "Mars", 3 minutes dans le style habituel de Soulfly, puis soudain on sait que les fans de metal pur et durs vont appyuer sur la touche d'ejection de la platine… Du reggae, man, et pas à la sauce Septultura quand Max et ses comparses massacraient "War" de Bob Marley, non non là c'est importé de Jamaïque… étonnant mélange (pas surprenant de la part de Max vu qu'il nous a déjà habitué à ce genre de délire), d'autant que l'abum repart ensuite sur une compo brutale et bigote (un refrain dévastateur cerné par des choeurs niais en fond, très kitsch). Par la suite, il faut bien avouer que l'album va être un vrai chemin de croix pour les amateurs de metal… La chanson « Moses » (7 minutes tout de même) flirte entre Asian Dub Fondation et Fishbone, avec succès en plus (l'accélération de tempo vers la troisième minute est au poil).
Born Again anarchist est baclée, la reprise d'Helmet ne laissera pas de grands souvenirs, et Porrada une bonne reprise de Policia (qui était elle même une cover qui figurait dans Chaos Ad). L'instrumentale « Soulfly IV » quant à elle souffre d'une longueur interminable. 
Recommandé aux fans ultimes qui ne pas peur des expérimentations.
 
Hamster Forever [06/10]
 
 
Roadrunner records / 2004
 
Track listing (56:50) : 1. Prophecy 2. Living Sacrifice 3. Execution Style 4. Defeat U 5. Mars 6. I Believe 7. Moses 8. Born Again Anarchist 9. Porrada 10 . In The Meantime 11. Soulfly IV 12. Wings
 

Nightwish – Once

Once upon a time there was a band called Nightwish. Ceci pourraît être le début d'un conte comme l'on en connaît des dizaines. Au même titre que les dessins animés de Walt Disney, la fin se doit d'être joyeuse, le lecteur doit avoir le sentiment d'avoir passé un bon moment à sa lecture, à son visionnage. Or, il semble que cette règle ne soit pas de mise à l'écoute du dernier opus tant attendu de Nightwish.

Le combo finlandais nous avait pourtant habitué à des oeuvres de qualité même si depuis Oceanborn, les albums semblaient plus convenues, parfois même trop homogènes (Wishmaster). Le début était pourtant prometteur avec un premier titre comme « Dark Chest of Wonders » : intro prenante, riffs bien accrocheur (qui ne sont pas sans rappelés Rammstein par moment) mais hélas ce titre s'essouffle assez rapidement. Peut-être est-ce dû à la nouvelle façon de chanter de Tarja Turunen qui semble faire la part belle à un chant beaucoup moins lyrique que par le passé, ce qui de mon point de vue était une part importante de ce groupe, ce qui permettait à Nightwish de se différencier des autres combos de la scène symphonique métal.

D'autres compos comme « Wish I Had and Angel » se veulent au premier abord sympathique mais sont hélas relativement lassantes. Certes il y a du rythme (encore une fois influencé par Rammstein, cela va s'en dire notamment sur ce titre où la part belle est faite aux rythmiques martiales) ils ont de l'énergie à revendre mais rien n'y fait: la sauce ne veut pas prendre. Heureusement la présence de Marco (aussi chanteur dans Tarot) vient sauver ce titre. En fait il semble avoir véritablement progressé dans sa manière de chanter et apporte un plus non négligeable au groupe. « Nemo » est l'une des bonnes surprises de cet album. Il s'agit d'une ballade mid-tempo au refrain très entêtant avec des enchaînements correctes mais qui souffre d'un son de synthé assez étrange au début.

C'est également le titre qui fera office de premier single du groupe (sortie prévue le 26 Avril 2004 et qui sera disponible au final en quatre versions: CD single classique, digipack, DVD single et mini LP) Après avoir évoqué le petit poisson de chez Disney, venant en maintenant au gros morceau de cet album, à savoir « Planet Hell » qui est certainement la meilleure chanson de Once : ça débute par une intro assez grandiloquente sans pour autant être kitsch et pompeuse (comme sait si bien le faire Rhapsody). La suite est très satisfaisante: les choeurs tout au long du titre sont de toute beauté, si l'on ajoute à cela des mélodies aux violons, l'alternance entre Marco et Tarja au chant, les riffs de très bonne facture, aucun temps mort … l'on obtient un titre tout en puissance mais qui pour autant ne peut rivaliser avec des anciennes compos comme « Slaying the Dreamer » (Century Child).

Vient ensuite le titre « Creek Mary's Blood » : morceau de plus de huit minutes qui nous plonge dans l'atmosphère des indiens d'Amérique. Ce titre se compose d'une première partie assez typée ballade et d'une seconde plus rythmée ou apparait en tant que guest un indien d'une tribu d'Amérique du Nord que Tuomas a déniché en parcourant le web (pour davantage d'infos sur son recrutement, reportez vous à l'interview de Marco et Tuomas qui sera mise en ligne très prochainement). En ce qui concerne le titre « The Siren », l'on retiendra surtout des ambiances arabisantes.

« Dead Gardens » va ensuite pouvoir réveiller l'auditeur avec son tempo soutenu. Un titre qui se veut dans cet album assez proche de ce qu'à pu faire le groupe par le passé et qui a pour originalité de s'achever sur une minute de solos de guitare peu déplaisant. « Romanticide » est également un titre correcte qui une fois de plus est sauvé par la présence de Marco. En effet il est regrettable que Tarja ait changé ainsi sa façon de chanter, comme je l'ai dit plus haut dans la description du premier morceau, on n'est plus transporté par sa voix et c'est bien dommage. A noter que la fin du titre est assez spéciall: Tarja et Marco semble plus se parler entre eux que chanter. « Ghost Love Score » autre gros morceau de Once (plus de dix minutes) est accompagné comme « Planet Hell » d'orchestre, de choeur… qui pourrait figurer sur une bande originale sans le moindre problème notamment grâce à quelques envolées lyriques très surprenantes.

Interprété en finnois « Kueloma Tekee Taitelijan » est une ballade très sobre avec uniquement Tarja au chant accompagné d'un orchestre. Le titre peut se traduire par « La mort crée l'artiste ». « Higher than Hope » est la dernière chanson : début à la guitare acoustique puis montée crescendo. Certes les arrangements dans leur ensemble, les choeurs, les claviers sont de qualité mais au vu de qui nous était annoncé au début de l'enregistrement de ce cd (comme le fait qu'une majorité de titres soit accompagné de l'orchestre symphonique qui a collaboré à la bande originale de la trilogie du Seigneur Des Anneaux, et que Mr Pip Williams ce soit occupé de ces arrangement orchestaux et choraux) on s'attendait à quelquechose d'une autre qualité, qui soit un cran au-dessus. Les orchestrations sont en effet correctes mais sans pour autant « déchirer le slip » comme celles de Therion ou Sirenia alors que l'on pouvait s'attendre à des arrangements du même niveau.

Oui, on peut retenir le côté novateur de cet album avec ses rythmiques électro, ses ambiances indiennes, arabisantes mais cela n'enlève rien au fait qu'à partir du cinquième titre, cet album s'essouffle et perd de sa superbe. En fin de compte, cet album ressemble à un devoir scolaire qu'on rédigerait la veille de sa remise au professeur : on s'applique au début puis pour se dépêcher on bâcle la fin. Oui ils ont innové, ils se sont appliqués mais uniquement sur une minorité de titres, et pour le reste de l'album ils se contentent de faire ce qu'il savent faire; c'est bien mais de leur part, on pouvait s'attendre à davantage. 

Oraidersa \m/  (06.75/10)

 

nightwish.com

Nuclear Blast – M10 / 2004

Track listing (69:12) : 1. Dark Chest Of Wonders 2. Wish I had An Angel 3. Nemo 4. Planet Hell 5. Creek Mary's Blood 6. The Siren 7. Dead Gardens 8. Romanticide 9. Ghost Love Score 10. Kuolema Tekee Taiteilijan 11. Higher Than Hope

Into Eternity – Buried In Oblivion

Into Eternity passe le cap du troisième album tout en conservant ses tendances schizophréniques qui caractérisent le style du groupe. Les canadiens (originaires du Saskatchewan NdVlad l'Empaleur : ils n'auraient donc rien à voir avec le groupe Into the Hell qui vient du ça-squatte-chez-ouam ? Bon ok je sors…), ne semblent pas le moins du monde avoir été perturbés par les changements de line up, le petit nouveau qui officie au chant mélodique s'en sort plutôt bien…
Quant aux compos pas de surprise pour les connaisseurs : le groupe n'a toujours pas choisi entre les deux styles qu'il affectionne, le prog et le thrash/death. Du coup on a une mixture assez improbable à mi chemin entre Dream Theater et Death. En guise d'intro une envolée de guitares dignes du metal "néo classique", puis changement de ton, les riffs se font hargneux, et speedés, et cela se poursuit tout au long de l'album. Pas de doute, le Into Eternity n'a rien d'une bande de bras cassés, le niveau technique est très relevé, le groupe maîtrise son sujet avec brio et possède un réel sens de la mélodie et des passages agressifs (le trio chant clair, chant black et chant death est vraiment réussi).
Et mine de rien l'association des deux style passe plutôt bien l'épreuve auditive. Il faut bien avouer que la production et les compos très accrocheuses y sont pour beaucoup. Alors bien sûr il vous faudra être un minimum ouvert d'esprit pour accepter ces cavalcades tantôt brutale, tantôt mélodique… Ajoutez en guise de cerise sur le gâteau un artwork signé Mathias Noren (Evergrey, Andromeda), et vous avez au bout du compte un album qui se démarque du lot habituel.

Hamster (07,5/10)

http://www.intoeternity.com/

Century Media – M10 / 2004
Track listing (..:..) 1. Splintered Visions 2. Embraced By Desolation 3. Three Dimensional Aperture 4. Beginning Of The End 5. Point Of Uncertainty 6. Spiralling Into Depression 7. Isolation 8. Buried In Oblivion 9. Black Sea Of Agony 10. Morose Seclusion